Ridván Messages

French · Universal House of Justice

En cette période de fête resplendissante, c'est dans un esprit d'espérance renouvelé que nous nous adressons à vous.

Un fond lumineux au sombre tableau qui a obscurci la majeure partie de ce siècle éclaire maintenant l'horizon. Celui-ci peut-être discerné tant dans les tendances nouvelles qui animent les processus sociaux à l'œuvre dans le monde, que dans les preuves d'une orientation accélérée vers la Paix dans la Foi de Dieu, ceci se manifeste dans la force grandissante de l'Ordre de Bahá'u'lláh alors que sa bannière se hisse à des hauteurs plus imposantes. C'est une force qui attire.

Les médias accordent une attention de plus en plus importante à la Communauté mondiale bahá'íe. Des auteurs attestent son existence dans un nombre toujours croissant d'articles, de livres et de travaux de référence, dont l'un d'eux, parmi les mieux reconnus a récemment fait état de Foi comme la religion la plus répandue après le Christianisme. On note d'une façon de plus en plus apparente des signes d'intérêt envers cette Communauté, remarquables et toujours plus nombreux, tant de la part de gouvernement que d'autorités civiles, de personnalités éminentes et d'organismes humanitaires. Non seulement les lois et les principes de la Communauté, son organisation et sa manière de vivre font l'objet d'études, mais on recherche également ses conseils et son aide active pour remédier aux problèmes sociaux et développer des activités humanitaires.

Une conséquence saisissante de ce développement favorable et simultané est représenté par l'émergence d'un nouveau paradigme d'opportunité devant conduire à une nouvelle croissance et à la consolidation de notre Communauté mondiale. A tous les niveaux de la société, nous voyons apparaître de nouvelles perspectives pour l'enseignement de la Cause. Celles-ci sont confirmées par les premiers résultats découlant de nouvelles initiatives d'enseignement déclenchées dans un certain nombre d'endroits, alors que de plus en plus de communautés nationales font l'expérience de ces entrées en troupes promises par le Maître bien-aimé, et dont Shoghi Effendi a dit qu'elles conduiront à la conversion en masse. Les possibilités immédiates résultant de cette situation providentielle nous conduisent à penser que cette expression de la Communauté du Plus Grand Nom est maintenant à portée de main.

L'étincelle qui déclencha cet intérêt grandissant pour la Cause de Bahá'u'lláh fut la force d'âme héroïque et la patience des amis bien-aimés en Iran qui conduisit la Communauté mondiale bahá'íe à organiser avec constance et de manière soigneusement orchestrée, un programme d'appel à la conscience du monde. Cette vaste entreprise, impliquant la Communauté toute entière agissant d'un seul corps par le moyen de son Ordre administratif, fut accompagnée, dans d'autres sphères, par d'autres activités tout autant vigoureuses et visibles qui ont été décrites en détail ailleurs. En plus de cela, nous devons faire état d'un résultat nouveau et important de ces efforts considérables qui a été représenté par notre reconnaissance d'une nouvelle étape des affaires extérieures de la Cause ; nouvelle étape caractérisée par une maturité remarquable des Assemblées Spirituelles Nationales dans leur relation en plein développement avec les organisations gouvernementales, ainsi qu'avec le public en général.

Ce fut cette reconnaissance qui nous conduisit à organiser au cours du mois de novembre dernier, en Allemagne de l'Ouest, une réunion rassemblant les représentants nationaux chargés des affaires extérieures de la Foi en Europe et en Amérique du Nord avec la participation des principaux

représentants des bureaux de la Communauté internationale bahá'íe ; ceci dans le but de parvenir à une meilleure coordination de leur travail. Cette réunion fut une étape préliminaire afin qu'un nombre croissant d'Assemblées Spirituelles Nationales puissent joindre leurs efforts pour former un réseau international fonctionnant harmonieusement, capable d'exécuter des actions globales dans un domaine en rapide extension. En relation avec ces développements, nous avons pu voir cette réalisation significative de la reconnaissance internationale de la Foi qui a constitué son acceptation officielle, en novembre dernier, en tant que membre du Réseau " Préservation et Religion " du renommé " Fonds International pour la Nature ".

A l'un des moments les plus sombres de l'oppression prolongée des amis chèrement aimés et résolument inébranlables en Iran, Shoghi Effendi avait été amené à les réconforter dans une lettre d'une étonnante vision : " C'est l'effusion du sang sacré des martyrs en Perse ", (1) écrivait-il, " qui, dans cette ère de lumière, cet âge bahá'í resplendissant et dispensateur de joyaux, pourra changer la face de la terre en paradis céleste et, ainsi que le révèlent les Tablettes, élever le tabernacle de l'unité de l'humanité au cœur même du monde, révéler aux yeux des hommes la réalité de l'unité de la race humaine, établir la plus grande paix, faire de ce royaume d'en bas un miroir du paradis d'Abhá et établir sans aucun doute pour tous les peuples du monde la vérité du verset : " Le jour viendra où la terre et les cieux seront changés ". (2)

De telles réflexions, en évoquant de telles conséquences merveilleuses et futures des souffrances horribles auxquelles furent soumis nos amis iraniens éclairent les opportunités et les défis qui vont se présenter à nous tous à ce moment crucial des destinées de la Cause. Les grands projets qui ont déjà été lancés doivent être poursuivis jusqu'à leur achèvement. Les terrasses au-dessous et au-dessus du tombeau du Báb, ainsi que l'Arc sur le Mont Carmel devront être terminés, accomplissant ainsi la vision glorieuse de l'efflorescence de la montagne sacrée de Dieu. Le deuxième congrès mondial devra se tenir dans la cité de l'Alliance pour célébrer le centième anniversaire de l'inauguration de cette Alliance ; le travail de traduction et d'annotation du Kitàb-i-Aqdas, le Livre Très Saint, qui avance de manière régulière, devra être prêt en vue de sa publication ; l'intérêt montré par les amis pour la loi du Huqúqu'lláh devra être cultivé, les pionniers et enseignants itinérants devront poursuivre leurs efforts ; les dépenses de la Cause devront être couvertes, tous les objectifs du plan de six ans doivent être réalisés.

Mais le but le plus important de toute activité bahá'íe est l'enseignement. Tout ce qui a été fait, et qui doit être fait, tourne autour de cette activité centrale, " la pierre angulaire principale de la fondation elle-même " (3), dont dépend tous les progrès de la Cause. Le présent défi requiert d'enseigner à une échelle et à un degré de qualité, de variété et d'intensité tel, qu'il surpasse tous les efforts actuels. Voici le moment où nous devons agir si nous ne voulons pas perdre l'opportunité qui se présente dans un monde frénétique dont les conditions évoluent rapidement. Il ne faut cependant pas imaginer que l'opportunité soit le motif essentiel qui suscite ce sentiment d'urgence. Il existe une raison supérieure qui est le sort pitoyable de tous les hommes, plongés dans la souffrance et la détresse, affamés de justice, mais " privés de discernement et incapables de voir Dieu de leurs propres yeux ou d'entendre sa mélodie de leurs propres oreilles " (4). Ils doivent être nourris. La capacité de voir le futur doit être restaurée lorsque l'espoir est perdu, la confiance doit être reconstruite là où sévissent le doute et la confusion. Dans ce domaine comme dans d'autres, " La Promesse de la Paix Mondiale " est destinée à ouvrir la voie. Sa présentation aux personnalités gouvernementales a été virtuellement achevée, son contenu doit être maintenant transmis, par tous les moyens possibles, en tous lieux, aux personnes appartenant à toutes les couches de la société. Ceci est aujourd'hui une partie nécessaire de notre travail d'enseignement, et doit être donc poursuivi avec une vigueur absolue.

L'enseignement est la nourriture de l'esprit. Il apporte la vie aux âmes endormies et érige de nouveaux cieux et une nouvelle terre, il élève la bannière d'un monde unifié, il assure la victoire de l'Alliance, et apporte à ceux qui donnent leur vie pour lui le bonheur suprême dont jouissent ceux qui ont atteint le bon plaisir de leur Seigneur.

Chaque croyant individuel, homme, femme, jeune ou enfant est appelé à servir dans ce domaine d'action ; car c'est de l'initiative et de la volonté résolue d'enseigner et de servir de l'individu dont dépend le succès de l'entière Communauté. Solidement enraciné dans le Covenant de Bahá'u'lláh, sustenté par la prière quotidienne et la lecture des Saintes paroles, renforcé par une application constante à obtenir une compréhension plus profonde des enseignements divins, éclairé par des efforts constants pour établir le rapport entre les enseignements et les problèmes actuels, nourri par l'observance des lois et des principes de son merveilleux Ordre mondial, chaque individu peut parvenir à un niveau de succès plus grand dans l'enseignement.

Finalement, le triomphe ultime de la Cause est assuré par " une chose, et uniquement une " (5) ainsi que l'a souligné de manière si poignante Shoghi Effendi, c'est à dire " la mesure dans laquelle notre vie intérieure et notre caractère personnel reflètent dans leurs nombreux aspects la splendeur de ces principes éternels proclamés par Bahá'u'lláh " (6).

Amis bien aimés, vous auxquels le Bien aimé, la Beauté bénie, s'est adressé en vous appelant " la consolation des yeux de la création " (7), et " les flots coulant doucement dont dépend la vie même de tous les hommes " (8), nous vous invitons instamment, avec la ferveur de notre plus profonde conviction, quant à la maturité du moment, de laisser de côté toute préoccupation mineure et de diriger toute votre énergie vers l'enseignement de cette Cause afin de la proclamer, de la propager et de la consolider. Vous pouvez entreprendre cette tâche avec confiance que l'évident domaine de progrès qui s'étend devant vos yeux est issu de cette " force engendrée par Dieu " (9) qui vibre au plus profond de l'être de toutes choses créées " (10) et qui " agissant tel une épée à double tranchant, est, devant nos yeux même, en train de séparer, d'une part, les liens anciens qui pendant des siècles ont maintenu ensemble l'édifice de la société civilisée, et d'autre part, est en train de libérer les liens qui encore enchaînent la foi de Bahá'u'lláh encore au stade de l'enfance et non encore émancipée ". (11)

N'ayez aucune crainte ni aucun doute. Le pouvoir de l'Alliance vous assistera, vous fortifiera et ôtera tout obstacle de votre chemin. " En vérité, il assistera quiconque l'assistera et mentionnera quiconque le mentionnera ". (12)

Soyez toujours assurés de nos prières ardentes et constantes pour vous tous.

Le lancement du Plan de Six ans à Ridván 1986 a coïncidé avec l'avènement d'une nouvelle époque -- la quatrième -- de l'épanouissement organique de l'âge formatif de notre Foi. Les institutions administratives de cette Cause de Dieu grandissante ont déjà commencé à montrer des signes d'un surcroît de maturité, alors qu'elles émergent en même temps de l'obscurité protectrice des premiers jours vers une plus vaste arène de l'attention publique. Ces processus jumeaux se sont distingués par une évolution aux conséquences d'une portée incalculable de la vie interne de la communauté bahá'íe et par une activité extérieure d'une ampleur sans précédent dans toute son histoire.

Le premier d'entre-eux fut le transfert de la responsabilité dont furent investies toutes les communautés nationales, par l'intermédiaire de leurs Assemblées Spirituelles Nationales, en consultation avec les Conseillers, les Assemblées Spirituelles Locales et l'ensemble des croyants, en vue d'élaborer, pour la première fois, leurs propres objectifs à atteindre au cours du nouveau Plan. Cet appel à la maturité des communautés nationales s'est allié à l'élaboration de leurs plans nationaux à soumettre au Centre mondial pour les incorporer dans le Plan de Six ans du monde entier.

Le second fut la réponse unanime de la communauté mondiale bahá'íe tout entière pour distribuer la déclaration de " La Promesse de la Paix mondiale " à tous les peuples du monde, émise en octobre 1985. Des chefs d'Etat, un grand nombre de membres de gouvernement, des diplomates, des professeurs, des syndicalistes, des chefs religieux, d'éminents membres de la magistrature, de la police, de la justice, de la médecine et d'autres professions, des membres d'autorités locales, de clubs et d'associations, et des milliers de personnes reçurent la déclaration. Jusqu'à présent, plus d'un million d'exemplaires, en quelque soixante-dix langues, ont été distribués. Ces deux activités, à elles seules, ont profondément accru la force et la maturité de la communauté mondiale bahá'íe et lui ont donné une image plus clairement définie et aisément reconnaissable aux yeux du public.

D'autres facteurs ont grandement contribué à la rapide entrée de la Foi sur la scène mondiale. En effet, il semble que toutes les activités de l'Armée de Vie soient maintenant observées et commentées par des audiences allant de l'Assemblée générale des Nations Unies aux petites communautés locales, et même certaines fort éloignées.

La persévérance des croyants persans cruellement éprouvés continue à être l'origine de l'attention universelle centrée de plus en plus sur la Foi. Bien que les exécutions brutales de martyrs héroïques soient maintenant moins fréquentes, le harcèlement et les destitutions, le dénigrement et le pillage de la communauté si longtemps persécutée continuent -- plus de 200 personnes sont toujours en prison -- ce qui a donné aux représentants de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations Unies de bonnes raisons d'adresser des appels énergiques et persistants, qui ont soulevé l'inquiétude de l'Assemblée générale elle-même et a fait l'objet d'interventions auprès du gouvernement iranien en faveur des bahá'ís sans défense par la Commission des Droits de l'Homme et de nombreuses grandes puissances, y compris divers gouvernements de la Communauté européenne.

Tout cela a maintenu notre Foi bien-aimée dans le faisceau de l'attention internationale, en raison d'un plus grand intérêt dû non seulement à la diffusion de la déclaration sur la paix, mais également à la rapide expansion des activités dans le domaine du développement social et économique, allant de l'inauguration et du fonctionnement de stations de radio -- dont sept sont maintenant opérationnelles -- aux écoles, programmes d'alphabétisation, aide agricole et toute une série de petites entreprises néanmoins efficaces à l'échelle des villages dans plusieurs parties du monde.

Des communautés nationales bahá'ís ont organisé et tenu avec succès des conférences inter-religion, des séminaires sur la paix, des symposiums sur le racisme et d'autres sujets auxquels nous avons une contribution spécifique à apporter, en atteignant souvent une publicité générale et 'intérêt de dirigeants haut placés de la société. Les jeunes bahá'ís, inspirés et enthousiasmés par la vision et l'idéalisme de la " nouvelle race d'hommes " ont, au cours de leurs nombreuses réunions, attiré un grand nombre de leurs pairs et galvanisé leurs propres membres à dédier leur vie au service de nombreux domaines dans lesquels une riche récolte attend le serviteur bahá'í dévoué.

S'ajoutant à cette participation rapidement florissante de nos compagnons aux activités bahá'ís, il y a eu la réalisation magnifique et remarquable de l'achèvement et de l'inauguration du merveilleux temple bahá'í à New Delhi, qui a reçu, au cours des premiers trente jours de son inauguration au service de Dieu, plus de 120000 visiteurs. Ce symbole de pureté, proclamant l'unité de Dieu et de ses Messagers dans ce pays aux myriades de croyances religieuses diverses, marque dignement la puissance et la grandeur dont ont été dotés ces jours tourmentés dans la vie de la sainte Cause de Dieu.

Le terrain est prêt pour une expansion universelle, rapide et massive de la Cause de Dieu. Le défi principal et immédiat est la poursuite des buts du Plan de Six ans, dont les étapes préliminaires ont déjà été entamées. Le travail d'enseignement très important doit être poursuivi avec beaucoup d'imagination, de persistance et de sacrifice, pour assurer l'enrôlement d'un nombre toujours plus grand de personnes qui fourniront l'énergie, les ressources et la force spirituelle pour permettre à la Cause bien-aimée de jouer dignement son rôle dans la rédemption de l'humanité. Pour renforcer ce processus, des buts internationaux du Plan ont été adoptés, en faisant appel à l'entreprise de plusieurs centaines de projets d'aide inter-assemblées, en reformant l'Assemblée Spirituelle Nationale du Zaïre à Ridván 1987 et en établissant, au cours du Plan, de nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales, dont celles d'Angola, de Guinée, de Guinée-Bissau et de Macao ont déjà été approuvées. Pendant la première année du Plan de Six ans, 338 pionniers, guidés par les besoins des plans élaborés précédemment, se sont déjà levés et se sont installés dans 119 pays. Un nouvel appel est en préparation, dont les détails seront bientôt annoncés. La promotion et l'accessibilité de projets de service pour les jeunes bahá'ís dans les pays qui émergent dans le monde sont maintenant requises. Des Assemblées Spirituelles Nationales sont invitées à planifier, en consultation avec chacune d'entre elles et avec l'aide des Corps Continentaux des Conseillers, les meilleurs moyens d'assurer le service effectif de ceux qui répondent à cet appel.

Des dispositions ont déjà été prises pour l'Année sainte en 1992, lors de la commémoration du centième anniversaire de l'ascension de la Beauté bénie et du début de l'Alliance. Il convient, dès lors, que l'Alliance de Bahá'u'lláh, qui joint le passé et le futur aux étapes progressives de l'accomplissement de l'ancienne promesse de Dieu, soit le thème principal du Plan de Six ans. La concentration sur ce thème nous permettra à tous d'obtenir une plus profonde compréhension de la signification et du dessein de la révélation de Bahá'u'lláh - " Une révélation ", d'après les paroles du Gardien, " saluée comme la promesse et la gloire suprême des âges et des siècles passés, comme la consommation de toutes les dispensations du cycle d'Adam, qui inaugure une ère d'au moins mille ans et un cycle destiné à durer au moins cinq mille siècles, qui marque la fin de l'ère prophétique et le commencement de l'ère de l'accomplissement, révélation jamais surpassée, à la fois par la durée du ministère de son auteur et par la fécondité et la splendeur de sa mission... ". Les questions auxquelles cette étude concentrée doivent répondre comprendront certainement la signification de l'Alliance bahá'íe, son origine et quelle doit être notre attitude à son égard.

Toujours présente à notre contemplation sur ces questions profondes est la personnalité magnétique d' 'Abdu'l-Bahá, le Centre de l'Alliance, le Mystère de Dieu, l'Exemple parfait, dont l'interprétation infaillible des Textes sacrés et les exemples lucides de leur application dans notre conduite personnelle jettent une lumière sur une manière de vivre que nous devons diligemment nous efforcer de suivre. Au cours du Plan de Six ans, le 75ème anniversaire de sa visite en Occident sera célébré avec dignité par des réunions et des activités de proclamation. Simultanément, il en sera de même pour le 50ème anniversaire du premier Plan de Sept ans pour les Amériques, lancé en 1937 à l'instigation de Shoghi Effendi et qui, en ayant mis en mouvement l'exécution systématique du grand plan d' 'Abdu'l-Bahá pour la conquête spirituelle de la planète, a marqué l'inauguration de la première époque du Plan divin.

Nous devons affronter de grandes et merveilleuses tâches comme jamais auparavant. Elles requièrent également de grands et nobles sacrifices, du dévouement et une loyale assiduité de la part de chacun de nous. A présent, le Fonds international bahá'í ne peut pas du tout soutenir l'immense expansion maintenant requise pour toutes les multiples activités de la communauté mondiale bahá'íe. Les annales du Plan de Sept ans, qui vient de s'achever, témoignent de notre capacité à répondre aux demandes croissantes de la Cause. L'héroïsme de nos amis bien-aimés en Iran, la réponse des 3694 pionniers dévoués à l'appel lancé pour ce service vital, les activités constantes des enseignants, des administrateurs, des communautés locales et des croyants dans tout l'organisme de l'ordre mondial embryonnaire, ont doté cette Armée de Vie grandissante de forces et de capacités nouvelles. Alors que nous avançons à grand pas vers l'avenir, soyons entièrement assurés de la bonté toujours présente de Bahá'u'lláh et de la victoire finale de nos efforts pour établir son royaume dans ce monde troublé.

Le Printemps Divin se avance fermement et tous les atomes de la terre répondent à l'influence de la Révélation de Bahá'u'lláh. Les évidences de cette vie nouvelle sont clairement apparentes dans le progrès de la Cause de Dieu. Tandis que nous contemplons, momentanément, le déploiement de sa croissance, nous ne pouvons que reconnaître avec émerveillement et gratitude l'irrésistible pouvoir de cette Toute-Puissante Main qui dirige ses destinées.

Ce progrès s'est notamment accéléré durant le Plan des Sept Ans, dont a été témoin la réussite de beaucoup d'entreprises importantes à travers le monde Bahá'í, ainsi que des développements vitaux au coeur de la Cause Elle-même. La restauration et l'ouverture aux pèlerins de l'aile Sud de la Maison d''Abdu'lláh Pasha; l'achèvement et l'occupation du Site de la Maison Universelle de Justice; l'approbation de plans détaillés des édifices restant à édifier autours de l'Arc; l'augmentation du nombre des membres ainsi que des responsabilités du Centre International d'Enseignement et des Conseillers Continentaux; la création de bureaux pour le développement économique et social, et un avancement conséquent dans la construction du Temple en Inde; l'expansion du travail d'enseignement dans le monde entier résultant dans la formation de vingt trois nouvelles Assemblées Spirituelles nationales; près de 8 000 nouvelles Assemblées Spirituelles Locales; l'ouverture de 16 000 nouvelles localités et représentations au sein de la communauté Bahá'íe de 300 nouvelles tribus; la publication de 2 196 nouveaux ouvrages dont 898 étant des éditions de textes Sacrés et un enrichissement de la littérature Bahá'íe produite en 114 langues supplémentaires; le démarrage de 737 nouveaux projets de développement économique et social; la création de trois nouvelles stations de radio qui seront bientôt suivies par l'inauguration de trois autres supplémentaires - - celles-ci se présentant comme des réussites manifestes dans le Plan dont on se souviendra comme ayant scellé le sceau de la troisième époque de l'Age de Formation.

L'ouverture de ce plan coïncide avec la recrudescence de persécution sauvages de la communauté Bahá'íe en d'Iran, une tentative délibérée d'élimination de la cause de Dieu de son pays natal. La fermeté héroïque des amis Persans est devenue la cause génératrice d'une vaste attention internationale dirigée vers la Cause, l'amenant pour finir à paraître au calendrier des Assemblées Générales des Nations Unies, et grâce à une publicité mondiale de toutes les média, à terminer son émergence de l'obscurité qui caractérisait et remplissait la première période de sa vie. Ce processus remarquable amena la Maison Universelle de Justice à adresser une Déclaration sur la Paix à tous les Peuples de la Terre, et à s'organiser pour sa distribution aux Chefs d'Etat et à la généralité des "leaders politiques".

Parallèlement, ces événements exceptionnels furent un déploiement remarquable de croissance organique de la maturité des institutions de la Cause. L'augmentation des possibilités et des responsabilités de leur part, et le renforcement d'une autonomie toujours plus grande ont été favorisées par les encouragements d'une coopération jamais si grande entre les deux bras jumeaux de l'Ordre Administratif. Ce processus fait maintenant un grand pas en avant au moment même où les Assemblées Spirituelles Nationales et les Conseillers consultent afin de formuler ensemble, pour la première fois, les objectifs nationaux d'un plan d'enseignement international. Ensemble ils doivent les réaliser; ensemble ils doivent mettre en application les objectifs mondiaux du plan des Six Ans tels qu'ils sont définis pour chaque pays. Ce considérable développement est une parfaite ouverture sur la Quatrième Epoque de l'Age de Formation, et démarre un processus qui, sans le moindre doute, caractérisera cette époque tandis que les communautés nationales deviennent plus fortes plus influentes, et sont capables de diffuser à l'intérieur de leurs propres pays l'esprit d'amour et d'unité sociale qui sont les emblèmes de la Cause de Dieu.

Les buts devant être atteints au centre Mondial comprennent la publication de traductions Anglaises bien annotées du "Kitáb'i'Aqdas" ainsi que des textes y étant rattachés, l'éducation du monde Bahá'í sur la loi du Huqúqu'lláh, la poursuite des plans d'édification des bâtiments restant à construire sur l'Arc, et la médiatisation des codes de relations internationales de la Foi.

Les objectifs mondiaux majeurs de ce plan ont déjà été envoyés aux Assemblées Spirituelles nationales et aux Conseillers Continentaux pour une consultation et une mise en pratique réciproque.

Chers amis, alors même que le monde traverse son heure la plus noire précédant l'apparition de l'aube, la Cause de Dieu, plus brillante que jamais, se presse an avant vers l'aube de ce nouveau jour où le Standard Divin sera déplié et le Rossignol du Paradis chantera sa mélodie.

Alors que nous nous engageons dans la dernière année du Plan de Sept ans, l'assurance de la victoire et la conscience croissante de l'ouverture d'une nouvelle étape dans la marche en avant de la Foi suscitent dans le cœur de chaque bahá'í des sentiments de gratitude et de vive espérance. La victoire du Plan est à présent en vue et l'ensemble des réalisations pourrait bien nous étonner tous, lors de son achèvement. Mais la grande caractéristique historique de cette période est l'émergence de la Foi de l'obscurité, promue par l'héroïsme inébranlable de l'illustre communauté bahá'íe, patiente et chèrement aimée dans le pays natal de Bahá'u'lláh et du Báb.

Ce changement dramatique dans l'état de la Foi de Dieu, qui survient à un moment si chaotique de l'histoire du monde alors que les hommes d'Etat, les dirigeants et les gouvernants des institutions humaines sont témoins, avec un surcroît de désespoir, de la faillite et de l'absolue inefficacité de tous leurs efforts pour résister à cette marée de dispersion, nous oblige, nous bahá'ís, à songer à nouveau et à réfléchir profondément à la déclaration du Gardien bien-aimé que " Le principe de l'unité de l'humanité - le pivot autour duquel gravitent tous les enseignements de Bahá'u'lláh - . . . implique, dans la structure de la société actuelle, un changement organique tel que le monde n'en a jamais encore expérimenté de pareil. "

La prise de conscience dans le monde non-bahá'í de la compréhension de plus en plus grande que l'humanité est entrée, en fait, dans une nouvelle étape de son évolution nous offre des occasions sans précédent de montrer que la communauté mondiale bahá'íe est " non seulement le noyau mais également le modèle même " de cette société mondiale que Bahá'u'lláh a pour but d'établir et vers laquelle une humanité harassée, quoiqu'en grande partie inconsciente, tend tous ses efforts.

Le temps est venu pour la communauté bahá'íe de participer davantage à la vie de la société qui l'entoure, sans toutefois soutenir aucun des concepts d'un monde moribond et discordant ni ralentir ses efforts d'enseignement direct, mais plutôt d'étendre, par association, son influence unificatrice en démontrant sa capacité de régler les désaccords par la consultation plutôt que par la confrontation, la violence ou le schisme, et de déclarer sa foi dans le dessein divin de l'humanité.

Les jeunes bahá'ís profitent de la désignation par les Nations Unies de 1985 comme Année de la Jeunesse pour lancer leur propre campagne de coopération active avec les autres groupes de jeunes, tout en partageant avec eux les idéaux bahá'ís et la vision de ce qu'ils envisagent pour le monde. La communauté bahá'íe sera largement représentée lors de 1'événement culminant de la Décade de la Femme décrétée par les Nations Unies au cours de cette année même. L'année 1986 a été nommée l'Année de la Paix et la Foi ne restera pas silencieuse ni obscure à ce sujet. Dès maintenant, la Maison de Justice prépare des plans pour la présentation des concepts bahá'ís sur la paix aux gouvernements et dirigeants du monde et, par le biais de la communauté mondiale bahá'íe, à ses autorités nationales et locales et à tous les éléments d'une société mondiale diversifiée. Mais c'est au niveau des communautés bahá'íes locales que doit avoir lieu la présentation générale de la Foi. C'est là que peut se voir le modèle réel de la vie bahá'íe. C'est là que le pouvoir de Bahá'u'lláh dans l'organisation des affaires des hommes, sur une base d'unité spirituelle, est le plus apparent. Toute Assemblée Spirituelle Locale, qui s'efforce, en son sein, de développer sa maturité et son efficacité et qui encourage sa communauté à accomplir sa destinée, celle d'être une pierre de fondation de l'Ordre mondial de Bahá'u'lláh, peut concourir à susciter une vague croissante d'intérêt vers une reconnaissance éventuelle de la cause de Dieu comme étant le seul espoir pour l'humanité.

La Maison Universelle de Justice se penche à présent avec la plus grande attention sur ces considérations. La mise en œuvre spécifique de ces objectifs constituera une grande part du prochain Plan qui suivra immédiatement l'achèvement du Plan actuel et durera six ans. Par la victoire du Plan de Sept ans, la consolidation de nos communautés locales, et avant tout le renforcement et l'approfondissement de notre compréhension du dessein de la révélation de Bahá'u'lláh, nous nous préparons à jouer notre rôle, qui est de contribuer à la transformation de la vie humaine sur cette planète dont la réalisation devra avoir lieu, avant que nous puissions recevoir les bontés et les bénédictions du véritable royaume de Dieu.

L'émergence hors de l'obscurité qui fut si marquée comme caractéristique de la Cause de Dieu durant les cinq premières années du Plan des Sept Ans, a été suivie par des changements externes aussi bien qu'internes affectant la communauté mondiale Bahá'íe. Extérieurement, les signes d'une cristallisation de l'image publique de la cause - - largement uniformisée, et cependant amicales - - alors qu'au niveau intern une maturité et une confiance croissante sont manifestées par des possibilités administratives accrues, un désire des communautés Bahá'íes de rendre service au vaste corps de l'humanité, et une compréhension plus profonde de l'application des Messages Divins aux problèmes de notre temps. Ces deux aspects de changement doivent être pris en considération alors que nous entrons dans la troisième et dernière phase du Plan des Sept Ans.

Cette fin d'année a été assombrie par la persécution continue des amis d'Iran. Ils ont été forcés à démantelé leur structure administrative, ils ont été harassés, dépossédés, renvoyés de leur travail, rendu sans logis, et à leurs enfant a été refusée l'instruction. Quelques six cent hommes, femmes et enfants sont maintenant en prison, quelques uns sont interdits de contact avec leurs amis et leurs familles, quelques uns ont été sujet à la torture, et tous sont sous la pression d'abjurer leur Foi. Leur fermeté héroïque et exemplaire fut donc le movement générateur portant la Cause hors de l'obscurité, et est la consolation de leurs coeurs que leurs souffrances résultent en des avancements sans précédant de l'enseignement de la proclamation du Message Divin à un monde si désespérément dans le besoin de son pouvoir de guérison. Pour cela, ils embrassent le service final du martyre. Notre obligation est claire. Nous ne pouvons pas les laisser tomber maintenant. Un geste de sacrifice, marquée par l'enseignement et la promotion en avant de la Cause de Dieu, doit suivre chaque nouvel cas de publicité provenant de leur persécution. Que cela soit notre message d'amour et d'union spirituel.

Dans la sphère internationale, les bien-aimées Mains de la Cause, pour qui notre amour sans cesse grandissant ainsi que notre admiration ont, chaque fois que leur santé les en a permis, continué de prendre soin des amis et de les encourager, et de promouvoir l'unité et la marche en avant de l'armée de vie. Le Centre d'Enseignement International, fonctionnant de son siège mondial, a montré un chemin et une direction aimantes et sages aux "Membres Conseillers". Son champ de service s'est immensément étendu par l'allocation de nouvelles responsabilités et en portant à sept le nombre de ses "Conseillers". Les services dévoués des "Conseillers" dans tous les continents, bien supportés par les Membres Auxiliaires, ont joués un rôle inestimable en développant la santé spirituelle et l'intégrité de la communauté au niveau mondial. Afin de développer d'avantage cet organe vital de l'Ordre Administratif, il a été décidé de créer une période de service de cinq ans pour les Membres Auxiliaires, cette période commençant le 26 novembre 1986. Le travail de la communauté Internationale Bahá'íe en relation avec les Nations Unies a apporté une appréciation croissante de nos manières et de nos principes sociaux, et dans quelques cas - - notamment en ce qui concerne les sessions sur les droits de l'homme - - la participation Bahá'íe a été spectaculaire, une fois encore résultant de l'héroïsme de nos amis Persans. Le Bureau de Genève a été consolidé, et du personnel supplémentaire a été engagé pour s'occuper de ses activités en pleine expansion. Malgré de graves problèmes la construction des Maisons d'Adoration de l'Inde et de Samoa a progressé d'une manière satisfaisante, et cette dernière sera dédiée et ouverte aux actes d'adorations publiques entre le 30 Août et le 3 Septembre 1984, période durant laquelle la Maison Universelle de Justice sera représentée par la Main de la Cause Mme Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khanum. Immédiatement après la Convention Internationale à Ridván dernier, deux nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales ont été formées - - à St. Lucia et à Dominica. Deux nouvelles stations de radio feront leur émissions inaugurales cette année, précisément Radio Bahá'í de Caracallo en Bolivie, et WLGI, la station de radio Bahá'íe de l'Institue Louis Gregory aux Etats Unis. Les membres Bahá'ís de onze pays, tous dans le tier-monde, et neuf d'entre eux étant dans des communautés des îles, ont atteint ou surpassé le taux de un pour cent de la population.

Durant les dernières mois de la seconde phase du Plan des Sept Ans une réponse généreuse a été faite par les croyants ainsi que par les institutions, à un appel exposant les besoins grandissants du Fond International. Nous sommes confiants que des contributions maintenues et régulières durant la phase finale du Plan permettrons à ses buts et à ses objectifs d'être parfaitement atteints.

L'entrée de la Cause sur la scène internationale est apparente au travers des déclarations publiques dans lesquelles nous avons été caractérisés de "citoyens modèles de "gentils", de "respectueux des lois", de "déchargés de toutes offense ou crime politique"; tous ces caractères bien qu'étant excellents, sont totalement inadéquates pour autant que la réalité de la Foie ainsi que ses buts et raisons en soient concernés. Néanmoins, les gens sont désireux d'entendre au sujet de la Foie et chaque occasion doit être saisie. Des efforts sans cesse plus grand doivent être faits pour informer les dirigeants du monde dans tous les domaines de la vie, de la véritable nature de la Révélation de Bahá'u'lláh comme l'unique espoir pour la pacification et l'unification de notre planète. Parallèlement à un tel programme une poursuite vigoureuse du travail d'enseignement doit être relancée de telle façon à ce que nous puissions être vus comme une communauté en pleine expansion, tandis qu'une observance universelle par les amis, des lois Bahá'íes sur la conduite personnelle affirmera le mode de vie Bahá'í, et fera naître le désire de le partager. Avec tout cela l'image publique de la Foie deviendra graduellement mais sûrement plus proche de son véritable caractère.

Le zèle enthousiaste à travers le monde Bahá'í pour l'exploration de la nouvelle dimension du développement économique et social , réchauffe et réjouit à la fois tous nos espoirs. Cette énergie présente au sein de la communauté, prudemment et sagement dirigée, amènera sans aucun doute une nouvelle ère de consolidation et d'expansion qui, à son tour, attirera une attention plus étendue d'une manière telle que ces deux changements dans la communauté mondiale Bahá'íe deviendront interactifs et mutuellement propulsifs.

Un élément nécessaire majeur dans cette sage et prudente direction est l'obtention de victoires pendant le Plan des Sept Ans, portant une attention particulière sur le développement et le renforcement des Assemblées Locales. De grands efforts doivent être faits pour encourager ces Assemblées à faire leur devoir majeur qui est de se réunir régulièrement, d'organiser des fêtes de 19 jours et d'observer les Jours Saints, de former des classes d'enfants, d'encourager la pratique de prières en famille, d'entreprendre la multiplication de projets d'enseignement, d'administrer le Fond Bahá'i et de constamment encourager et diriger leur communauté dans toutes les activités Bahá'íes. L'égalité de l'homme et de la femme n'est pas, à l'heure actuelle, universellement appliquée. Dans les domaines où l'inégalité traditionnelle frein encore son progrès, nous devons donner l'exemple en pratiquant ces principes Bahá'ís. Les femmes et le filles Bahá'íes doivent être encouragées à prendre part aux activités sociales, spirituelles et administratives de leurs communautés. Les jeunes Bahá'ís qui rendent actuellement un service exemplaire et dévoué au devant de l'armée de vie doivent être soutenus dans la réalisation de leurs propres plans d'enseignement parmi les universitaires, même s'ils se préparent déjà pour un service future.

Maintenant, alors que nous entrons dans les deux dernières années du Plan des Sept Ans, nous nous réjouissons de la venue de neuf Assemblées Spirituelles Nationales supplémentaires; trois en Afrique, trois en Amérique, deux en Asie, une en Europe, portant le nombre total à 143. Cinq autres Assemblées doivent être établies d'ici Ridván 1985. Ce sont celles de Ciskey, du Mali et du Mozambique en Afrique, celles des Iles Cook et des îles de Caroline de l'Ouest en Australie. Ainsi, le Plan se terminera avec un minimum de 148 Assemblées Spirituelles Nationales. D'ici là, des plans doivent être approuvés pour l'achèvement de l'Arc entourant les Jardins du Monument sur le Mont Carmel, comprenant la mise en place et l'étude des trois bâtiments restants à construire autour de l'Arc.

C'est sans aucun doute que le progrès de la cause, à partir de maintenant, sera caractérisé par une relation étroite et sans cesse grandissante avec les agences, les activités, les institutions et les dirigeants du monde Bahá'í. Nous devons acquérir un plus grand prestige aux siège des Nations unies, devenir plus reconnus dans les délibérations des gouvernements, avoir une figure familière pour les media,être un sujet d'intérêt pour les universitaires, et inévitablement faire l'envie des organisations défaillantes. Notre préparation et notre réponse à cette situation doivent être un approfondissement continu de notre Foi, une ferme adhérence à ses principes sur l'abstention à toute participation politique et au refus des préjudices, et par dessus tout, une compréhension croissante de ses vérités et de ses applications fondamentales dans le monde modern.

Ce joignent à ce message de Ridván un appel pour 298 pionniers dans 79 communautés nationales, et des messages spécifiques adressés à chacune des 143 communautés nationales existantes. Ils sont le fruit d'une étude et d'une consultation intensives de la part de la maison Universelle de Justice et du centre International d'Enseignement, et ils stipules les buts devant être réalisés et les objectifs devant être atteints par chaque communauté nationale afin que Ridván 1986 puisse témoigner de l'achèvement en glorieuse victoire de ce Plan hautement significatif. Ce plan aura fait son chemin à travers une période de confusion mondiale sans précédant, témoignant de l'avance irrésistible et du pouvoir social et créatif de la Cause de Dieu, contrastant fortement avec le déclin accélérant du dessein de l'humanité toute entière.

Amis bien-aimés, les bontés et la protection avec lesquelles la Beauté Bénie prend soin d'elles et abrite les organisations naissantes de Son nouvel Ordre Mondiale à travers cette période violente de transition et d'épreuves, instaure une ample certitude de victoires à venir, aussi longtemps que nous suivrons le chemin de Ses conseils. Il récompense nos humbles efforts par des effusions de grâce qui produisent, non seulement l'avancement de la cause, mais aussi certitude et bonheur en nos coeurs, de telle façon à ce que nous puissions de ce fait considérer nos voisins avec des visages radiants et lumineux, confiants que, de nos services, viendra maintenant ce future bienheureux dont nos descendants hériterons, glorifiant Bahá'u'lláh, le Prince de la Paix, le Rédempteur de l'humanité.

La visible accélération, durant la dernière décade, des deux processus décrits par le Gardien bien-aimé, la désintégration de l'ancien ordre et le progrès et la consolidation du nouvel ordre mondial de Bahá'u'lláh, pourrait être considérée par les futurs historiens comme une des plus remarquables caractéristiques de cette période. Le récent surcroît de cette même accélération est encore plus frappant. De puissantes forces agissent, en même temps à l'intérieur et à l'extérieur de la cause de Dieu, pour amener à son apogée les deux tendances de ce siècle augural. Parmi les nombreuses preuves révélant cette évolution on peut citer, d'une part, la constante progression du désordre, du terrorisme, de la confusion économique, de l'immoralité et du danger croissant de prolifération des armes de destruction et, d'autre part, l'expansion, la consolidation et la rapide émergence mondiales et divinement propulsées de la cause elle-même à une place très en vue dans les affaires du monde - un processus couronné par la merveilleuse efflorescence du mont Carmel, dont le printemps divin est à présent si magnifiquement en bourgeons.

Durant les cinq dernières années, la dialectique historique du triomphe et du désastre a opéré simultanément dans la cause de Dieu. L'Armée de Lumière a subi la perte de six Mains de la Cause et les vagues d'amère persécution, qui ont à nouveau englouti la communauté durement éprouvée en Iran, ayant eu pour résultat la destruction au ras du sol de la maison du Báb, la démolition de la demeure ancestrale de Bahá'u'lláh à Tákur, et le martyre d'un grand nombre d'âmes vaillantes. Néanmoins, ces désastres ont fait surgir de nouvelles énergies dans le cœur des amis, nourri les racines profondes de la cause et produit une grande récolte d'importantes victoires. Les principales parmi celles-ci sont l'achèvement couronné de succès du Plan de Cinq ans ; le lancement du Plan de Sept ans, actuellement dans la dernière année de sa deuxième phase et la proclamation sans précédent de la foi aux chefs d'Etat, parlements et parlementaires, ministres et fonctionnaires des gouvernements, leaders de la pensée et personnalités dans les professions, conduisant à un changement d'attitude de la part des mass-medias, qui nous approchent maintenant de plus en plus pour demander des renseignements au sujet de la cause.

A tous ces événements, il faut ajouter la célébration du cinquantième anniversaire du décès de la Plus Sainte Feuille ; la restauration complète de l'étage supérieur de la maison d' 'Abdu'lláh Páshá et son ouverture, en ce moment même, à ses premiers visiteurs ; l'installation de la Maison Universelle de Justice dans son siège permanent, accomplissant ainsi la grande prophétie contenue dans la Tablette du Carmel ; le progrès constant de la construction du premier Mashriqu'l-Adhkár des îles du Pacifique à Samoa et du temple-mère dans le sous-continent indien à New Delhi.

Parmi les faits remarquables du travail d'enseignement et de consolidation figurent les résultats continus et efficaces de la participation de plus de seize mille croyants de toutes les parties du monde aux cinq Conférences internationales ; les campagnes d'enseignement intensif effectuées avec le concours actif de toutes les couches de la communauté et en utilisant l'enthousiasme et la capacité des jeunes bahá'ís ; l'installation d'une deuxième station de radio en Amérique du Sud ; la formation à nouveau des Assemblées Spirituelles Nationales d'Ouganda et du Népal et l'établissement de neuf nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales dont deux seront élues cette année durant le mois de mai, amenant le total de ces Maisons de Justice secondaires à 135.

Mais avant et au-dessus de tout, il y a l'unité d'action démontrée par la communauté mondiale bahá'íe lors de ses efforts en vue de s'adjoindre le soutien du public à l'égard des croyants iraniens chèrement aimés, hautement admirés, cruellement opprimés, s'alliant à l'unité manifestée par un afflux de dons pour remplacer leurs précédentes généreuses contributions, et un élan de dévouement personnel rarement vu à une échelle aussi universelle et très prometteur pour l'avenir.

La maturité croissante d'une communauté religieuse mondiale, que tous ces processus révèlent, est encore prouvée dans la participation, par certaines communautés nationales, à la vie sociale et économique de leur pays, illustrée par la création d'écoles de village, la mise en place de stations de radio, la poursuite de programmes de développement rural et l'application de projets médicaux et agricoles. A ces premières réalisations, il y a lieu d'ajouter les incontestables compétences acquises, à la suite de la crise iranienne, lors des interventions avec les organisations internationales, les gouvernements nationaux et les mass-medias - les éléments mêmes de la société avec laquelle il faut collaborer de plus en plus pour l'avènement de la paix sur terre.

Un très vaste horizon s'ouvre devant nous, illuminé par une manifestation croissante et universelle des potentialités inhérentes à la cause pour mettre en ordre les affaires des hommes. A cette lumière, on peut discerner non seulement nos tâches immédiates mais, plus faiblement, les nouvelles poursuites et entreprises dans lesquelles nous devrons sous peu nous engager. A présent, nous devons réaliser les objectifs du Plan de Sept ans, en accordant une grande attention à ces développement spirituels profonds qui se manifesteront par une plus grande unité parmi les amis et au sein des Assemblées Spirituelles Nationales et Locales fonctionnant " harmonieusement, énergiquement et efficacement " comme le Gardien le désirait.

Nous ne doutons pas que la communauté bahá'íe accomplira toutes ces tâches et ira de l'avant vers de nouvelles réalisations. Les forces libérées par Bahá'u'lláh s'accordent aux nécessités des temps. Nous devons, en conséquence, avoir l'absolue confiance que la nouvelle pulsation de l'énergie vibrant actuellement dans la cause lui conférera le pouvoir de rencontrer les défis à venir pour aider, selon la maturité et les ressources, au développement de la vie sociale et économique des peuples, collaborer aux forces conduisant à l'établissement de l'ordre dans le monde, influencer l'exploitation et l'usage constructif de la technologie moderne, rehausser par tous moyens le prestige et le progrès de la foi et améliorer les conditions de la plupart des hommes.

C'est le moment de se réjouir. Le Soleil de Bahá'u'lláh se lève dans le ciel, éclairant davantage le contraste entre l'obscurité, le désespoir, les frustrations et la confusion du inonde, et le rayonnement, la confiance, la joie et la certitude de ses aimés. Soyez heureux. Voici le Jour de Dieu.

En cette saison souveraine entre toutes, nous vous saluons avec un plaisir immense à la constatation de l'augmentation des activités dans toute la communauté bahá'íe au cours de l'année qui vient de s'écouler et dans une vive expectative de ce qui doit et peut s'accomplir au cours du dernier tiers du Plan de trois ans. Nous ressentons à la fois de l'inquiétude et de l'espoir devant le désespoir qui tourmente les dirigeants des nations et des peuples dans leur recherche de solutions aux problèmes sociaux urgents. En fait, une telle désespérance n'équivaut à rien d'autre qu'à un appel universel aux enseignements de Bahá'u'lláh, vraiment un défi et une promesse que nulle institution bahá'íe, nul Bahá'í ne peut en toute conscience ignorer.

Nul événement n'a transmis de façon plus aiguë cette perspective attristante que le récent Sommet mondial pour le Développement social, la dernière d'une série de rencontres internationales des dirigeants du monde organisées par les Nations Unies. Mais aussi minime que soit l'influence immédiate que de tels événements puissent avoir sur les politiques des gouvernements et aussi peu qu'en tienne compte ou n'en soit consciente la grande majorité de la population du monde, leur avènement indique néanmoins pour tout observateur bahá'í un mouvement progressif vers l'ultime accomplissement de la volonté de Bahá'u'lláh : de voir les souverains des nations se réunir pour consulter et décider des problèmes en suspens auxquels une société de plus en plus globale doit faire face.

Cet événement capital à Copenhague fut l'occasion propice d'un effort bahá'í impressionnant auquel contribuèrent quelque 250 amis de plus de 40 pays, et qui s'est accompli dans le but de mettre les participants au Sommet, et au forum correspondant des ONG, au courant des remèdes prescrits par le Médecin Divin. Cet effort s'est déployé au-delà du Sommet et continue même encore maintenant dans bien des endroits de par le monde. C'est du fond du cœur et avec reconnaissance que nous félicitons les institutions, les organismes et les individus bahá'ís qui ont accompli ce surcroît d'action avant, pendant et depuis le Sommet, car il en a certainement résulté pour notre communauté mondiale à la fois de nouvelles marques d'influence sur les processus vers la Moindre Paix et des occasions multipliées de diffuser plus amplement le message réformateur de Bahá'u'lláh. A mesure que se produisent plus fréquemment de tels événements mondiaux et que la communauté bahá'íe poursuit de plus en plus intensément ses objectifs, nous pouvons voir plus clairement le rapprochement des processus parallèles dont parlait Shoghi Effendi dans ses écrits il y a plusieurs décennies : l'un conduisant à l'union politique des nations, et l'autre à l'union des cœurs en une foi commune.

Ces observations nous sont dictées par l'encourageant tableau du développement de la communauté bahá'íe au cours de la seconde année du Plan de trois ans. Encore plus exaltantes que l'avancée dans le domaine des affaires extérieures aux niveaux locaux et nationaux sont les évidences d'un changement qualitatif dans la réponse des croyants partout dans le monde à la demande d'enseigner. L'augmentation de l'activité d'enseignement indique une compréhension profonde évidente de ce devoir individuel inéluctable, situation réjouissante qui résulte de plusieurs facteurs stimulants qui tous ensemble sont de bon augure pour l'afflux tant attendu des troupes de nouveaux croyants. Parmi ces facteurs, mentionnons l'étude qui est faite de la compilation sur l'entrée en troupes au fur et à mesure de sa publication en davantage de langues, les effets du déplacement des Conseillers internationaux et continentaux à travers le monde, l'évolution dans le fonctionnement des membres du Corps Auxiliaire et de leurs assistants, les effets de l'emphase placée sur l'éducation des enfants, et la vigueur de la jeunesse dans l'initiation de projets d'enseignement et leur implication dans tout un ensemble d'autres activités bahá'íes.

La force accrue des Assemblées Spirituelles qui sont appelées à faire face à d'innombrables défis tout en s'efforçant principalement de se concentrer sur les exigences du travail d'enseignement est l'une des contributions dans ce tableau positif. Nous sommes particulièrement conscients des fardeaux portés par les Assemblées Spirituelles Nationales à mesure que se diversifient dans leur composition les communautés sous leurs juridictions et que celles-ci deviennent plus complexes dans leurs besoins de direction et de soutien de la part de ces institutions.

L'impression d'ensemble des différents stades du développement auquel la communauté est parvenue suggère qu'un immense effort est maintenant dédié au triple thème des injonctions du Plan : rehausser la vitalité de la foi des croyants, développer considérablement les ressources humaines de la Cause et stimuler le fonctionnement adéquat des institutions bahá'íes locales et nationales. Mais comme il reste encore beaucoup à faire dans ces directions, c'est une réaction plus remarquable qu'il va falloir de la part des individus comme des institutions, si notre communauté se doit de combattre les ravages du règne de la décadence morale, de rassembler une armée massive d'âmes vouées à répondre aux besoins de l'enseignement et de l'administration des affaires de la Foi, ainsi que de rendre nos institutions à même de faire face aux tâches qu'une soudaine augmentation du volume de la communauté leur imposera certainement.

Toute réaction efficace aux défis immédiats auxquels la communauté est confrontée comportera essentiellement ces aspects nécessaires qui concernent tout particulièrement l'individu et l'Assemblée Spirituelle Locale : il y a d'une part l'initiative qu'il est le devoir et le privilège de chacun de prendre, en enseignant la Cause et en acquérant une compréhension plus intense du dessein et des exigences de la Foi. L'exercice de cette initiative va de pair avec la nécessité de la participation de chacun aux efforts communs, tels que les activités ou les projets communautaires. D'autre part, il y a le rôle de l'Assemblée Spirituelle Locale qui est d'accueillir, d'encourager et de faire place aux initiatives de chacun des croyants dans la plus grande mesure possible ; et c'est également la responsabilité de l'Assemblée de concevoir et de promouvoir des plans qui feront usage des talents et des aptitudes de chacun des membres de sa communauté, et qui impliqueront tout un chacun dans l'action collective, comme des projets d'enseignement et de développement, des instituts et toute autre activité de groupe. Les efforts consciencieux pour réaliser ces aspects nécessaires inséparables auront pour effet d'augmenter et de consolider la communauté et de susciter un climat d'action unifiée.

Cette dernière année a connu une augmentation importante des visites au Centre mondial par de hauts fonctionnaires d'Etat, d'autres dignitaires et représentants des médias, reflétant l'importance grandissante du centre spirituel et administratif de la Foi au regard du monde. Ainsi semble-t-il évident qu'une tendance se manifeste vers une plus grande accoutumance des gouvernements des nations au centre en évolution d'une Foi mondiale. En l'observant de la Montagne de Dieu, lieu des projets actuels de construction, et en le considérant en parallèle avec les développements qui s'effectuent dans les communautés bahá'íes locales et nationales, nous sommes en mesure d'apprécier de manière plus exacte la réalité évidente de ce que nous fit entrevoir Shoghi Effendi lorsqu'il expliqua les implications de l'érection des bâtiments qui allaient constituer le siège administratif mondial de la Foi de Bahá'u'lláh, en disant : " Cet important et irrésistible processus se fera en synchronisation avec deux développements non moins significatifs - l'établissement de la Moindre Paix et le développement des institutions bahá'íes locales et nationales ". Etant donné le sort du monde, voilà une vision qui nous contraint d'achever comme prévu les projets du Mont Carmel.

Ces projets avancent avec une remarquable vitesse, au grand étonnement des pèlerins, des touristes et des habitants avoisinants, de par leur ampleur et le dévoilement de leur splendeur. Les travaux d'édification avancent sur toutes les constructions simultanément. Sur sept des terrasses au-dessous et cinq au-dessus du Mausolée du Báb, les travaux sont en pleine progression. Davantage de contrats de travaux furent signés cette année que dans aucune des années précédentes, y compris le contrat accordé récemment à une compagnie italienne pour l'approvisionnement en marbre des bâtiments sur l'Arc. Le travail a manifestement pris un élan qui ne supportera aucun retard. C'est un élan comparable qui s'impose donc dans le flot des contributions, si le reste des quarante millions de dollars pour l'accomplissement du but du Plan de trois ans de soixante-quatorze millions de dollars est à fournir d'ici Ridván 1996.

La nouvelle année commence sous d'heureux auspices avec la formation, à Ridván, de cinq Assemblées Spirituelles Nationales. Nous serons représentés aux Conventions Nationales d'inauguration par la Main de la Cause Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum, en Arménie et Géorgie ; par la Main de la Cause 'Alí-Muhammad Varqá, en Biélorussie et Sicile ; par le Conseiller Hushang Ahdieh, en Erythrée. De plus, à la même période, les communautés de Bophuthatswana, Ciskei, Afrique du Sud et Transkei se rassembleront sous la juridiction d'une seule Assemblée Spirituelle Nationale d'Afrique du Sud afin de refléter la réunion politique récente de cette région. Il en découle que le nombre des Assemblées Spirituelles Nationales de par le monde s'élèvera de 172 à 174.

Bien chers collaborateurs : au-delà de la nécessité d'accomplir nos buts, l'état de crise que connaît aujourd'hui l'humanité nous met en demeure de redoubler d'action. Le nuage de désespoir qui plane sur la destinée d'un monde aliéné porte en lui le présage de la pluie printanière capable d'étancher la soif matérielle et spirituelle de chacun. Il lui faut seulement être ensemencé d'actions d'enseignement incessantes et pleines d'assurance. L'accomplissement de telles actions, toutes dépendantes qu'elles soient pour leur renforcement des fonctions des institutions bahá'íes, repose avant tout et en finale sur chacun des Bahá'ís.

Que nul excès d'autocritique, nul sentiment d'incompétence, d'incapacité ou d'inexpérience ne vous retienne ni ne vous fasse peur. Ensevelissez vos craintes dans les promesses formelles de Bahá'u'lláh. N'a-t-Il pas certifié que " les armées de l'inspiration divine " descendront sur quiconque mentionne Son Nom et que " toute l'Assemblée céleste, chacun de ses membres portant haut un calice de pure lumière " descendra également sur lui ? Allez donc de l'avant et pénétrez dans l'arène où tous Ses amants sont pareillement sommés d'entrer, pareillement défiés et bénis en abondance. Car enseigner, Bahá'u'lláh l'affirme, est tenu " pour un acte méritoire entre tous ". Et en ce moment extraordinaire de l'histoire de la planète, absolument rien d'autre n'est d'importance plus critique que d'inviter les gens de toutes sortes et de tous talents à la table de banquet du Seigneur des armées.

En vous envoyant ce message, nous avons clairement devant nous une vision de victoires incalculables qui attendent d'être saisies. Nous sommes certains que vous pouvez en réaliser une myriade au cours du reste du Plan de trois ans. C'est à une réalisation de cette sorte qu'il faut ardemment s'efforcer afin de préparer la scène pour la prochaine entreprise globale à lancer à Ridván 1996. Il se mobilisera alors une campagne d'envergure mondiale pour assurer un crescendo digne des accomplissements d'un siècle considéré par nul autre qu' 'Abdu'l-Bahá lui-même comme une époque qui aura " laissé des empreintes à tout jamais indélébiles ".

C'est le cœur débordant de gratitude envers la Beauté bénie, que nous saluons les abondantes manifestations de sa grâce au cours du Plan de trois ans, lequel arrive à son terme avec ces festivités de Ridván. L'esprit vivifiant de l'Année sainte, qui a donné l'impulsion au lancement du Plan à Ridván 1993, a imprégné cette période d'effort concentré, rendant notre communauté mondiale plus ferme, plus résistante, plus mûre et plus confiante qu'auparavant. Parallèlement, le prestige de la communauté a atteint de nouveaux sommets. Ce Plan ne s'est pas terminé sur une note d'expansion numérique spectaculaire même si un accroissement significatif d'adhésions s'est produit dans différents pays. Il a néanmoins donné naissance à une communauté qualitativement enrichie, prête à exploiter les perspectives immédiates pour l'avancement de la Foi.

Parmi les accomplissements mesurables de cette période, les magnifiques progrès des projets sur le Mont Carmel demeurent essentiels. En effet, malgré de nombreuses difficultés, l'étape de réalisation, anticipée dans notre message de lancement du Plan de trois ans, a de toute évidence été franchie. Toutes les phases de la construction ont été engagées. Le cadre structurel du Centre pour l'étude des Textes et de l'extension du bâtiment des Archives internationales a été posé et les travaux de finition intérieurs et extérieurs de ces édifices vont être entrepris. L'érection du site permanent du Centre international d'Enseignement, troisième structure actuellement en construction sur l'Arc, progresse rapidement. Sept terrasses en dessous du tombeau du Báb, sont maintenant achevées, dévoilant de la base jusqu'au sommet, la splendeur de la sainte montagne de Dieu. L'œil attentif ne peut qu'être saisi par le spectacle de ce tapis de beauté déroulé sur le flanc de la montagne.

Les merveilleux progrès visibles enregistrés jusqu'ici témoignent d'une réalisation encore plus profonde, à savoir, l'unité d'intention avec laquelle l'ensemble de notre communauté mondiale a mis en œuvre cette gigantesque et collective entreprise. L'intérêt et le soutien intenses suscités se sont manifestés par un flot de contributions sans précédent, signe d'un niveau de sacrifice qui témoigne de la qualité de foi et de la générosité de cœur des amoureux de Bahá'u'lláh sur la planète tout entière. Que les contributions aux projets du Mont Carmel aient atteint le but des soixante-quatorze millions de dollars fixé par le Plan de trois ans, marque encore un autre accomplissement exceptionnel mesurable qui nous donne confiance de voir l'aide financière nécessaire à ces projets continuer jusqu'à leur achèvement, d'ici la fin de ce siècle.

Ces trois dernières années, dans des domaines divers et variés, les signes de progrès ont été évidents. Les efforts remarquables déployés pour agrandir et consolider la communauté, l'augmentation des projets en faveur du développement économique et social, et l'essor sans précédent du travail des affaires extérieures contribuent conjointement à dépeindre une communauté dotée de nouvelles potentialités.

Sur le terrain de l'enseignement, une augmentation générale de l'activité a été observée, comme en témoignent la formation de douze nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales au cours du Plan et le mouvement des pionniers et des enseignants itinérants. Dans de nombreux pays, les croyants se sont trouvés galvanisés par la nouvelle approche suggérée dans l'appel aux pionniers délivré au cours du Plan. Nombreux ont été les pionniers qui se sont déplacés d'un pays à l'autre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et il y a eu un véritable flot d'enseignants itinérants. Dans un certain nombre de pays, l'approche systématique adoptée pour mettre en œuvre activités collectives d'enseignement et projets d'enseignement à long terme ciblés a porté ses fruits et a été plus manifeste que jamais.

L'énergie et la créativité qui ont caractérisé les différentes actions d'expansion et de consolidation doivent beaucoup à l'esprit d'entreprise du Centre international d'Enseignement. Diriger et encourager constamment le Corps Continental des Conseillers ; recommander de nouvelles méthodes pour le déploiement des pionniers, méthodes entérinées par la Maison Universelle de Justice dans l'appel aux pionniers dès les premiers mois du Plan, et aider régulièrement les Comités continentaux des pionniers placés sous sa responsabilité ; être inlassablement attentif aux besoins éducatifs de la communauté tels qu'ils ressortent de ses échanges avec les Conseillers portant sur l'inclusion, dans les projets d'enseignements, de programmes d'approfondissement pour les nouveaux croyants, concevoir des cours et ateliers pour la formation pluridisciplinaire, organiser la formation de maîtres pour enfants, et la multiplication des classes pour enfants ; stimuler les efforts pour implanter des instituts de formation dans différentes parties du monde - toutes ces actions ont produit des résultats retentissants. Il faut aussi reconnaître au Centre international d'Enseignement le mérite d'avoir su faire adopter, au travers des Conseillers, des programmes de littérature de base dans des pays de plus en plus nombreux. Ce type de programmes a permis de sélectionner quelques ouvrages essentiels à la propagation de la Foi et à l'approfondissement des croyants, à les imprimer en grandes quantités et à les offrir à prix réduits. Les progrès remarquables de cette institution vitale du Centre mondial ont pu être mesurés lors de la préparation et de l'organisation de la Conférence des Conseillers en décembre dernier, qui a décidé de l'orientation à donner, dans un futur immédiat, au travail de ces administrateurs distingués de la Foi.

Un développement significatif fut l'augmentation considérable de la prise de responsabilité, par les croyants autochtones, du travail d'enseignement et de consolidation dans leur propre pays. Dans des régions aussi troublées que l'Angola, le Cambodge, le Libéria, la Sierra Leone, les amis ont remporté d'importantes victoires, soit en menant des activités d'enseignement avec pour résultat un nombre important d'adhésions, soit en instaurant et en réactivant des Assemblées bahá'íes, soit en initiant et soutenant des projets de développement. Dans des endroits pourvus d'Assemblées Spirituelles Nationales récemment formées, comme les pays de l'ancien Bloc de l'Est, les amis ont montré une admirable aptitude à administrer les affaires de la Cause. Cette période a été marquée, entre autres, par un regain de vigueur, de courage et de créativité au sein des communautés bahá'íes des îles à travers le monde. Les activités ont couvert une vaste gamme de domaines, parmi lesquels la mobilisation d'enseignants locaux, la formation et l'envoi de contingents d'enseignants itinérants dans les îles voisines, l'inauguration d'écoles primaires, les occasions multiples de proclamer la Foi, et l'organisation d'événements auxquels assistaient des dignitaires et des personnalités. Le fait que, ces dernières années, un certain nombre de dirigeants de nations insulaires, aient visité le Centre mondial bahá'í est une marque de la vitalité des activités de ces croyants dans ces petits territoires éparpillés sur tous les océans. Pris dans leur ensemble, tous les exemples déjà cités de comportement et d'efforts des amis dans différentes circonstances démontrent un degré élevé d'engagement dans le travail d'enseignement, de maturité et de fermeté grandissantes, signe de la profondeur de la foi qui anime les bahá'ís de toute origine.

Dans le même ordre d'idées, il faut noter la contribution remarquable de la jeunesse à la croissance et à la consolidation. Leurs activités ont pris plus d'envergure lors de cette période de trois ans. Animés par des conférences de jeunes et autres rassemblements autour de leurs centres d'intérêt, les jeunes à travers le monde ont consacré temps, énergie et zèle en quantité pour le travail d'enseignement en tant qu'enseignants itinérants à l'intérieur et à l'extérieur de leurs pays et sous forme d'équipes dans des projets d'enseignement collectifs, pour ainsi aboutir à des centaines d'adhésions et à la formation de nombreuses Assemblées Spirituelles Locales ; l'implication de la jeunesse dans la musique et les arts, moyens de proclamation et d'enseignement de la Cause, a distingué leurs efforts en maints endroits ; la généralisation d'ateliers de danse et de théâtre a particulièrement été efficace ; la participation des jeunes dans les relations extérieures a ouvert, dans ce domaine, de nouvelles possibilités à la Foi ; l'engagement pour l'année de service a été plus largement répandu ; dans le même temps on a assisté à une augmentation notable du nombre de jeunes ayant acquis une formation classique et qui excellent dans leurs études et leur profession - tout ceci indique que la jeunesse fait davantage pour servir directement la Foi, tout en contribuant au développement général de la société.

On a pu également discerner des signes de consolidation de la communauté, au travers d'une plus grande participation des amis au développement économique et social, particulièrement dans le domaine de l'éducation. Dans un cas remarquable, à la demande d'un gouvernement, les bahá'ís ont pris la responsabilité de gérer sept écoles publiques, avec l'appui du Bureau du Développement économique et social du Centre mondial. Il faut souligner qu'en Afrique, les communautés bahá'íes en exil du fait de l'agitation politique régnant dans leur pays natal, ont continué à développer l'agriculture et d'autres projets qui ont beaucoup contribué à leur autosuffisance. Les efforts pour améliorer le statut de la femme ont gagné du terrain dans de nombreux pays ou, en plus de la participation bahá'íe dans des projets parrainés par d'autres organisations, les institutions bahá'íes ont établi des comités et des bureaux pour s'occuper des intérêts des femmes. Le bureau de la Communauté internationale bahá'íe pour la promotion de la condition féminine a été le symbole de cet essor.

En outre dans de nombreux pays, les bahá'ís ont largement participé à des programmes gouvernementaux pour améliorer la santé. Ailleurs, ce sont les bahá'ís qui ont été les instigateurs de programmes de ce genre et qui les ont menés à bien. Le travail dans le domaine du développement économique et social fut également marqué par la consolidation de plusieurs projets et organisations d'importance majeure. Trois projets pilotes d'alphabétisation ont vu le jour, premier pas de la campagne d'alphabétisation que le Bureau du Développement économique et social entend étendre au monde entier. L'initiative et l'implication bahá'íes dans les projets de développement ont aussi eu pour effet de proclamer la Foi, en faisant participer le public et en soulevant l'intérêt des médias.

Une poussée d'activités dans le domaine des affaires extérieures dépassant tous les records précédents pour des périodes similaires a donné un élan considérable à la proclamation de la Cause. Des efforts prodigieux dans toutes les parties du monde ont contribué à une bien plus grande visibilité de la Foi qu'auparavant, et à rehausser en conséquence le prestige de la Communauté internationale bahá'íe. La facilité avec laquelle les communautés bahá'íes, petites et grandes, ont organisé ou participé à des manifestations publiques ; leur émergence en tant que force de la société reconnue par les organisations gouvernementales et non-gouvernementales et par de nombreuses personnalités ; la plus grande ouverture auprès des médias, tout cela montre les directions des progrès enregistrés. En fait, la large couverture accordée aux événements et intérêts bahá'ís par les médias écrits et électroniques a dépassé toutes les prévisions.

Dans l'éventail des activités organisées à travers le monde, on peut relever certains faits saillants : la fréquence avec laquelle les bahá'ís ont été invités par des hautes personnalités à participer ou à soutenir événements et projets ; le succès avec lequel ils ont influencé l'action des gouvernements ; l'élaboration de programmes de niveaux académiques et de cours bahá'ís pour collèges et universités, et l'adoption de matériel pédagogique pour écoles publiques ; l'utilisation des arts par les institutions bahá'íes, groupes et individus au service des activités de proclamation.

En 1995, deux événements majeurs des Nations Unies, relevèrent l'élan grandissant d'une unité de pensée émergente dans les entreprises mondiales et engagèrent l'attention et la participation actives de la communauté bahá'íe. Premièrement, lors du Sommet mondial pour le développement social à Copenhague au mois de mars, 250 amis de plus de 40 pays fournirent un effort impressionnant pour faire connaître les enseignements bahá'ís aux participants du sommet et du Forum des ONG associé à cet événement. C'est à cette occasion que la déclaration du Bureau d'information publique de la Communauté internationale bahá'íe " Vers une Humanité Prospère ", fut pour la première fois distribuée et étudiée. Les activités à travers le monde, suite à ce sommet, ont inclus des conférences et des séminaires, ainsi que la diffusion du document " Vers une Humanité Prospère ". Deuxièmement, la quatrième Conférence mondiale des Femmes et le Forum parallèle des ONG qui eut lieu en septembre à Beijing attira la participation de plus de 500 bahá'ís du monde entier, en plus de la délégation officielle de la Communauté internationale bahá'íe. Au cours de cette même année, un troisième événement, le cinquantenaire des Nations Unies, incita le bureau de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies à élaborer et à diffuser une déclaration intitulée " Tournant Pour Les Nations ", formulant des propositions pour le développement; de cette organisation mondiale.

Par ailleurs, dans le domaine des affaires extérieures, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum a tenu un rôle prééminent lors de deux événements d'envergure. Au printemps dernier, elle a conduit une délégation de quatre représentants officiels bahá'ís lors du Sommet de l'Alliance entre Religions et Conservation se tenant au Château de Windsor sous le patronage de Son Altesse Royale, le Prince Philip. Au mois d'octobre, Rúhíyyih Khánum prononça le discours liminaire au quatrième Dialogue international sur la transition vers une société planétaire tenu sous les auspices de l'UNESCO et organisé par la Chaire bahá'íe pour la paix mondiale et le Département d'histoire à l'Université de Maryland.

Nous ne pouvons négliger de mentionner certains autres événements significatifs de la période passée considérée. Une édition du Kitáb-i-Aqdas dans la version arabe d'origine a été publiée, avec pour la première fois des notes en persan, en supplément du texte, comme dans l'édition anglaise. La loi du Huqúqu'lláh s'est plus profondément enracinée dans les cœurs des croyants à travers le monde, et durant l'année finale du Plan, le Dépositaire du Huqúqu'lláh, la Main de la Cause, 'Alí-Muhammad Varqá, s'est installé en Terre sainte. Cette étape significative indique également que les trois Mains de la Cause de Dieu, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum, M. 'Alí-Akbar Furútan et Dr Varqá résident maintenant au Centre mondial, inspirant les pèlerins et les visiteurs ainsi que les amis qui servent au Centre mondial.

C'est dans un tel contexte de développements encourageants que nous entamons ce Ridván un Plan de quatre ans qui nous mènera jusqu'à Ridván 2000. Nous appelons avec ardeur et amour nos frères et sœurs de chaque pays à se joindre à nous et à se mobiliser pour assurer un héritage abondant et durable aux générations de ce vingt et unième siècle, si proche.

Le Plan de quatre ans vise une réalisation majeure : faire avancer de manière significative le processus d'entrée en troupes. Comme nous l'avons déjà déclaré ultérieurement, une telle avancée doit passer par des progrès marquants dans l'activité et le développement du croyant individuel, des institutions et de la communauté locale.

L'expression " avancée dans le processus d'entrée en troupes " implique le concept selon lequel les circonstances actuelles exigent, et les opportunités existantes permettent, une croissance soutenue de la communauté mondiale bahá'íe à grande échelle ; que cette poussée est nécessaire au vu de la conjoncture mondiale ; que les trois éléments constitutifs dans l'édification de l'Ordre de Bahá'u'lláh - l'individu, les institutions et la communauté - peuvent favoriser une telle croissance dans un premier temps en acceptant spirituellement et intellectuellement la possibilité de cette réalisation, et ensuite en se préparant à accepter les masses de nouveaux croyants, mettant en place des moyens pour les former et permettre leur développement spirituel et administratif, multipliant ainsi le nombre d'enseignants et d'administrateurs, instruits et actifs, dont l'implication dans le travail de la Cause assurera un influx constant de nouveaux adhérents, une évolution ininterrompue des Assemblées bahá'íes et une consolidation constante de la communauté.

De plus, faire avancer le processus suppose que celui-ci est déjà en marche et que les communauté locales et nationales en ont atteint différents stades. Il est maintenant demandé à toutes les communautés de prendre des mesures et de soutenir les efforts pour atteindre un niveau d'expansion et de consolidation à la mesure de leurs possibilités. L'individu et les institutions, bien qu'opérant dans des sphères différentes, sont appelés à se lever pour répondre aux exigences de ce moment crucial dans la vie de notre communauté et dans le destin de l'humanité tout entière.

Le rôle de l'individu est d'une importance unique dans le travail de la Cause. C'est lui qui exprime la vitalité de la Foi dont dépendent le succès du travail d'enseignement et le développement de la communauté. Le commandement de Bahá'u'lláh, selon lequel chaque croyant doit enseigner sa Foi, confère une responsabilité incontournable qui ne peut être ni transférée ni assumée par aucune institution de la Cause. L'individu seul peut exercer ces aptitudes qui comprennent la capacité de prendre des initiatives, de saisir les opportunités, de forger des amitiés, d'agir personnellement avec d'autres, d'établir des relations, de coopérer avec les autres dans le service commun de la Foi et de la société et de traduire en action les décisions prises par les corps consultatifs. C'est le devoir de l'individu "...qu'il considère soigneusement chaque voie d'approche qu'il pourrait utiliser dans ses tentatives personnelles à capter l'attention, à maintenir l'intérêt et à approfondir la foi de ceux qu'il cherche à amener au sein de la Foi ".

Pour optimiser l'utilisation de ces facultés, l'individu doit faire appel à son amour pour Bahá'u'lláh, au pouvoir de l'Alliance, à la dynamique de la prière, à l'inspiration et à l'éducation qui découlent de la lecture et de l'étude régulière des Textes sacrés, et à la force transformatrice qui agit sur son âme lorsqu'il s'efforce de se conduire en accord avec les lois et les principes divins. A ceci s'ajoute le fait que l'individu, s'étant vu donner le devoir d'enseigner la Cause, se trouve investi de la capacité d'attirer les bénédictions particulières promises par Bahá'u'lláh. " Quiconque, en ce jour, ouvre les lèvres, " affirme la Beauté bénie, " pour prononcer le nom de son Seigneur, les armées de l'inspiration divine descendront sur lui du ciel de mon nom, l'Omniscient, le très Sage. Sur lui descendra aussi toute l'Assemblée céleste, chacun de ses membres portant haut un calice de pure lumière ".

Shoghi Effendi soulignait la nécessité absolue pour les individus d'avoir l'esprit d'initiative et d'action. Il expliquait que sans le soutien, " à la fois sans réserve, continu et généreux " de l'individu, toutes mesures et tout plan de son Assemblée Spirituelle Nationale sont " voués à l'échec ", et le but du Plan divin du Maître est " entravé ". De plus, la force nourrissante de Bahá'u'lláh Lui-même qui soutient " sera retirée de tout individu qui manque à la longue de se lever pour jouer son rôle. " Ainsi, au cœur même de tout progrès à réaliser, se trouve le croyant, qui possède un pouvoir d'exécution que lui seul peut exercer de sa propre initiative et par une action soutenue. En ce qui concerne le sentiment d'imperfection qui parfois entrave l'initiative individuelle, voici ce que conseille le Gardien dans une lettre écrite de sa part : " par-dessus tout, vous mentionnez le manque de courage et d'initiative de la part des croyants, et un sentiment d'infériorité qui les empêche de s'adresser au public. Ce sont précisément ces faiblesses qu'il souhaite voir les amis surmonter, car celles-ci ne paralysent pas seulement leurs efforts, mais, de fait, contribuent à éteindre la flamme de la foi dans leurs cœurs. Tant que tous les amis ne parviendront pas à prendre conscience que chacun d'eux est capable, à sa propre mesure, de délivrer le Message, ils ne pourront jamais espérer atteindre le but qui leur a été fixé par un Maître sage et affectueux... . Chacun est un enseignant potentiel. Il n'a qu'à utiliser ce que Dieu lui a donné et prouver par-là qu'il est fidèle à sa confiance."

Quant aux institutions, l'entrée en troupes agira sur elles autant que les institutions agiront sur l'entrée en troupes. L'évolution des Assemblées bahá'íes locales et nationales demande actuellement un nouvel état d'esprit, tant de la part de leurs membres que de la part de ceux qui les élisent, car la communauté bahá'íe se trouve engagée dans un immense processus historique qui entre dans une phase charnière. Bahá'u'lláh a donné au monde des institutions qui fonctionnent dans un Ordre appelé à canaliser les forces d'une nouvelle civilisation. Les progrès accomplis vers ce glorieux objectif exige une vaste et continuelle expansion de la communauté bahá'íe afin de fournir des moyens adéquats à la maturation de ces institutions. C'est là une question d'une importance pressante pour les disciples déclarés de Bahá'u'lláh dans tous les pays.

Pour encourager et adapter cette expansion, les Assemblées Spirituelles devront s'élever à un niveau supérieur dans l'exercice de leurs responsabilités en tant que canaux de la direction divine, planificateurs du travail d'enseignement, révélateurs des ressources humaines, bâtisseurs de communautés, bergers aimants des multitudes. Pour atteindre ces objectifs il leur faudra augmenter l'aptitude de leurs membres à se consulter suivant les principes de la Foi ; à rechercher les avis des amis sous leur juridiction ; à promouvoir l'esprit de service ; à collaborer spontanément avec les Conseillers continentaux et leurs auxiliaires ; à cultiver leurs relations extérieures. Le développement de ces institutions doit en particulier se manifester par la multiplication de localités où le fonctionnement d'une Assemblée Spirituelle permet d'améliorer la capacité des croyants à servir la Cause et promouvoir l'unité dans l'action. En résumé, la maturité de l'Assemblée Spirituelle doit se mesurer non seulement à la régularité de ses réunions et l'efficacité de son fonctionnement, mais aussi à l'aune de la croissance continue du nombre de bahá'ís, à l'efficacité de l'interaction entre l'Assemblée et les membres de sa communauté, à la qualité de la vie spirituelle et sociale qui anime celle-ci et au sentiment général de vitalité d'une communauté engagée dans un processus de développement dynamique et croissant.

La communauté, contrairement à l'individu et aux institutions, acquiert un caractère et une identité propre, au fur et à mesure que sa taille augmente. C'est une évolution nécessaire à laquelle il faut prêter beaucoup d'attention, à la fois dans les lieux où les adhésions se font sur une grande échelle mais aussi en prévision d'occasions plus nombreuses d'entrées en troupes. Il est évident qu'une communauté est plus que la somme de ses membres : c'est une unité complète de la civilisation, formée d'individus, de familles et d'institutions qui sont à l'origine ou qui soutiennent des systèmes, des services et des organisations, travaillant ensemble à un but commun pour le bien-être des hommes, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de ses propres limites. C'est aussi un ensemble de participants divers, interactifs, qui tendent vers l'unité dans une inlassable quête de progrès spirituel et social. Partout, les Bahá'ís, n'en sont qu'au tout début de la construction communautaire et doivent donc consacrer d'énormes efforts aux tâches qui les attendent.

Comme nous le disions dans un précédent message, l'épanouissement de la communauté, surtout au niveau local, exige que l'on valorise considérablement les modes de comportement par lesquels l'expression collective des vertus des individus et le fonctionnement des Assemblées Spirituelles se manifestent autant dans l'unité et l'amitié de la communauté que dans le dynamisme de ses activités et de sa croissance. Pour cela, il faut que tous les composants de la communauté, adultes, jeunes et enfants, s'intègrent dans les activités, qu'elles soient spirituelles, sociales, éducatives ou administratives, et s'appliquent dans les plans d'enseignement et de développement locaux. Il faut aussi une volonté collective et un sens de mission pour perpétuer l'Assemblée Spirituelle en participant aux élections annuelles, sans oublier la pratique collective de la prière. Il est donc essentiel pour la vie spirituelle de la communauté que les amis organisent des réunions de prières régulières, dans les centres bahá'ís locaux lorsqu'ils existent, ou ailleurs, notamment chez les croyants.

Pour saisir les occasions d'expansion et de consolidation qu'implique l'entrée en troupes, il faut s'efforcer partout dans le monde et avec détermination de développer les ressources humaines. Les efforts des individus qui s'occupent de classes d'études chez eux, les cours d'instruction occasionnels parrainés par les institutions et les activités informelles de la communauté, aussi importants soient-ils, ne conviennent pas à l'éducation et à la formation d'une communauté en croissance rapide. Il est donc d'une importance vitale de rechercher systématiquement des méthodes pour éduquer de grands nombres de croyants dans les vérités fondamentales de la Foi, et pour les former et les aider à servir la Cause dans la mesure des talents dont Dieu les a dotés. Il convient de créer, sans plus tarder, des instituts permanents qui dispenseraient régulièrement des programmes de formation bien organisés et formels. Que l'institut dispose de facilités matérielles est évidemment nécessaire, sans pour autant avoir systématiquement besoin d'un bâtiment spécifique à cet effet.

Cette question exige que la collaboration entre les Conseillers continentaux et les Assemblées Spirituelles Nationales s'intensifie. En effet, le fonctionnement réussi de ces instituts de formation dépendra, dans une large mesure, de l'implication active des Conseillers continentaux et des membres du Corps auxiliaire. Ces derniers, en particulier, devront travailler étroitement avec les instituts et, naturellement, avec les Assemblées Spirituelles Locales dont les communautés bénéficieront des programmes de l'institut. Ces instituts doivent être considérés comme des centres d'étude et leur vocation devra s'harmoniser avec les responsabilités éducatives des membres du Corps auxiliaire tout en leur donnant la possibilité d'exercer les dites responsabilités. En conséquence, ces représentants de la Foi, dont les fonctions évoluent, doivent s'impliquer complètement dans le fonctionnement des instituts. Pour le bon déroulement de leurs programmes, il sera également vital de se servir des talents et des capacités d'un nombre grandissant de croyants.

Le terme " institut " ayant déjà été utilisé de diverses manières dans la communauté bahá'íe, il est nécessaire de clarifier son sens. Les quatre prochaines années seront une période extraordinaire, une étape qui marquera l'histoire de notre Foi. Ce qui est aujourd'hui demandé aux amis du monde entier c'est de consacrer leur personne, leurs ressources matérielles, leurs capacités et leur temps au développement d'un réseau d'instituts de formation sur une échelle jamais tentée auparavant. Ces centres d'études bahá'íes auront un but très pratique : former un grand nombre de croyants à promouvoir et à faciliter le processus de l'entrée en troupes avec efficacité et amour.

" Concentrez vos énergies sur la propagation de la Foi de Dieu " enjoint Bahá'u'lláh à ses serviteurs, en ajoutant, " Quiconque est digne de répondre à un si noble appel, qu'il se lève pour le répandre. Quant à celui qui ne peut le faire, il est de son devoir de nommer quelqu'un qui proclamera cette révélation à sa place..." Ainsi, de même qu'on peut déléguer un pionnier ou un enseignant itinérant pour enseigner à sa place en couvrant leurs dépenses, on peut aussi charger un enseignant servant dans un institut d'enseigner les futurs enseignants. Pour ce faire, on peut contribuer au Fond continental des Pionniers ou aux fonds locaux, nationaux ou internationaux, en indiquant la destination désirée.

Dans tous leurs efforts pour atteindre le but du Plan de quatre ans, les amis sont appelés à faire une plus grande place à l'utilisation des arts, non seulement à des fins de proclamation mais aussi en matière d'expansion et de consolidation. Les arts graphiques, scéniques et la littérature ont joué, et peuvent jouer, un rôle important dans l'accroissement de l'influence de la Cause. L'art folklorique, quant à lui peut être exploité partout, que ce soit dans les villages ou les villes petites et grandes. Shoghi Effendi fondait de grands espoirs dans l'expression artistique pour attirer l'attention sur les Enseignements. Voici ce qu'il exprime à ce propos dans une lettre écrite de sa part à un individu : " Le jour viendra où son esprit et son enseignement étant présentés sur scène, sous forme d'œuvres artistiques et littéraires, la Cause se répandra comme un feu de forêt. En effet, pour la majorité, l'art a une plus grande capacité d'éveiller les sentiments nobles que la froide intellectualisation. "

Tandis que les amis et les institutions du monde entier consacreront leurs énergies à appliquer les exigences du Plan, les travaux sur le Mont Carmel se poursuivront jusqu'à leur terme prévu à la fin du siècle. A la fin du Plan, soit à Ridván 2000, les bâtiments pour le Centre d'étude des Textes et le bâtiment des Archives agrandi seront opérationnels ; la construction du bâtiment du Centre international d'Enseignement entrera dans son étape finale. Le tronçon de voie publique qui interrompt aujourd'hui le tracé des terrasses au-dessus du mausolée du Báb aura été abaissé et recouvert d'un large pont tapissé de jardins ; cinq des terrasses supérieures seront, elles aussi, terminées. Les quatre terrasses restantes et les deux situées au bas de la montagne en seront à un stade avancé. Le Centre mondial aura aussi des efforts particuliers à faire dans d'autres directions. Il se penchera notamment sur : l'application universelle de lois additionnelles au Kitáb-i-Aqdas ; la préparation d'un autre volume en anglais d'une sélection d'écrits de Bahá'u'lláh ; le développement continu des fonctions du Centre international d'Enseignement et l'élaboration de mesures destinées à accroître le nombre de pèlerins et de visiteurs au Centre mondial.

La Communauté mondiale bahá'íe devra étendre ses activités en matière de développement économique et social et de relations extérieures, continuant ainsi à collaborer directement avec les forces qui conduisent à l'établissement de l'ordre dans le monde. En améliorant ses capacités de coordination, le Bureau du Développement économique et social aidera à consolider, selon les ressources disponibles et les possibilités, les progrès déjà accomplis dans les centaines de projets de développement de par le monde. Dans le domaine des relations extérieures, les efforts viseront à influencer les processus en cours vers l'établissement de la paix mondiale, en particulier en engageant la communauté à promouvoir les droits de l'homme, la condition féminine, la prospérité mondiale et le développement moral. C'est en agissant dans ces différents domaines que le bureau de la Communauté internationale bahá'íe auprès des Nations Unies œuvrera au renforcement des liens entre les bahá'ís et l'O.N.U. De même, le Bureau d'information publique aidera les institutions bahá'íes à utiliser ces thèmes pour une plus grande proclamation de la Foi. La défense des droits des bahá'ís d'Iran, le surplus d'efforts entrepris pour émanciper la Foi dans ce pays comme dans tous ceux où elle est proscrite, constitueront un des éléments fondamentaux de nos interventions auprès des gouvernements et des organisations non-gouvernementales. Sur toutes ces questions, les amis et les institutions bahá'íes sont priés de rester vigilants, de ne pas perdre de vue l'importance des activités dans le domaine des affaires extérieures et de leur consacrer une attention renouvelée.

La formation, ce Ridván, de deux Assemblées Spirituelles Nationales est un bon départ pour le Plan de quatre ans. Nous sommes heureux de vous annoncer que nos représentants aux deux conventions nationales inaugurales sont la Main de la Cause de Dieu Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum, pour la Moldavie ; M. Fred Schechter, Conseiller et membre du Centre international d'enseignement pour Sao Tomé et Principe. Malheureusement, des circonstances indépendantes de leur volonté empêchent les Assemblées Spirituelles Nationales du Burundi et du Rwanda d'être réélues cette année. En conséquence, le nombre de ces institutions dans le monde demeurera à 174.

Le Plan de quatre ans se terminera à Ridván 2000, plusieurs mois avant la fin du vingtième siècle. C'est alors que le monde bahá'í pourra se retourner pour apprécier le chemin extraordinaire parcouru et les éblouissantes réalisations qui auront marqué les annales de la Cause de Bahá'u'lláh au cours de cette période riche en événements que 'Abdu'l-Bahá appelait le " siècle de lumière ". Parmi les œuvres accomplies alors, et pas la moindre, il y aura l'achèvement des projets en cours aujourd'hui sur le Mont Carmel, qui, avec la construction des autres édifices sur cette montagne sacrée montreront d'ici là les progrès que l'Ordre administratif aura réalisé à cet instant de l'Age de Formation. Si Dieu le veut, ces réalisations seront marquées par un événement d'une importance majeure : la célébration au Centre mondial de l'achèvement des travaux des bâtiments de l'Arc et l'ouverture au public des terrasses du mausolée du Báb.

Chers amis, ce plan commence au milieu des turbulences d'une période de transition accélérée. Les deux processus mis en branle sous l'influence de la Révélation de Bahá'u'lláh s'accélèrent au point de " porter à leur paroxysme ", comme l'affirme Shoghi Effendi, " les forces qui sont en train de changer la face de la planète ". L'un d'eux est un mouvement d'intégration l'autre de désintégration. C'est de leur " fermentation universelle " que la paix émergera par étapes successives en manifestant les effets unificateurs d'une conscience grandissante de la citoyenneté mondiale.

Dans cette optique, les événements mondiaux récents ont été paradoxalement à la fois bouleversants et rassurants. D'une part, la confusion régnant dans les affaires humaines produit son lot quotidien d'événements à glacer d'horreur ; d'autre part, les dirigeants du monde s'engagent dans des actions collectives qui, pour un observateur bahá'í, indiquent que les nations ont choisi de tendre vers une approche commune pour résoudre les problèmes mondiaux. Remarquez la fréquence inhabituelle avec laquelle, depuis l'Année sainte, il y a quatre ans, ils se sont réunis au niveau mondial. Ce fut le cas, par exemple, de la célébration du Cinquantenaire des Nations Unies au cours de laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement présents ont affirmé leur attachement à l'établissement de la paix mondiale. Tout aussi remarquables ont été la promptitude et la spontanéité avec lesquelles ces mêmes chefs d'Etat ont répondu à diverses crises dans différentes parties du monde. Ces évolutions coïncident avec les appels de plus en plus nombreux lancés par des groupes de personnes éclairées pour que soit minutieusement examinée la possibilité de parvenir à une certaine forme de gouvernance globale. Ne pourrait-on voir dans ces épisodes qui se succèdent si rapidement, l'œuvre de la Providence, voire même le signe précurseur de l'événement majeur considérable prédit dans nos Ecritures ?

Il est vrai que l'établissement de la moindre Paix ne dépend d'aucun plan, ni d'aucune action bahá'ís et qu'elle n'est pas le but ultime que l'humanité est destinée à connaître dans son âge d'or. Néanmoins, notre communauté a la responsabilité de donner une impulsion spirituelle aux processus qui conduiront à cette moindre Paix. Il nous faut, à cet instant précis, intensifier à tel point nos efforts pour instaurer le système bahá'í que nous attirerons les confirmations de Bahá'u'lláh, et créerons ainsi une atmosphère spirituelle propice à l'accélération de ces mouvements. Il nous faut relever deux défis importants : d'une part, organiser une campagne d'enseignement dans laquelle l'ensemble de notre communauté s'engagera systématiquement avec enthousiasme et à titre personnel, et qui mettra en œuvre un vaste programme de formation destiné à assurer un développement massif des ressources humaines ; d'autre part terminer les constructions sur le Mont Carmel, et consentir tous les sacrifices pour assurer un flot général de ressources matérielles. Si ces deux défis son résolument relevés, ils permettront de libérer des forces jusque-là contenues qui provoqueront une transformation dans la direction des affaires humaines sur toute la planète.

Aussi court que soit le chemin vers la paix, il sera tortueux ; aussi prometteur que puisse être l'événement qui y conduira, cette paix, devra mûrir et passer par une longue période d'évolution, avec ses inévitables épreuves, ses reculs et ses conflits, avant d'émerger, sous l'influence directe de la Foi de Dieu, comme la Plus Grande Paix. Entre-temps, partout, les gens seront plongés dans le désespoir et la perplexité avant de pouvoir saisir la nature de la transition en cours. Nous qui sommes illuminés par la nouvelle Révélation, nous avons les Textes sacrés pour nous convaincre, un Plan divin pour nous guider et tout un passé valeureux pour nous encourager. Alors, puisons notre courage non seulement dans le Verbe que nous chérissons, mais aussi dans les actes d'héroïsme et de sacrifice qui, aujourd'hui encore, brillent resplendissants dans le pays où notre Cause est née.

Voilà près de dix-sept ans que nos frères et sœurs persécutés d'Iran, ont montré une constance dans leur foi et un courage tels qu'ils ont permis de proclamer la Cause à grande échelle, la faisant ainsi émerger de l'obscurité. Ainsi, sous nos yeux, apparaissent à l'évidence les forces de crise et de victoire. S'il plaît à Dieu, nos frères et sœurs iraniens seront sous peu libérés du joug qu'i1s supportent encore et connaîtront alors les gloires et les merveilles d'une victoire que seule la Beauté bénie peut octroyer. Leur expérience est un signe et un exemple pour nous tous, où que nous vivions ; car, un jour ou l'autre, le Maître nous l'a dit, l'opposition se dressera sur tous les continents. Il se peut qu'elle diffère suivant les lieux, mais elle sera féroce, sans aucun doute. Néanmoins, par la grâce fortifiante de Bahá'u'lláh et l'exemple de fermeté de ces nobles amis, nous saurons comment résister sans crainte aux flèches de l'ennemi. En vérité, le Seigneur des Armées a promis d'offrir à son peuple un triomphe décisif et écrasant.

Alors que l'humanité tourmentée est secouée par les ravages que lui inflige une civilisation incontrôlable, gardons nos esprits et nos cœurs fixés sur la tâche divine qui nous attend. Car, au milieu du tumulte, abondantes seront les possibilités à exploiter " en vue de diffuser de long en large la connaissance du pouvoir rédempteur de la Foi de Bahá'u'lláh et afin d'enrôler de nouvelles recrues dans l'armée toujours croissante de ses adhérents. " Le Plan auquel nous allons maintenant nous consacrer est établi à l'un des moments les plus critiques de la vie de la planète. Il a pour but de préparer notre communauté à affronter les transformations toujours plus rapides qui affectent le monde autour de nous et à placer la communauté dans une position qui lui permettra, à la fois, de soutenir le poids des épreuves et des défis inévitables et de mettre en évidence un mode de fonctionnement vers lequel, à la suite d'une transition tumultueuse, le monde pourra se tourner, pour chercher de l'aide et un modèle. Ce Plan acquiert donc une place particulière dans l'histoire bahá'íe et dans celle du monde. Ceux d'entre nous qui avons cette vision de la Foi sommes particulièrement privilégiés d'avoir conscience des efforts engagés pour stimuler, et finalement accélérer ces processus.

Puissiez-vous tous vous lever et entreprendre les tâches qu'exige cette période cruciale. Que chacun et chacune inscrive sa marque sur ce court laps de temps si riche en potentialités et porteur de tant d'espoirs pour l'ensemble de l'humanité. Pour ne pas vous laisser préoccuper, ni détourner par les événements rigoureux de cet âge de transition, gardez toujours présent à l'esprit le conseil de notre guide infaillible, Shoghi Effendi : " Ce n'est pas à nous, chétifs mortels que nous sommes, de tenter, à un stade aussi critique de la longue et si diverse histoire de l'Humanité, de parvenir à une compréhension précise et satisfaisante des démarches successives qui doivent conduire, de son calvaire à son ultime résurrection, une humanité blessée, misérablement oublieuse de son Dieu et insouciante de Bahá'u'lláh... . C'est plutôt notre tâche, si confuse que soit la scène, si sombres que soient les perspectives, et si limitées les ressources dont nous disposons, de travailler sans relâche, dans la sérénité et la confiance pour coopérer, de quelque manière que les circonstances puissent nous le permettre, à faire sortir l'Humanité de la vallée de la misère et de la honte, pour la conduire aux cimes les plus hautes de la puissance et de la gloire. "

D'un cœur reconnaissant, nous saluons la réponse empressée donnée, dans tous les continents, au Plan de quatre ans lancé à Ridván dernier.

Les consultations des Conseillers continentaux et celles des Assemblées Spirituelles Nationales ont déclenché un vaste mouvement de planification auquel se sont également associés les membres du Corps auxiliaire et les Assemblées Spirituelles Locales. A la faveur de ce mouvement, les plans dérivés à caractère régional et national ont pris forme. Mais plus que de donner naissance à des projets particuliers à chaque pays, cet exercice d'envergure mondiale a stimulé la collaboration entre les deux piliers de l'Ordre administratif, heureux présage des victoires à venir.

L'impact du Plan s'est immédiatement signalé par la vitesse à laquelle les étapes ont été franchies pour mettre en place près de deux cents instituts de formation ces douze derniers mois. Allant au-delà de la conception de leur organisation, beaucoup de ces instituts se sont mis en fait à fonctionner et à proposer leurs premiers cours. En outre, le mouvement des pionniers, tant nationaux qu'internationaux, et des enseignants itinérants ; l'intérêt croissant suscité par le système de la délégation d'enseignants ; les préparatifs engagés pour assurer la formation d'Assemblées Spirituelles Locales au premier jour de Ridván ; la volonté partout renouvelée de tenir des réunions de prières régulières ; la multiplication des initiatives artistiques dans l'enseignement et les activités communautaires, tout cela semble indiquer que les amis ont pris pleinement conscience de l'importance qu'il y a à se concentrer sur les exigences de l'objectif premier du Plan, à savoir-faire avancer de manière significative le processus d'entrée en troupes.

D'autres faits marquants survenus l'an passé ne sont pas non plus à négliger, dans la mesure où ils confirment le bien-fondé des multiples actions engagées par notre communauté mondiale et des résultats obtenus. Pour n'en citer que quelques-uns, mentionnons l'achat de l'appartement occupé par le Maître bien-aimé, 'Abdu'l-Bahá, pendant son séjour historique à Paris, au 4 avenue de Camoëns ; la session spéciale consacrée le 14 août par la Chambre fédérale du Parlement brésilien au soixante-quinzième anniversaire de la Foi bahá'íe dans ce pays, occasion officielle unique dont Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum était l'invitée d'honneur ; le lancement en juillet dernier du site Internet de la Communauté internationale bahá'íe " Le monde bahá'í ", qui a reçu à ce jour, plus de 50000 visiteurs de 90 pays et territoires, soit une moyenne de 200 personnes par jour.

A peine devancés par ces réalisations, les travaux de construction sur le mont Carmel se sont poursuivis à un rythme impressionnant marqué par l'achèvement de la colonnade de marbre du Centre d'étude des Textes, l'édification du 7e niveau du bâtiment du Centre international d'enseignement et l'émergence continue, par pans entiers, des terrasses du Mausolée du Báb. Notons à ce propos l'abaissement partiel du niveau de la voie publique que les terrasses vont enjamber, et l'achat puis la démolition d'un bâtiment situé au pied du mont Carmel qui constituait le dernier obstacle à la finition des terrasses inférieures, traversées par l'allée glorieuse qui mène à l'édifice sacré, et au-delà, jusqu'au sommet de la colline de Dieu.

Tout aussi capital à la poursuite des travaux ainsi décrits, le niveau des contributions au Fonds des projets de l'Arc a atteint le montant fixé pour l'an dernier. A l'évidence, tous, riches et pauvres, font actuellement preuve d'un héroïsme renouvelé pour satisfaire l'effort financier exigé dans ce domaine, effort qu'il conviendra de maintenir dans les années à venir. Parallèlement toutefois, tout aussi énergique et soutenu devra être l'effort simultanément consenti par les Assemblées et les amis partout dans le monde pour répondre aux besoins vitaux du Fonds international bahá'í.

Un démarrage aussi favorable du Plan de quatre ans ne peut qu'inspirer aux cœurs des membres de notre communauté mondiale la conviction qu'ils ont tous les atouts en main pour mettre en œuvre ses exigences telles que décrites dans les messages introductifs puis développées dans les plans adoptés par leurs Assemblées respectives. Autre fait particulièrement encourageant en ce début de seconde année, les circonstances qui ont permis le rétablissement à Ridván de l'Assemblée Spirituelle Nationale du Rwanda. Cette victoire sur la crise portera à 175 le nombre des Assemblées Spirituelles Nationales qui seront en droit de participer à la huitième Convention internationale bahá'íe prévue à Ridván prochain au Centre mondial bahá'í. Combien grand est notre espoir de voir d'ici-là, soit à mi-parcours du Plan, le monde bahá'í faire un formidable bond en avant dans la multiplication de ses ressources humaines, la maturation de ses Assemblées Spirituelles et le développement de ses communautés locales.

Les opportunités offertes par le court laps de temps qui nous sépare de la fin du siècle sont plus précieuses qu'on ne saurait le dire. Seul un effort soutenu consenti dans l'unité par tous les amis pour faire avancer le processus d'entrée en troupes peut être à la mesure d'un moment aussi historique. D'urgentes et inévitables responsabilités pèsent sur chaque institution et sur chaque membre de cette communauté qui s'efforce d'avancer vers le destin promis par Dieu. Le temps est si court et la tâche si vaste qu'il n'y a pas de temps à perdre ni d'occasion à rater. Soyez assurés chers amis, que les armées du Royaume d'Abhá sont prêtes à se précipiter à l'aide de quiconque se lèvera pour offrir ses services et participer au drame spirituel qui se déroule en ces jours cruciaux.

Arrivés à mi-chemin du Plan de quatre ans, nous affirmons d'un cœur léger que la communauté mondiale bahá'íe traverse une étape dynamique d'innovation dans son évolution. Le processus d'entrée en troupes, sur lequel se concentrent ses énergies, est en nette progression.

Trois développements encouragent nos espoirs. Le premier a trait aux solides résultats obtenus partout où fonctionnent des instituts de formation. Ces deux dernières années, des dizaines de milliers d'individus ont suivi jusqu'au bout au moins un cours d'institut. Cela a eu pour effets immédiats de renforcer considérablement leur foi, de leur faire prendre davantage conscience de leur identité spirituelle et d'affermir leur engagement à servir la Foi. La deuxième concerne l'amélioration remarquable de conditions touchant la formation et le renouvellement des Assemblées Spirituelles Locales. La décision de ne former ces institutions qu'au premier jour de Ridván, et ce, principalement à l'initiative des communautés dont elles dépendent, a été mise en application en 1997. Si, comme il était prévu, le nombre d'Assemblées Locales a immédiatement chuté, la baisse n'a pas été très importante ; en fait, une augmentation de leur nombre a été enregistrée dans certains pays. Ce résultat indique que le processus de maturation de ces institutions d'ordonnance divine est en bonne voie. Le troisième est que les amis sont animés d'une nouvelle confiance pour enseigner, et cela donne des résultats impressionnants dans diverses régions. Le potentiel pour un afflux continu et toujours plus important de nouveaux croyants a toujours été considérable, et nous sommes en mesure de dire avec assurance que la capacité de le concrétiser est en train de se développer méthodiquement comme jamais auparavant, avec la poursuite du Plan en cours.

En plus de ces signes de progrès, c'est avec satisfaction que nous avons vu les projets de construction sur le Mont Carmel avancer avec une vitesse fantastique, afin de respecter le calendrier établi pour l'année qui vient de s'achever. Très prochainement, au mois de mai, trois nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales seront formées - Sabah, Sarawak et Slovaquie - et l'Assemblée Spirituelle Nationale du Libéria sera rétablie, élevant ainsi à 179 le nombre des piliers de la Maison Universelle de Justice. En contemplant les faveurs divines accordées à notre communauté, nous exprimons notre profonde reconnaissance à chacune des Mains de la Cause de Dieu, au Centre International d'Enseignement, ainsi qu'aux Conseillers et leurs auxiliaires sur tous les continents pour la constance de leurs services. La force grandissante des Assemblées Spirituelles Nationales étaye notre certitude que des victoires retentissantes sont imminentes.

Ce tableau salutaire de l'avenir de la communauté ressort sur la toile de fond confuse d'une planète en désaccord avec elle-même. Et pourtant, au milieu de cette désolation qui envahit l'âme humaine, il est manifeste qu'à un certain niveau de conscience, les peuples du monde perçoivent de plus en plus un mouvement irrésistible vers l'unité et la paix mondiales. Ce sentiment s'éveille à mesure que les progrès stupéfiants de la science et de la technologie font pratiquement disparaître les barrières physiques entre les peuples. Néanmoins, ce mélange de tribulations qui ébranlent le monde et de développements qui le façonnent laisse l'humanité à la fois hébétée et éblouie. Les tempêtes et les tensions qui secouent le tissu social sont incompréhensibles à tous les habitants de la planète sauf à ceux, relativement peu nombreux, qui reconnaissent le dessein de Dieu pour ce jour.

Partout, nos semblables sont imperceptiblement et simultanément soumis aux émotions contradictoires engendrées par l'opération continue de processus concomitants " d'essor et de chute, d'intégration et de désintégration, d'ordre et de chaos ". Ces processus ont été identifiés par Shoghi Effendi comme les aspects du Plan majeur et du Plan mineur de Dieu, les deux moyens connus qui font avancer le dessein de Dieu pour l'humanité. Le Plan majeur s'accompagne de turbulences et de calamités et se développe apparemment de façon aveugle et chaotique, mais en fait il conduit inexorablement l'humanité vers l'unité et la maturité. Ses principaux exécutants sont les gens qui ignorent tout de son action et sont même hostiles à son objectif. Comme Shoghi Effendi l'a indiqué, le Plan majeur de Dieu se sert à la fois " des puissants et des humbles comme pions dans son jeu de construction du monde, pour la réalisation de son objectif immédiat et l'établissement ultime de son Royaume sur terre ". L'accélération des processus qu'il génère provoque des développements qui sont pour nous les bahá'ís, malgré toute la douleur et la souffrance qui les accompagnent au début, les signes de l'émergence de la Moindre Paix.

Contrairement à son Plan majeur, qui opère mystérieusement, le Plan mineur de Dieu est clairement tracé, se déroule selon des processus-règles bien connus, et nous a été donné à exécuter. Son objectif ultime est la Plus Grande Paix. La campagne de quatre ans, au milieu de laquelle nous sommes parvenus, constitue l'étape actuelle de ce Plan mineur. C'est à la réalisation de son objectif que nous devons consacrer toute notre attention et nos énergies. Parfois, il peut sembler que l'opération du Plan majeur perturbe le fonctionnement du Plan mineur, mais les amis ont toutes les raisons de ne pas s'en alarmer. Car ils reconnaissent l'origine de cette turbulence qui ne cesse d'agiter le monde et, selon les paroles de notre Gardien, " reconnaissent sa nécessité, observent avec confiance ses procédés mystérieux, prient ardemment pour que soit mitigée sa sévérité, œuvrent intelligemment à en apaiser la furie, et anticipent avec une parfaite clarté l'aboutissement des craintes et des espoirs qu'elle doit nécessairement engendrer ".

Un tour d'horizon, même rapide, de la scène mondiale de ces dernières années ne peut que mener à des observations qui sont lourdes de sens, en particulier pour un observateur bahá'í. Car, au milieu du vacarme d'une société en pleine agitation peut se discerner une tendance indubitable vers la Moindre Paix. On voit un indice fascinant dans l'engagement plus important des Nations Unies, soutenu par de puissants gouvernements, à essayer de résoudre des problèmes qui se posent dans le monde depuis longtemps ou qui sont urgents. Un autre indice est la reconnaissance spectaculaire par des dirigeants du monde, il y a seulement quelques mois, de ce qu'implique vraiment l'interdépendance de toutes les nations dans le domaine du commerce et de la finance - condition que Shoghi Effendi a envisagée comme un aspect essentiel d'un monde organiquement unifié. Mais un développement encore plus important pour la communauté bahá'íe est le nombre impressionnant de gens en quête de vérité spirituelle. Plusieurs études consacrées à ce phénomène ont été récemment publiées. Les idéologies qui ont dominé la plus grande partie du siècle n'ont plus rien à offrir : alors qu'elles se meurent en ces années de fin de siècle, on voit naître dans l'esprit des hommes une soif de sens et dans leur âme une ardente attente.

Cette soif de spiritualité se caractérise par une agitation, un mécontentement grandissant face à la moralité de la société ; elle est également évidente dans la montée du fondamentalisme parmi diverses sectes religieuses, ainsi que dans la multiplication de nouveaux mouvements se présentant comme des religions ou aspirant à remplacer la religion. Ces observations nous permettent de comprendre l'interaction entre ces deux processus d'impulsion divine qui opèrent sur cette planète. Les occasions multiples ainsi offertes par la providence pour présenter le message de Bahá'u'lláh aux âmes en recherche, sont source de dynamisme pour l'enseignement bahá'í. Les implications pour la tâche du moment sont immensément encourageantes.

Nos espoirs, nos buts, nos possibilités d'aller de l'avant peuvent tous se réaliser si nous concentrons nos efforts sur l'objectif majeur du Plan divin à son stade actuel - à savoir, réaliser une avancée importante du processus d'entrée en troupes. Ce défi peut se relever par un effort accompli avec persévérance et patience. L'entrée en troupes est une possibilité qui est tout à fait à la portée de notre communauté. Une foi inaltérable, la prière, les instigations de l'âme et l'assistance divine sont parmi les conditions indispensables au progrès de toute entreprise bahá'íe. Mais pour réaliser l'entrée en troupes, il est également d'une importance cruciale d'adopter une approche réaliste et une action systématique. Il n'y a plus de raccourcis. La systématisation assure une cohérence de lignes d'action basées sur des plans bien conçus. D'une manière générale, elle implique une approche méthodique dans tout ce qui touche au service bahá'í, que ce soit l'enseignement ou l'administration, l'effort individuel ou collectif. Tout en permettant l'initiative individuelle et la spontanéité, elle suggère le besoin de lucidité, de méthode, d'efficacité, de persévérance, d'équilibre et d'harmonie. La systématisation est un mode de fonctionnement nécessaire, imposé par l'urgence à agir.

Dans le but d'assurer une évolution régulière de la communauté, une fonction des institutions bahá'íes est d'organiser et de maintenir un processus de développement des ressources humaines par lequel les bahá'ís, nouveaux ou anciens déclarés, peuvent acquérir les connaissances et la capacité nécessaires pour soutenir une expansion et une consolidation continue de la communauté. La mise en place d'instituts de formation est cruciale dans cet effort, puisque ce sont des centres qui permettent à de grands nombres d'individus d'acquérir et de développer la capacité à enseigner et à administrer la Foi. Leur existence souligne l'importance de la connaissance de la Foi comme source de force pour revigorer la vie de la communauté bahá'íe et des individus qui la composent.

Les données actuellement disponibles confirment que le Plan de quatre ans réussit là où une approche systématique est comprise et mise en application. Ces même données montrent que les institutions de la Foi, dans leurs efforts de collaboration aux niveaux national, régional et local, ont clairement adhéré à cette compréhension. Par contre, au niveau des individus, sur lesquels repose le succès ultime du Plan, cette compréhension n'est pas aussi claire. Pour cette raison, nous devons insister auprès de nos coreligionnaires sur l'importance que revêt, pour leur effort individuel, cette condition préalable au succès des activités d'enseignement et autres.

Traduit en programmes et projets par les institutions nationales et locales, le Plan, entre autres, donne une direction, définit des buts, stimule l'effort, fournit une variété d'installations et de matériels nécessaires pour faciliter le travail des enseignants et des administrateurs. Ceci est bien entendu indispensable au bon fonctionnement de la communauté mais ne sert que si chacun de ses membres participe activement. Ce faisant, chaque individu aussi doit décider en toute conscience de ce qu'il fera pour servir le Plan, et comment, où et quand il le fera. Cette résolution permet à l'individu d'évaluer le progrès de ses actions, et si nécessaire, d'en modifier le cours. Développer l'habitude d'une telle approche systématique dans l'effort donne sens et plénitude à la vie de tout bahá'í.

Mais au-delà de la nécessité de répondre à l'appel des institutions, l'individu est chargé par Bahá'u'lláh Lui-même du devoir sacré d'enseigner sa cause, acte qu'Il décrit comme " méritoire entre tous ". Tant qu'il y aura des âmes ayant besoin d'être éclairées, ce devoir doit certainement rester l'occupation constante de tout croyant. En accomplissant ce devoir, l'individu est responsable directement devant Bahá'u'lláh. Shoghi Effendi conseille vivement " qu'il n'attende pas de directives ni n'escompte d'encouragement spécial des représentants élus de sa communauté, ni ne se laisse détourner par un obstacle quelconque que ses parents ou ses concitoyens pourraient être enclins à poser sur son chemin, et qu'il ne fasse pas attention à la censure de ses détracteurs ou de ses ennemis ". Les écrits des figures centrales de la Foi et de notre Gardien abondent en conseils et en exhortations à propos du rôle irremplaçable de l'individu dans l'avancement de la cause. Il est donc inévitable que nous nous sentions poussés, à ce moment particulier dans la vie de l'humanité tout entière, à exhorter directement chaque membre de notre communauté à méditer sur la situation urgente à laquelle nous, les auxiliaires de la Beauté d'Abhá, nous sommes tous confrontés.

Notre lot, chers frères et sœurs, est d'être consciemment engagés dans un vaste processus historique comme aucun peuple n'en a jamais fait l'expérience. En tant que communauté mondiale, nous avons à ce jour remporté un succès unique et magnifique, celui de représenter la gamme complète de la race humaine, grâce aux milliers de nos ancêtres spirituels qui ont fait volontiers le don inestimable de leur vie, de leurs efforts et de leurs biens. Il n'existe aucun groupement humain qui peut prétendre avoir créé un système qui se soit avéré capable d'unir tous les enfants de Dieu dans un seul Ordre mondial. Cette réussite nous met non seulement dans une position de force incomparable, mais plus particulièrement dans une position de responsabilité inéluctable. N'avons-nous donc pas tous une obligation divine à remplir, un devoir sacré à accomplir vis-à-vis de tous ceux qui sont encore ignorants de l'appel de la plus récente Manifestation de Dieu ? Le temps ne s'arrête pas, n'attend pas. A chaque heure qui s'écoule, une nouvelle calamité frappe une humanité éperdue. Oserons-nous nous attarder ?

Dans simplement deux ans, le Plan de quatre ans sera terminé, juste quelques mois avant la fin d'un siècle inoubliable. Nous voici donc devant l'imminence d'un double rendez-vous avec le destin. En exaltant le potentiel sans précédent du vingtième siècle, le Maître bien-aimé a affirmé qu'il laisserait à tout jamais des traces. Saisi par cette vision, un disciple vigilant de la Beauté bénie doit sans aucun doute sentir son esprit assailli de questions pressantes quant à savoir quelle part sera la sienne dans ces quelques années fugaces et si, au terme de cette période sans égale, il aura laissé sa marque parmi ces traces durables perçues par l'esprit du Maître. Pour s'assurer d'une réponse qui satisfasse son âme, une seule chose s'impose entre toutes : agir, agir maintenant, et continuer d'agir.

La supplication, que du fond du cœur nous adressons au Seuil sacré en notre nom à tous, est que l'aide divine et de riches confirmations nous soient accordées dans tout ce que nous entreprenons pour réaliser l'objectif urgent du Plan divin, en ce moment si fatidique de l'histoire humaine.

C'est d'un cœur brûlant d'espoir que nous examinons ce qui a été accompli en cette année qui précède la dernière phase fatidique avant l'achèvement du Plan de quatre ans. Depuis ce commencement très important de l'année, marqué par la huitième Convention internationale bahá'íe, le monde bahá'í a maintenu un rythme d'activités croissant qui a considérablement fait avancer le processus d'entrée en troupes. Notre communauté s'est sensiblement agrandie, ses ressources humaines se sont substantiellement enrichies. Des projets d'expansion aux efforts de consolidation, du développement économique et social aux relations extérieures, des services rendus par les jeunes aux manifestations artistiques, du Centre mondial de la Foi aux villes et villages lointains - en fait, quel que soit l'angle sous lequel on regarde la communauté - des progrès ont été réalisés. Les perspectives pour le Plan sont prometteuses.

L'élan généré à la Convention internationale a imprégné la Conférence des Conseillers qui a aussitôt suivi, galvanisant encore davantage ses inlassables participants ; il a également stimulé les séances des Conventions nationales tenues en mai, y compris celles de Sabah, Sarawak et Slovaquie qui se réunissaient pour la première fois afin de former leur Assemblée spirituelle nationale. Le Centre International d'Enseignement a été pénétré de ce même dynamisme et a fait preuve d'une force remarquable durant la courte période qui s'est écoulée depuis le début de son sixième mandat, le jour anniversaire de la déclaration du Báb. Se concentrant sur le perfectionnement et la consolidation de leur fonctionnement, les membres Conseillers se sont abstenus de leurs voyages habituels durant cette première année, mais on peut maintenant s'attendre à ce qu'ils reprennent leurs visites dans différentes parties du monde, afin de renforcer leur influence vivifiante pour le succès final du Plan de quatre ans.

Concernant toujours les événements en Terre sainte, les travaux de construction sur le Mont Carmel, que les délégués à la Convention internationale contemplèrent avec une si vive stupéfaction, se poursuivent pour être terminés comme prévu à la fin du siècle. Avec l'ouverture, depuis Ridván dernier, de tous les chantiers de construction restants, la vitesse du travail a atteint un nouveau record. Les préparations sont en cours pour l'aménagement du Centre pour l'étude des textes et de l'annexe de l'Édifice des archives dans quelques semaines ; l'extérieur de l'édifice du Centre International d'Enseignement est entièrement revêtu de marbre, et les travaux de finition se poursuivent à l'intérieur sur tous les niveaux. Le rabaissement de l'avenue Hatzionut, pour aménager le pont reliant maintenant les terrasses du Mausolée du Báb d'un côté à l'autre de la route, est terminé et la circulation routière a repris son cours normal. Le splendide déploiement des terrasses a tellement capté l'attention du public que la dix-neuvième terrasse au sommet de la montagne est déjà ouverte quotidiennement aux visiteurs, suscitant la réaction enthousiaste d'une population reconnaissante. Dans le cadre d'une campagne visant à attirer l'attention internationale sur la ville, la municipalité d'Haïfa a publié une brochure illustrée du Mausolée du Báb et des terrasses, disponible en cinq langues majeures en plus de l'hébreu.

Nous nous sentons obligés de mentionner au moins deux autres développements au Centre mondial, d'un ordre tout à fait différent : le premier est la décision d'augmenter le nombre de pèlerins dans chaque groupe de 100 à 150 - ceci entrera en vigueur lorsque la restauration actuellement en cours du bâtiment acquis récemment, et situé en face du passage menant à la tombe de La Plus Sainte Feuille, sera terminée et que l'on pourra utiliser la salle prévue pour les pèlerins ainsi que d'autres aménagements nécessaires pour la gestion d'un programme de pèlerinage plus important. Le second est l'avancée remarquable réalisée en ce moment, malgré l'inévitable lenteur du processus, dans le projet de traduction de textes des Écrits de Bahá'u'lláh destinés à la publication d'un nouveau volume de ses œuvres en anglais. Des efforts sont faits pour fournir une version complète de Tablettes majeures telles que la Súriy-i-Mulúk et la Súriy-i-Haykal, ainsi que les textes complets des Tablettes adressées individuellement aux rois et aux dirigeants. Il est également prévu d'inclure la Súriy-i-Ra'ís, le Lawh-i-Ra'ís et le Lawh-i-Fu'ád.

La Cause de Bahá'u'lláh avance irrésistiblement et de façon accélérée grâce à l'usage croissant d'une approche dans le développement et l'utilisation des ressources humaines qui est systématique. La création d'instituts de formation nationaux et régionaux supplémentaires, maintenant au nombre de 344, a donné une impulsion à cette accélération avec pour résultat que, mis à part l'Amérique du Nord et l'Iran où de nombreux cours ont été donnés, quelque 70000 individus ont déjà suivi au moins un cours d'institut. Tout ceci contribue à augmenter le nombre de défenseurs de la Cause actifs et confirmés. Le potentiel incalculable de cette progression est illustré dans des rapports tels que celui du Tchad où, dans une région desservie par un institut, plus de 1000 personnes ont embrassé la Foi grâce aux efforts individuels de ceux qui avaient reçu une formation. Partout, on comprend la nécessité de systématiser le développement des ressources humaines.

Parallèlement à l'efficacité démontrée par les instituts de formation, on note l'émergence pragmatique des Conseils régionaux bahá'ís dans certains pays où les conditions ont rendu l'établissement de ces institutions nécessaire et viable. Là où il existe une interaction étroite entre un Conseil et un institut de formation, les conditions sont réunies pour que s'harmonisent de façon galvanisante les processus entraînant l'expansion et la consolidation d'une région, et pour que les instituts adaptent de façon pratique leurs formations aux besoins en développement des communautés locales. De plus, les directives en vigueur selon lesquelles les Conseillers continentaux et les Conseils régionaux communiquent directement entre eux engendrent une nouvelle relation institutionnelle qui, avec celle existant entre les Conseils et les Assemblées Spirituelles Nationales et Locales, a pour effet une intégration dynamique des fonctions au niveau régional.

Le travail sans cesse croissant du développement économique et social bénéficie également du fonctionnement de ces instituts de formation qui accordent leur attention à des sujets tels que l'alphabétisation, la santé primaire et l'émancipation des femmes. Les efforts d'ordre plus général exercés par le Bureau de développement économique et social pour promouvoir un processus mondial d'apprentissage des principes bahá'ís dans ce domaine sont renforcés par le travail de ces instituts, ainsi que par l'émergence d'organisations d'inspiration bahá'íe dispersées à travers toute la planète. Il est donc clair que la capacité institutionnelle à gérer les programmes de développement est en train de se renforcer. Ceci est manifeste dans les projets parrainés par des institutions bahá'íes ou bien initiés par des individus inspirés par la Foi. Un exemple remarquable de ce dernier cas est l'Université de l'Unité (Unity College). Gérée par une famille en Ethiopie, elle est la première et depuis fin 1998, la seule université privée du pays, avec un effectif qui a atteint 5000 étudiants au cours de l'année passée. Un autre exemple, à une plus petite échelle mais qui a néanmoins son importance, est l'initiative prise par une famille de Buffalo, New York : chez eux, ils aident des dizaines d'enfants et de jeunes des quartiers déshérités à développer, grâce aux enseignements spirituels et moraux bahá'ís, des modes de comportement qui leur permettront de se défaire d'attitudes autodestructrices engendrées par la pauvreté et le racisme.

Dans le domaine des relations extérieures, les actions les plus énergiques ont été suscitées par deux événements tragiques en Iran. L'exécution soudaine à Mashad en juillet dernier de M. Rúhu'lláh Rawháni, le premier acte officiel de ce genre en six ans, a été un choc qui a provoqué, partout dans le monde, un tollé sans précédent au sein des gouvernements et des agences des Nations Unies. En fin septembre, le service de renseignements du gouvernement a lancé une attaque organisée contre l'Institut bahá'í d'éducation supérieure, impliquant l'arrestation de 36 membres de la faculté et des descentes dans plus de 500 foyers à travers le pays. Ce dernier incident a suscité une campagne de protestation mondiale, toujours en cours, à laquelle participent des institutions et associations académiques, des enseignants et des groupes d'étudiants ; la presse s'intéresse particulièrement à cette affaire comme le démontre la publication d'articles importants dans Le Monde, The New York Times et d'autres journaux de premier ordre. Ces deux preuves manifestes d'une persécution religieuse implacable ont certainement influencé l'adoption à nouveau par l'Assemblée générale des Nations Unies, en décembre dernier, d'une autre résolution sur l'Iran dans laquelle il est clairement fait mention des bahá'ís.

Si les amis partout dans le monde ont été très occupés à défendre nos frères opprimés, ils ont également accordé beaucoup d'attention à toutes sortes d'activités dans le domaine des relations extérieures. La mission d'une durée de quatre mois entreprise par un émissaire de la Maison de Justice, M. Giovanni Balleno, dans les îles de l'océan Pacifique, où il a rencontré 22 chefs d'État, 5 chefs de gouvernement et plus de 40 autres hauts dignitaires ; les efforts poursuivis par un certain nombre d'Assemblées Nationales, à la demande du Bureau des Nations Unies de la Communauté internationale bahá'íe, pour promouvoir l'éducation sur les droits de l'homme ; l'invitation faite à des représentants de la communauté bahá'íe d'Afrique du Sud à participer aux séances de la Commission pour la vérité et la réconciliation, où ils ont pu rendre compte de leur soutien constant à l'unité raciale pendant toutes les années de l'apartheid ; le récent succès de communautés en Australie, au Brésil, en Finlande et au Portugal qui sont parvenues à ce que les autorités scolaires décident d'inclure des cours sur la Foi bahá'íe dans les programmes d'études des écoles primaire et secondaire - sans faire mention des projets d'information publique qui ont généré de la publicité dans les médias en tous genres, ce sont là des exemples d'initiatives d'ordre plus général qui ont été prises dans le domaine des relations extérieures et qui ont mobilisé les énergies de la communauté.

Parallèlement, toute une série d'activités ont impliqué l'usage des arts ; les prestations musicales et autres associées à la célébration à Paris du centenaire de l'établissement de la Foi en Europe en sont un exemple remarquable. La chorale The Voices of Bahá (Les voix de Bahá), composée de 68 membres venant d'Europe et des Amériques, ont ravi leurs auditoires dans huit grandes villes européennes et fait connaître la Foi à un grand nombre de personnes. " Feu et Lumière ", la première partie d'un opéra/ballet qu'est en train d'écrire le compositeur bahá'í de Norvège, Lans Thoresen, a été présentée avec succès en septembre dernier au prestigieux festival musical de Pologne, connu sous le nom de l'Automne de Varsovie, et qui a été ouvert par la reine de Suède. L'œuvre est basée sur les récents actes héroïques des martyrs en Iran, ce qui a amené le public à découvrir la Foi. En Europe, qui est manifestement en tête dans ce genre d'entreprises, a eu lieu également le Festival de musique de chambre autrichien, lors duquel la Croix autrichienne pour les sciences et les arts, la plus haute distinction de ce genre pour l'Autriche, fut remise par le Président de la République à M. Bijan Khadem-Missagh, violoniste et chef d'orchestre bahá'í. Au cours de ce même festival, un des programmes a inclus la lecture d'extraits des écrits bahá'ís et autres écrits sacrés. Mais il faut également dire un mot en reconnaissance du rôle remarquable que les jeunes ont joué partout dans le monde en utilisant les arts dans le travail d'enseignement ; les représentations de leurs ateliers de danse en particulier ont acquis une renommée au sein et en dehors de la communauté bahá'íe.

Notre communauté aborde donc cette période de Ridván dans en état de transformation dynamique, jouissant d'une cohérence dans sa vision et son action en accord avec l'objectif de faire avancer le processus d'entrée en troupes. Et nous commençons la dernière année du Plan avec un renforcement au niveau administratif, alors que trois pays d'Europe - Lettonie, Lituanie et Macédoine - convoquent leur première convention pour former leur Assemblée Spirituelle Nationale et ainsi élever à 182 le nombre des piliers de la Maison Universelle de Justice. Mais au-delà de cette période festive, une série d'événements sont prévus, et en tout premier lieu la conclusion du Plan de quatre ans à Ridván 2000. Cela sera suivi, le jour de l'Alliance de cette même année, par le début d'un nouveau mandat pour les Corps Continentaux des Conseillers, dont les membres seront peu après appelés à se rendre à une conférence au Centre mondial bahá'í pour discuter, entre autres, des caractéristiques du prochain plan mondial d'enseignement et de consolidation. La conférence des Conseillers coïncidera avec l'installation du Centre International d'Enseignement dans son siège permanent, un événement pour lequel les membres du Corps Auxiliaire de par le monde seront invités à se joindre aux Conseillers en Terre sainte. D'ici là, les travaux sur le Mont Carmel seront terminés et les préparatifs bien avancés pour les cérémonies d'inauguration qui doivent avoir lieu les 22 et 23 mai 2001, auxquelles un certain nombre de représentants de chaque communauté nationale seront invités. Les détails concernant ces événements seront annoncés en temps voulu.

Cette projection d'événements extraordinaires se situe à la croisée du vingtième siècle et du nouveau millénaire, selon le calendrier universel. C'est une projection qui souligne le contraste entre la vision confiante animant les efforts constructifs d'une communauté éclairée et les peurs confuses saisissant des millions et des millions d'êtres qui n'ont pas encore pris conscience du jour dans lequel ils vivent. N'ayant aucune source véritable pour les guider, ils s'appesantissent sur les horreurs de ce siècle, désespérant de leur possible signification pour l'avenir, réalisant à peine que ce siècle même contient une lumière qui éclairera les siècles à venir. Mal outillés pour interpréter les troubles sociaux qui agitent toute la planète, ils écoutent les experts en erreur et sombrent davantage dans un bourbier de découragement. Troublés par des pronostics de malheur, ils luttent avec les fantômes d'une imagination mal informée. Ignorant tout de la vision transformatrice octroyée par le Seigneur de l'Age, ils avancent en trébuchant, aveugles au caractère sans pareil de ce nouveau Jour de Dieu.

Les conditions pitoyables qu'impliquent un tel état de cœur et d'esprit ne peuvent que nous inciter tous à agir, à agir sans relâche, afin d'accomplir les buts d'un Plan dont l'objectif principal est d'accélérer ce processus qui permettra à un nombre croissant de gens dans le monde de trouver l'Objet de leur quête, et ainsi bâtir une vie dans l'unité, la paix et la prospérité.

Chers amis :les jours passent aussi rapidement que le clignotement d'une étoile. Laissez votre empreinte maintenant, à ce tournant crucial d'une conjoncture dont on ne verra plus la pareille. Laissez cette empreinte par des actes qui vous assureront des bénédictions célestes - garantiront pour vous, pour la race tout entière, un avenir qui dépasse tout ce qui peut s'imaginer sur terre.

Nous nous inclinons avec gratitude devant le Seigneur des Armées, le coeur débordant de joie, en constatant la merveilleuse différence que quatre années ont apportée depuis le lancement du Plan mondial qui prend fin maintenant en cette Fête des Splendeurs. Les progrès réalisés durant cette période ont été si manifestes que notre communauté mondiale a atteint des sommets d'où peuvent clairement se discerner de nouveaux horizons lumineux pour ses futurs exploits.

La différence quantitative a surtout résulté d'une différence qualitative plus cruciale. La culture de la communauté baha'ie a connu un changement. Ce changement est visible dans la capacité accrue, le mode de fonctionnement méthodique et la confiance renforcée qui s'en est suivie pour les trois participants constitutifs de ce Plan - l'individu, les institutions et la communauté locale. Ainsi en est-il parce que les amis se sont préoccupés de manière plus régulière d'approfondir leur connaissance des enseignements divins et ont beaucoup appris - et cela de façon plus systématique qu'auparavant - sur la façon de les appliquer pour promulguer la Cause, gérer leurs activités individuelles et collectives et travailler avec leurs voisins. En un mot, ils se sont engagés dans un mode d'apprentissage qui les a conduits à mener des actions bien définies. Le principal moteur de ce changement a été le système d'instituts de formation qui a été établi très rapidement à travers le monde - accomplissement qui, dans le domaine de l'expansion et de la consolidation, constitue à lui seul le legs le plus important du Plan de quatre ans.

Dans la capacité accrue des individus a enseigner la Foi, comme le démontre l'augmentation des initiatives individuelles; dans la plus grande compétence des Assemblées spirituelles, des Conseils et des comités à guider les efforts des amis; dans l'introduction de nouveaux schémas de pensée et d'action qui ont influencé le comportement collectif de la communauté locale - dans tous ces domaines, le système d'instituts de formation a prouvé qu'il était un moteur indispensable au processus d'entrée en troupes. En étendant leur fonctionnement par le biais de cercles d'étude locaux, de nombreux instituts ont augmenté leur capacité à diffuser leurs programmes sur de vastes régions. La Mongolie, par exemple, a mis en place 106 cercles d'étude et a ainsi enregistré une augmentation importante du nombre de nouveaux croyants. Parallèlement à ce genre de développements, les membres de notre communauté mondiale se sont aussi davantage attachés à faire appel au pouvoir de la prière, à méditer sur les paroles sacrées et à récolter les bienfaits spirituels de leur participation aux réunions de prières. C'est grâce au mécanisme de ces éléments d'une transformation individuelle et collective intensifiée que la taille de la communauté s'accroît. Bien que le nombre de nouveaux croyants n'ait encore que légèrement dépassé celui de ces dernières années, cela fait immensément plaisir de voir que cette augmentation s'est désormais généralisée sur le plan géographique, qu'elle englobe des segments toujours plus grands de la communauté et parvient à intégrer de nouveaux déclares dans la vie de la Cause.

Cet état de la Foi si salutaire et si prometteur doit également beaucoup, au-delà de toute mesure, à l'institution des Conseillers, à leurs conseils, leur collaboration et leur travail pratique, qui ont augmenté avec la formation et le fonctionnement des instituts - une augmentation qui a reflété la stimulation donnée au bon moment par un Centre international d'enseignement énergique et toujours vigilant.

Le thème central du Plan de quatre ans - l'avancement du processus d'entrée en troupes - a produit un haut degré d'intégration de la pensée et de l'action. Il a centré l'attention sur une étape majeure de l'évolution de la communauté baha'ie qui doit être atteinte durant l'Age de formation; car tant que l'entrée en troupes ne sera pas plus largement poursuivie, les conditions ne seront pas mûres pour une conversion en masse, cette percée que promet Shoghi Effendi dans ses écrits. L'accent thématique du Plan a eu des implications pour toutes les catégories d'activité baha'ie; il a exigé une clarté de compréhension qui a permis que la planification systématique et stratégique soit une condition préalable de l'action individuelle et collective. Les membres de la communauté en sont venus peu à peu à comprendre comment la systématisation faciliterait les processus de croissance et de développement. Cette prise de conscience a constitué un pas énorme qui a conduit à une amélioration des activités d'enseignement et à un changement dans la culture de la communauté.

Les aspects intégratifs de ce thème ont été évidents dans les efforts accomplis pour planifier, développer la capacité institutionnelle et accroître les ressources humaines. Les fils liant tous ces éléments peuvent se suivre à la trace du début jusqu'à la fin du Plan. La conférence des Conseillers continentaux tenue en Terre sainte en décembre 1995 en marqua le commencement. Les caractéristiques du Plan furent présentées aux Conseillers. Ceci fut suivi par leurs consultations avec les Assemblées spirituelles nationales lors de sessions de planification nationales qui, par la suite, se déplacèrent au niveau régional avec la participation des membres du Corps auxiliaire, des Assemblées spirituelles locales et des comités. Ainsi, à tous les niveaux, les éléments de l'administration baha'ie s'engagèrent dans le processus de planification et passèrent ensuite à l'étape de l'exécution, au cours de laquelle la capacité institutionnelle à faire face à l'entrée en troupes dût être créée. Deux mesures importantes furent prises à cet égard: l'une fut l'établissement d'instituts de formation; l'autre l'établissement officiel et l'introduction plus large de Conseils régionaux baha'is comme composante de l'administration située entre les niveaux local et national et destinée à renforcer la capacité administrative de certaines communautés, là où la complexité croissante des problèmes confrontant les Assemblées spirituelles nationales requérait cette évolution. D'égale pertinence pour l'intégration des composantes essentielles du processus furent les stratégies définies pour le travail dans le domaine du développement socio-économique, partie cruciale de la consolidation, et celui des affaires extérieures, vital pour permettre à la Foi de gérer les conséquences de son émergence de l'obscurité. L'effet combiné a produit des résultats retentissants, dont l'énumération dépasserait de loin la portée de ces pages. Nous nous proposons toutefois de citer certains points marquants qui illustrent l'étendue des réalisations du Plan.

En Terre sainte, la construction des Terrasses et des édifices de l'Arc a avancé avec la totale certitude que la date limite fixée pour leur achèvement à la fin de cette année grégorienne serait respectée. De plus, le bâtiment à Haifa mentionné dans notre dernier message de Ridván concernant la dimension accrue des groupes de pèlerins est prêt à être utilisé à partir de ce Ridván. Dans ce même domaine, des plans d'architecte ont été approuvés pour la construction à Bahji d'un bâtiment bien nécessaire pour accueillir les pèlerins et autres visiteurs baha'is et non-baha'is.

La traduction des textes pour le nouveau recueil prévu des écrits de Bahá'u'lláh est terminée et les préparatifs pour sa publication sont en cours.

Les progrès dans le domaine de l'expansion et de la consolidation ont été manifestes à des niveaux autres que ceux déjà mentionnés: au niveau des pionniers, de la proclamation, de la publication d'ouvrages, de l'utilisation des arts, de la formation d'Assemblées spirituelles et des avancées réalisées par les associations d'études baha'ies. Quelque 3 300 croyants se sont installés comme pionniers internationaux à long terme et à court terme. Le fait que bien des pays habituellement receveurs aient eux-mêmes envoyé des pionniers à l'étranger a été une indication supplémentaire de la maturation des communautés nationales. Fidèles au mandat confié à leurs membres, les communautés du Canada et des Etats-Unis ont excellé dans le nombre de pionniers qui ont quitté leurs rivages et dans le nombre encore plus grand d'enseignants itinérants, dont un pourcentage important de jeunes. Particulièrement remarquable également a été la réponse encourageante que les croyants de souche africaine des Etats-Unis ont donnée à l'appel lancé pour que des enseignants baha'is itinérants se rendent en Afrique.

La proclamation de la Cause a impliqué des actions diverses, y compris le parrainage de toute une série d'événements - anniversaires, commémorations, groupes de discussion, expositions, etc. - qui ont permis à un grand nombre de personnes de découvrir les enseignements de la Foi. Les Maisons d'adoration ont été des centres magnétiques pour les visiteurs qui ont franchi leurs portes en nombres de plus en plus grands, surtout en Inde, ou environ cinq millions de personnes ont été accueillies l'an passé. A ces activités se sont ajoutées les multiples utilisations des médias pour transmettre le message baha'i. Aux Etats-Unis, une campagne médiatique conçue par le Comité national d'enseignement a entraîné quelque 60 000 demandes d'information. Partout dans le monde, la connaissance de la Foi s'est répandue grâce à la parution dans la presse écrite, plus fréquente qu'auparavant et non sollicitée, d'articles favorables à la Foi. De même, les enseignements ont pu être davantage propagés grâce aux stations de radio et de télévision qui ont accepté de diffuser régulièrement des émissions baha'ies. Ceci a été le cas dans des pays tels que la République Démocratique du Congo et le Liberia. Ces heureux développements ont vu leur couronnement dans le fait que des groupes médiatiques internationaux ont choisi, de façon indépendante, d'utiliser le Mausolée du Bab et les Terrasses comme site pour la diffusion de la partie filmée en Terre sainte du programme médiatique mondial célébrant l'avènement de l'an 2000.

L'utilisation des arts est devenu un élément important des programmes de proclamation, d'enseignement, d'approfondissement et de prières de la communauté mondiale. Les arts ont attiré les jeunes gens, qui s'en sont servi dans leurs activités d'enseignement et d'approfondissement, surtout à travers les nombreux ateliers de théâtre et de danse mis en place dans maintes parties du monde. Mais la dynamique des arts est allée bien au-delà du chant et de la danse pour inclure une série d'activités pleines d'imagination qui ont ancré les gens dans la Cause. Là où l'art folklorique a été utilisé, particulièrement en Afrique, le travail de l'enseignement s'est beaucoup enrichi. Par exemple, le Ghana et le Liberia ont chacun mis sur pied une campagne intitulée "Lumière de l'unité" pour promouvoir les arts dans l'enseignement. En Inde, le groupe "Harmonie communautaire" a eu un but similaire.

A l'instigation essentiellement des Conseillers et avec le soutien du Fonds continental, la traduction et la publication d'ouvrages baha'is ont pris un essor, surtout en Afrique et en Asie. De plus, le Kitab-i-Aqdas est paru dans une édition complète en arabe, ainsi que dans d'autres langues.

Si la restriction de former les Assemblées spirituelles locales au premier jour de Ridván, mise en vigueur en 1997, a entraîné comme prévu une diminution du nombre de ces institutions, celle-ci n'a pas été massive. Le nombre s'est depuis stabilisé et un solide processus de consolidation est en cours. La Maison Universelle de Justice s'est vue renforcée de huit nouveaux piliers, élevant le nombre total d'Assemblées spirituelles nationales à 181.

Il a été particulièrement réjouissant de voir que, durant ces quatre années, la recherche baha'ie a pris un grand essor, progressant dans la tâche vitale de renforcer le fondement intellectuel du travail de la Foi. Deux résultats inestimables ont été l'enrichissement impressionnant de l'activité littéraire baha'ie et la production d'un ensemble d'écrits examinant divers problèmes contemporains à la lumière des principes baha'is. Le réseau des Associations d'études baha'is, qui célèbre cette année son vingt-cinquième anniversaire, a accueilli cinq nouvelles branches durant le Plan. La tenue de la première conférence des études baha'ies de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l'accent innovateur mis par l'Association japonaise sur les origines spirituelles de l'érudition japonaise traditionnelle ont reflété la diversité et la créativité que ce champ de service attire.

Les progrès dans le domaine du développement socio-économique ont été incontestablement qualitatifs, bien que les chiffres indiquant une augmentation des projets aient été également impressionnants. Le nombre d'activités recensées chaque année est passé d'environ 1 350 au début du Plan à plus de 1 800 vers la fin. Le mouvement vers une approche plus systématique est demeuré la caractéristique dominante du travail pendant cette période. Afin de promouvoir la consultation sur les principes du développement socio-économique et l'action dans ce domaine, le Bureau du développement économique et social du Centre mondial a parrainé 13 séminaires régionaux auxquels ont participé environ 700 représentants de 60 pays. Ce bureau s'est aussi occupé de concevoir des projets pilotes et du matériel adapté au montage de campagnes organisées visant à développer le potentiel des jeunes ainsi que l'alphabétisation, la formation d'agents de santé communautaires, l'amélioration de la condition féminine et l'éducation morale. Un exemple fut le programme lancé au Guyana, qui assura la formation de plus de 1 500 alphabétiseurs; un autre fut la réalisation en Malaisie de huit modules pour l'amélioration de la condition féminine, qui constituèrent la base de sessions de formation en Afrique, Asie et Amérique Latine. Un projet visant à intégrer des stations de radio baha'ies dans le travail des instituts de formation fut lancé dans la région de Guaymi au Panama. Etant donné que les instituts ont le potentiel d'offrir des formations dans le domaine du développement socio-économique, on a vu s'orienter dans cette direction une douzaine d'instituts qui actuellement expérimentent dans ce sens, dans des domaines comprenant l'alphabétisation, la formation d'agents de santé communautaires et la formation professionnelle. Un certain nombre d'agences d'inspiration baha'ie ou parrainées par les baha'is ont consacré leur énergie à des projets tels que celui qui a impliqué la collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé pour combattre la cécité des rivières au Cameroun; plus de 30 000 individus ont reçu les médicaments nécessaires grâce à ce projet baha'i. Un autre exemple est l'université privée en Ethiopie, "Unity College", dont le nombre d'étudiants a atteint les 8 000. Encore un autre exemple est l'Académie de Landegg en Suisse qui, tout en développant et consolidant son programme académique, a offert une aide fort appréciée dans la recherche actuelle d'un remède aux affreuses conséquences sociales du conflit dans les Balkans. Il y a également l'exemple offert par l'Université Nur en Bolivie qui, dans un projet de collaboration avec l'Equateur, a offert une formation sur le leadership moral à plus de 1 000 enseignants. Dans ce domaine du développement socio-économique, tous ces exemples démontrant l'acquisition de capacités ont profité grandement aux buts du Plan.

Guidée par la stratégie pour les relations extérieures communiquée aux Assemblées spirituelles nationales en 1994, la capacité de la communauté dans les domaines de l'information publique et de la diplomatie s'est de même développée à une allure étonnante, plaçant la communauté baha'ie dans une relation dynamique avec les Nations unies, les gouvernements, les organisations non-gouvernementales (ONGs) et les média. La stratégie a concentré les activités, aux niveaux international et national, sur deux objectifs clés: influencer les processus menant à la paix mondiale et défendre la Foi. Par les mesures adoptées pour la défense de nos bien-aimés coreligionnaires en Iran, la Communauté internationale baha'ie a acquis un nouveau degré de respect et de soutien qui a crée des occasions de poursuivre d'autres buts de la stratégie. Pour relever le défi de la situation insoluble en Iran, nos institutions et nos agences travaillant dans le domaine des relations extérieures ont conçu de nouvelles approches pour mobiliser les structures existantes des gouvernements et des Nations unies. Le cas des persécutions en Iran a occupé l'attention des plus hautes autorités de la planète. En effet, la nouvelle qu'une cour iranienne avait confirmé la condamnation à mort de deux amis et prononcé une sentence similaire contre un troisième entraîna une vive réaction de la part du Président des Etats-Unis, qui adressa une franche remontrance à l'Iran. Les interventions de dirigeants mondiaux et des Nations unies ont fait que les exécutions de baha'is iraniens ont pratiquement cessé et que le nombre des condamnés à de longues peines d'emprisonnement a considérablement diminué.

Tout en nous réjouissant de ces interventions, nous acclamons l'esprit d'abnégation, la force d'âme et la foi indomptable de nos frères et soeurs d'Iran qui ont accompli ces efforts avec vigueur. Ces qualités d'âme manifestés déconcertent leurs compatriotes quant à l'endurance avec laquelle ils résistent aux attaques si violemment et si impitoyablement lancées contre eux. Comment expliquer autrement qu'un si petit nombre ait pu si longtemps résister à un si grand nombre? Comment auraient-ils pu autrement susciter la sincère inquiétude du monde même dans le cas ou un seul d'entre eux est menacé de mort? La tragédie de l'Iran est que les assaillants n'ont jusqu'à présent pas réussi à voir que les principes divins pour lesquels ces persécutés ont sacrifié leurs biens et même leur vie renferment justement les solutions qui satisferaient les aspirations d'une population dans son heure de mécontentement. Mais il ne fait absolument aucun doute que la tyrannie systématique à laquelle nos amis iraniens sont si cruellement assujettis finira par céder au Pouvoir Tout-Puissant qui guide les processus mystérieux vers leur destinée assurée dans toute sa gloire promise.

En ce qui concerne l'autre objectif de la stratégie pour les relations extérieures, les lignes d'action ont été guidées par quatre thèmes - droits de l'homme, statut de la femme, prospérité mondiale et développement moral. Les données dont nous disposons indiquent qu'un énorme pas en avant a été réalisé dans le travail sur les droits de l'homme et le statut de la femme. Pour ce qui est du premier thème, le Bureau des Nations unies a poursuivi un programme créatif d'éducation sur les droits de l'homme qui a jusqu'à présent servi de moyen de développer la capacité de pas moins de 99 Assemblées spirituelles nationales pour le travail diplomatique. Concernant le statut de la femme, l'existence de 52 bureaux nationaux pour l'amélioration de la condition féminine, les contributions de nombreux hommes et femmes baha'is a des conférences et ateliers à tous les niveaux, la nomination de représentants baha'is à des postes cruciaux de comités d'ONGs majeurs, y compris celui qui sert le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes, montrent avec quelle assiduité les disciples de Bahá'u'lláh défendent son principe de l'égalité de l'homme et de la femme.

En même temps, tout un ensemble d'initiatives diffusent des renseignements sur la Foi baha'ie à divers publics. Celles-ci incluent des actions innovatrices telles que le lancement du site Web "Le monde baha'i", qui reçoit déjà 25 000 visites en moyenne par mois; la publication d'une déclaration intitulée "Ecrire l'avenir", qui aide les amis partout dans le monde à parler des problèmes contemporains; la diffusion sur le Web mondial, depuis novembre dernier, de "Payam-e-Doost", l'émission de radio hebdomadaire d'une heure en persan, diffusée dans la région métropolitaine de Washington D.C. - une émission qui est disponible sur Internet à tout moment et dans le monde entier; et la mise en place d'une émission télévisée très originale, qui applique les principes moraux aux problèmes quotidiens et qui a obtenu le soutien enthousiaste des gouvernements de l'Albanie, la Bosnie-Herzegovine, la Bulgarie, Croatie, Hongrie, Roumanie, Slovénie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine.

Un phénomène qui a acquis de l'ampleur en cette fin de siècle est le fait que partout les gens se lèvent pour exprimer leurs aspirations à travers ce qui est maintenant connu sous le nom d'"organisations de la société civile". Ce doit être une source de grande satisfaction pour tous les baha'is de voir que la Communauté baha'ie internationale, en tant qu'ONG représentant un échantillon de l'humanité, fait l'objet de tant de confiance comme agent unificateur dans les grands débats qui façonnent l'avenir de l'humanité. Notre principal représentant aux Nations unies a été nomme coprésident du Comité sur les organisations non-gouvernementales, établi par le Conseil économique et social - une position qui donne à la Communauté internationale baha'ie un rôle majeur dans l'organisation du Forum du millénaire. Cette rencontre, voulue par le secrétaire-général de l'ONU, Kofi Annan, et prévue pour le mois de mai, donnera aux organisations de la société civile une occasion de formuler des opinions et recommandations sur des problèmes mondiaux qui seront abordés lors du Sommet du millénaire suivant en septembre prochain, auquel assisteront des chefs d'Etat et de gouvernement.

Le fait que l'humanité s'éveille aux dimensions spirituelles des changements qui se produisent dans le monde revêt une signification particulière pour les baha'is. Le dialogue interreligieux s'est intensifié et, durant le Plan de quatre ans, la Foi en est devenue de plus en plus un participant reconnu. Le Parlement des religions du monde qui s'est tenu à Cape Town en décembre dernier a rassemblé quelque 6 000 participants, parmi lesquels une importante délégation baha'ie. Des baha'is ont servi à la fois au sein du conseil d'administration international et celui de l'Afrique du Sud qui ont planifié l'événement. Pour les baha'is, l'intérêt de cet événement résidait surtout dans le fait que la première mention du nom de Bahá'u'lláh dans un rassemblement public en Occident avait eu lieu lors du Parlement tenu à Chicago en 1893. Des baha'is ont participé en tant qu'invités à deux événements interreligieux organisés en Jordanie en novembre dernier: une conférence sur les conflits et la religion au Moyen-Orient et la réunion annuelle de la Conférence mondiale sur la religion et la paix. Des représentants baha'is ont assisté aux événements parrainés par l'Eglise catholique romaine au Vatican et a New Delhi ou, en présence du pape Jean-Paul II, la Conseillère Zena Sorabjee fut parmi les représentants des religions qui prirent la parole. Au Royaume-Uni, la Foi a été sous les feux des projecteurs lorsque des représentants baha'is se sont joints à des membres de huit autres religions majeures pour une célébration interreligieuse du nouveau millénaire dans la Galerie royale du Palais de Westminster, où, en présence de membres de la famille royale, du Premier ministre, de l'Archevêque de Canterbury et d'autres personnalités, il a été fait référence au rassemblement des "neufs religions majeures du Royaume-Uni". En Allemagne, les baha'is ont été inclus, pour la première fois, dans un dialogue interreligieux. Cela a mis fin à l'attitude perpétuée par les confessions chrétiennes, qui évitaient tout contact avec la Foi suite à la publication en 1981, par une maison d'édition luthérienne, d'un livre écrit par un briseur de l'Alliance. Le remède fut une réfutation savante de 600 pages écrite par trois baha'is et publiée en 1995 par une compagnie non-baha'ie de premier rang, ce qui représenta une victoire remarquable pour la communauté allemande. Une version en anglais a été publiée au cours de la dernière année du Plan. Le dialogue interreligieux a pris une forme inhabituelle lorsqu'en 1997, au Palais de Lambeth, des représentants de la Banque mondiale et de neuf religions majeures ont tenu une réunion qui a abouti à la formation du Dialogue des religions mondiales sur le développement. Le but déclaré de ce Dialogue est "d'essayer d'établir un rapprochement entre les communautés religieuses et la Banque mondiale afin de leur permettre de travailler ensemble plus efficacement pour vaincre la pauvreté dans le monde". La fréquence et l'ouverture des rassemblements interreligieux représentent un nouveau phénomène dans les relations entre les religions. Il est évident que les diverses communautés religieuses s'efforcent de faire régner entre elles l'esprit d'amitié et de camaraderie dont Bahá'u'lláh exhorta ses disciples à manifester envers ceux d'autres religions.

L'effort concentré de la communauté baha'ie au cours de ces quatre années s'est exercé alors que la société s'est débattue contre une foule d'intérêts contradictoires. Dans cet espace de temps bref mais intensément dynamique, les forces à l'oeuvre au sein de la communauté baha'ie et à travers le monde ont poursuivi leur cours à un rythme accéléré et implacable. Dans leur sillage se sont révélés, plus visiblement qu'auparavant, les phénomènes sociaux auxquels Shoghi Effendi fit allusion. Il y a plus de six décennies, il attira l'attention sur "des processus pareillement simultanés de montée et de chute, d'intégration et de désintégration, d'ordre et de chaos, avec leurs réactions continues et réciproques entre elles". Ces doubles processus ne se sont pas déroulés séparément de ceux spécifiques à la communauté baha'ie, mais parfois ont avancé d'une façon qui, comme déjà indiqué, a entraîné l'implication directe de la Foi. Ils ont semblé parcourir les cotés opposés du même couloir du temps. D'un cote, des guerres fomentées par des conflits religieux, politiques, raciaux ou tribaux ont fait rage dans quelque 40 endroits; l'effondrement total et soudain de l'ordre civil a paralysé un certain nombre de pays; le terrorisme comme arme politique est devenu une épidémie; une augmentation des réseaux criminels internationaux a soulevé l'inquiétude.

Cependant, de l'autre coté, de sérieux efforts ont été accomplis pour essayer de mettre en place et de développer les méthodes de sécurité collective, rappelant une des prescriptions de Bahá'u'lláh concernant le maintien de la paix; un appel a été lance pour qu'une cour criminelle internationale soit établie, autre action qui va dans le sens de ce qu'attendent les baha'is; dans le but de se concentrer sur le besoin impératif d'avoir un système approprié pour traiter des problèmes mondiaux, des dirigeants du monde se rencontreront lors d'un Sommet du millénaire; de nouveaux modes de communication permettent à chacun de communiquer avec n'importe qui sur la planète. La désintégration économique en Asie a menacé de déstabiliser l'économie mondiale, mais elle a entraîné des efforts pour à la fois remédier à la situation immédiate et trouver des moyens de donner un sens de l'équité à la finance et au commerce internationaux. Ce ne sont là que quelques exemples des deux tendances opposées mais interactives qui opèrent en ce moment et qui confirment la récapitulation que Shoghi Effendi eut l'inspiration de faire à propos des forces à l'oeuvre dans le plus grand plan de Dieu, "dont les objectifs ultimes sont l'unité de la race humaine et la paix du genre humain."

Au terme de ces quatre années mouvementées, nous voici arrivés à une convergence extraordinaire de fins et de commencements en mesures de temps grégorien et d'ère baha'ie. D'un coté, cette convergence implique l'achèvement du vingtième siècle et de l'autre, elle inaugure une nouvelle phase dans le déroulement de l'Age de formation. La perspective à partir de ces deux cadres temporels nous incite à méditer sur une vision de tendances qui façonnent le monde et qui se sont produites simultanément, et à le faire dans le contexte de la perception exprimée de façon si vivante par Shoghi Effendi au commencement de l'Arc qu'il conçut. Au cours du Plan, cette vision est devenue parfaitement claire au fur et à mesure que les travaux de construction ont avancé sur le Mont Carmel, que les dirigeants mondiaux ont pris des mesures audacieuses pour élaborer les composantes d'une paix politique mondiale, et que les institutions baha'ies locales et nationales ont atteint de nouvelles étapes de leur évolution. Nous gardons en nous un souvenir sacré et durable du vingtième siècle qui stimule notre énergie tout en nous montrant le chemin à suivre: c'est celui de ce moment fécond dans l'histoire de l'humanité, lorsque le Centre de l'Alliance de Bahá'u'lláh, conçut, durant un ministère sans égal, l'architecture d'un nouvel ordre mondial et lorsque par la suite, durant quelques unes des années les plus dévastatrices, le Gardien de la Foi consacra toute son énergie à élever les structures d'un système administratif qui, en cette fin de siècle, est visible aux yeux du monde dans la plénitude de sa forme essentielle. Nous voici donc arrivés à un pont reliant des époques. Les capacités développées à travers un siècle de lutte et de sacrifice par une poignée d'amoureux éperdus de Bahá'u'lláh doivent maintenant être appliquées aux taches incontournables qu'il reste à accomplir en cet Age de formation, dont les nombreuses époques de labeur inlassable mèneront à cet Age d'or de notre Foi, lorsque la Plus Grande Paix enveloppera la terre.

En ce Ridván, nous entamons un Plan de douze mois. Bien que de courte durée, il doit suffire et suffira à accomplir certaines tâches vitales et à poser les bases pour les vingt prochaines années du Plan divin du Maître. Ce qui a été si soigneusement commencé il y a quatre ans - l'acquisition systématique de connaissances, de qualités et de compétences pour le service - doit être développé. Où qu'ils soient, les instituts nationaux et régionaux doivent faire pleinement fonctionner les programmes et les systèmes qu'ils ont adoptés. De nouveaux instituts doivent être mis en place là où le besoin se fait sentir. De plus grandes mesures doivent être prises pour systématiser le travail d'enseignement entrepris à travers des initiatives individuelles et le parrainage des institutions. C'est en partie dans ce but que, dans plusieurs régions de chaque continent, les Conseillers et les Assemblées nationales ont mis en place des "Programmes de croissance zonale". L'expérience qui en résultera profitera aux futurs plans. L'individu, les institutions et la communauté locale sont vivement encourages à concentrer leur attention sur ces tâches essentielles afin d'être tout à fait prêts pour l'entreprise de cinq ans qui débutera à Ridván 2001 - une entreprise qui conduira le monde baha'i jusqu'à la prochaine phase de l'avancement du processus d'entrée en troupes.

Mais en plus de l'attention que requièrent ces tâches, il existe un défi urgent à relever: nos enfants ont besoin d'être nourris spirituellement et intégrés dans la vie de la Cause. Il ne faut pas les laisser aller à la dérive dans un monde ou abondent les dangers moraux. Dans l'état actuel de la société, les enfants font face à un sort cruel. Pays après pays, des millions et des millions d'entre eux sont socialement déracinés. Des enfants se trouvent délaissés par leurs parents ou d'autres adultes, qu'ils vivent dans la richesse ou la pauvreté. Cette abandon a ses origines dans un égoïsme né du matérialisme, le noyau de cette impiété qui envahit partout les coeurs. Le déracinement social des enfants à notre époque est, à n'en pas douter, le signe d'une société en déclin; cette condition n'est cependant limitée à aucune race, classe, nation ou situation économique - elle existe partout. Nous sommes peinés de voir que dans de nombreuses régions du monde, les enfants sont utilisés comme soldats, exploités comme ouvriers agricoles, vendus et réduits à un quasi esclavage, forcés à se prostituer, traités comme objets de pornographie, abandonnés par des parents qui ne se préoccupent que de leurs propres désirs et soumis à d'autres formes de victimisation, trop nombreuses à mentionner. Nombre de ces horreurs sont infligées par les parents eux-mêmes à leurs propres enfants. Les préjudices spirituels et psychologiques défient toute estimation. Notre communauté mondiale ne peut échapper aux conséquences de cet état de choses. Cette réalisation devrait nous inciter tous à des efforts urgents et soutenus dans les intérêts des enfants et de l'avenir.

Bien que les activités pour enfants aient fait partie des plans précédents, celles-ci n'ont pas répondu aux besoins. L'éducation spirituelle des enfants et des pré-adolescents est d'une importance primordiale pour le futur essor de la communauté. Il est par conséquent impératif de remédier à ce manque. Les instituts doivent s'assurer d'inclure dans leurs programmes la formation d'enseignants de classes d'enfants, qui pourront offrir leurs services aux communautés locales. Mais bien qu'il soit essentiel de donner une éducation spirituelle et scolaire aux enfants, ceci ne représente qu'une partie de ce qui doit contribuer à développer leur caractère et façonner leur personnalité. Il est nécessaire également que les individus et les institutions à tous les niveaux, ce qui équivaut à dire la communauté dans son ensemble, aient une attitude correcte envers les enfants et s'intéressent à leur bien-être. Une telle attitude doit être aux antipodes de celle d'un ordre qui s'effondre rapidement.

Les enfants constituent le trésor le plus précieux qu'une communauté puisse posséder, car ils détiennent en eux la promesse et la garantie de l'avenir. Ils portent en eux les germes de ce que sera la société future, ce qui est largement déterminé par ce que les adultes de la communauté font ou ne font pas pour les enfants. Aucune communauté à qui est confié ce trésor ne peut le négliger avec impunité. Un amour sans bornes pour les enfants, la manière de les traiter, la qualité de l'attention qui leur est accordée, l'esprit avec lequel les adultes se comportent avec eux - tout cela fait partie des aspects primordiaux de l'attitude requise. L'amour exige de la discipline, le courage d'accoutumer les enfants aux difficultés, de ne pas céder à leurs caprices ou de ne pas les laisser entièrement livrés à eux-mêmes. Il faut maintenir une atmosphère dans laquelle les enfants sentent qu'ils appartiennent à la communauté et partagent son but. Ils doivent être aidés, avec amour mais aussi insistance, à vivre selon les normes baha'ies et à étudier et enseigner la Cause par des moyens appropriés à leurs circonstances.

Parmi les jeunes de la communauté, il y a ceux qu'on appelle les pré- adolescents, qui ont, disons, entre 12 et 15 ans. Ils représentent un groupe particulier avec des besoins particuliers, car ils se trouvent en quelque sorte entre l'enfance et la jeunesse, à une période ou se produisent en eux de nombreux changements. Il faut s'attacher, avec un esprit inventif, à les inclure dans des programmes d'activités qui retiendront leur intérêt, façonneront leurs aptitudes à enseigner et à servir, et les mèneront à rencontrer des jeunes plus âgés qu'eux. L'utilisation des arts sous diverses formes peut être de grande valeur dans ce domaine.

Et maintenant nous souhaitons adresser quelques mots aux parents qui sont les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants. Nous leur demandons instamment d'accorder une attention constante à l'éducation spirituelle de leurs enfants. Certains parents semblent penser que cela est la responsabilité exclusive de la communauté; d'autres croient que pour préserver l'indépendance des enfants dans leur recherche de la vérité, il ne faut pas leur enseigner la Foi. D'autres encore ne se sentent pas à la hauteur de cette tâche. Rien de cela n'est correct. Le Maître bien-aimé a dit: "il est enjoint au père et à la mère, à titre de devoir, de déployer tous leurs efforts pour former leur fille et leur fils" et il a ajouté: "S'ils faisaient preuve de négligence en ce domaine, ils seraient tenus pour responsables et mériteraient des reproches en présence du Seigneur sévère." Quel que soit leur niveau d'éducation, les parents sont les mieux placés pour façonner le développement spirituel de leurs enfants. Ils ne devraient jamais sous-estimer leur capacité à modeler le caractère moral de leurs enfants. Car ils exercent une influence indispensable par le biais de l'environnement familial qu'ils créent consciemment de par leur amour de Dieu, leurs efforts pour suivre ses lois, leur esprit de service pour sa Cause, leur absence de fanatisme et le fait qu'ils se gardent des effets corrosifs de la médisance. Tout parent qui croit en la Beauté bénie a la responsabilité de se comporter de telle sorte à entraîner une obéissance spontanée envers lui, obéissance à laquelle les Enseignements attachent une si grande valeur. Bien sur, en plus des efforts exercés dans leur foyer, les parents se doivent d'apporter leur soutien aux classes baha'ies que la communauté organise pour les enfants. Il faut se rappeler également que les enfants vivent dans un monde qui les informe des dures réalités de la vie en les exposant directement aux horreurs déjà décrites ou à l'inévitable flot d'informations déversé par les média. Nombre d'entre eux sont ainsi forcés de mûrir prématurément, et il s'en trouve parmi eux qui cherchent des normes et une discipline qui puissent leur servir de guide dans la vie. En contraste avec ce triste arrière-plan d'une société décadente, les enfants baha'is doivent devenir les emblèmes lumineux d'un avenir meilleur.

Nous sommes plein d'espoir à la pensée que les Conseillers continentaux se rassembleront en Terre sainte en janvier 2001 pour célébrer l'occupation par le Centre international d'enseignement de son siège permanent sur la montagne de Dieu. Les membres du Corps auxiliaire du monde entier participeront avec eux à ce qui s'avérera être sans aucun doute l'un des événements historiques de l'Age de formation. Le rassemblement d'une telle pléiade de responsables baha'is doit, de par sa nature même, produire d'incalculables bienfaits pour une communauté qui sera à nouveau sur le point d'achever un plan et d'en entamer un autre. Alors que nous en considérons les implications, c'est le coeur rempli de gratitude que nous nous tournons vers les très chères Mains de la Cause de Dieu, 'Ali-Akbar Furutan et 'Ali Muhammad Varqa, qui en résidant en Terre sainte tiennent bien haut le flambeau du service que le bien-aimé Gardien a allumé dans leur coeur.

Avec ce Plan de douze mois, nous passons par un pont que nous ne traverserons plus jamais. Nous lançons ce Plan alors qu'Amatu'l-Baha Ruhiyyih Khanum n'est plus de ce monde. Elle est restée à nos cotés pratiquement jusqu'à la fin du vingtième siècle, tel un rayon de la lumière qui a brillé durant cette période incomparable de l'histoire de la race humaine. Dans les Tablettes du Plan divin, le Maître se lamenta de ne pouvoir parcourir le monde pour lancer l'appel divin, et dans sa déception intense, il exprima cet espoir: "Plaise à Dieu que vous puissiez l'accomplir.". Amatu'l-Baha réagit avec une énergie sans bornes, atteignant de vastes régions de la terre dans les 185 pays qui eurent le privilège de recevoir ses dons inimitables. Son exemple, qui préservera à tout jamais sa splendeur, illumine le coeur de milliers et de milliers d'individus à travers la planète. Tout autre geste étant inadéquat en comparaison, ne pourrions nous pas tous dédier nos humbles efforts durant ce Plan à la mémoire de celle pour qui l'enseignement était le but primordial, la parfaite joie de la vie?

C'est le cœur débordant de joie que nous atteignons, remplis de grandes attentes, cette époque de Ridván à un tournant de l'histoire où se manifeste, de manière évidente parmi nous tous, un nouvel état d'esprit. Partout dans notre communauté mondiale, on note une conscience accrue de la valeur du processus, de la nécessité de planification et du mérite de l'action systématique pour alimenter la croissance et développer les ressources humaines par lesquelles l'expansion peut être soutenue et la consolidation assurée. On ne saurait surestimer la cohérence de notre compréhension de ces conditions préalables au progrès, pas plus que l'on ne saurait exagérer l'importance de perpétuer ces dernières par une formation bien ordonnée. Aussi l'accession de notre communauté a une telle étape de prise de conscience est-elle, pour nous, lourde de sens. Nous sommes profondément reconnaissants envers la Beauté bénie de nous permettre de reconnaître et d'acclamer cette étape d'une grande portée au tout début de l'entreprise mondiale lancée en ces jours festifs.

La volonté et le désir d'agir générés par cette prise de conscience ont caractérisé la conférence des conseillers continentaux et des membres des Corps auxiliaires qui s’étaient réunis en janvier dernier en Terre sainte. Cet événement a engendré une expérience si éclairante qu'elle a marque l’entrée de la Foi dans une nouvelle époque, la cinquième de son âge de formation. Cette vitalité renouvelée qui se dégageait de ce rassemblement historique s'est avérée être le témoignage de la qualité croissante des activités menées dans toute la communauté. La recherche, durant l’année écoulée, de ce qui est indispensable à l’avancée du processus d’entrée en troupes, corrobore ce constat. Ceci a ainsi frayé la voie au plan de Cinq Ans, premier projet dans lequel nous nous engageons en cette cinquième époque.

En multipliant les principaux efforts fournis lors du dernier plan de Quatre Ans, qui donnèrent naissance à plus de 300 instituts de formation, le plan de Douze Mois a atteint son objectif. Il prit de l'importance suite à la réponse remarquable que firent tant les institutions que les personnes à l'appel à une attention accrue au développement spirituel des enfants et à l'engagement des pré-adolescents dans la vie communautaire bahá’íe. La formation d'enseignants de classes d'enfants et l’intégration des pré-adolescents dans le processus d'institut sont devenues partie intégrante des activités tenues dans un certain nombre de pays. Malgré sa brièveté, le plan de Douze Mois a eu une portée allant au-delà des objectifs qui lui avaient été spécifiquement assignés. Ce plan a représenté un lien dynamique entre une époque extrêmement fertile en événements dans l'histoire de la Foi et la perspective immensément prometteuse d'une nouvelle époque, à laquelle les accomplissements de ce plan ont si bien préparé la communauté. Il est, aussi, gravé dans nos annales, en raison des effets durables des activités de la Foi en cette fin de vingtième siècle – siècle qui mérite réflexion de la part de tout bahá’í ayant le désir de comprendre les forces tumultueuses qui ont influencé aussi bien la vie de la planète que les processus de la Cause elle-même, à une période si cruciale de l’évolution spirituelle et sociale de l’humanité. En guise de soutien à un effort si louable, une vue d'ensemble du vingtième siècle a été préparée, à notre demande et sous notre direction, intitulée Century of Light.

À maintes reprises durant cette tentative d'un an, les activités dans le domaine des affaires extérieures de la Foi ont été particulièrement visibles. Considérez par exemple les occasions où des représentants bahá’ís ont participé de manière saisissante, sur les instances du secrétaire général des Nations unies, aux événements du millénaire qui se sont déroulés aux mois de mai, d’août et de septembre. Les répercussions de l'engagement si poussé et si notable de la Communauté internationale bahá’íe dans les processus de la moindre paix exigeront du temps pour qu'elles soient appréhendées à leur juste valeur. Au nombre des autres temps forts figure le colloque continental organisé en Inde par l'Institut des études sur la prospérité mondiale, nouvelle agence agissant sous l’égide de la Communauté internationale bahá’íe. Ayant pour thème « science, religion et développement », cette conférence a fait intervenir des organisations non gouvernementales d'Inde de tout premier plan, de même que des institutions de renom, telles que l'UNESCO, l'UNICEF, l'O.M.S. et la Banque mondiale. En octobre était lancée sur Internet l'Agence de presse mondiale bahá’íe (BWNS), avec pour objectif d'atteindre le public bahá’í comme non-bahá’í, par le récit des développements de la Foi à travers le monde bahá’í.

Les activités intensives qui ont eu lieu au Centre mondial bahá’í cette année passée ont, pour la plupart, été communiquées aux amis lors de précédents rapports qui ont fait référence, entre autres, aux réalisations telles que l'occupation par le Centre international d'enseignement de son siège permanent sur le mont Carmel, la conférence des conseillers continentaux et de leurs Corps auxiliaires qui s'est tenue en janvier dernier en Terre sainte, et l’achèvement des projets du mont Carmel, qui reçoivent maintenant les dernières touches en vue de la célébration en mai. En octobre dernier, pour la première fois, les pèlerins et visiteurs étaient reçus au nouveau centre de réception à Haïfa, devenu totalement opérationnel. À Bahjí, l'embellissement du site sacré, de par le développement de ses jardins, a continué sans relâche; effort cependant marqué par un bond en avant, suite au projet de construction du centre de visiteurs, lancé l’année dernière, en direction de l’extrémité nord du terrain, au-delà du portail Collins. La fin des travaux étant prévue pour les mois à venir, la structure est maintenant bien en place et les travaux progressent sur tous les plans, y compris ceux de finition et d’aménagements paysagers. Cette nouvelle installation améliorera la capacité d'accueil du Centre mondial qui recevra un nombre croissant de pèlerins, de visiteurs bahá’ís au séjour de courte durée et de personnes invitées expressément.

Pour conclure ce résumé de l’année, nous nous réjouissons de vous annoncer que, après un intervalle de près de trois décennies, l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís d’Indonésie a été rétablie lors du congrès national qui s’est tenu à Jakarta à Ridván dernier. La censure de toute activité bahá’íe, imposée en août 1962, avait sévèrement restreint les actions des bahá’ís indonésiens tout au long de cette période, mais c'est avec fermeté et sagesse qu'ils avaient affronté ces longues années de souffrance jusqu’à ce qu'un retournement de la situation de ce pays aboutisse au lever de la censure. Ne pouvons-nous pas alors oser espérer qu'un heureux dénouement similaire est à portée de main, concernant nos coreligionnaires assiégés d'Iran, d'Égypte et d'autres pays encore ?

Chers amis, d'ici à deux décennies, le monde bahá’í célébrera le centenaire du début de l’âge de formation. Nous pouvons maintenant évoquer le souvenir de cet âge à son aube, forts de réalisations qui auraient été à peine concevables de prime abord. Droit devant nous se profilent des horizons qui exhortent instamment la communauté à des accomplissements encore plus grands dans ce court laps de temps qui la sépare du centenaire. Ces sommets peuvent et doivent être gravis. Le plan de Cinq Ans, auquel nous demandons aux amis de par le monde d'accorder sans plus tarder une attention soutenue, est destiné à relever ce défi. Il constitue la première d'une série de campagnes à poursuivre au cours de ces vingt ans à venir. Ce plan est le sceau de la prochaine phase s'inscrivant dans la poursuite d'une avancée significative du processus d’entrée en troupes. Il requiert une accélération de ce processus vital, et, de surcroît, met l'accent sur la continuité entre les efforts systématiques fournis par ses trois participants constitutifs : le croyant, les institutions et la communauté.

Nul besoin est de s'attarder sur les exigences de ce plan, car elles avaient été présentées dans notre message adressé aux conseillers assemblés en Terre sainte et transmises par la suite à toutes les assemblées spirituelles nationales. Peu après leur conférence, les conseillers commencèrent à consulter avec les assemblées nationales sur l’exécution de ce plan dans leurs zones respectives de juridiction. La direction que prend ce plan est ainsi connue des amis de toutes les contrées, comme l'attestent les préparatifs en cours aux niveaux local and régional pour poursuivre son objectif majeur. La communauté dans son ensemble a maintenant pris conscience que des efforts sont à fournir pour parvenir à implanter la Foi dans un nombre croissant de régions au sein des pays. Par exemple, là où les circonstances le permettent, les communautés locales qui sont proches les unes des autres seront mobilisées pour participer à des programmes intensifs de croissance. D'autres approches exigeront l'ouverture méthodique de nouvelles zones pour lesquelles des pionniers locaux doivent être levés dans le même esprit de dévouement que celui qui avait inspiré ceux qui s’étaient disséminés aux quatre coins du monde, dans les premiers temps, pour ouvrir des territoires vierges dans d'autres continents et par-delà les mers. Qu'il suffise de dire que le processus qui anime cette entreprise d'inspiration divine finira par s’étendre au fur et à mesure que des éléments connexes seront progressivement introduits et systématiquement intégrés à son fonctionnement.

Un trait distinctif de la cinquième époque sera l'enrichissement de la vie dévotionnelle de la communauté de par l’érection de maisons d'adoration nationales, en fonction de la conjoncture des communautés nationales. La Maison universelle de justice déterminera le calendrier de ces projets, à mesure de l’avancée du processus d’entrée en troupes dans les pays. Ce développement se déroulera par étapes successives, d’après le plan divin d'Abdu’l-Bahá. Une fois la construction du Temple-mère de l'Occident achevée, le Gardien avait lancé un programme de construction des temples continentaux. Les premiers d'entre eux avaient été les Mashriqu’l-Adhkárs de Kampala, de Sydney et de Francfort, érigés pour remplir les objectifs du plan de Dix Ans. La Maison universelle de justice poursuivit dans cette lancée avec la construction des temples de Panama, d'Apia et de New Delhi. Mais il reste encore à terminer cette étape continentale, avec la construction d'un autre édifice. C'est avec une joie et une gratitude profondes que nous annonçons, en ce moment propice, la décision de donner suite à ce dernier projet. Au cours du plan de Cinq Ans commencera l’érection du Temple-mère de l’Amérique du sud à Santiago, au Chili, remplissant ainsi un souhait clairement exprimé par Shoghi Effendi.

En attendant, le temps est propice pour que soient prises d'autres mesures au Centre mondial afin de développer les fonctions des institutions occupant les nouveaux édifices de l'Arc. Le Centre international d'enseignement ayant avancé de manière significative dans son travail, l'attention se portera notamment sur l'organisation du travail du Centre pour l’étude des Textes, en particulier sur l'enrichissement en Textes sacrés traduits en anglais. Le but de cette institution est d'aider la Maison universelle de justice à consulter les Écrits sacrés et à préparer les traductions et commentaires sur les textes de la Foi faisant autorité. En outre, un effort continu sera fourni en Terre sainte pour concevoir les moyens de recevoir encore plus de pèlerins et de visiteurs au Centre mondial bahá’í.

Dans notre message de Ridván d'il y a cinq ans, nous annoncions la tenue d'un événement majeur au Centre mondial pour marquer l’achèvement des projets sur le mont Carmel et l'ouverture au public des terrasses du Mausolée du Báb. L'instant approche à grands pas, et nous nous réjouissons à la perspective de recevoir des amis venant de quasiment tous les pays pour assister à un programme qui s’étendra sur une période de cinq jours, à savoir du 21 au 25 mai. Nous sommes également heureux de dire que des démarches sont en cours pour connecter le monde bahá’í au déroulement de la cérémonie par des transmissions en direct sur le web et par satellite, à propos desquelles des renseignements sont fournis. Alors que le Centre mondial se concentre sur ces préparatifs, l'enthousiasme de la population de Haïfa monte, les autorités municipales ayant entrepris la publication d'un livre intitulé Baha’i Shrine and Gardens on Mount Carmel, Haifa, Israel: A Visual Journey, qui doit coïncider avec l’événement. Par ailleurs, les autorités postales israéliennes poursuivent leur décision de faire paraître au même moment un timbre commémoratif en hommage aux terrasses. La portée de cette occasion tient principalement au répit qu'elle permettra de marquer, pour embrasser du regard la distance remarquable que la Cause aura parcourue tout au long de son développement dans ce vingtième siècle. Il sera temps, aussi, de réfléchir aux répercussions futures des accomplissements phénoménaux symbolisés par l’érection des structures monumentales sur la montagne sacrée de Dieu – érection qui expose au regard du monde les centres administratif et spirituel de notre Foi.

Alors que notre communauté exulte devant ces considérations à faire frémir, que chaque membre garde à l'esprit qu'il n'est guère le moment de se reposer sur ses lauriers. Le sort actuel de l’humanité est trop désespéré pour que l'on se permette ne serait-ce qu'un moment d’hésitation à partager le Pain de la vie, qui est descendu des cieux pour notre époque. Ne tardons donc pas à faire avancer le processus, renfermant toutes les promesses de succès, qui consiste à amener l'âme de tous ceux qui sont assoiffés de vérité à la table de banquet du Seigneur des armées.

Puisse Celui qui veille à la destinée de son divin système guider, diriger et confirmer tout effort que vous fournirez pour la réalisation des tâches pressantes se présentant à vous.

Il y a trois ans seulement, nous avons lancé au monde bahá’í le défi d’exploiter le cadre d’action qui était apparu avec une telle clarté à la fin du dernier plan mondial. Comme nous l’avions espéré, la réponse fut immédiate. Les amis du monde entier commencèrent à poursuivre avec une vigueur remarquable le but de lancer des programmes intensifs de croissance dans pas moins de 1 500 groupements dans le monde, et le nombre de ces programmes se multiplia rapidement. Cependant, personne n’aurait pu imaginer alors l’ampleur de la transformation que le Seigneur des armées, par sa sagesse impénétrable, avait réservée à sa communauté en un temps si court. Si déterminée et si confiante fut la communauté qui a célébré ses réussites à mi-chemin du plan actuel lors des quarante et une conférences aux quatre coins du monde ! Quel contraste extraordinaire a-t-elle créé de par sa cohérence et son énergie avec la perplexité et la confusion d’un monde pris dans un tourbillon de crises ! Cette communauté était bien celle des bienheureux à laquelle le Gardien avait fait référence. C’était une communauté pleinement consciente des virtualités dont elle a été dotée et du rôle qui lui a été destiné pour reconstruire un monde disloqué. C’était une communauté prenant son essor, soumise à des répressions sévères dans certaines régions du globe, mais se levant néanmoins, résolue et indomptée, en un ensemble uni et renforçant ses capacités à atteindre le but établi par Bahá’u’lláh de libérer l’humanité du joug de la plus grande oppression. Et nous avons vu en ces quelques quatre-vingt mille participants à ces conférences la naissance sur le plan historique d’un simple croyant ayant une confiance extrême en l’efficacité des méthodes et des instruments du plan et faisant preuve d’une adresse remarquable en les maniant. Chaque âme de cet océan témoigna du pouvoir transformateur de la Foi. Chacun d’eux fut la preuve de la promesse que fit Bahá’u’lláh de venir en aide à tous ceux qui se lèveront pour le servir avec sincérité et détachement. Chacun d’eux offrit un aperçu de cette nouvelle race d’êtres humains, consacrés et courageux, purs et sanctifiés, destinée à évoluer au fil des générations directement sous l’influence de la révélation de Bahá’u’lláh. Nous avons perçu en eux les premiers signes de la réalisation de l’espoir que nous vous avons exprimé au début du plan de voir la portée de l’influence édifiante de la Foi s’étendre à des centaines de milliers de personnes par le biais du processus de l’institut. Tout porte à croire que d’ici la fin de la période du Riḍván, le nombre de programmes intensifs de croissance dans le monde aura dépassé la barre des 1 000. Que faire à l’aube de ce plus joyeux festival si ce n’est de nous incliner humblement devant Dieu et de lui offrir notre gratitude pour sa générosité débordante envers la communauté du plus grand Nom.

C’est avec le cœur rempli d’admiration pour les disciples de Bahá’u’lláh que nous sommes heureux d’annoncer qu’au moment où débute cette très joyeuse période du Ridván, il y a dans chaque continent de la planète un nouveau complément de programmes intensifs de croissance en cours, portant le total mondial au-delà des 1 500 et assurant le but du plan de cinq ans, un an avant sa conclusion. Nous nous inclinons en gratitude devant Dieu pour cette réalisation stupéfiante, cette victoire remarquable. Tous ceux qui ont œuvré sur le terrain sauront apprécier la générosité qu’il a octroyée à sa communauté en lui accordant une année complète pour renforcer le modèle d’expansion et de consolidation qui est maintenant établi partout, en vue des tâches qu’elle sera appelée à exécuter dans sa prochaine entreprise mondiale, à savoir un plan d’une durée de cinq ans, le cinquième d’une série dont l’objectif déclaré est de faire avancer processus d’entrée en troupes.

Alors que nous marquons une pause en cette période festive, nous nous sentons poussés à préciser que ce qui suscite en nos cœurs de tels sentiments de fierté et de reconnaissance n’est pas tant l’exploit numérique que vous avez accompli, aussi remarquable qu’il soit, mais une combinaison de développements au niveau le plus profond de la culture, développements dont cette réalisation porte témoignage. Parmi ceux-ci le plus remarquable se trouve être l’augmentation que nous avons observé de la capacité des amis à échanger avec d’autres sur des thèmes spirituels et de parler avec aisance du personnage de Bahá’u’lláh et de sa révélation. Ils ont bien compris qu’enseigner est une condition requise pour pouvoir mener une vie caractérisée par la générosité.

Dans des messages récents, nous avons exprimé notre joie de constater l’intensification constante du rythme de l’enseignement à travers le monde. S’acquitter de cette obligation spirituelle fondamentale a toujours été et continue d’être un aspect indispensable de la vie bahá’íe pour le croyant. La mise en place de 1 500 programmes intensifs de croissance a mis en évidence le courage et la détermination dont les croyants partout font désormais preuve alors qu’ils sortent des limites du cercle immédiat de leur famille et de leurs amis, se livrant à la main du Très-Miséricordieux qui les guide vers les âmes réceptives, où qu’elles puissent résider. Même selon les estimations les plus modérées, il y aurait maintenant des dizaines de milliers de personnes qui participent dans des campagnes périodiques pour établir des liens d’amitié, sur la base d’une compréhension commune, avec ceux qui étaient auparavant considérés comme des étrangers.

Dans leur démarche pour présenter les fondements de la Foi de façon claire et sans ambiguïté, les croyants ont grandement bénéficié de l’exemple donné à titre d’illustration dans le Livre 6 de l’Institut Ruhi. Lorsque la logique sous-jacente cette présentation est comprise, et que la tentation de la transformer en une formule est surmontée, elle donne lieu à un échange entre deux âmes ; cet échange se distingue par la compréhension profonde qu’il permet de développer et par la nature de la relation qu’il permet d’établir. Dans la mesure où cet échange se prolonge au-delà de la rencontre initiale et que de véritables amitiés se créent, une action d’enseignement direct de cette sorte peut jouer le rôle de catalyseur pour un processus durable de transformation spirituelle. Que le premier contact avec de tels nouveaux amis donne lieu à une invitation à adhérer à la communauté bahá’íe ou bien à participer à l’une de ses activités n’est pas un souci primordial. L’important, c’est que chaque âme se sente la bienvenue à s’unir à la communauté dans sa démarche pour améliorer la société et à se lancer dans un sentier de service à l’humanité qui permettra, d’emblée ou dans l’avenir, son adhésion formelle en tant que bahá’í.

La portée de ce développement ne devrait pas être sous-estimée. Dans chaque groupement, une fois qu’un modèle constant d’action est mis en place, il faut s’appliquer à le disséminer à plus grande échelle au travers d’un réseau de collègues et de connaissances, tout en concentrant les énergies sur de petits foyers de population, qui devront chacun devenir un centre d’intenses activités. Dans un groupement urbain, un tel centre d’activités peut au mieux être défini par les limites d’un quartier ; dans un groupement à caractère essentiellement rural, un petit village offrirait un espace social approprié à cette fin. Ceux qui servent dans de tels cadres, aussi bien les résidents que les enseignants de passage, pourraient se représenter leur travail à plus juste titre en termes de développement communautaire. Apposer à leurs efforts d’enseignement une étiquette telle que « faire du porte-à-porte », même si le premier contact peut avoir lieu lors d’une visite non-annoncée aux résidents d’une maison, ne rendrait pas justice à un processus qui cherche à développer la capacité d’une population à prendre en charge son propre développement spirituel, social et intellectuel. Les activités qui propulsent ce processus auquel les amis nouvellement découverts sont invités à participer, à savoir les réunions qui renforcent la vie spirituelle de la communauté, les classes qui nourrissent les cœurs et esprits tendres des enfants, les groupes qui canalisent les énergies débordantes des pré- jeunes, les cercles d’étude, ouverts à tous, qui permettent à des personnes d’origines diverses d’avancer sur un pied d’égalité et d’explorer l’application des enseignements à leurs vies individuelle et collective ; il est fort possible que ces activités aient besoin de recevoir une aide extérieure à la population locale pendant un certain temps. Il faut s’attendre, cependant, à ce que la multiplication de ces activités fondamentales soit rapidement soutenue par des ressources humaines autochtones du quartier ou du village lui-même – par des hommes et des femmes vivement désireux d’améliorer les conditions matérielles et spirituelles de leur environnement. Un rythme de vie communautaire devrait donc progressivement émerger, à la mesure de la capacité d’un noyau grandissant de personnes dévouées à la vision de Bahá’u’lláh pour un nouvel ordre mondial.

Dans ce contexte, la réceptivité se manifeste par la volonté de prendre part dans le processus de développement communautaire mis en route par les activités fondamentales. Dans chaque groupement où un programme intensif de croissance est désormais en cours, la tâche qui attend les amis dans l’année qui vient est d’enseigner au sein d’une ou plusieurs populations réceptives, usant d’une méthode directe lorsqu’ils présenteront les principes de base de leur foi, et de trouver ces âmes qui aspirent à se défaire de la léthargie que la société leur impose et à travailler côte à côte dans leurs quartiers et leurs villages pour commencer un processus de transformation collective. Si les amis persévèrent dans leurs efforts d’apprendre ainsi les manières et méthodes de développement communautaire dans des cadres restreints, nous sommes certains que nous nous rapprocherons de plusieurs ordres de grandeur de cet objectif si longtemps poursuivi qui est la participation universelle aux affaires de la Foi.

Pour relever ce défi, les croyants et les institutions qui les servent vont devoir renforcer le processus de l’institut dans le groupement, augmentant de manière significative à l’intérieur de ses frontières le nombre des personnes capables d’agir en tant que tuteurs de cercles d’étude ; car il faut se rendre compte que l’occasion maintenant offerte aux amis de promouvoir, dans les quartiers et les villages, une vie communautaire vibrante caractérisée par une si profonde motivation, n’a été rendue possible que grâce à des développements cruciaux survenus au cours de la décennie passée en ce qui concerne l’aspect de la culture bahá’íe qui se rapporte à l’approfondissement.

Lorsqu’en décembre 1995 nous avons demandé que des instituts de formation soient établis à travers le monde, le modèle le plus répandu dans la communauté bahá’íe pour aider chaque croyant à approfondir ses connaissances sur la Foi consistait essentiellement en des cours et des classes occasionnels, de durées variables, concernant divers sujets. Ce modèle avait bien répondu aux besoins d’une communauté bahá’íe mondiale émergente, encore relativement peu nombreuse, et principalement soucieuse de sa propagation géographique à travers la planète. Nous avons cependant expliqué en ce temps-là que si le processus d’entrée en troupes devait s’accélérer de manière significative, une autre approche de l’étude des écrits devrait prendre forme, une approche qui stimulerait des multitudes à s’engager dans l’action. Dans ce but, nous avons demandé que les instituts de formation assistent des contingents toujours plus nombreux de croyants à servir la Cause, en mettant à leur disposition des cours qui transmettent la connaissance, la compréhension et les compétences requises pour mener à bien les multiples tâches associées à l’expansion et à la consolidation accélérées.

Lire les écrits de la Foi et s’efforcer d’obtenir une compréhension plus adéquate de la portée de la prodigieuse révélation de Bahá’u’lláh sont des obligations qui s’imposent à chacun de ses disciples. Il est enjoint à tous de s’immerger dans l’océan de sa révélation et de prendre leur part des perles de sagesse qui s’y trouvent dans la mesure de leurs capacités et de leurs inclinations. En conséquence, des classes locales d’approfondissement, des écoles d’été et d’hiver, et des réunions spécialement organisées où des croyants instruits dans les écrits pouvaient faire part aux autres de perspectives sur des sujets particuliers, devinrent naturellement des éléments importants de la vie bahá’íe. Tout autant que l’habitude de lire quotidiennement les écrits continuera à faire partie intégrante de l’identité bahá’íe, ces formes d’études continueront à avoir une place dans la vie collective de la communauté. Mais la compréhension des implications de la révélation, aussi bien en termes de d’épanouissement individuel que de progrès social, s’élargit et s’enrichit de beaucoup lorsque l’étude et le service sont associés l’un à l’autre et sont menés conjointement. Là, dans le champ du service, la connaissance est mise à l’épreuve, la pratique soulève des questions et de nouveaux degrés de compréhension sont atteints. À travers le système d’éducation à distance qui est désormais établi dans un pays après l’autre – système qui compte parmi ces principaux éléments le cercle d’étude, le tuteur et le programme de l’Institut Ruhi – la communauté mondiale bahá’íe a acquis la capacité de permettre à des milliers, voir à des millions de personnes, d’étudier les écrits en petits groupes dans le but explicite de traduire les enseignements bahá’ís dans la réalité, faisant parvenir le travail de la Foi à son étape suivante : l’expansion et la consolidation soutenues et à grande échelle.

Que nul ne manque d’apprécier les possibilités qui sont ainsi créées. La passivité est engendrée par les forces de la société d’aujourd’hui. Le désir d’être diverti est entretenu dès l’enfance, avec une efficacité croissante, façonnant des générations successives disposées à être menées par quiconque se révèle habile à flatter leurs émotions superficielles. Même dans de nombreux systèmes éducatifs, les étudiants sont traités comme s’ils étaient des réceptacles conçus pour recevoir des informations. Quelle immense réalisation de la part du monde bahá’í que d’avoir réussi à développer une culture qui promeut une façon de penser, d’étudier et d’agir selon laquelle tous se considèrent comme cheminant dans le même sentier de service – se soutenant les uns les autres et avançant ensemble, respectueux du savoir que chacun possède à un moment donné et évitant la tendance à classer les croyants comme étant approfondis ou non. Et, c’est en cela que résident les dynamiques d’un mouvement irrépressible.

Ce qui est impératif, c’est que la qualité du processus éducatif qui est développé au niveau du cercle d’étude s’accroisse notablement au cours de l’année à venir afin que le potentiel des populations locales à créer de telles dynamiques soit réalisé. Beaucoup reposera à cet égard sur ceux qui servent en tant que tuteurs. C’est à eux que reviendra le défi de créer l’environnement qui est prévu par les cours de l’institut, un environnement qui favorise l’autonomisation spirituelle des personnes, lesquelles en viendront à se considérer comme des agents actifs de leur propre apprentissage, comme les protagonistes d’un effort constant pour mettre en œuvre la connaissance afin de réaliser une transformation individuelle et collective. Sinon, peu importe le nombre de cercles d’étude formés dans un groupement, la force nécessaire pour propulser le changement ne sera pas générée.

Pour que le travail du tuteur atteigne des degrés de plus en plus élevés d’excellence, il faut se souvenir que la responsabilité première du développement des ressources humaines dans une région ou un pays incombe à l’institut de formation. Tout en s’efforçant d’accroître le nombre de ses participants, il faut que l’institut en tant que structure – depuis le conseil d’administration jusqu’aux coordinateurs aux différents niveaux et aux tuteurs à la base – mette le même accent sur l’efficacité du système dans son ensemble, car, en dernière analyse, les gains quantitatifs soutenus dépendront des progrès qualitatifs. Au niveau du groupement, le coordinateur ou la coordinatrice doit apporter aussi bien son expérience pratique que son dynamisme à ses efforts pour accompagner ceux qui servent en tant que tuteurs. Il ou elle doit prévoir des rencontres de réflexion périodiques sur leurs activités. Des rencontres organisées pour réétudier certains passages choisis des documents de l’institut peuvent parfois se révéler utiles, à condition qu’elles n’inculquent pas le besoin d’une formation perpétuelle. Les compétences du tuteur se développent progressivement alors qu’il s’engage dans l’action et aide les autres à contribuer à l’objectif de la série actuelle de plans mondiaux, à travers l’étude de la séquence des cours et la réalisation de leurs éléments pratiques. Et tandis que des hommes et des femmes d’âges divers avancent dans la séquence et achèvent leur étude de chaque cours, avec l’aide des tuteurs, d’autres doivent être prêts à les accompagner dans des actes de service entrepris en fonction de leurs points forts et de leurs intérêts – en particulier les coordinateurs responsables des classes d’enfants, des groupes de pré-jeunes et des cercles d’étude, actes de services qui sont cruciaux pour perpétuer le système lui-même. Faire en sorte que le système vibre de vitalité à un degré adéquat devra continuer à faire l’objet d’un apprentissage intense dans chaque pays au cours des douze prochains mois.

Le souci d’assurer une éducation spirituelle aux enfants est depuis longtemps un élément de la culture de la communauté bahá’íe ; ce souci a eu pour résultat deux réalités coexistantes. L’une, s’inspirant des réalisations des bahá’ís d’Iran, a été caractérisée par la capacité d’offrir Aux bahá’ís du monde 5 Riḍván 2010

des classes systématiques, pour chaque niveau, aux enfants des familles bahá’íes, en général dans le but de transmettre aux nouvelles générations une connaissance de base de l’histoire et des enseignements de la Foi. Dans la plus grande partie du monde, le nombre de ceux qui ont bénéficié de telles classes a été relativement limité. L’autre réalité a vu le jour dans des régions aussi bien rurales qu’urbaines où les adhésions à grande échelle ont eu lieu. Une attitude plus inclusive dominait cette expérience. Cependant, bien que des enfants de familles de tous types aient vivement désiré participer aux classes bahá’íes et y aient été les bienvenus, divers facteurs ont empêché que ces classes soient conduites avec suffisamment de régularité, année après année. Combien cela nous fait plaisir de voir cette dualité, résultant de circonstances historiques, commencer à se dissiper à mesure que les amis formés partout par les instituts s’efforcent d’offrir des classes, ouvertes à tous, de façon systématique.

Des débuts si prometteurs requièrent maintenant un suivi vigoureux. Dans tout groupement où un programme intensif de croissance opère, des efforts sont nécessaires pour systématiser davantage l’éducation spirituelle dispensée à un nombre grandissant d’enfants venant de familles d’origines variées, condition essentielle pour que le processus de développement communautaire prenne de l’élan dans les quartiers et les villages. Ce sera une tâche exigeante qui demandera de la patience et de la coopération aussi bien de la part des parents que des institutions. L’Institut Ruhi a déjà été prié d’accélérer les projets pour compléter ses cours pour la formation de maîtres de classes d’enfants pour les différents niveaux, y compris les leçons correspondantes, débutant avec les jeunes enfants âgés de 5 ou de 6 ans et continuant jusqu’à ceux âgés de 10 ou de 11 ans, afin de combler l’écart actuel entre les leçons disponibles et ses manuels pour pré-jeunes, tels que Spirit of Faith [L’Esprit de foi] ou le manuel prochain Power of the Holy Spirit [Le Pouvoir du Saint-Esprit], qui apportent un élément nettement bahá’í au programme pour cette tranche d’âge. À mesure que ces cours et leçons additionnels deviennent disponibles, les instituts dans chaque pays seront à même de préparer les enseignants et les coordinateurs requis pour mettre en place, d’un niveau à l’autre, le noyau d’un programme pour l’éducation spirituelle des enfants, autour duquel des éléments secondaires pourront être organisés. En attendant, les instituts devront faire de leur mieux pour mettre à la disposition des enseignants un matériel pédagogique approprié, en puisant dans d’autres matériels déjà existant, qu’ils pourront utiliser dans leurs classes avec des enfants de divers âges et ce selon les besoins.

Le Centre international d’enseignement a gagné notre gratitude éternelle pour l’impulsion vitale qu’il a impartie aux efforts déployés pour que le but du plan de cinq ans soit réalisé en avance. Voir le degré d’énergie qu’il a apporté à cette entreprise mondiale, suivant avec tant de ténacité les progrès réalisés sur chaque continent et collaborant si étroitement avec les conseillers continentaux, a offert un aperçu du pouvoir immense inhérent à l’ordre administratif de Bahá’u’lláh. Maintenant que le Centre d’enseignement dirige son attention avec une vigueur égale vers les questions liées à l’efficacité des activités au niveau du groupement, il accordera sans aucun doute une considération spéciale à la mise en œuvre des classes bahá’íes pour enfants. Nous sommes sûrs que son analyse de l’expérience acquise dans quelques groupements choisis au cours de l’année à venir, qui reflètent des réalités diverses, apportera à des questions pratiques un éclairage qui rendra possible la création de classes régulières, pour enfants de tout âge, dans les quartiers et les villages.

L’expansion rapide du programme pour d’autonomisation spirituelle des pré-jeunes est une autre expression encore de l’avancement culturel dans la communauté bahá’íe. Alors que les tendances mondiales dépeignent cette tranche d’âge comme étant problématique, perdue dans les affres d’une mutation physique et émotionnelle tumultueuse, indifférentes et introvertie, la communauté bahá’íe – dans le langage qu’elle utilise et les approches qu’elle adopte – avance résolument dans la direction opposée, voyant à la place chez le pré-jeune un altruisme, un sens aigu de la justice, un enthousiasme à apprendre sur l’univers et un désir de contribuer à la construction d’un monde meilleur. Témoignage après témoignage, les pré-jeunes de divers pays à travers la planète exprimant leurs pensées en tant que participants dans le programme attestent de la validité de cette perspective. Tout porte à croire que le programme engage leur conscience grandissante dans une exploration de la réalité qui les aide à analyser les forces constructrices et destructrices en œuvre dans la société et à reconnaître l’influence que ces forces exercent sur leurs pensées et leurs actions, aiguisant leur perception spirituelle, développant leur pouvoir d’expression et renforçant les structures morales qui les soutiendront tout au long de leur vie. À un âge où les facultés intellectuelles, spirituelles et physiques en plein essor leur deviennent accessibles, les outils nécessaires leur sont donnés pour combattre les forces qui cherchent à leur dérober leur vraie identité d’êtres nobles, et pour travailler pour le bien commun.

Du fait que la composante majeure du programme explore des thèmes selon une perspective bahá’íe, mais sans s’inscrire dans le style de l’enseignement religieux, la voie est désormais ouverte à une diffusion plus grande auprès des pré-jeunes dans des cadres et des circonstances très variées. Dans bien de ces cas, ceux qui exécutent le programme abordent donc avec confiance le domaine de l’action sociale, y rencontrant une variété de questions et de possibilités, qui sont suivies et organisées en un processus mondial d’apprentissage par le Bureau de développement social et économique en Terre sainte. La somme accumulée de connaissances et d’expérience a déjà créé, dans plusieurs groupements dispersés à travers la planète, la capacité de maintenir chacun plus de mille pré-jeunes dans le programme. Afin d’aider d’autres groupements à avancer rapidement dans ce sens, le Bureau s’emploie à établir un réseau de sites sur tous les continents, avec l’aide d’un corps de croyants, qui peut être utilisé pour offrir une formation à des coordinateurs venant d’un très grand nombre de groupements. Ces personnes ressources continuent à soutenir les coordinateurs après leur retour dans leurs groupements respectifs, leur permettant ainsi de créer un environnement spirituellement riche où le programme des pré-jeunes peut s’enraciner.

Il est certain que davantage de connaissances seront acquises dans ce domaine d’activité, bien qu’un modèle d’action soit déjà manifeste. Seule la capacité de la communauté bahá’íe limite la mesure de sa réponse aux écoles et aux groupes de citoyens qui demandent ce programme. Les groupements qui ont à ce jour un programme intensif de croissance présentent une grande diversité de conditions : certains n’ont que quelques groupes sporadiques de pré- jeunes, tandis que d’autres en soutiennent un nombre suffisamment grand pour nécessiter des services d’un coordinateur dédié, qui pourrait bénéficier du soutien continu d’un site pour la dissémination des connaissances acquises. Afin d’assurer l’accroissement de cette capacité à travers tout l’éventail de ces groupements, nous demandons que 32 sites d’apprentissage deviennent opérationnels avant la fin du plan en cours, chacun servant quelque vingt groupements dotés des coordinateurs à temps plein. Dans tous les autres groupements qui sont similaires à ceux-ci, la priorité doit être de créer, au cours de la prochaine année, la capacité à offrir le programme, multipliant ainsi de façon systématique le nombre de groupes.

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Les développements que nous avons mentionnés jusqu’ici, à savoir l’amélioration de la capacité à enseigner la Foi directement et à engager une discussion ciblée et sérieuse sur des thèmes d’ordre spirituel avec des personnes de tous les horizons, l’épanouissement d’une approche de l’étude des écrits qui ancre celle-ci dans l’action, l’engagement renouvelée à dispenser une éducation spirituelle aux enfants dans les quartiers et les villages de façon régulière et la diffusion de l’influence d’un programme qui inculque aux pré-jeunes le sentiment d’avoir un double objectif moral : développer leurs potentialités inhérentes et contribuer à la transformation de la société ; ces développement sont tous renforcés, à un degré non négligeable, par encore une autre avancée dans le domaine de la culture, avancée dont les implications sont véritablement d’une grande portée. Cette évolution de la conscience collective peut être discernée dans la fréquence croissante avec laquelle le mot « accompagner » apparaît dans les conversations des amis, mot qui revêt un sens nouveau alors qu’il s’intègre dans le vocabulaire commun de la communauté bahá’íe. Elle est le signe d’un renforcement important d’une culture dont l’apprentissage est le mode de fonctionnement, un mode qui favorise la participation informée de personnes de plus en plus nombreuses dans un effort unifié visant à appliquer les enseignements de Bahá’u’lláh à la construction d’une civilisation divine, ce que le Gardien définit comme la mission première de la Foi. Une telle approche offre un contraste frappant avec la faillite spirituelle et les mœurs décadentes d’un vieil ordre social qui cherche si souvent à exploiter l’énergie humaine par la domination, par la cupidité, par la culpabilisation et par la manipulation.

Dans les relations entre les amis, ce développement dans la culture trouve donc son expression dans la qualité de leurs interactions. L’apprentissage en tant que mode de fonctionnement requiert que tous adoptent une attitude d’humilité, où l’on devient oublieux de soi, plaçant son entière confiance en Dieu, s’en remettant à son pouvoir qui soutient tout, et confiant en son infaillible assistance, sachant que lui, et lui seul, peut faire du moucheron un aigle, de la goutte d’eau un océan sans limite. Dans un tel état, les âmes œuvrent ensemble sans relâche, ne se réjouissant pas tant de leurs propres réalisations que du progrès et des services des autres, à tel point que s’aider les uns les autres à gravir les sommets du service à la Cause et à planer dans les cieux de la connaissance de Dieu est en tout temps au centre de leurs pensées. C’est ce que nous voyons dans le modèle actuel d’activité qui émerge à travers la planète, propagé par les jeunes et les moins jeunes, par les bahá’ís de long date et les nouveaux adhérents, travaillant les uns aux côtés des autres.

Non seulement ce progrès dans la culture exerce son influence sur les relations entre les individus, mais ses effets peuvent aussi être ressentis dans la conduite des affaires administratives de la Foi. Dans la mesure où l’apprentissage est devenu le trait distinctif du mode de fonctionnement de la communauté, certains aspects de la prise de décisions se rapportant à l’expansion et à la consolidation ont été dévolus à l’ensemble des croyants, ce qui permet à la planification et à l’exécution d’être plus réactives aux réalités rencontrées sur le terrain. Plus précisément, la création de la réunion de réflexion offre un espace à ceux qui sont engagés dans les activités au niveau du groupement pour se réunir périodiquement afin de faire le point et de parvenir à un consensus sur leur situation, à la lumière de l’expérience ainsi que des directives reçues des institutions, et pour définir les prochaines étapes à suivre. Un espace similaire est ouvert par l’institut, qui permet à ceux qui servent dans le groupement en tant que tuteurs, maîtres de classes d’enfants ou animateurs de groupes de pré-jeunes de se réunir séparément et de se concerter sur leur expérience. L’institut de formation et le comité zonal d’enseignement, de même que les membres des corps auxiliaires, dont les interactions conjointes créent un autre espace où les décisions concernant la croissance sont prises, avec un plus haut degré de formalisme cette fois, sont intimement connectés à ce processus consultatif à la base. Le fonctionnement de ce système opérant au niveau du groupement, fruit de la nécessité, met en relief une caractéristique importante de l’administration bahá’íe : tout comme un organisme vivant, elle contient la capacité codée en elle de s’accommoder de degrés de plus en plus élevés de complexité, en termes de structures et de processus, de relations et d’activités, à mesure qu’elle évolue sous la direction de la Maison universelle de justice.

Le fait que les institutions de la Foi à tous les niveaux – local et régional comme national et continental – soient capables de gérer une telle complexité croissante avec une habileté de plus en plus grande est à la fois un signe et une exigence de leur maturation constante. Les relations évolutives entre les structures administratives ont amené l’assemblée spirituelle locale au seuil d’une nouvelle étape dans l’exercice de ses responsabilités de propager la parole de Dieu, de mobiliser l’énergie des croyants et de créer un environnement qui est spirituellement édifiant. Nous avons expliqué par le passé que la maturité d’une assemblée spirituelle ne peut être uniquement évaluée par la régularité de ses réunions ou par l’efficacité de son fonctionnement. Sa force doit plutôt être mesurée, essentiellement, par la vitalité de la vie spirituelle et sociale de la communauté qu’elle sert – une communauté grandissante qui accueille chaleureusement les contributions constructives de tous, qu’ils aient formellement adhéré ou non. Il est gratifiant de voir que les approches, les méthodes et les instruments actuellement utilisés donnent aux assemblées spirituelles locales, mêmes celles qui sont nouvellement formées, les moyens de s’acquitter de ces responsabilités alors qu’elles entreprennent de s’assurer qu’une réponse adéquate est apportée aux exigences du plan de cinq ans dans leur localité. En effet, un engagement approprié de l’assemblée dans le plan s’avère crucial pour toute tentative d’accueillir dans la communauté de grands nombres de personnes, ce qui est en soi une condition pour que l’assemblée puisse manifester la pleine mesure de ses pouvoirs et capacités.

Le développement des assemblées spirituelles locales que, nous en sommes certains, nous allons constater au cours des prochaines années sera possible grâce à la force croissante des assemblées spirituelles nationales, dont la capacité de penser et d’agir de manière stratégique s’est accrue de façon sensible, en particulier au fur et à mesure qu’elles ont appris à analyser le processus de développement communautaire qui se produit à la base, avec une acuité et une efficacité croissantes, et à lui apporter, selon les besoins, assistance, ressources, encouragement et directives empreintes d’amour. Dans les pays dont les circonstances l’exigent, elles ont dévolu un certain nombre de leurs responsabilités à cet égard à des conseils régionaux, décentralisant certaines fonctions administratives, renforçant la capacité institutionnelle dans les zones sous leur juridiction, et développant des ensembles d’interactions plus sophistiqués. Il n’est pas exagéré de dire que le plein engagement des assemblées nationales a été déterminant pour créer l’élan final requis pour atteindre le but du plan en cours, et nous nous attendons à voir de plus amples développements dans cette direction alors que, de concert avec les conseillers, elles font un effort suprême au cours des mois critiques et brefs à venir pour préparer leurs communautés à s’embarquer dans la prochaine entreprise quinquennale.

Indubitablement, l’évolution de l’institution des conseillers constitue une des avancées les plus significatives dans l’ordre administratif bahá’í au cours de la décennie écoulée. Cette institution avait déjà fait des progrès extraordinaires dans son développement lorsqu’en janvier 2001 les conseillers et les membres des corps auxiliaires se rassemblèrent en Terre sainte pour la conférence marquant l’installation du Centre international d’enseignement dans son siège permanent sur le mont Carmel. Il ne fait aucun doute que les énergies libérées par cet évènement ont propulsé l’institution rapidement vers l’avant. Le degré d’influence que les conseillers et leurs auxiliaires ont exercé sur le progrès du plan démontre qu’ils ont pris la place qui leur revient à l’avant-garde de l’enseignement. Nous sommes convaincus que l’année à venir va souder encore plus les institutions de l’ordre administratif dans la collaboration, à mesure que tous s’efforcent d’intensifier la volonté d’apprendre qui est devenue un trait distinct du fonctionnement de la communauté, chacun en accord avec ses fonctions et responsabilités évolutives, et ce avec la plus grande urgence dans les groupements qui sont engagés dans un programme intensif de croissance.

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La révélation de Bahá’u’lláh est vaste. Elle demande un changement profond, non seulement au niveau de l’individu mais aussi dans la structure de la société. « Le but de chaque Manifestation » proclame-t-il lui-même « est précisément la transformation et le perfectionnement de l’humanité, changement qui doit affecter sa vie intérieure et ses conditions extérieures. » Le travail qui progresse aujourd’hui dans chaque coin de la planète représente l’étape la plus récente de l’effort déployé par les bahá’ís pour créer le noyau de la glorieuse civilisation enchâssée dans ses enseignements, dont l’érection est une entreprise d’une magnitude et d’une complexité infinies, entreprise qui exigera de l’humanité des siècles d’efforts avant de porter ses fruits. Il n’y a pas de raccourci, pas de formule. Ce n’est qu’à mesure que des efforts sont faits pour tirer parti des perspectives offertes par la révélation de Bahá’u’lláh, pour accéder à la connaissance que la race humaine accumule, pour appliquer ses enseignements de façon intelligente à la vie de l’humanité, et pour se concerter sur les questions qui sont soulevées, que l’apprentissage nécessaire sera réalisé et la capacité sera développée.

Dans ce processus à long terme de développement des capacités, la communauté bahá’íe a consacré près d’une décennie et demie à systématiser son expérience dans le domaine de l’enseignement, apprenant à ouvrir certaines activités à de plus en plus de personnes et à soutenir son expansion et sa consolidation. Tous sont chaleureusement invités à intégrer la communauté et à se nourrir du message vivifiant de Bahá’u’lláh. Il est certain qu’il n’est pas de plus grande joie que celle d’une âme, aspirant ardemment à la Vérité, qui trouve abri dans la forteresse de la Cause et puise ses forces dans le pouvoir unificateur de l’Alliance. Cependant, chaque être humain et chaque ensemble d’individus, qu’ils soient ou non du nombre des disciples de Bahá’u’lláh, peuvent s’inspirer de ses enseignements et profiter des perles de sagesse et de connaissance qui les aideront à relever les défis auxquels ils font face. En effet, la civilisation qui s’annonce à l’humanité ne sera pas atteinte par les seuls efforts de la communauté bahá’íe. De nombreux groupes et organisations, animés par l’esprit de solidarité mondiale qui est une manifestation indirecte de la conception de Bahá’u’lláh du principe de l’unité de l’humanité, contribueront à la civilisation destinée à émerger de la confusion et du chaos de la société d’aujourd’hui. Tous devraient clairement comprendre que la capacité développée par la communauté bahá’íe au cours de plans mondiaux successifs la rendent de plus en plus capable d’apporter son concours dans les multiples et diverses dimensions de la construction de la civilisation, lui ouvrant de nouvelles frontières dans l’apprentissage.

Dans notre message du Ridván 2008, nous indiquions que, alors que les amis continuent à œuvrer au niveau du groupement, ils seront de plus en plus entraînés dans la vie de la société et seront mis au défi d’élargir le processus d’apprentissage systématique dans lequel ils sont engagés pour y inclure une gamme croissante d’activités humaines. Une riche trame de vie communautaire se dessine dans chaque groupement à mesure que les moments de recueillement collectif, entremêlés de discussions entreprises dans le cadre intime des foyers, sont tissés dans des activités qui dispensent une éducation spirituelle à toutes les composantes de la population : les adultes, les jeunes et les enfants. La conscience sociale est naturellement aiguisée quand, par exemple, des conversations animées se multiplient entre parents au sujet des aspirations de leurs enfants ou que des projets de service fleurissent à l’initiative des pré-jeunes. À partir du moment où les ressources humaines du groupement sont en nombre suffisant et où le modèle de croissance est fermement établi, l’engagement de la communauté dans la société peut, et doit en fait, s’accroître. En cette étape cruciale dans l’évolution du plan, où tant de groupements se rapprochent d’une telle phase, il semble approprié que partout les amis méditent sur la nature des contributions que leurs communautés grandissantes et vibrantes vont apporter au progrès matériel et spirituel de la société. À cet égard, il sera utile de penser en termes de deux domaines d’activité étroitement liés, qui se renforcent mutuellement : l’implication dans l’action sociale et la participation dans les conversations en cours dans la société.

Au fil des décennies, la communauté bahá’íe a acquis beaucoup d’expérience dans ces deux domaines d’action. Bien évidemment, nombreux sont les bahá’ís qui sont engagés à titre individuel dans l’action sociale et dans les conversations publiques, du fait de leur profession. Un certain nombre d’organisations non gouvernementales, s’inspirant des enseignements de la Foi et opérant aux niveaux régional et national, œuvrent dans le domaine social ou économique pour l’amélioration de la condition de leur peuple. Les assemblées spirituelles nationales participent, à travers leurs organes, et par différents moyens, à la promotion d’idées qui favorisent le bien-être général. Au niveau international, des organes tels que le Bureau auprès des Nations unies de la Communauté internationale bahá’íe remplissent une fonction similaire. Dans la mesure où cela sera nécessaire et désirable, les amis travaillant à la base de la communauté tireront parti de l’expérience et des capacités ainsi acquises alors qu’ils s’efforcent de répondre aux préoccupations de la société qui les entoure.

L’action sociale peut être représentée avec le plus de justesse en termes d’éventail d’interventions, allant d’activités assez informelles de durée limitée entreprises par des individus ou de petits groupes d’amis jusqu’à des programmes socio-économiques très complexes et sophistiqués exécutés par des organisations d’inspiration bahá’íe. Quelles que soient sa portée et son envergure, toute action sociale cherche à mettre en pratique les enseignements et principes de la Foi pour améliorer, un tant soit peu, tel ou tel aspect de la vie sociale et économique d’une population. De tels efforts se distinguent en conséquence par leur objectif avoué de promouvoir le bien-être matériel de la population, en plus de sa santé spirituelle. Dans les enseignements bahá’ís, une importance capitale est accordée à la notion que la civilisation mondiale qui se profile maintenant à l’horizon de l’humanité doit réaliser une cohérence dynamique entre les exigences matérielles et spirituelles de la vie. Il est évident qu’un tel idéal a de profondes implications vis-à-vis de la nature de toute action sociale entreprise par les bahá’ís, quelles que soient sa portée et sa sphère d’influence. Bien que les conditions diffèrent d’un pays à l’autre, et peut-être d’un groupement à l’autre, amenant les amis à poursuivre des actions très variées, tous doivent garder à l’esprit certains concepts fondamentaux. Le rôle central que joue la connaissance dans l’existence sociale en est un. La perpétuation de l’ignorance est une forme on ne peut plus grave d’oppression ; elle renforce les multiples murs de préjugés qui barrent la voie vers l’accomplissement de l’unité de l’humanité, lequel est à la fois le but et le principe moteur de la révélation de Bahá’u’lláh. L’accès à la connaissance est un droit de tout être humain, et contribuer à la générer, à l’appliquer et à la diffuser est une responsabilité que tous doivent assumer dans la grande entreprise de construction d’une civilisation mondiale prospère – chacun et chacune en fonction de ses talents et possibilités. La justice exige la participation universelle. Par conséquent, bien que l’action sociale puisse impliquer, d’une façon ou d’une autre, la fourniture de biens et de services, sa principale préoccupation doit être de développer, au sein d’une population donnée, la capacité de contribuer à la création d’un monde meilleur. Le changement social n’est pas un projet qu’un groupe de personnes réalise pour le bénéfice d’un autre groupe. La portée et la complexité de l’action sociale doivent correspondre aux ressources humaines disponibles dans le village ou dans le quartier pour la mener de l’avant. Les efforts commencent donc au mieux à une échelle modeste et se développent de façon naturelle à mesure que la capacité se développe au sein de la population. La capacité se hisse, bien sûr, à des niveaux plus élevés à mesure que les protagonistes du changement social apprennent à appliquer à leur réalité sociale, avec de plus en plus d’efficacité, des éléments de la révélation de Bahá’u’lláh, accompagnés des données et des méthodes scientifiques. Ils doivent s’efforcer de comprendre cette réalité sociale de façon conforme aux enseignements de Bahá’u’lláh, voyant en leur prochain une pierre précieuse d’une valeur inestimable et reconnaissant les effets du double processus d’intégration et de désintégration à la fois sur les cœurs et les esprits, de même que sur les structures sociales.

Une action sociale efficace permet d’enrichir la contribution aux conversations en cours dans la société, tout comme les perspectives qui sont obtenues en s’engageant dans certaines de ces conversations peuvent aider à clarifier les concepts qui modèlent l’action sociale. Au niveau du groupement, l’implication dans les conversations publiques peut aller d’une démarche aussi simple qu’introduire des idées bahá’íes dans une conversation ordinaire à des activités plus officielles telles que la préparation d’articles et la participation à des rencontres consacrées à des thèmes dont la société se préoccupe, à savoir le changement climatique et l’environnement, la gouvernance et les droits de l’homme, pour n’en citer que quelques-uns. Elle suppose aussi des interactions sérieuses avec des groupes de citoyens et des organisations locales dans les villages et les quartiers.

À ce propos, nous estimons nécessaire émettre une mise en garde. Il importera que tous reconnaissent que la valeur de l’engagement dans l’action sociale et les conversations publiques ne doit pas être jugée par sa capacité à amener des adhésions. Même s’il est vrai que les efforts déployés dans ces deux domaines d’activité peuvent entraîner une augmentation de la taille de la communauté bahá’íe, ils ne sont pas entrepris dans ce but. La sincérité à cet égard est impérative. De plus, il faut prendre soin de ne pas exagérer l’expérience bahá’íe ni d’attirer une attention indue sur des activités naissantes, telles que le programme d’autonomisation spirituelle des pré-jeunes, activités qu’il faut laisser mûrir à leur propre rythme. Dans tous les cas, le mot d’ordre est l’humilité. Tout en exprimant leur enthousiasme pour leurs convictions, les amis devraient se garder de projeter une attitude triomphaliste, à peine justifiée entre eux- mêmes, encore moins en d’autres circonstances.

En vous décrivant ces nouvelles opportunités qui s’offrent maintenant au niveau du groupement, nous ne vous demandons aucunement de changer le cap de vos activités. Il ne faut pas non plus s’imaginer que de telles opportunités représentent un autre champ de service, qui ferait concurrence avec le travail d’expansion et de consolidation pour obtenir les ressources et énergies limitées de la communauté. Au cours de l’année qui vient, le processus de l’institut et le modèle d’activité qu’il engendre devront continuer à être renforcés, et l’enseignement devra rester la priorité première dans l’esprit de chaque croyant. Une plus grande implication dans la vie de la société ne devrait pas être recherchée de façon prématurée. Elle se développera naturellement à mesure que dans chaque groupement les amis persévèrent dans leurs efforts pour appliquer les dispositions du plan à travers un processus d’action, de réflexion, de consultation et d’étude, et qu’ils apprennent en conséquence. La participation dans la vie de la société s’épanouira au fur et à mesure que la capacité de la communauté à promouvoir sa propre croissance et à maintenir sa vitalité se développera. Elle parviendra à être cohérente avec les efforts pour élargir et consolider la communauté dans la mesure où elle utilisera les éléments du cadre conceptuel qui régit la série actuelle de plans mondiaux. Et elle contribuera au mouvement des peuples vers la vision de Bahá’u’lláh d’une civilisation mondiale prospère et pacifique pour autant qu’elle emploie ces éléments de façon créative dans de nouveaux domaines d’apprentissage.

*

Chers amis, combien de fois le bien-aimé Maître n’a-t-il pas exprimé l’espoir que les cœurs des croyants débordent d’amour les uns pour les autres, qu’ils ne tolèrent aucune ligne de séparation, mais qu’ils considèrent l’humanité comme une seule famille. « Ne considérez plus les hommes comme des étrangers » exhorte-t-il « mais comme des amis, car l’amour et l’unité s’avèrent difficiles quand vous fixez votre regard sur la différence. » Tous les développements analysés dans les pages précédentes ne sont, au niveau le plus profond, qu’une expression de l’amour universel réalisé grâce au pouvoir de l’Esprit saint. Car n’est-ce pas l’amour de Dieu qui brûle tous les voiles de désunion et de division, et soude les cœurs ensemble dans une unité parfaite ? N’est-ce pas son amour qui vous encourage à aller de l’avant dans le champ du service et vous rend capables de voir en chaque âme la capacité de le connaître et de l’adorer ? N’êtes-vous pas galvanisés de savoir que sa manifestation a enduré avec joie une vie de souffrances par amour pour l’humanité ? Regardez dans vos propres rangs vers vos chers frères et sœurs bahá’ís d’Iran. Ne sont-ils pas l’exemple même de la force d’âme engendrée par l’amour de Dieu et le désir de le servir ? Leur capacité à transcender la plus cruelle et la plus amère persécution ne témoigne-t-elle pas de la capacité des millions et des millions d’opprimés dans le monde à se lever et à jouer un rôle déterminant dans l’édification du royaume de Dieu sur terre ? Inébranlables devant des constructions sociales qui mènent à la division, pressez le pas et portez le message de Bahá’u’lláh aux âmes qui attendent dans chaque quartier urbain, dans chaque hameau rural, dans chaque coin de la terre, les amenant à sa communauté, la communauté du Plus grand nom. Vous n’êtes jamais absents de nos pensées et de nos prières, et nous continuerons à implorer le Tout-Puissant pour qu’il vous renforce de sa grâce merveilleuse.

À l’aube de cette glorieuse saison, alors que nous contemplons l’éclat récemment dévoilé du dôme doré qui couronne le mausolée glorifié du Báb, nos yeux sont éblouis. Le lustre céleste prévu pour lui par Shoghi Effendi ayant été restauré, cet auguste édifice répand de nouveau sa lumière jour et nuit sur la terre, la mer et le ciel, témoignant de la majesté et de la sainteté de celui dont il abrite les restes sacrés.

Ce moment de joie coïncide avec la conclusion d’un chapitre prometteur dans le déroulement du plan divin. Il ne reste qu’une décennie avant la fin du premier siècle de l’âge de formation, ces cent premières années qui auront été passées à l’ombre bienveillante du testament de ‘Abdu’l-Bahá. Le plan de cinq ans qui s’achève est suivi d’un autre dont les caractéristiques ont été étudiées intensivement partout dans le monde bahá’í. Nous ne pourrions d’ailleurs nous réjouir davantage de la réponse à notre message à la conférence des corps continentaux des conseillers ainsi qu’au message du Riḍván d’il y a un an. Ne se satisfaisant pas d’une compréhension fragmentaire de leur contenu, les amis reviennent constamment sur ces messages, seuls ou en groupe, lors de rencontres formelles ou de rassemblements improvisés. Une participation active et éclairée aux programmes de croissance soigneusement cultivés dans leur groupement vient enrichir leur compréhension. Par conséquent, la communauté bahá’íe du monde entier a consciemment absorbé en quelques mois ce dont elle a besoin pour entamer avec énergie et confiance la prochaine décennie.

Durant cette même période, les cas de perturbations politiques et de bouleversements économiques qui se sont accumulés sur divers continents ont ébranlé gouvernements et populations. Des sociétés ont été amenées au bord de la révolution et, dans quelques cas marquants, la révolution a effectivement eu lieu. Les dirigeants constatent que ni les armes ni la richesse ne garantissent la sécurité. Là où les aspirations de la population sont demeurées insatisfaites, l’indignation s’est accrue. Nous nous rappelons les admonestations claires et directes de Bahá’u’lláh aux dirigeants du monde : « Vos peuples sont votre trésor. Prenez garde de ne pas violer par vos décrets les commandements de Dieu et de ne pas livrer vos états aux mains des voleurs. » Une mise en garde s’impose : aussi fascinant que soit le spectacle de la ferveur des peuples pour le changement, il ne faut pas oublier que des intérêts manipulent la marche des événements. Et tant que le remède prescrit par le Médecin divin ne sera pas administré, les afflictions du temps présent persisteront et s’aggraveront. Quiconque observe attentivement l’époque actuelle reconnaîtra aisément la désintégration accélérée, sporadique mais inexorable, d’un monde lamentablement déficient.

Pourtant, la contrepartie est aussi perceptible, ce processus constructeur que le Gardien associait à « la foi naissante de Bahá’u’lláh » et décrivait comme « le signe avant-coureur du nouvel ordre mondial que cette Foi doit établir sous peu ». Ses répercussions peuvent être observées dans l’effusion de sentiment, surtout chez les jeunes, qui naît du désir de contribuer à l’évolution sociétale. Le fait que ce désir, qui jaillit irrésistiblement de l’esprit humain dans tous les pays, puisse s’exprimer avec une telle éloquence dans le travail que la communauté bahá’íe accomplit pour développer la capacité des diverses populations du monde à agir efficacement, est une bénédiction accordée aux disciples de la Beauté antique. Quel autre privilège peut rivaliser avec celui-ci?

Pour mieux comprendre ce travail, que chaque croyant se tourne vers ‘Abdu’l-Bahá, dont le centenaire des « voyages d’importance historique » en Égypte et en Occident est commémoré en ce moment. Il a inlassablement exposé les enseignements dans tous les espaces sociaux : chez des particuliers et dans des missions, dans des églises et des synagogues, des parcs et des places publiques, à bord de voitures de chemin de fer et de paquebots, dans des clubs et des associations, des écoles et des universités. Catégorique dans la défense de la vérité, mais d’une douceur infinie, il a appliqué les principes divins universels aux exigences de l’époque. À tous sans distinction – dignitaires, scientifiques, travailleurs, enfants, parents, exilés, activistes, ecclésiastiques, sceptiques –, il a offert amour, sagesse, réconfort, répondant aux besoins de chacun. Tout en élevant leur âme, il a contesté leurs hypothèses, réorienté leur manière de voir, élargi leur conscience et canalisé leurs énergies. Il a fait preuve, dans ses paroles et ses actes, de tant de compassion et de générosité que les cœurs en ont été totalement transformés. Nul n’a été rejeté. Nous espérons vivement qu’à l’occasion de ce centenaire, le rappel constant des réalisations incomparables du Maître inspirera et réconfortera ses admirateurs sincères. Ayez constamment son exemple devant les yeux, et ne le perdez pas de vue ; qu’il vous guide naturellement dans la poursuite de l’objectif du Plan.

Au début du premier plan mondial de la communauté bahá’íe, Shoghi Effendi a décrit, dans un langage convaincant, les étapes successives qui avaient permis à la lumière divine d’être allumée dans le Síyáh-Chál, d’être parée de la lampe de la révélation à Baghdád, d’atteindre des pays d’Asie et d’Afrique tout en brillant d’un éclat plus vif d’abord à Andrinople et plus tard à ‘Akká, d’être projetée au-delà des mers vers les autres continents, étapes qui allaient lui permettre de se répandre progressivement dans les États et territoires du monde. Il a décrit la dernière étape de ce processus comme étant l’« apparition de la lumière […] dans tous les territoires restants du globe », y faisant référence comme à « l’étape où la lumière de la foi triomphante de Dieu brillant de toute sa puissance et de toute sa gloire aura inondé et enveloppé la terre entière ». Bien qu’il reste beaucoup à faire pour atteindre cet objectif, la lumière resplendit déjà dans bien des régions. Dans certains pays, elle brille dans tous les groupements. Dans le pays où elle a d’abord été allumée, cette inextinguible lumière étincelle de mille feux en dépit de ceux qui voudraient l’étouffer. Dans diverses nations, elle parvient à briller d’un éclat soutenu dans des quartiers et des villages entiers, alors que la main de la Providence y allume, dans tous les cœurs l’un après l’autre, une flamme brillante ; elle éclaire les conversations sérieuses à tous les niveaux d’interaction humaine ; elle jette ses rayons sur une myriade d’actions destinées à promouvoir le bien-être d’un peuple. Et dans chaque cas, elle rayonne d’un croyant fidèle, d’une communauté vibrante, d’une assemblée spirituelle aimante, chacun tel un phare dans les ténèbres.

Nous prions avec ferveur au seuil sacré pour que chacun de vous, qui portez cette flamme éternelle, puisse, alors qu’il propage l’étincelle de la foi, être enveloppé des puissantes confirmations de Bahá’u’lláh.

s En milieu d’après-midi du onzième jour du festival du Riḍván, il y a cent ans, ‘Abdu’l-Bahá, se tenant debout devant une assistance de plusieurs centaines de personnes, leva une pioche et l’enfonça dans la pelouse recouvrant le terrain du temple à Grosse Pointe, au nord de Chicago. Ceux qui étaient invités à donner le premier coup de pioche avec lui en ce jour de printemps étaient d’origines diverses – norvégienne, indienne, française, japonaise, persane et amérindienne, pour n’en nommer que quelques-unes. C’était comme si la maison d’adoration, bien que n’étant pas encore bâtie, exauçait déjà le souhait exprimé par le Maître à la veille de la cérémonie, que dans chaque édifice semblable « l’humanité puisse trouver un lieu de réunion » et que « de ses cours ouvertes de sainteté » puisse se propager la proclamation de l’unité de l’humanité. Son auditoire en cette occasion, et tous ceux qui l’ont entendu au cours de ses voyages en Égypte et en Occident, n’ont dû que vaguement comprendre les implications d’une grande portée de ses paroles pour la société, pour les valeurs et les préoccupations de celle-ci. Aujourd’hui encore, qui pourrait affirmer avoir saisi plus qu’un indice, vague et lointain, de la société future que la révélation de Bahá’u’lláh est destinée à engendrer ? Que personne ne présume que la civilisation vers laquelle les enseignements divins font avancer la race humaine sera simplement la conséquence de quelques ajustements à l’ordre présent. Loin de là. Lors d’une causerie donnée quelques jours après avoir posé la première pierre du temple mère de l’Occident, ‘Abdu’l-Bahá déclara que « l’adaptation du monde de l’humanité à une nouvelle forme sociale sera parmi les effets de la manifestation des forces spirituelles», que « la justice de Dieu sera manifeste dans toutes les affaires de l’humanité. » Ces paroles, et d’innombrables autres déclarations du Maître sur lesquelles la communauté bahá’íe se penche maintes et maintes fois en cette période de centenaire, font prendre conscience de la distance qui sépare la société telle qu’elle est organisée aujourd’hui de la prodigieuse vision que son père a offerte au monde.

Hélas, en dépit des efforts louables de personnes bien intentionnées qui, en chaque contrée, travaillent à améliorer les conditions de la société, les obstacles qui empêchent la réalisation d’une telle vision semblent pour beaucoup insurmontables. Leurs espoirs se brisent sur les suppositions erronées concernant la nature humaine qui imprègnent tellement les structures et les traditions d’une grande partie de la vie actuelle qu’elles en acquièrent le statut de fait établi. Ces suppositions semblent ne pas tenir compte de l’extraordinaire réservoir de potentiel spirituel à la disposition de toute âme éclairée qui y a recourt ; au contraire, elles se justifient en alléguant les échecs de l’humanité, dont les exemples au quotidien renforcent un sentiment commun de désespoir. Un voile stratifié de fausses prémisses obscurcit ainsi une vérité fondamentale : l’état du monde reflète une distorsion de l’esprit humain, non sa nature intrinsèque. Le but de chaque manifestation de Dieu est de générer une transformation à la fois de la vie intérieure et des conditions extérieures de l’humanité. Et cette transformation a lieu naturellement au fur et à mesure qu’un ensemble croissant de personnes, unies par les préceptes divins, cherchent collectivement à développer des capacités spirituelles afin de contribuer à un processus de changement sociétal. Semblables au sol dur que le Maître frappa de sa pioche il y a un siècle, les théories dominantes de cet âge peuvent, au premier abord, paraître insensibles au changement, mais elles vont indubitablement s’estomper, et à travers les « ondées printanières de la générosité divine », « les fleurs de la véritable compréhension » surgiront, belles et fraîches.

Nous rendons grâce à Dieu que, par la puissance de sa Parole, vous – la communauté de son Plus-Grand-Nom – êtes en train de cultiver des environnements au sein desquels la véritable compréhension peut éclore. Même ceux qui endurent la prison pour la Foi permettent, par leurs sacrifices et leur fermeté indicibles, aux « hyacinthes de la connaissance et de la sagesse » de fleurir dans les cœurs compatissants. Dans le monde entier, des âmes avides sont engagées dans le travail de construction d’un nouveau monde par la mise en œuvre systématique des dispositions du plan de cinq ans. Ses caractéristiques ont été si bien comprises que nous ne voyons pas le besoin de les commenter davantage ici. Nous offrons nos supplications au seuil de la Très-Généreuse Providence pour que l’aide de l’Assemblée suprême soit octroyée à chacun d’entre vous dans votre contribution au progrès du Plan. Nous chérissons le désir ardent, avivé par l’observation de vos efforts dévoués au cours de l’année écoulée, que vous intensifiiez la solide mise en pratique de la connaissance que vous acquérez par l’expérience. Ce n’est pas maintenant le moment d’hésiter ; trop nombreux sont ceux qui demeurent ignorants de l’aube nouvelle. Qui d’autre que vous peut transmettre le message divin ? « Par Dieu », affirme Bahá’u’lláh en faisant référence à la Cause, « voici l’arène du discernement et du détachement, de la perspicacité et de l’élévation, où nul ne peut éperonner son destrier, sauf les vaillants chevaliers du Miséricordieux qui ont coupé tout attachement au monde de l’existence. »

Observer le monde bahá’í au travail c’est contempler un panorama assurément radieux et plein de promesses. Dans la vie du croyant qui désire, par-dessus tout, inviter les autres à entrer en communion avec le Créateur et rendre service à l’humanité, on peut apercevoir les signes de la transformation spirituelle voulue pour chaque âme par le Seigneur de l’âge. Dans l’esprit qui anime les activités de chaque communauté bahá’íe qui se consacre à développer les capacités de ses membres, jeunes et moins jeunes, ainsi que de ses amis et de ses collaborateurs, pour servir le bien commun, on peut percevoir une indication de la façon dont une société fondée sur les enseignements divins pourrait se développer. Et dans les groupements avancés où les activités régies par le cadre du Plan abondent et où l’exigence d’assurer la cohérence parmi les lignes d’action est plus pressante, les structures administratives en évolution offrent une ébauche, bien que vague, de la façon dont les institutions de la Foi vont progressivement prendre en charge un éventail croissant de leurs responsabilités de promouvoir le bien-être et le progrès de l’humanité. Par conséquent, le développement de l’individu, de la communauté et des institutions porte clairement en lui une promesse immense. Mais surtout, nous notons avec une joie particulière à quel point les relations qui unissent ces trois éléments sont marquées par une tendre affection et un soutien mutuel.

En revanche, les relations entre les trois acteurs analogues dans le monde en général – le citoyen, le corps politique, et les institutions de la société – reflètent les discordes qui caractérisent la turbulente étape de transition que traverse l’humanité. Réticents à agir comme parties interdépendantes d’un tout organique, ils sont prisonniers d’une lutte pour le pouvoir qui s’avère finalement vaine. Combien différente est la société que ‘Abdu’l-Bahá dépeint dans ses innombrables tablettes et causeries, société où les interactions quotidiennes, de même que les relations entre États, sont façonnées par la conscience de l’unité de l’humanité. Des relations imprégnées de cette conscience sont cultivées par les bahá’ís et leurs amis dans des villages et des quartiers partout dans le monde ; de celles-ci, on peut percevoir les parfums purs de la réciprocité et de la coopération, de la concorde et de l’amour. Au sein de ces milieux sans prétention émerge une alternative visible aux dissensions habituelles de la société. Il devient ainsi évident que la personne qui souhaite pratiquer de manière responsable la libre expression participe de façon réfléchie à des consultations consacrées au bien commun et rejette fermement la tentation d’insister sur ses opinions personnelles ; qu’une institution bahá’íe, consciente de la nécessité d’une action coordonnée canalisée vers des objectifs fructueux, aspire non à contrôler, mais à soutenir et à encourager ; que la communauté qui assume son propre développement prend conscience de l’atout inestimable que représente l’unité permise par l’engagement sans réserve dans les plans conçus par les institutions. Sous l’influence de la révélation de Bahá’u’lláh, les relations entre ces trois acteurs se trouvent dotées d’une chaleur nouvelle, d’une vie nouvelle ; ensemble, ils constituent une matrice au sein de laquelle mûrit peu à peu une civilisation spirituelle mondiale, portant l’empreinte de l’inspiration divine.

La lumière de la Révélation est destinée à illuminer toutes les sphères d’activité ; dans chacune, les relations qui sous-tendent la société doivent être reconstruites ; dans chacune, le monde cherche des exemples de la façon dont les êtres humains devraient être les uns envers les autres. Nous vous invitons à examiner la vie économique de l’humanité, étant donné son rôle manifeste à susciter l’agitation dans laquelle tant de personnes se sont vues récemment entrainées, vie où l’injustice est tolérée avec indifférence et où les gains disproportionnés sont considérés comme des emblèmes de succès. De telles attitudes pernicieuses sont si profondément enracinées qu’il est difficile d’imaginer comment une personne à elle seule pourrait modifier les normes actuelles qui régissent les relations dans ce domaine. Cependant, il y a certainement des pratiques qu’un bahá’í évitera, telles la malhonnêteté dans les transactions ou l’exploitation économique des autres. Une adhésion fidèle aux admonitions divines exige qu’il n’y ait pas de contradiction entre notre comportement économique et nos croyances en tant que bahá’í. En appliquant à sa vie les principes de la Foi relatifs à la justice et à l’équité, une seule âme peut se conformer à une norme bien plus élevée que le seuil minime auquel le monde se mesure. L’humanité est lasse de manquer d’un modèle de vie auquel aspirer ; nous nous tournons vers vous pour promouvoir des communautés dont la conduite donnera l’espoir au monde.

Dans notre message du Riḍván 2001, nous indiquions que dans les pays où le processus d’entrée en troupes serait suffisamment avancé et où les conditions des communautés nationales seraient favorables, nous approuverions l’établissement au niveau national de maisons d’adoration, dont l’émergence serait un trait distinctif de la cinquième époque de l’Âge de formation de la Foi. Avec une joie extrême, nous annonçons maintenant que des Mashriqu’l- Adhkárs nationaux vont être érigés dans deux pays : la République démocratique du Congo et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Dans ces pays, les critères que nous avons établis sont manifestement remplis, et la réponse de leurs peuples aux possibilités créées par la série actuelle de Plans est absolument remarquable. Avec le dernier des temples continentaux en cours de construction à Santiago, le lancement de projets pour construire des maisons d’adoration nationales offre encore une autre preuve gratifiante de la pénétration de la foi de Dieu dans le terreau de la société.

Un pas supplémentaire est possible. Le Mashriqu’l-Adhkár, décrit par ‘Abdu’l-Bahá comme « l’une des institutions les plus vitales du monde », allie deux aspects essentiels, inséparables de la vie bahá’íe : l’adoration et le service. L’union de ces deux éléments se reflète aussi dans la cohérence qui existe parmi les aspects de développement communautaire du Plan, notamment l’essor d’un esprit de dévotion qui trouve son expression dans des rencontres pour prier, et d’un processus éducatif qui développe la capacité de servir l’humanité. La corrélation entre l’adoration et le service est particulièrement marquée dans les groupements de par le monde où les communautés bahá’íes ont grandi de façon significative en taille et en vitalité, et où l’engagement dans l’action sociale est évident. Certains d’entre eux ont été désignés comme sites pour la diffusion de l’apprentissage afin de soutenir les capacités des amis à faire avancer le programme de pré-jeunes dans les régions qui leur sont associées. La capacité à soutenir ce programme, comme nous l’avons récemment indiqué, alimente aussi le développement de cercles d’études et de classes d’enfants. Ainsi, au-delà de son objectif principal, le site d’apprentissage renforce l’ensemble du schéma d’expansion et de consolidation. C’est dans ces groupements que, dans les années à venir, l’émergence de Mashriqu’l-Adhkárs locaux pourra être envisagée. Nos cœurs débordants de gratitude pour la Beauté ancienne, nous nous réjouissons de vous informer que nous commençons des consultations avec les Assemblées spirituelles nationales respectives concernant l’érection de la première maison d’adoration locale dans chacun des groupements suivants : Battambang (Cambodge), Bihar Sharif (Inde), Matunda Soy (Kenya), Norte del Cauca (Colombie) et Tanna (Vanuatu).

Afin d’aider à la construction des deux Mashriqu’l-Adhkárs nationaux et des cinq locaux, nous avons décidé d’établir au Centre mondial bahá’í un fonds pour les temples au profit de tous les projets de ce genre. Les amis partout dans le monde sont invités à y contribuer dans un esprit de sacrifice, selon leurs moyens.

Chers collègues bien-aimés : le premier coup de pioche donné par la main de ‘Abdu’l- Bahá il y a cent ans va être donné à nouveau dans sept autres pays, ceci n’étant que le prélude du jour où au sein de chaque ville et village, en obéissance à l’injonction de Bahá’u’lláh, un édifice sera érigé pour l’adoration du Seigneur. À partir de ces Points de l’aube du souvenir de Dieu brilleront les rayons de sa lumière et retentiront les hymnes à sa louange.

« Le livre de Dieu est grand ouvert, et sa parole appelle à lui tous les hommes. » C’est en ces mots exaltants que la Plume suprême décrit l’avènement du jour de l’union et du rassemblement. Bahá’u’lláh poursuit : « Ô amis de Dieu, tendez l’oreille à la voix de celui que le monde a si injustement traité, et attachez-vous fermement à tout ce qui peut exalter sa cause. » Puis il exhorte ainsi ses disciples : « Consultez-vous les uns les autres dans un esprit d’extrême amitié et de parfaite fraternité et consacrez les jours précieux de votre vie à l’amélioration du sort du monde et à l’avènement de la cause de celui qui est l’ancien et souverain Seigneur de tous. »

Chers collègues bien-aimés ! Cette déclaration vibrante nous vient spontanément à l’esprit quand nous voyons vos efforts dévoués dans le monde entier en réponse à l’appel de Bahá’u’lláh. Partout, on assiste à la formidable réponse à ses injonctions. Pour ceux qui prennent le temps de réfléchir au déroulement du Plan divin, il n’est plus possible d’ignorer quel ascendant le pouvoir de la parole de Dieu exerce sur les cœurs de femmes et d’hommes, d’enfants et de jeunes, d’un pays à l’autre, d’un groupement à l’autre.

Une communauté mondiale affine son aptitude à lire sa réalité immédiate, à analyser les possibilités qui s’offrent à elle et à mettre judicieusement en pratique les méthodes et les instruments du Plan de cinq ans. Comme prévu, l’expérience s’accumule plus rapidement dans les groupements où les frontières de l’apprentissage sont consciemment repoussées. Dans ces endroits, les moyens pour permettre à un nombre croissant de personnes de renforcer leur capacité à servir sont bien compris. Un institut de formation dynamique sert de point d’appui aux efforts de la communauté pour faire progresser le Plan et, dès que possible, les talents et les aptitudes développés en participant aux cours de l’institut sont déployés sur le terrain. Certaines personnes, grâce à leurs interactions sociales quotidiennes, rencontrent des âmes prêtes à explorer des questions spirituelles dans des cadres divers ; d’autres sont en mesure de répondre à la réceptivité que l’on constate dans un village ou un quartier, peut-être en s’y installant.

De plus en plus de gens se lèvent pour assumer leur part de responsabilité, grossissant les rangs de ceux qui servent comme tuteurs, animateurs et enseignants auprès des enfants, de ceux qui gèrent et coordonnent ou qui s’emploient autrement à soutenir le travail. L’engagement des amis à apprendre se manifeste dans la constance de leurs entreprises personnelles et dans une volonté d’accompagner d’autres personnes dans leurs actions. De plus, ils sont capables de ne jamais perdre de vue deux perspectives complémentaires du modèle d’action qui se développe dans le groupement : celle des cycles d’activité de trois mois – le mouvement rythmique du programme de croissance – et celle des étapes distinctes d’un processus d’éducation pour les enfants, pour les pré-jeunes, ainsi que pour les jeunes et les adultes. Tout en comprenant clairement le lien qui unit ces trois étapes, les amis ont conscience que chacune possède une dynamique, des exigences et un mérite inhérent qui lui sont propres. Avant tout, ils sont conscients de l’action de forces spirituelles puissantes dont on peut percevoir les effets, tant dans les données quantitatives qui reflètent le progrès de la communauté que dans les très nombreux récits qui relatent ses accomplissements. Ce qui est surtout prometteur, c’est qu’un si grand nombre des caractéristiques distinctes et essentielles des groupements les plus avancés se manifestent aussi dans des communautés qui en sont à un stade beaucoup plus précoce de leur développement.

À mesure que les amis ont acquis de l’expérience, leur capacité à cultiver au sein d’un groupement un modèle de vie riche et complexe, accueillant des centaines et même des milliers de personnes, a augmenté. Que nous sommes heureux de constater les nombreux enseignements que les croyants tirent de leurs efforts. Ils comprennent, par exemple, que l’exécution graduelle du Plan à l’échelon du groupement est un processus dynamique, nécessairement complexe, qui ne se prête pas à une simplification facile. Ils voient comment le Plan avance à mesure qu’ils améliorent leur aptitude à mobiliser des ressources humaines ainsi qu’à bien coordonner et organiser le travail de ceux qui s’engagent dans l’action. Les amis se rendent compte qu’à mesure que ces capacités se renforcent, il devient possible d’intégrer une gamme plus vaste d’initiatives. De la même manière, ils en sont venus à reconnaître que, quand un nouvel élément est introduit, il requiert une attention particulière pendant quelque temps, sans que cela ne diminue en rien la valeur d’autres aspects de leurs efforts de construction communautaire.

Car ils comprennent que pour faire de l’apprentissage leur mode d’opération, ils doivent avoir conscience du potentiel que présente tout instrument du Plan qui s’avère particulièrement adapté à un certain stade et, lorsque nécessaire, ils doivent consacrer plus d’énergie à son développement ; toutefois, cela ne veut pas forcément dire que tous doivent se focaliser sur le même aspect du Plan. Les amis ont aussi appris qu’il n’est pas nécessaire que la phase d’expansion de chaque cycle d’un programme de croissance se concentre sur le même objectif. Dans un cycle donné, par exemple, la situation peut exiger qu’on s’occupe surtout d’inviter des âmes à embrasser la Foi au moyen d’efforts intensifs d’enseignement, entrepris individuellement ou collectivement ; dans un autre cycle, la priorité pourrait être la multiplication d’une activité de base spécifique.

De plus, les amis sont conscients que le travail de la Cause avance à des vitesses variées dans des endroits différents, et ce, pour de bonnes raisons – il s’agit après tout d’un phénomène organique –, et tous les exemples de progrès qu’ils observent les réjouissent et les encouragent. Ils reconnaissent en effet l’avantage qui résulte de la contribution de chacun au progrès de l’ensemble et, par conséquent, les services rendus par chacun suivant les possibilités qu’offre sa situation sont appréciés de tous. Les rencontres de réflexion sont de plus en plus perçues comme des occasions où l’ensemble des efforts de la communauté constitue le sujet de délibérations sérieuses et inspirantes. Les participants découvrent ce qui a été accompli dans l’ensemble, comprennent leur propre travail sous cet angle, et approfondissent leur connaissance du processus de croissance en s’imprégnant des conseils des institutions et en s’inspirant de l’expérience des autres croyants. De telles expériences sont échangées dans de nombreux autres espaces qui sont en train de voir le jour pour permettre aux amis intensément engagés dans des entreprises spécifiques de consulter, qu’ils suivent une ligne d’action commune ou qu’ils servent dans une partie spécifique du groupement. Tous ces enseignements font partie d’une reconnaissance plus générale que le progrès s’accomplit plus facilement dans un environnement imprégné d’amour – un environnement où l’on ignore avec indulgence les imperfections, où l’on surmonte les obstacles avec patience et où l’on accueille avec enthousiasme les approches qui ont été éprouvées. Et c’est ainsi que, grâce aux directives avisées des institutions et des agences de la Foi fonctionnant à tous les échelons, les efforts des amis, si modestes soient-ils individuellement, s’unissent en un effort collectif pour garantir que la réceptivité à l’appel de la Beauté bénie soit rapidement identifiée et efficacement cultivée. Un groupement dans cette situation en est clairement un où les relations entre le croyant, les institutions et la communauté – les trois protagonistes du Plan – évoluent adéquatement.

Dans ce paysage d’activité florissante, une perspective mérite une mention particulière. Dans le message que nous vous avons adressé il y a trois ans, nous exprimions l’espoir que dans les groupements où un programme intensif de croissance est en cours d’exécution, les amis s’efforcent d’en apprendre davantage sur les façons de construire une communauté en développant des centres d’activité intense dans des quartiers et des villages. Nos attentes ont été dépassées, car même dans les groupements où le programme de croissance n’a pas encore atteint une telle intensité, les efforts de quelques-uns pour mettre en place des activités de base parmi les habitants de zones de plus petite taille ont démontré à de multiples reprises leur efficacité. Essentiellement, cette approche est centrée sur la réponse aux enseignements de Bahá’u’lláh de la part de populations qui sont prêtes pour la transformation spirituelle que sa révélation encourage. Grâce à leur participation au processus éducatif promu par l’institut de formation, elles sont incitées à rejeter la torpeur et l’indifférence que leur inculquent les forces de la société et à rechercher plutôt des modèles d’action qui se révèlent capables de changer leur vie. Dans les quartiers ou les villages où cette approche progresse depuis quelques années et où les amis restent concentrés sur leur objectif, des résultats remarquables apparaissent d’une manière graduelle mais indéniable. Les jeunes sont habilités à assumer la responsabilité du développement des plus jeunes autour d’eux. Les générations plus âgées apprécient la contribution des jeunes à des discussions constructives sur les affaires de l’ensemble de la communauté. Pour les jeunes comme pour les moins jeunes, la discipline que cultive le processus éducatif de la communauté développe la capacité de consulter, et de nouveaux espaces propices à des conversations réfléchies sont créés. Néanmoins, le changement ne se limite pas simplement aux bahá’ís et à ceux qui participent aux activités de base que demande le Plan, desquels on pourrait raisonnablement attendre à ce qu’ils adoptent peu à peu de nouvelles façons de penser. L’esprit même du lieu est influencé. Une attitude de prière apparaît chez une grande partie de la population. Les manifestations de l’égalité de l’homme et de la femme deviennent plus marquées. L’éducation des enfants, garçons et filles, retient davantage l’attention. La nature des relations familiales – modelées par des prémisses séculaires – se transforme de façon perceptible. Un sentiment du devoir envers sa communauté et son environnement physique immédiats se généralise. Même le fléau des préjugés, qui a jeté son ombre sinistre sur toutes les sociétés, commence à céder la place à la force impérieuse de l’unité. En bref, le travail de construction communautaire dans lequel les amis sont engagés influence des aspects de la culture.

Alors qu’au cours de la dernière année, l’expansion et la consolidation ont progressé sans interruption, d’autres domaines importants d’activité ont aussi avancé, souvent en étroit parallèle. Les progrès observés sur le plan de la culture dans certains villages et quartiers, qui sont en grande partie dus aux acquis engendrés par la participation bahá’íe à l’action sociale, en sont un excellent exemple. Notre Bureau du développement social et économique a récemment préparé un document qui condense trente années d’expérience accumulée sur le terrain dans ce domaine depuis son établissement au Centre mondial bahá’í. On y fait notamment observer que l’institut de formation fournit une impulsion vitale aux efforts pour s’engager dans l’action sociale. Cela ne se fait pas uniquement grâce à l’augmentation des ressources humaines qu’il favorise. Les perceptions, qualités et aptitudes spirituelles profondes que cultive le processus de l’institut se sont révélées tout aussi essentielles pour prendre part à l’action sociale qu’elles le sont pour contribuer au processus de croissance. Plus loin dans le document, on explique comment les sphères d’activité distinctes de la communauté bahá’íe sont régies par un cadre conceptuel commun et évolutif, composé d’éléments qui se renforcent mutuellement bien qu’ils s’expriment de diverses façons dans des champs d’action différents. Le document que nous venons de décrire a récemment été communiqué aux assemblées spirituelles nationales. Nous les invitons à examiner, en consultation avec les conseillers, comment les concepts qu’il explore peuvent contribuer à intensifier les efforts actuels dans le domaine de l’action sociale menés sous leurs auspices et à sensibiliser davantage à cette dimension importante de l’activité bahá’íe. Il ne faut pas voir là un appel général à une action d’envergure dans ce domaine – l’action sociale émerge naturellement à mesure qu’une communauté en expansion se renforce –, mais il apparaît opportun que les amis réfléchissent plus en profondeur à la portée de leurs efforts en vue de transformer la société. Le vaste mouvement d’apprentissage qu’on observe dans ce domaine impose des exigences accrues au Bureau du développement social et économique, et des mesures sont prises pour garantir que son fonctionnement évolue en proportion.

Une caractéristique particulièrement remarquable des douze derniers mois est la fréquence avec laquelle la communauté bahá’íe a été associée, dans les contextes les plus divers, aux efforts en vue d’améliorer la société en collaboration avec des gens qui sont animés par des préoccupations semblables. De la sphère internationale à la vie à l’échelon du village, les leaders d’opinion dans toutes sortes de milieux se sont dits conscients non seulement du fait que les bahá’ís ont à cœur le bien-être de l’humanité, mais aussi qu’ils possèdent une notion pertinente de ce qui doit être fait et des moyens efficaces pour réaliser leurs aspirations. Ces témoignages d’appréciation et de soutien sont aussi venus d’endroits auxquels on ne se serait pas attendu auparavant. En effet, même dans le berceau de la Foi, en dépit des obstacles redoutables que l’oppresseur place devant eux, les bahá’ís sont de plus en plus reconnus pour la portée profonde de leur message sur l’état de leur nation et respectés pour leur détermination inflexible à contribuer au progrès de leur patrie.

Les souffrances endurées par les fidèles en Iran, surtout au cours des décennies qui se sont écoulées depuis le début de la plus récente vague de persécutions, ont poussé leurs frères et sœurs dans d’autres pays à les défendre. Parmi les ressources inestimables que la communauté bahá’íe mondiale a acquises grâce à cette endurance, nous en mentionnons une dans ce contexte : un réseau impressionnant d’organes spécialisés à l’échelon national qui se sont révélés aptes à développer de façon systématique des relations avec les gouvernements et les organisations de la société civile. Parallèlement, les processus des plans successifs ont affiné la capacité de la communauté à prendre part aux discours prévalents où qu’ils se déroulent, des conversations privées aux tribunes internationales. À la base, la participation à ce genre d’initiative se développe naturellement grâce à la même approche organique qui caractérise la croissance constante de l’engagement des amis dans l’action sociale, et il n’est pas nécessaire de fournir des efforts particuliers pour l’encourager. À l’échelon national, cependant, elle devient plus souvent le centre d’intérêt de ces mêmes organes dévoués déjà en fonction dans des dizaines de communautés nationales, et elle fonctionne selon le modèle familier et efficace d’action, réflexion, consultation et étude. Pour accroître ces efforts, pour faciliter l’apprentissage dans ce domaine et afin de garantir la cohérence de chaque nouvelle étape avec les autres activités de la communauté bahá’íe, nous avons récemment établi le Bureau du discours public au Centre mondial bahá’í. Nous ferons appel à lui pour aider les assemblées spirituelles nationales dans ce domaine en soutenant et coordonnant progressivement les activités, et en systématisant l’expérience.

Des progrès encourageants se produisent aussi dans d’autres domaines. À Santiago, au Chili, là où le temple mère d’Amérique du Sud est en construction, les travaux avancent rapidement. Le bétonnage des fondations, du sous-sol et du tunnel de service est terminé, ainsi que les colonnes qui supporteront la superstructure. L’impatience associée à ce projet va grandissant, et un sentiment semblable s’éveille dans les sept pays où sera érigé un Mashriqu’l- Adhkár local ou national. Dans chacun de ces pays, les préparatifs sont en cours et les contributions des croyants au fonds des temples ont commencé à être utilisées ; cependant, les considérations pratiques, comme l’emplacement, la conception et les ressources, ne constituent qu’un des aspects du travail entamé par les amis. Fondamentalement, leur entreprise est une entreprise spirituelle, à laquelle participe l’ensemble de la communauté. Le Maître a dit du Mashriqu’l-Adhkár qu’il était « un aimant pour les confirmations divines », « les puissantes fondations du Seigneur » et « le solide pilier de la foi de Dieu ». Partout où il est établi, il fera naturellement partie intégrante du processus de construction communautaire qui l’entoure. Déjà, dans les lieux où une maison d’adoration doit apparaître, la base de la communauté est de plus en plus consciente de cette réalité et reconnaît que sa vie collective doit refléter toujours davantage cette alliance de l’adoration et du service qu’incarne le Mashriqu’l-Adhkár.



On voit donc la communauté bahá’íe continuer à progresser, sur chaque front, gagnant en compréhension, impatiente de tirer des enseignements de l’expérience, prête à assumer de nouvelles tâches quand les ressources le permettent, répondant avec souplesse aux nouvelles exigences, consciente de la nécessité de garantir la cohérence entre les divers domaines d’activité dans lesquels elle est engagée, entièrement dévouée à l’accomplissement de sa mission. Son enthousiasme et son dévouement se manifestent dans l’élan remarquable qu’a suscité, il y a deux mois environ, notre message annonçant la convocation de 95 conférences jeunes. Nous sommes autant réjouit par la réaction des jeunes eux-mêmes que par les manifestations de soutien de la part des autres croyants, qui comprennent que les plus jeunes disciples de Bahá’u’lláh constituent un stimulant essentiel pour l’ensemble de la Cause.

Nous sommes remplis d’espoir devant les preuves que nous voyons s’accumuler de la propagation du message de Bahá’u’lláh, de la portée de son influence et de la prise de conscience accrue des idéaux qu’il enchâsse. En cette saison d’anniversaires, nous évoquons ce « Jour de suprême félicité » où, un siècle et demi avant ce Ridván-ci, la Beauté d’Abhá proclama pour la première fois sa mission à ses compagnons dans le jardin de Najíbíyyih. De ce lieu sanctifié, la parole de Dieu a atteint toutes les villes et tous les rivages, convoquant l’humanité à une rencontre avec son Seigneur. De ce cortège initial de croyants ivres d’amour pour Dieu, une communauté diverse poursuivant un objectif a fleuri, ces fleurs panachées dans le jardin qu’il a cultivé. De jour en jour, un nombre croissant d’âmes nouvellement éveillées se tournent suppliantes vers son mausolée, là où, en l’honneur de ce Jour béni et en reconnaissance de chaque bienfait accordé à la communauté du Plus-Grand-Nom, nous courbons la tête en prière au Seuil sacré.

Trois années entières se sont écoulées depuis le début de la présente période du déroulement du Plan divin, une entreprise qui unit les disciples de Bahá’u’lláh dans un effort spirituel commun. Deux ans à peine séparent les amis de Dieu de son échéance. Les deux mouvements essentiels qui continuent de faire avancer le processus de croissance, soit le flot continu de participants qui parcourent la série des cours de l’institut et le mouvement des groupements dans un continuum de développement, ont tous deux été infiniment renforcés par le flot d’énergie libéré lors des conférences des jeunes qui ont eu lieu l’an dernier. La capacité accrue qu’a désormais le monde bahá’í à mobiliser des nombres importants de jeunes dans le domaine du service peut maintenant porter davantage ses fruits. Car, dans le temps qu’il reste, les tâches essentielles de renforcer les programmes de croissance existants et d’en démarrer de nouveaux réclament une attention immédiate. D’ici la fin de cette période, la communauté du Plus-Grand-Nom est en passe d’ajouter, aux groupements où de tels programmes existent déjà, les 2 000 qui restent pour atteindre l’objectif.

Combien nous sommes heureux de voir que ce travail s’effectue énergiquement aux quatre coins du monde, et dans une diversité de situations et de milieux, au sein de groupements dont le nombre atteint déjà quelque trois mille. De nombreux groupements ont atteint un stade où l’élan est généré grâce à la mise en œuvre de quelques lignes d’action simples. Dans d’autres groupements, après une succession de cycles d’activité, le nombre de personnes qui font preuve d’initiative dans le cadre du Plan a progressé et le degré d’activité, augmenté; comme la qualité du processus d’éducation spirituelle s’améliore grâce à l’expérience, les âmes sont plus facilement désireuses d’y participer. De temps à autre, il se peut que l’activité ralentisse ou qu’un obstacle se dresse sur le chemin ; une consultation approfondie sur les raisons de l’impasse, combinée à la patience, au courage et à la persévérance, permet au processus de retrouver son élan. Dans un nombre grandissant de groupements, le programme de croissance gagne en envergure et en complexité, proportionnellement à l’augmentation de la capacité des trois protagonistes – l’individu, la communauté, et les institutions de la Foi – à créer un environnement de soutien mutuel. Et nous sommes ravis qu’il y ait, comme prévu, un nombre croissant de groupements où au moins une centaine de personnes facilitent maintenant l’implication d’au moins un millier d’autres dans l’élaboration d’un mode de vie spirituel, dynamique et transformateur. Ce qui sous-tend ce processus, depuis le tout début, est évidemment un mouvement collectif vers la vision de la prospérité matérielle et spirituelle qu’a exposée Celui qui donne la vie au monde. Mais quand de si grands nombres sont concernés, le mouvement d’une population entière devient perceptible.

Ce mouvement se remarque particulièrement dans les groupements où un Mashriqu’l- Adhkár local doit être établi. On trouve un tel groupement au Vanuatu. Les amis qui vivent sur l’île de Tanna ont consenti un effort suprême pour sensibiliser la population à la Maison d’adoration prévue, et ils ont déjà engagé, de diverses façons, une conversation de plus en plus vaste sur ce thème avec pas moins du tiers des 30 000 habitants de l’île. La capacité à entretenir une conversation élevée entre tant de gens s’est raffinée grâce à des années d’expérience passées à faire connaître les enseignements de Bahá’u’lláh et à élargir la portée d’un institut de formation dynamique. Sur l’île, les groupes de préjeunes se développent particulièrement bien, forts de l’appui de chefs de village qui constatent le renforcement de l’autonomie spirituelle des participants. Encouragés par l’unité et le dévouement qui existent entre eux, ces jeunes ont non seulement secoué leur apathie mais, grâce à divers projets concrets, ils ont aussi trouvé des façons de travailler à l’amélioration de leur communauté, ce qui a eu pour résultat de motiver à l’action constructive des personnes de tous les âges, et en particulier leurs propres parents. Chez les croyants et dans l’ensemble de la société, on reconnaît le bienfait de pouvoir se tourner vers une assemblée spirituelle locale pour demander conseil et pour résoudre des situations difficiles et, partant, sagesse et sensibilité caractérisent de plus en plus les décisions des assemblées spirituelles. Beaucoup dans tout cela indique que l’effet exercé sur une population peut être profond lorsque les éléments du cadre d’action du Plan sont réunis dans un tout cohérent. Et c’est dans le contexte de l’expansion et de la consolidation en cours – le trentième cycle du programme intensif de croissance s’est récemment achevé – que les amis explorent activement, avec tous les autres habitants de l’île, ce que signifie le fait qu’un Mashriqu’l-Adhkár, « un centre collectif pour les âmes humaines », soit édifié chez eux. Avec le concours actif de chefs traditionnels, les habitants de l’île de Tanna ont présenté non moins de cent projets de dessin pour le temple ; cela montre à quel point la Maison d’adoration captive l’imagination, et ouvre des perspectives passionnantes pour l’influence qu’il se prépare à exercer sur les vies vécues à son ombre.

Ce tableau encourageant trouve son équivalent dans de nombreux groupements avancés où l’effet des enseignements de Bahá’u’lláh se fait sentir sur les conditions de vie dans les quartiers et les villages. À chaque endroit, par une réflexion basée sur l’expérience et grâce à la consultation et à l’étude, une population de plus en plus consciente de qui est Bahá’u’lláh apprend à se conformer aux vérités enchâssées dans sa révélation, à tel point que le cercle grandissant d’affinités spirituelles est toujours plus étroitement uni par des liens d’adoration et de service collectifs.

À maints égards, les communautés qui ont réalisé les plus grands progrès tracent un chemin invitant que d’autres pourront suivre. Mais quel que soit le niveau d’activité dans un groupement, c’est la capacité d’apprendre aux côtés des amis de l’endroit, dans un même cadre d’action, qui favorise le progrès sur la voie du développement. Tous contribuent à cette entreprise ; l’apport de chacun vient enrichir le tout. Les groupements les plus dynamiques sont ceux dans lesquels, indépendamment des ressources dont dispose la communauté ou du nombre d’activités entreprises, les amis comprennent que leur tâche consiste à déterminer ce qu’il faut pour qu’il y ait progrès – les capacités naissantes qu’il faut cultiver, les nouvelles compétences qu’on se doit d’acquérir, les initiateurs d’un effort balbutiant qu’il faut accompagner, l’espace de réflexion qu’on doit développer, l’entreprise collective qu’il faut coordonner – et à trouver ensuite des façons créatives de rendre disponibles le temps et les ressources nécessaires pour y parvenir. Le seul fait que toute situation présente ses propres défis permet à chaque communauté, non seulement de profiter des leçons apprises ailleurs dans le monde bahá’í, mais aussi de contribuer à cet ensemble de connaissances. Être conscient de cette réalité libère l’individu de la vaine quête d’une formule rigide pour l’action, tout en permettant aux connaissances acquises dans divers milieux d’éclairer le processus de croissance, qui revêt une forme particulière dans le cadre de vie de chacun. Toute cette approche est en totale contradiction avec les conceptions étroites du « succès » et de l’« échec » qui engendrent la frénésie ou paralysent la volonté. Il faut être détaché. Quand l’effort est déployé uniquement pour Dieu, alors tout ce qui advient lui appartient et chaque victoire remportée en son nom est une occasion de célébrer ses louanges.

Le lien entre l’effort consenti et l’aide céleste accordée en retour est si amplement décrit dans les Écrits de notre Foi : « Si seulement vous en faites l’effort, nous rassure le Maître dans une de ses tablettes, il est certain que ces splendeurs apparaîtront, que ces nuages de miséricorde déverseront leurs ondées, que ces brises vivifiantes se lèveront et souffleront, que ce musc odorant sera répandu jusqu’aux extrémités de la terre. » Lors de nos fréquentes visites aux mausolées sacrés, nous implorons instamment le Tout-Puissant pour vous, afin qu’il vous soutienne et vous renforce, que soient abondamment bénis vos efforts en vue d’atteindre ceux qui ne connaissent pas encore les enseignements divins et de les confirmer dans sa cause, et que votre confiance en ses bienfaits inépuisables demeure inébranlable. Vous êtes toujours présents dans nos prières et jamais nous n’oublierons, dans nos supplications, vos actes de loyauté dévoués. Alors que nous considérons les obligations qui attendent les adeptes de la Beauté bénie dans les deux prochaines années, l’appel insistant du Maître à l’action vient stimuler l’esprit : « Déchirez les voiles, déplacez les obstacles, offrez les eaux vivifiantes et montrez la voie du salut. »

Les merveilleux événements qui ont eu lieu pendant et après les douze jours de Ridván prouvent la grandeur de la cause de Dieu, comblent d'allégresse le coeur de chaque bahá'í et le rendent débordant de gratitude.

C'est pour obéir aux ordres du Seigneur des Armées lui-même que les représentants élus des 56 communautés du monde bahá'í, nationales ou régionales, ont été appelés à élire les membres de la Maison Universelle de Justice à l'ombre de la sainte Montagne de Dieu et dans la maison du Centre de l'Alliance. C'est le signe de Dieu sur terre, l'aurore de la direction divine, le Gardien de la cause de Dieu qui réunit plus de six mille bahá'ís de tous les coins de la terre pour célébrer à Londres, le plus grand jubilé.

La première de ces circonstances historiques fut marquée par des événements d'une importance spirituelle et administrative extrême, au centre mondial de la Foi. Les visites quotidiennes de groupes importants de fidèles, d'origines différentes aux tombeaux sacrés des villes saintes, le déroulement de la première Convention Internationale bahá'íe et l'accomplissement victorieux de ses tâches essentielles, la célébration de la fête de Ridván par quelques trois cents croyants dans l'enceinte du Haram-i-Aqdas en compagnie des Mains de la cause de Dieu, sont des événements d'un caractère unique et d'une portée incalculable dans l'histoire de notre Foi bien-aimée.

La célébration du plus Grand Jubilé sera décrite par ailleurs. Qu'il nous suffise de dire ici que ce rassemblement de bahá'ís, le plus grand jamais formé en un même lieu, était pénétré d'un esprit de félicité tel que seul le Royaume d'Abhá peut en dispenser. L'exposé des progrès de la Cause, la présentation des croyants de races, de contrées nouvelles, entrés dans la Foi pendant la Croisade de Dix ans du bien-aimé Gardien, celle des Chevaliers de Bahá'u'lláh, ces âmes vaillantes qui portèrent l'étendard de Bahá'u'lláh dans les régions souvent inhospitalières encore fermées à la Foi ; les chants de la mélodie " Alláh'u'Abhá " qui éclataient spontanément, les rassemblements impromptus, les incessantes salutations des soldats de Bahá'u'lláh ne se connaissant que de nom et par leurs services, les réunions de jeunes, la publicité sans précédent de la presse, de la radio et de la télévision, le courant quotidien de visiteurs vers le lieu de repos du bien-aimé Gardien, les visages radieux et la conscience accrue de cette réelle et véritable fraternité de la race humaine dans le Royaume du Père Eternel, tels sont les faits saillants qui marquent cet événement suprême, couronnement victorieux de la vie laborieuse de Shoghi Effendi.

La Maison Universelle de Justice tient à renouveler aujourd'hui l'hommage qu'elle a rendu aux Mains de la Cause de Dieu lors du congrès mondial, à ces âmes précieuses qui, au nom de Shoghi Effendi, ont mené la Cause à la victoire sans aucun dommage. Nous voulons également rappeler le travail dévoué des membres auxiliaires aussi bien que les services des Chevaliers de Bahá'u'lláh, de l'armée des pionniers et des Assemblées Spirituelles Nationales et régionales et les services, prières et sacrifices que firent partout les croyants, tout cet ensemble ayant attiré de telles bontés et de telles faveurs de la part de Bahá'u'lláh.

La Maison Universelle de Justice a pu, au cours de sessions en Terre sainte et à Londres, commencer son travail et prendre des dispositions en vue de l'installation de cette institution à Haïfa. Elle n'a pas d'officiers et désormais, ses communications au monde bahá'í seront signées : Universal House of Justice, à l'aide d'un cachet en relief.

La cause de Dieu, lancée sur l'océan du Plan divin d"Abdu'l-Bahá, s'est répandue dans le monde sous la direction magnifique de son bien-aimé Gardien, et elle a acquis un élan qui doit maintenant la pousser vers l'étape suivante de sa mission rédemptrice mondiale, seconde époque du Plan divin.

En consultation étroite avec les Mains de la Cause, la Maison Universelle de Justice est en train d'examiner le champ immense des activités et des progrès de la Cause bahá'íe, dans le but de préparer un plan détaillé d'expansion pour toute la Communauté bahá'íe, plan à mettre en route à Ridván 1964.

Mais il y a quelques objectifs qui doivent être atteints tout de suite.

Consolider les buts et les communautés nouvelles du monde bahá'í est un devoir urgent et immédiat pour les 56 Assemblées spirituelles nationales, et une préparation essentielle pour lancer de nouveaux plans. Il faut maintenir les pionniers à leurs postes et renforcer toutes les Assemblées locales, en stabilisant fermement la vie de la communauté bahá'íe et en faisant un programme effectif d'enseignement.

Ces Assemblées Spirituelles Nationales dont la base ne comporte qu'un petit nombre d'Assemblées Spirituelles Locales doivent faire de grands efforts pour augmenter à coup sûr ce nombre à Ridván 1964. Les pionniers prêts à se rendre dans les zones à consolider ainsi que ceux qui désirent ouvrir de nouveaux territoires doivent faire leurs propositions à leurs Assemblées Spirituelles Nationales.

Le vaste travail d'enseignement doit être étendu, non seulement aux régions où commencent la conversion en masse, mais partout. Loin de s'amoindrir, la vigueur extrême atteinte en fin de Croisade mondiale par un enseignement diligent doit maintenant s'accroître à mesure que, de tous côtés, les amis recueillent les immenses pouvoirs spirituels libérés à l'occasion de la célébration du Plus Grand Jubilé et de la naissance de la Maison Universelle de Justice.

La Croisade de Dix ans a vu l'achèvement de la structure du Temple-Mère d'Europe. Il incombe maintenant de terminer sans attendre la décoration intérieure, d'entreprendre les installations nécessaires, de construire les chemins d'accès, d'aménager les terrains alentour et de bâtir la maison du gardien. Ces travaux reviendraient à 210 000 dollars au moins et beaucoup plus cher si on les retarde.

La Maison Universelle de Justice lance un appel à toutes les Assemblées Spirituelles Nationales, leur demandant d'allouer un budget substantiel en vue de l'achèvement immédiat de cette entreprise.

Le plan qui sera lancé au prochain Ridván et dont le détail sera donné au cours de l'année, comportera des projets de ce genre : agrandissement et embellissement des dotations au Centre Mondial, collation des Ecrits de Bahá'u'lláh, d"Abdu'l-Bahá et de Shoghi Effendi, renforcement des liens unissant le monde bahá'í aux Nations Unies, formation de beaucoup d'autres Assemblées Spirituelles Nationales, tant par la division des Assemblées régionales actuelles que par le développement de nouvelles communautés bahá'íes, cela conjointement à l'achat de Hazíratu'l-Quds nationaux, de propriétés nationales et d'emplacements pour les temples, à l'ouverture de nouveaux pays à la Foi ainsi qu'à l'élaboration de plans détaillés pour les Assemblées Spirituelles Nationales comprenant dans quelques régions la consolidation des buts, dans d'autres la multiplication d'écoles et d'instituts bahá'ís, dans d'autres encore un enrichissement notable de la littérature bahá'íe et, dans toutes les régions, un immense accroissement du nombre des bahá'ís ainsi que l'organisation de conférences intercontinentales et océaniques.

L'expansion et le développement de la Foi vont dépendre de l'état des finances bahá'íes. La Maison Universelle de Justice attire l'attention de chacun des croyants sur cette question vitale et urgente et elle demande aux Assemblées Spirituelles Nationales de porter une attention spéciale au principe de la participation universelle, afin que chaque fidèle de Bahá'u'lláh en particulier puisse offrir son obole, grande ou petite, et s'associer par-là au travail de la Cause n'importe où.

Nous espérons qu'un afflux continuel de contributions au fonds international permettra de constituer des réserves suffisantes pour lancer le nouveau plan en 1964.

Amis bien-aimés, chevauchant sur la crête d'une grande vague de victoires suscitée pour nous par notre bien-aimé Gardien, nous entrons dans la seconde époque du Plan divin, Plan béni au-delà de toute comparaison. La cause de Dieu est désormais fermement enracinée dans le monde. En avant donc, confiants dans le pouvoir et la protection du Seigneur des Armées qui, par-delà des tempêtes, les épreuves, le dur labeur et la félicité, se servira de ses fidèles dévoués pour apporter à une humanité désespérée les eaux vivifiantes de sa sublime Révélation.

Le processus divinement animé que notre bien-aimé Gardien décrivit en termes si impressionnants, qui a " commencé il y a six mille ans, au début du cycle d'Adam, et qui est destiné à atteindre son objectif suprême au moment où la lumière de la Foi triomphante, brillant de toute sa puissance et de toute sa gloire, inondera et enveloppera la planète entière ", entre maintenant dans sa dixième et dernière phase.

La Croisade de Dix ans, récemment achevée dans une telle flambée de victoire et de réjouissances, constituait la neuvième partie de ce processus. Elle vit la Cause de Dieu bondir en avant, en un puissant effort de dix années au bout desquelles furent jetées les fondations de son Ordre administratif dans le monde, préparant ainsi la voie à l'éveil des masses qui doit caractériser les progrès futurs de la Foi.

Depuis le commencement de cette Dispensation, les commandements les plus pressants de la Parole de Dieu, exprimés successivement par le Báb et par Bahá'u'lláh, ont été d'enseigner la Cause. Selon ses propres paroles, 'Abdu'l-Bahá : " passa ses jours et ses nuits à faire progresser la Cause et à appeler les peuples à servir ". Shoghí Effendí, en accomplissant la mission sacrée qui lui était imposée, instaura l'Ordre administratif de la Foi, déjà implicite dans les Ecrits sacrés, et Il en fit un instrument d'enseignement pour mener à bien, au moyen d'une série de plans successifs, nationaux, internationaux et mondiaux, tout le Plan divin d'Abdu'l-Bahá. Enfin, il a clairement prévu, pour la dixième phase du processus déjà mentionné, phase extrêmement longue, une série de plans qui seront lancés par la Maison Universelle de Justice, et s'étendront sur des époques successives de l'Age de Formation et des Ages d'Or de la Foi.

Le premier de ces Plans est à présent devant nous. Débutant au Ridván 1964, alors que les souvenirs du glorieux Jubilé de 1963 bouillonnent encore dans nos cœurs, il doit, pendant sa carrière de neuf années, être le témoin d'une immense expansion de la Cause de Dieu et d'une participation universelle de tous les croyants à la vie de la Cause.

Au Centre mondial de la Foi, les tâches de ce Plan comprennent : publication d'un résumé et d'une codification du Livre le plus saint, le Kitáb-i-Aqdas ; rédaction de la constitution de la Maison Universelle de Justice, développement de l'Institution des Mains de la Cause de Dieu, en consultation avec le Corps des Mains de la Cause, en vue de 1'extension à venir de ces deux fonctions : protection et propagation ; continuation de la collation et de la classification des Ecritures sacrées bahá'íes, ainsi que des Ecrits de Shoghi Effendi ; poursuite des efforts en vue de l'émancipation de la Foi des entraves de l'orthodoxie religieuse, et de sa reconnaissance comme religion indépendante ; préparation d'un plan convenable pour le développement et 1'embellissement de toute l'étendue des propriétés bahá'íes entourant les tombeaux sacrés ; agrandissement des jardins actuels du Mont Carmel ; développement des relations entre la Communauté bahá'íe et les Nations-Unies ; organisation de conférences océaniques et inter-continentales ; coordination des plans mondiaux pour commémorer, en 1967/68, le Centenaire de la Proclamation de Bahá'u'lláh aux rois et aux souverains, proclamation centralisée dans la Súry-i-Mulúk, révélée à Andrinople.

À l'échelle de la Communauté mondiale, le Plan comporte : ouverture de 70 territoires vierges et réintégration de 24 autres ; augmentation du nombre des Assemblées Spirituelles Nationales, piliers qui soutiennent la Maison Universelle de Justice, portant celles-ci à 108, soit neuf fois le nombre des A.S.N. qui s'engagèrent dans la première Croisade mondiale historique, en 1953 ; accroissement des Assemblées Spirituelles Locales au-dessus de 13.700, A.S.L. éparpillées à travers les territoires et les iles du monde, et dont au moins 1.700 devront étre incorporées ; multiplication des localités où résident des Bahá'ís jusqu'à un nombre dépassant 54.000 ; construction de deux autres Mashriqu'l-Adhkár, l'un en Asie et l'autre en Amérique latine ; acquisition de 32 Facultés d'enseignement, 52 Hazíratu'1-Quds nationaux, 54 terrains de dotation nationale, et de 62 emplacements pour la construction future de Temples ; large amplification de la reconnaissance des jours sacrés et des Certificats de mariage bahá'í ; traduction de la littérature dans 133 autres langues et enrichissement de cette littérature dans les langues principales comprenant déjà des traductions ; établissement de 4 nouveaux Trusts bahá'ís de Publication ; enfin, immense accroissement des ressources financières de la Foi.

Le développement vigoureux de la cause exige que cette grande expansion s'accompagne d'efforts consacrés de la part de chaque croyant, pour enseigner, vivre la vie bahá'íe, contribuer au Fonds et, en particulier, d'un effort persévérant pour comprendre de plus en plus la signification de la Révélation de Bahá'u'lláh. Selon les paroles de notre bien-aimé Gardien : "une chose, une seule chose assurera infailliblement le triomphe incontestable de cette Cause sacrée, à savoir, le degré auquel notre propre vie intérieure et notre caractère personnel reflèteront, dans leurs différents aspects, la splendeur de ces principes éternels proclamés par Bahá'u'lláh".

Expansion et participation universelle sont les deux objectifs de cette phase initiale de la seconde époque du Flan divin, et tous les buts assignés aux 69 Communautés Nationales convergent vers ces deux objectifs.

Le processus de coopération entre les A.S.N., déjà amorcé par le bien-aimé Gardien, sera appliqué, au cours de ce plan, à plus de 200 projets distincts et, développé davantage, pourra assumer une grande importance dans les phases futures de l'Age de Formation.

Une fois de plus, chers amis, nous entrons dans la bataille, mais avec une armée incomparablement plus grande que celle engagée dans la Croisade mondiale en 1953. A cette petite force de 12 Communautés nationales, devenues maintenant des vétérans, se sont ajoutées 57 Légions nouvelles, chacune étant sous l'égide d'une A.S.N., et chacune destinée à devenir un vétéran de cette campagne et des suivantes. Cette Croisade commença avec un peu plus de 600 A.S.L. dont la plupart étaient situées en Perse, en Amérique du Nord et en Europe ; actuellement, les fronts intérieurs comprennent près de 4600 A.S.L. dispersées à travers les continents et les îles de la terre.

Nous commençons ce plan avec une force acquise considérable que démontrent, par exemple, l'éclosion, depuis le Ridván dernier, de plus de 4000 nouveaux Centres et de 13 A.S.N. ainsi que, dans quelques pays, une entrée par troupes entières dans la Cause de Dieu, entrée prédite par 'Abdu'l-Bahá et qu'Il attendait si ardemment. Les Portes-Flambeaux de ce plan de neuf ans sont ces mêmes personnes divinement choisies, ces âmes éprouvées et victorieuses qui portèrent l'étendard de la Croisade mondiale, les Mains de la Cause de Dieu, dont les avis et les conseils ont été inestimables dans l'élaboration de ce plan. Soutenues par leurs " délégués, assistants et conseillers ", les Membres des Conseils auxiliaires, Elles inspireront et protégeront l'armée de Dieu ; elles guideront, par-delà toute violation, et soutiendront, jusqu'au terme des ressources disponibles, ces Communautés qui luttent sur des terrains pierreux et réfractaires, de façon à ce qu'en 1973, une Communauté mondiale victorieuse, solidement constituée, organiquement unie, consacrée au service de Dieu et au triomphe final de sa Cause, puisse entreprendre les célébrations dignes du Centenaire de la Révélation du Très-Saint Livre.

Aussi, que chacune des 69 communautés se saisisse de ses devoirs, qu'elle considère immédiatement comment remplir ceux-ci au mieux, pendant le court délai attribué, et qu'elle soulève sa troupe de pionniers, qu'elle se consacre à une tâche assidue et qu'elle s'adonne à sa mission. L'occasion présente est magnifique.

En effet, quelles que soient les convulsions que l'obstination d'un âge matérialiste et athée puisse encore déchaîner dans le monde, si douloureux puissent être les effets dûs à " 1'enroulement du présent ordre de choses " sous l'action des plans et des efforts de la Communauté du Plus-Grand Nom, nous devons saisir les occasions de l'heure et avancer, avec la certitude que toutes choses sont entre ses Mains puissantes, et que, si seulement nous jouons notre rôle, une victoire complète et inconditionnelle sera inévitablement la nôtre.

La marche victorieuse qui a conduit la Communauté Mondiale Bahá'íe vers les célébrations du Plus-Grand Jubilé continue sa progression. Une ondée ininterrompue de confirmations divines descend sur nos efforts. Elle se manifeste visiblement dans les œuvres nombreuses et remarquables accomplies pendant les quelques premiers mois écoulés depuis le lancement du Plan de Neuf Ans. La plus spectaculaire d'entre elles est l'augmentation du nombre de centres bahá'ís, passés de 15168 au Ridván 1964 à 21006 aujourd'hui, soit près de 6000 centres de plus en un an. Le progrès de l'enseignement dans l'Inde n'est pas moins remarquable, le nombre de croyants dépassant actuellement 140000, soit 30.000 de plus depuis le Ridván 1964. Des pionniers s'en vont vers les dernières régions qui ne sont pas encore illuminées par la lumière de la nouvelle Révélation de Dieu. Le " grand élargissement " du champ de la Cause, demandé lors du lancement du Plan, semble se développer à mesure que, de pays en pays, les institutions et les dotations de la Foi s'établissent fermement et de façon régulière.

Pendant les douze derniers mois, les buts attribués au Centre Mondial ont été activement poursuivis. Les décisions et actes essentiels pour l'exécution de ce but : " développer l'Institution des Mains de la Cause de Dieu, de manière à étendre dans l'avenir les fonctions qui lui furent assignées pour protéger et propager la Foi ", ont déjà été communiquées aux amis. Après leur rencontre en Terre Sainte en octobre dernier, les membres de cette Institution auguste, Porte-Etendards du Plan de Neuf Ans et de la Croisade décennale du Bien-Aimé Gardien, déjà couverts d'honneurs et surchargés de tâches se sont levés avec une vigueur renouvelée et sans égale pour encourager les amis à se jeter dans l'engagement suprême et à enseigner, pour donner leurs conseils et prêter leur concours aux institutions administratives, et pour diffuser les parfums divins et l'amour de Dieu à travers le monde entier. L'augmentation du nombre d'auxiliaires des Mains et les nouvelles dispositions exécutives permettront aux Mains, comme on 1'escompte avec confiance, de remplir leurs graves devoirs avec une efficacité encore plus grande, et leur donneront plus de temps pour voyager et pour enseigner.

Une étude préliminaire des conditions intéressant la construction du premier Mashriqu'l-Adhkár d'Amérique latine, l'un des deux édifices qui doivent être élevés dans le cadre de ce Plan, a déjà été commencée, et nous invitons maintenant les architectes, bahá'ís ou non, à soumettre leurs projets pour le Temple de Panama. On peut se procurer les termes et conditions de la soumission ainsi que les caractéristiques de la structure, auprès de l'Assemblée Spirituelle Nationale du Panama, dont le choix fera l'objet de l'approbation finale de la Maison Universelle de Justice. Nous espérons que la construction de cette Sainte Maison d'Adoration, située dans un endroit auquel le Maître et le Gardien attachaient une signification spéciale, sera promptement menée, de sorte que ce phare puisse irradier sa lumière spirituelle sur toutes les Amériques.

Pendant les douze derniers mois, les pays suivants ont été ouverts à la Foi : En Afrique, Gabon, Ifni, Mali, Mauritanie, I1e Rodriguez et Haute-Volta ; en Amérique, Ile d'Aruba, Ile Cozumel, Guade1oupe, Iles Mujeres, Ile du Prince de Galles et Saint-Vincent ; en Asie Iles Ryikyu ; en Australasie, Ile de Line ; en Europe, Ile de Wight, Iles de la Frise orientale et de la Frise occidentale. Les pays qui suivent ont, de nouveau, été ouverts à la Foi : En Afrique, Ile Mafia ; en Amérique, Antigua, Guyane française et Martinique ; en Asie, Irian occidental ; et en Australasie, Iles de l'Amirauté. Des Hazíratu'l-Quds nationaux, centres pour les Assemblées Spirituelles Nationales, ont été acquis dans neuf localités, et du terrain a été acheté en deux autres endroits pour y construire des centres. Six Assemblées Spirituelles Nationales ont été enregistrées, et la Foi a été reconnue au Cambodge, pays qui formera sa propre Assemblée Spirituelle Nationale pendant le Plan de Neuf Ans. Des possessions nationales ont été acquises dans huit pays : six instituts d'enseignement ont été créés et l'on a acquis du terrain pour en former six autres. Une société bahá'íe d'édition a été formée à Bruxelles pour la fourniture de littérature en langue française. Les jours saints ont été reconnus officiellement dans trois pays. Des ouvrages bahá'ís ont été publiés dans onze langues nouvelles : Ibibio-Efik en Afrique ; Aguacateca, Athebascan, Carina et Motilon-Yukpa en Amérique ; Kenyah, Melanau et Temiar en Asie ; Ghari, Marshallese et Motua en Australasie. Les progrès de la Cause à Bornéo permettent d'ajouter un but supplémentaire au Plan : établir au Ridván 1966, une assemblée spirituelle nationale à Brunei.

La première année d'exécution du Plan étant écoulée, deux faits ressortent au sein de la Communauté mondiale bahá'íe. Le premier est la capacité, pour la Foi elle-même d'atteindre tous les buts définis, quels qu'ils soient, qui lui sont attribués : ainsi l'acquisition de Hazíratu'l-Quds, d'emplacements pour les temples et de dotations, ou l'enregistrement d'assemblées spirituelles. Des buts concrets et aussi importants que ceux-ci, par lesquels la Cause s'établit matériellement, légalement et socialement dans le monde, sont aujourd'hui entrepris sans le moindre effort par les institutions administratives. Il faut, de plus, remarquer que la réalisation de nombreux objectifs de ce genre requiert une coopération entre assemblées, une activité internationale essentielle au développement de l'ordre mondial. Le second fait qui apparaît à la fin de la première année d'exécution du Plan, concerne les rapports avec le genre humain. On a, presque universellement, l'impression qu'une voie vers la conversion sur une grande échelle est sur le point de s'ouvrir. Les rapports des Mains de la Cause et de leurs auxiliaires y font sans cesse allusion ; beaucoup d'Assemblées Spirituelles Nationales croient qu'elles ont atteint les rivages de cet océan. Et vraiment, l'entrée par troupes dans la Cause est un fait dans quelques régions, depuis quelques années. Mais de plus grandes choses nous attendent. L'enseignement de la Foi doit entourer le monde d'un cercle de feu, dont la lumière éclairera nettement la cause et le monde - promoteurs du plus grand drame de l'histoire de l'homme -. Le destin nous conduit vers cet apogée ; il faut nous préparer à être des héros.

Quatre tâches immédiates nous sollicitent instamment. La première est trouver et envoyer pendant l'année prochaine au moins 460 pionniers pour ouvrir les 54 derniers pays vierges prévus au Plan, rétablir les 18 pays dépourvus de Bahá'ís, renforcer les régions où le nombre des communautés bahá'íes et leur union sont en ce moment insuffisants pour entreprendre des plans effectifs d'enseignement, et pour soutenir et intensifier le travail dans les zones d'enseignement en masse. Que chaque croyant examine cette gageure, qu'il soit, selon les termes du bien-aimé Gardien, " en service actif ou non, homme ou femme, jeune ou vieux, riche ou pauvre, vétéran ou néophyte... "

Pour soutenir les efforts de pionnier, des amis et faciliter leur transport vers leurs postes pendant les douze prochains mois, nous annonçons la formation de cinq Comités continentaux, de pionniers qui sont : le Comité des pionniers pour l'Afrique, nommé par l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís des Iles Britanniques ; le Comité des pionniers pour les Amériques, nommé par l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís des Etats-Unis ; le Comité des pionniers pour l'Asie, désigné par l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís d'Iran ; le Comité des pionniers pour l'Australasie désigné par l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís d'Australie ; le Comité des pionniers pour l'Europe, désigné par l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Allemagne.

Ces comités n'empiéteront aucunement sur les responsabilités d'autres comités de pionniers ni d'Assemblées Spirituelles Nationales qui s'occupent de l'enseignement et sous la juridiction desquelles ils fonctionneront. Ils sont créés dans le but de faciliter le travail de ces institutions nationales et de les aider efficacement par un échange de renseignements essentiels, sur les continents mêmes et entre les continents, et en s'occupant de transmettre les offres des pionniers et de transférer ceux-ci à leurs postes.

D'après un examen attentif des besoins de chaque région, il résulte que, dans les douze prochains mois, le nombre de pionniers nécessaires, y compris les soixante-douze destinés aux régions susmentionnées s'élève à 461 : 86 pour l'Afrique, 96 pour les Amériques, 191 pour l'Asie, 29 pour l'Australasie et 59 pour 1'Europe. Chaque Assemblée Spirituelle Nationale a été consultée au sujet de ses besoins en pionniers, et les chiffres ont été communiqués à toutes les Assemblées Spirituelles Nationales ainsi qu'aux cinq comités continentaux de pionniers ; ceux-ci seront tenus au courant des progrès par les Assemblées Spirituelles Nationales. Les amis sont, par conséquent, engagés à consulter leur Assemblée Spirituelle Nationale pour s'informer à ce sujet, ainsi que sur les responsabilités qui incombent à la fois à leurs communautés et au monde bahá'í en générale.

Pour la première fois dans l'histoire bahá'íe un fond international pour suppléant-pionniers a été établi au Centre mondial, sous la gestion de la Maison Universelle de Justice. Le complément financier y sera prélevé pour des missions précises de pionnier, lorsque d'autres fonds seront insuffisants. Tous les amis, et particulièrement ceux qui ne sont pas à même de répondre favorablement à cet appel de pionniers, sont invités à alimenter ce fonds, attentifs à l'injonction de Bahá'u'lláh : " Concentrez vos énergies sur la propagation de la Foi de Dieu. Quiconque est digne d'une vocation aussi élevée y réponde et s'y adonne. Pour celui qui ne le peut, pas, il est de son devoir de choisir celui qui, à sa place, fera connaître cette Révélation dont le pouvoir a fait trembler les fondements des plus puissantes édifications, a réduit toute montagne en poussière et a confondu toutes les âmes ".

La seconde tâche pressante qui nous attend, c'est d'intensifier l'enseignement à un degré jamais atteint auparavant, afin de pouvoir réaliser ce " vaste accroissement " demandé par le Plan. Une participation universelle et une action incessante permettront de parvenir à cet objectif. Chaque croyant a un rôle à jouer, et il en est capable, car toute âme se rencontre avec d'autres et, comme l'a promis Bahá'u'lláh, " Dieu rendra victorieux quiconque se lèvera pour soutenir Notre Cause... " L'état de confusion affectant le monde ne va pas en diminuant mais plutôt en augmentant chaque jour, et les hommes et les femmes perdent confiance dans les remèdes humains. On commence enfin à se rendre compte qu' " il n'y a nul lieu de refuge, sauf en Dieu ". C'est une occasion " en or " ; les peuples sont disposés et, en bien des régions, désirent entendre parler du remède divin.

La troisième tâche consiste à acquérir, aussi vite que possible, tous les Hazíratu'l-Quds nationaux, terrains pour les temples, possessions nationales et instituts d'enseignement énumérés dans le Plan. L'exécution rapide de ces projets évitera d'énormes dépenses plus tard, et dotera la Foi de propriétés dont la valeur ira croissant. Ces propriétés indispensables sont les fondements des grandes institutions de l'avenir, mais c'est cette génération qui doit les acquérir pour sa propre protection et pour en faire don à la postérité. Nous demandons aux Assemblées Spirituelles Nationales, responsables de ces acquisitions, de leur donner une haute priorité. Autre fait tout aussi important à considérer, c'est que cet objectif, étant atteint dans les premières années du Plan, libérera les énergies et les ressources de la Communauté mondiale en expansion, permettant, au cours des dernières phases du Plan, la poursuite d'efforts concentrés, résolus et acharnés vers de grandes victoires dont les jalons sont, à ce jour, déposés.

La quatrième tâche consiste à préparer des plans nationaux et locaux appropriés pour célébrer le centenaire de la proclamation du Message adressé par Bahá'u'lláh, en septembre et octobre 1867, aux rois et souverains du monde, célébration à laquelle succédera un programme suivi et bien conçu proclamant ce même Message à l'humanité en général, jusqu'à la fin du Plan.

D'après l'a description de Shoghi Effendi dans " Dieu passe près de nous ", les " premiers échos " de la proclamation historique de Bahá'u'lláh " résonnèrent pendant la seconde période de son exil en Andrinople ", et six ans plus tard, cette proclamation " s'acheva dans les premières années de sa détention dans la prison fortifiée d'Akká ". Ces " premiers échos " contiennent les terrifiantes et puissantes paroles qu'Il adressa à l'ensemble des rois et souverains dans la Súriy'-i-Mulúk, la " Tablette la plus importante ", qu'Il révéla. Elle fut écrite au cours des mois de septembre et d'octobre 1867 et fut suivie de " Tablettes innombrables... dans lesquelles Il exposait complètement la portée des revendications qu'Il venait de soutenir ". " Les rois et les empereurs, chacun en particulier et tous ensembles, les principaux magistrats des Républiques du continent américain, les ministres et les ambassadeurs, le Souverain Pontife lui-même, le Vicaire du Prophète de l'Islám, le Dépositaire royal du Royaume de l'Imám caché, les monarques de la Chrétienté, ses patriarches, archevêques, évêques, prêtres et moines, les chefs reconnus des ordres sacerdotaux sunnites et shiahs, les grands prêtres de la Religion zoroastrienne, les philosophes, les chefs ecclésiastiques, les sages et les habitants de Constantinople - siège altier du Sultanat et du Califat -, la communauté toute entière des croyants déclarés des Religions zoroastrienne, juive, chrétienne et musulmane, le peuple du Bayán, les sages du monde, ses hommes de lettres, ses poètes, ses mystiques, ses commerçants, les représentants élus des peuples et les compatriotes mêmes de Bahá'u'lláh, tous ont été ... directement instruits des exhortations, des avertissements, appels, déclarations et prophéties qui constituent le thème de son appel solennel aux dirigeants de l'humanité... " " Si unique, si stupéfiante que fut cette proclamation, elle s'avéra n'être qu'un prélude à une manifestation encore plus extraordinaire du pouvoir créateur de son Auteur, et à ce qui peut prendre place comme l'acte le plus significatif de son ministère : la promulgation du Kitáb-i-Aqdas ". Dans cet ouvrage, le Très Saint Livre révélé en 1873, Bahá'u'lláh n'annonce pas seulement, une fois de plus, aux rois de la terre en général que " Celui qui est le Roi des Rois est apparu ", mais Il s'adresse aussi à chacun, des rois régnants par son nom respectif, et proclame aux " Gouvernants de l'Amérique et aux Présidents de ses Républiques " que " le Promis est venu ". Telle est la proclamation de Bahá'u'lláh au genre humain. Comme Il en témoigne lui-même : " Jamais, depuis le commencement du monde, Message n'a été proclamé aussi ouvertement ".

La célébration de cette période de centenaire prédestiné sera ouverte en septembre l967, pendant la fête de Mashíyyat, par la visite de quelques représentants choisis du monde bahá'í à la maison où fut révélée la Súriy-i-Mulúk historique, à Andrinople.

Suivant immédiatement cette pieuse et joyeuse visite, six congrès intercontinentaux auront lieu simultanément pendant le mois d'octobre, à Panama City, Wilmette, Sydney, Kampala, Francfort et la Nouvelle Delhi. L'Assemblée Spirituelle Nationale de chaque région où se déroulera un congrès en lancera la convocation et l'organisera. Les Mains de la Cause de Dieu qui représenteront la Maison Universelle de Justice à ces congrès seront les suivantes : à Panama City, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum qui, à cette occasion, posera la première pierre du Temple ; à Wilmette, Leroy Ioas ; à Sydhey, Ugo Giachery ; à Kampala, 'Alí Akbar Furutan ; à Francfort, Paul Haney ; et à la Nouvelle Delhi Abu'l-Qasim Faizi.

Toutes les Assemblées Spirituelles Nationales sont invitées à prévoir des cérémonies convenables, sur les plans national et local, pendant la période d'ouverture du centenaire, en septembre et octobre 1967, ainsi qu'entre les congrès susmentionnés et le Ridván 1968, date à laquelle la deuxième Convention internationale aura lieu au Centre mondial pour élire la Maison Universelle de Justice.

La réussite dans l'exécution de ces plans, proportionnés aux ressources de la Communauté mondiale bahá'íe, constituera une commémoration digne de l'événement sacré qu'ils rappelleront.

Ces six congrès, de même que l'événement historique dont ils célébreront le centenaire, feront retentir les " premiers échos " d'une proclamation de la Cause de Dieu dont la période s'étendra aux dernières années du Plan de Neuf Ans et jusqu'au centenaire de la Révélation du Kitáb-i-Aqdas, en 1973, entreprise qui réclame une étude pleine d'ardeur et d'imagination de la part de toutes les Assemblées Spirituelles Nationales et Locales à travers le monde.

La scène internationale sera le témoin de conférences océaniques prévues par Shoghi Effendi. La première sera tenue pendant le mois d'août 1968 sur une île de la Méditerranée pour commémorer le voyage de Bahá'u'lláh sur cette mer, lorsqu'Il quitta Gallipoli, en Turquie, pour la Plus Grande Prison, à 'Akká, il y a cent ans. Au cours des années suivantes de ce Plan, d'autres conférences auront lieu dans l'Océan Atlantique, la Mer des Caraïbes, l'Océan Pacifique et l'Océan Indien.

En demandant aux Assemblées Spirituelles Nationales d'envisager maintenant la nomination de comités nationaux de proclamation, chargés d'établir des plans réalisables et efficaces pour la proclamation de la Foi pendant toute la période du centenaire, nous ne pourrions mieux faire que d'attirer leur attention sur le passage suivant tiré d'une lettre de notre Bien-Aimé Gardien et relative aux célébrations du centenaire de la naissance de l'Ere Bahá'íe : " Une campagne nationale sans précédent, soigneusement conçue, efficacement coordonnée, ayant pour but la proclamation du Message de Bahá'u'lláh, au moyen de discours, d'articles de presse et d'émissions radiophoniques, devrait être commencée au plus tôt et vigoureusement poursuivie. L'universalité de la Foi, ses buts et ses desseins, des extraits de son histoire dramatique, des témoignages de son pouvoir transformant ainsi que les traits distinctifs et les caractéristiques de son Ordre Mondial devraient être mis en relief et expliqués au grand public, et en particulier aux amis et aux dirigeants éminents qui sympathisent avec cette Cause ; ceux-ci devraient être abordés et invités à participer aux célébrations. Des conférences, des réunions, des banquets, des publications spéciales devraient, autant que possible et suivant les ressources dont disposent les croyants, faire connaître le caractère de ce joyeux Festival ".

Le processus majestueux mis en marche par notre Bien-Aimé Gardien en 1953, lorsqu'il engagea la Communauté mondiale bahá'íe, alors obscure et très clairsemée, à se lancer dans cette première et glorieuse Croisade, d'envergure mondiale, ce processus est en train d'acquérir de l'ampleur. Et la postérité pourrait bien contempler avec étonnement le schéma et l'armature d'un Ordre Mondial qui se développe, sous l'action d'une partie aussi réduite du genre humain et au sein d'un monde entravé par l'opposition, l'inimitié et la dislocation. Ce processus depuis longtemps promis, et animé par l'impulsion divine, doit suivre son évolution historique jusqu'à sa consommation finale, dans les gloires et les splendeurs de l'Ordre Mondial de Bahá'u'lláh, le Royaume de Dieu sur la terre.

Le cinquantième anniversaire de la révélation par 'Abdu'l-Bahá, en mars et en avril 1916, des premières Tab1ettes du Plan divin, a été marquée par la réalisation d'un exploit des pionniers sans égal dans les annales de la Cause. Il y a un an, un appel a été lancé pour que 461 pionniers quittent leurs demeures dans les douze mois suivants et se dispersent à travers la planète pour élargir et renforcer les fondements de la communauté mondiale de Bahá'u'lláh. Il y a tout espoir qu'à l'époque du Ridván, tous les buts des pionniers soient atteints ou que leur établissement soit assuré par des engagements fermes, à l'exception de trente-quatre postes dont l'établissement dépend de circonstances favorables. La gratitude et l'admiration du monde bahá'í entier vont à cette noble troupe de croyants consacrés, qui ont répondu si glorieusement à l'appel. Ces pionniers, qui se sont levés pour ces buts prévus au plan, ont été renforcés par quarante-cinq autres croyants qui se sont installés dans 1es territoires-buts, tandis que soixante-neuf autres ont quitté leurs demeures pour aller habiter dans vingt-six autres pays déjà ouverts à la Foi. Autrement dit, au cours de cette année cinq cent cinq bahá'ís se sont levés pour se rendre comme pionniers au-delà de leur patrie, le nombre le plus élevé de pionniers en une année, dans toute l'histoire de la Cause.

Voilà une victoire retentissante ; et à la lumière de cette déclaration du Maître dans la première Tablette du Plan divin - " Il est souvent arrivé qu'une âme bénie soit devenue la source de direction d'une nation " - cet exploit laisse bien présager de l'avenir. Ses conséquences immédiates sont l'ouverture de vingt-quatre nouveaux territoires à la Foi, la réouverture de quatre autres et la consolidation de quatre-vingt-treize de plus. Les territoires qui viennent d'être ouverts à la Foi sont les suivants : le Tchad et le Niger, en Afrique ; la Péninsule de l'Alaska, l'I1e de la Barbade, les Iles Caïman, l'Ile Chiloé, l'Ile de la Providence, le Territoire de Quintana Roo, Saba, l'Ile de St. André, St. Eustache, St. Christophe et Nevis, l'Ile de St. Laurent, la Terre de Feu, et les Iles Turks & Caiscos, dans les Amériques ; les Iles Laccadive et Marmara, en Asie ; l'Ile Niue, en Australasie ; ainsi que Bornholm, Capri, l'Ile d'Elbe, le Gotland, les Hébrides intérieures et Ischia, en Europe.

Les territoires qui ont été rouverts à la Foi sont : l'Ile de Corisco et la Guinée espagnole, en Afrique ; et les Iles Maldive et Nicobar, en Asie.

Annoncée au dernier Ridván, la première Convention des bahá'ís du Brunei aura lieu cette année, à la fin de la seconde semaine de la période du Ridván, et la première Assemblée Spirituelle Nationale des bahá'ís du Brunei sera alors élue. La Main de la Cause, M. Collis Featherstone, représentera le Centre mondial de la foi à cette manifestation historique.

Une autre conséquence des confirmations qui ont récompensé l'immense effort d'enseignement de ces deux dernières années est l'appel lancé maintenant par la Maison de Justice pour la formation, au Ridván 1967, des Assemblées Spirituelles Nationales (A.S.N.) suivantes : en Afrique - l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Algérie et de Tunisie, avec son siège à Alger ; l'Assemblée Spirituelle Nationale de la République du Cameroun, qui aura son siège à Victoria, et qui comprendra la Guinée espagnole, le Fernando Po, les Iles de Corisco, de Sao Tomé et de Principe ; l'Assemblée Spirituelle Nationale du Swaziland, du Mozambique et du Basoutoland, avec son siège à Mbabane ; l'Assemblée Spirituelle Nationale de Zambie, avec son siège à Lusaka. Dans les Amériques - l'Assemblée Spirituelle Nationale des Iles du Vent (Leeward & Windward) et des Iles Vierges, avec son siège à Charlotte Amalie. En Asie - l'Assemblée Spirituelle Nationale du Cambodge, avec son siège à Phnom Penh ; l'Assemblée Spirituelle Nationale du Sud-Est arabe, avec son siège à Bahreïn ; l'Assemblée Spirituelle Nationale de Taiwan, avec son siège à T'ai-pei. En Australasie - l'Assemblée Spirituelle Nationale des Iles Gilbert et Ellice, avec son siège à Tarawa. Ces neuf Assemblées Spirituelles Nationales constitueront, avec l'Assemblée Spirituelle Nationale du Brunei, dix piliers supplémentaires de la Maison Universelle de Justice, et porteront le nombre des Assemblées Nationales participant à l'élection de cette institution, lors de la deuxième Convention internationale, au Ridván 1968, à soixante-dix-neuf.

Cette année capitale ne peut se terminer sans mentionner les services inlassables et dévoués des bien-aimées Mains de la Cause, les Porte-bannières du Plan de neuf ans, ainsi que le soutien capable que leur ont donné leurs Membres auxiliaires. Les missions spéciales dont elles se sont chargées pour le compte de la Maison Universelle de Justice, les tournées d'enseignement qu'elles ont entreprises, les conférences qu'elles ont organisées, leur labeur continu au Centre mondial et, par-dessus tout, l'encouragement constant qu'elles ont prodigué aux amis, et la vigilance quant au bien-être de la Cause de Dieu dont elles ont fait preuve, ont caractérisé par la distinction et la conduite effective les travaux de la communauté entière. La perte cruelle qu'elles ont subie par le décès de la Main de la Cause, M. Leroy Ioas, est ressentie par tout le monde bahá'í.

Les splendides réalisations dans les domaines de l'enseignement et des pionniers, ainsi que l'attention enthousiaste qui a été accordée à la préparation de plans pour la digne célébration du centenaire de la proclamation du Message de Bahá'u'lláh aux rois et chefs d'état du monde, ont conclu avec succès la première phase du Plan de neuf ans. Elles ont ouvert le chemin de la deuxième, une phase pendant laquelle le monde bahá'í doit se préparer et s'armer pour la troisième phase, qui commencera en octobre 1967, lorsque les six conférences intercontinentales feront retentir les " notes d'ouverture " d'une période de proclamation de la Cause de Dieu, s'étendant aux dernières années du Plan de neuf ans; jusqu'au centenaire, en 1973, de la révélation du Kitáb-i-Aqdas. Le triple objet de ces conférences sera de commémorer le centenaire du début de la proclamation, par Bahá'u'lláh, de sa propre Mission, de proclamer le Message divin, et de délibérer sur les taches des dernières années du Plan de neuf ans.

Le monde bahá'í est confronté avec cinq tâches particulières, au moment où il aborde cette deuxième phase du Plan :

La première tache est de terminer l'installation des pionniers et d'en envoyer d'autres partout où le besoin se fait sentir.

La deuxième est la préparation intensive de la troisième phase, par l'étude et l'adoption de nouvelles mesures dans l'enseignement et l'extension des différents fonds bahá'ís, à l'échelon international, national et local.

La troisième est l'accélération de l'approvisionnement en littérature bahá'íe, particulièrement dans le domaine de la traduction et de la publication dans les langues qui n'ont, pas encore fait l'objet, pour le moment, de publications bahá'íes, ou dans celles pour lesquelles la diffusion est insuffisante.

La quatrième consiste à acquérir les Hazíratu'l-Quds nationaux qui restent, ainsi que les terrains pour les temples, les dotations nationales et les instituts d'enseignement prévus au Plan, avant que l'inflation qui s'amplifie et qui affecte aujourd'hui presque la totalité du monde, n'accroisse les charges financières d'achat de telles propriétés.

La cinquième est le développement du Fonds du temple du Panama. La Maison Universelle de Justice commence ce fonds en contribuant une somme de $ 25000 et lance un appel aux croyants et aux communautés bahá'íes pour contribuer généreusement et continuellement, jusqu'à ce que les fonds nécessaires à la réalisation de cet édifice historique soient réunis. Ces contributions devraient être envoyées directement à l'Assemblée Spirituelle Nationale du Panama. Plus de cinquante projets ont été reçus, et la Maison de Justice étudie maintenant les recommandations de l'Assemblée nationale. Le choix sera annoncé et les amis seront tenus au courant de ce projet hautement important et inspirant.

Chaque adepte de Bahá'u'lláh, individuellement, ainsi que les institutions de la Foi, à l'échelon local, national, continental et mondial, doivent maintenant répondre à l'appel qui consiste à augmenter l'intensité de l'enseignement à un niveau jamais atteint auparavant, de sorte à réaliser ce vaste accroissement prévu au Plan. Pour les croyants vivant dans des pays où ils sont libres d'enseigner leur Foi, cet appel est rendu d'autant plus aigu par les mesures oppressives imposées à la Foi ailleurs. En Iran, les croyants sont privés de leurs droits élémentaires et la Foi est encore largement proscrite. En Irak, l'Hazíratu'l-Quds national et un autre local ont été saisis et les activités des amis ont été sévèrement restreintes. En Egypte, les propriétés de bahá'ís sont encore confisquées et, récemment, plusieurs croyants ont été emprisonnés pendant un certain temps ; ils attendent maintenant de passer en jugement. Une nouvelle oppression a surgi en Indonésie, où l'Hazíratu'l-Quds national a été saisi et où les activités organisées des amis ont été interdites. Dans d'autres pays, enfin, les croyants sont sujets à des restrictions et à la surveillance. Les amis, dans tous ces cas, sont fidèles et confiants, et ils regardent en avant vers leur émancipation et le triomphe définitif de la Cause.

L'appel aux institutions locales et nationales de la Foi est adressé dans le but d'organiser et de faire avancer le travail d'enseignement au moyen de plans systématiques, comprenant non seulement les rencontres privées régulières au sein des demeures des croyants, les réunions publiques, les réceptions et les conférences, les écoles de fin de semaine, d'été et d'hiver, les conférences et les activités de jeunesse, qui doivent toutes être vigoureusement poursuivies à l'heure actuelle, mais, en plus, pour alimenter un courant constant d'enseignants qui visitent chaque localité. Les forces libérées par ce processus ont été exaltées par Bahá'u'lláh dans les termes suivants : " Le mouvement même qui consiste à aller d'endroit en endroit, lorsqu'il est entrepris au nom de Dieu, a toujours produit, et peut produire maintenant son influence sur le monde. Dans les Livres du passé, le rang de ceux qui voyagèrent au près et au loin pour guider les serviteurs de Dieu a été expliqué et mentionné. " 'Abdu'l-Bahá, à son tour, dans les Tablettes du Plan divin, dit : Des enseignants doivent continuellement voyager dans toutes les régions du continent, ou plutôt dans toutes les parties du globe... " De tels plans doivent être commencés et mis au point maintenant, pendant cette période de préparatifs, afin qu'ils puissent produire leur effet au début de la période de proclamation, moment dès lequel ils devront être poursuivis sans relâche jusqu'à la fin du Plan.

La Maison Universelle de Justice attache une telle importance à ce principe d'enseignement itinérant qu'elle a décidée de le développer à l'échelle internationale, et elle fait maintenant appel aux volontaires pour qu'ils offrent leurs services dans ce domaine. Par leurs visites dans des pays autres que le leur, ces amis stimuleront énormément la proclamation et l'enseignement de la Cause dans tous les continents. Il faut espérer que de tels projets se suffiront à eux-mêmes, car le Fonds international de substitution (en anglais : International Deputization Fund) devra toujours couvrir les besoins des pionniers. Toutefois, lorsqu'une proposition qui remplit l'intérêt de la Foi ne peut être financée par la personne en question ou les Assemblées nationales jouant le rôle d'hôtes, la Maison de Justice examinera une demande de soutien en provenance du Fonds de substitution. Les offres, s'étendant à n'importe quelle période, doivent être faites à sa propre Assemblée Spirituelle Nationale ou aux Comités continentaux des pionniers, qui ont reçu la tâche supplémentaire d'aider les Assemblées nationales à réaliser et coordonner cette nouvelle activité. Que ceux qui répondent à l'appel se souviennent de l'exhortation du Maître de " voyager tel 'Abdu'l-Bahá... sanctifiés et libres de toute attache et dans le détachement le plus complet. "

Simultané et égal à ce vaste effort d'enseignement ordonné et croissant, le travail de consolidation doit marcher de pair. Ces deux processus doivent en fait être considérés comme des éléments inséparables de l'expansion de la Foi. Tandis que le travail d'enseignement inévitablement vient en premier, le poursuivre, seul, sans consolidation, laisserait la communauté sans préparation pour recevoir les masses qui, tôt ou tard, doivent répondre au message rédempteur de la Cause. La conduite de notre bien-aimé Gardien dans ce domaine vital, comme toujours, est claire et sans ambiguïté : " Chaque progrès dans un nouveau domaine, chaque multiplication des institutions bahá'íes, doivent " être suivis, en même temps, par une poussée plus profonde des racines qui soutiennent la vie spirituelle de la communauté et qui garantissent sa saine croissance. L'attention ne devrait jamais être éloignée de ce besoin vital et constant ; elle ne doit pas non plus être relâchée, dans aucune circonstance, ni être subordonnée à la tâche aussi vitale et urgente qui consiste à assurer l'expansion extérieure des institutions administratives bahá'íes. " Dès maintenant, la juste mesure entre ces deux aspects essentiels de son développement, doit être observée par la communauté bahá'íe, au moment où nous pénétrons dans l'ère des conversions sur une grande échelle. La consolidation doit englober non seulement l'établissement des institutions administratives bahá'íes, mais aussi un véritable approfondissement dans les vérités fondamentales de la Cause et dans ses principes spirituels, la compréhension de son objet principal dans l'établissement de l'unité du genre humain, l'instruction de ses règles de comportement pour tous les aspects de la vie publique et privée, la pratique particulière de la vie bahá'íe pour des questions telles que les prières quotidiennes, l'éducation des enfants, l'observance des lois du mariage bahá'í, l'abstention dans la politique, l'obligation de contribuer aux Fonds, l'importance des Fête des Dix-Neuf Jours et l'occasion d'acquérir une bonne connaissance de la pratique actuelle de l'administration bahá'íe.

La marche de l'avant de la Foi exige, et elle en dépend, un grand accroissement des contributions aux divers fonds. Tous les buts confiés au Centre mondial de la Foi, et notamment ceux ayant trait à la mise en valeur et à l'embellissement des propriétés entourant les Sépulcres sacrés et l'extension des jardins sur le Mont Carmel entraînent de lourdes dépenses. La construction des deux Temples prévus au Plan exigera d'autres sommes importantes, et le processus mondial d'enseignement et de consolidation, qui va être intensifié, doit être soutenu par un courant bien plus fort et ininterrompu de contributions. Le Fonds international de substitution doit être maintenu et étendu, non seulement à d'autres besoins en pionniers, mais dans le but d'assister et de mettre au point le programme d'enseignants itinérants qui vient d'être lancé. Comme seuls ceux qui ont publiquement proclamé leur reconnaissance de Bahá'u'lláh peuvent contribuer financièrement à l'établissement de son ordre mondial, il apparaît que plus, beaucoup plus est demandé des quelques-uns qui ont ce privilège. Nos responsabilités dans ce domaine sont très grandes, vraiment proportionnées à la grâce d'être les porteurs du Nom de Dieu en ce jour.

L'appel adressé à chaque bahá'í, individuellement, dans chaque champ d'activité, mais par-dessus tout pour l'enseignement de la Cause de Dieu, est perpétuel. A chaque nouveau tourment infligé à 1'humanité, notre devoir irrésistible devient plus clair, et nous ne devrions pas oublier que si nous négligeons de remplir ce devoir, " d'autres ", selon Shoghi Effendi, " seront appelés à reprendre notre tâche pour répondre aux besoins terribles de ce monde tourmenté ". Il semble que ce soit maintenant que nous pénétrions dans une ère d'expansion tant attendue de notre Foi bien-aimée. La soif croissante de vérité spirituelle qu'éprouve l'humanité, représente notre chance. Alors que nous tendons la main pour la saisir, il sera bon de s'arrêter aux paroles suivantes de Bahá'u'lláh : " Votre conduite envers votre voisin devrait atteindre le niveau auquel les signes du seul vrai Dieu sont clairement manifestés, car vous êtes les premiers parmi les hommes à être recréés par son Esprit, les premiers à adorer et à courber le genou devant Lui, les premiers à vous rendre autour de son trône de gloire. "

Au moment où l'humanité plonge plus profondément vers la condition dont Bahá'u'lláh écrit que " la révéler maintenant ne serait pas convenable ni bienséant ", les croyants doivent pour autant, de plus en plus, se distinguer comme des êtres fondamentalement heureux, pleins d'assurance et orientés, et se conformer à une règle de conduite qui, contrastant vivement avec les attitudes ignobles et amorales de la société moderne, est la source de leur honneur, de leur force et de leur maturité. C'est le contraste marqué entre la vigueur, l'unité et la discipline de la communauté bahá'íe d'une part, et la confusion croissante, le désespoir et le rythme fiévreux d'une société condamnée de l'autre, qui attirera, pendant les années turbulentes à venir, le regard de 1'humanité vers le refuge de la Foi universellement rédemptrice de Bahá'u'lláh.

Le progrès constant de la Cause de Dieu est une source de joie pour nous tous et un stimulant pour plus d'action. Mais pas des actions ordinaires. L'appel est lancé pour des actes héroïques que seules des âmes détachées et divinement soutenues peuvent accomplir. 'Abdu'l-Bahá, le Commandant des armées du Seigneur, dans une de ses Tablettes du Plan divin, s 'écria : " Oh ! Que ne puis-je voyager, même à pied et dans la pauvreté la plus complète, vers ces régions et, élevant l'appel de Yá Bahá'u'l-Abhá dans les villes, les villages, les montagnes, les déserts et sur les océans, répandre les enseignements divins ! Hélas ! Je ne le puis. Combien je le déplore intensément ! " Et Il conclut avec cet appel qui bouleverse le cœur : " Ô Dieu, faites que Vous l'accomplissiez ! "

A l'issue de la troisième année du Plan de neuf ans, notre reconnaissance émue va de tout cœur à Bahá'u'lláh pour les faveurs divines par lesquelles Il a manifestement soutenu et confirmé sans relâche les efforts dévoués de ses serviteurs sous tous les cieux, et, sans hésitation aucune, nous affirmons notre confiance dans la communauté du Plus Grand Nom, qui peut et veut remporter une victoire totale par sa détermination et ses efforts empreints de sacrifice.

L'année dernière, nous avions lancé un appel pour, former en 1967 onze nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales. Toutes ces Assemblées seront élues pendant la période de Ridván. Nous accueillons avec beaucoup de joie les Assemblées Spirituelles Nationales des bahá'ís d'Algérie et de Tunisie, avec siège à Alger ; de la République du Cameroun, avec siège à Victoria ; du Swaziland, du Lesotho et du Mozambique, avec son siège à Mbabane ; de Zambie avec siège à Lusaka ; de Belize, avec son siège à Belize ; des Iles Vierges et Sous-le-Vent (Leeward & Windward, Antilles), avec siège à Charlotte Amalie ; de l'Arabie du Sud-Est, avec siège à Bahrayn ; du Laos, avec siège à Vientiane ; du Sikkim, avec siège à Gangtok ; de Taiwan, avec siège à Taipeh ; des Iles Gilbert et Ellice, avec siège à Tarawa. Le Centre mondial de la Foi sera représenté à chacune des Conventions nationales par une Main de la Cause de Dieu, qui présentera un message de la Maison Universelle de Justice accueillant les nouvelles communautés nationales et leur remettant leur part à accomplir des buts du Plan de neuf ans.

En ce Ridván, quatre-vingt-une des 108 Assemblées Spirituelles Nationales et plus de six mille des 13737 Assemblées Spirituelles Locales prévues pour 1973, auront été établies ; on annonce 28217 localités sur un total de 54102 à atteindre en 1973 ; quinze d'entre les soixante-cinq enregistrements d'Assemblées nationales ont été atteints ; dix-sept des cinquante-deux Hazíratu'l-Quds nationaux, sept des soixante-deux terrains pour temples, treize des cinquante-quatre dotations nationales, quatorze des trente-deux instituts d'enseignement ont été acquis ; 123 enregistrements d'Assemblées locales sur les 973 prévus ont été réalisés ; l'acquisition de 24 Hazíratu'l-Quds locaux en Inde, dix-sept au Kenya, neuf en Ouganda, deux en Afrique du Sud, deux en Turquie et un certain nombre dans la République démocratique du Congo-Kinshasa a été conclue, tandis que du terrain pour huit autres a été acheté au Kenya, quatre au Cameroun, deux au Pakistan et un à l'Ile Maurice ; dans huit pays, des dotations locales supplémentaires aux buts du Plan ont été acquises.

L'Islande, la Corée, le Libéria, le Grand Duché du Luxembourg et la Rhodésie reconnaissent maintenant le certificat de mariage bahá'í ; la République dominicaine, la Guyane, Hawaii, l'Islande, l'Italie, le Kenya et le Luxembourg reconnaissent les jours fériés bahá'ís. Une Ecole d'été a été ouverte au Libéria et une autre, non prévue au Plan, au Canada, du terrain pour d'autres écoles d'été a été acquis en Argentine, en Ethiopie et aux Iles Samoa. Vingt-cinq nouveaux idiomes ont été ajoutés à la liste des langues dans lesquelles des publications bahá'íes sont disponibles, ce qui porte le total à 397. Le nombre de territoires ouverts maintenant à la Foi a atteint le chiffre de 311, avec les nouvelles régions où des bahá'ís se sont récemment établis soit l'Archipel de Chiloé, Bonaire, Iles Phœnix et Saint Martin, et deux nouveaux territoires supplémentaires à ceux prévus au Plan, c'est-à-dire l'Ile de Melville, en Australasie et celle de Montserrat, dans les Antilles (Windward).

Après des difficultés prolongées, l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Iran a enfin été en mesure de prendre possession de la forteresse historique de Chihríq, cette citadelle triste et solitaire qui devint la dernière résidence terrestre du Báb, et de laquelle Il fut conduit vers son martyre à Tabríz. La réalisation de la reconnaissance tant espérée de la Foi en Italie constitue une magnifique victoire qui a pour résultat non seulement l'enregistrement de l'Assemblée Spirituelle Nationale, mais aussi celui de toutes les Assemblées Spirituelles Locales en Italie et la possibilité d'établir la Maison d'éditions de cette Assemblée Spirituelle Nationale. En Islande, la foi bahá'íe a été reconnue comme une des religions de cette île. Ceci permettra l'enregistrement de l'Assemblée Spirituelle Locale de Reykjavik, mais aussi à son président d'effectuer des mariages et des enterrements bahá'ís, d'exempter la Foi de certains impôts, d'observer les jours fériés bahá'ís et de préparer le chemin en vue de l'enregistrement de. L'Assemblée Spirituelle Nationale de ce pays quand elle sera formée. Le nombre total des Assemblées Spirituelles Locales, des groupes et localités prévus au Plan pour 1973 a déjà été atteint dans cinquante-trois territoires et îles sous 1a direction de vingt-six Assemblées Spirituelles Nationales ; cinq territoires ont formé le nombre requis d'Assemblées Spirituelles Locales et sept ont atteint le nombre de localités qui leur a été assigné.

Depuis que l'appel a été lancé l'an dernier, l'enseignement itinérant international touchant aux cinq continents et presque toutes les communautés nationales a été entrepris. Soixante dix-huit projets ont été réalisés en Europe, quarante-trois en Amérique, vingt-sept en Asie, vingt-cinq en Australasie, ce qui représente avec ceux d'Afrique un total de quelque deux cents projets. Il faut espérer que cette activité stimulante, si chère au cœur du bien-aimé Maître, s'étendra constamment,

A la base de toutes ces réalisations concrètes, il y a une activité constante à travers le monde dans le domaine de l'enseignement et de l'administration comme un mouvement perpétuel comparable à la houle de la mer, qui, au sein de la communauté bahá'íe, est la véritable raison de sa croissance. Les Assemblées Spirituelles Nationales et Locales font face à des problèmes difficiles ; elles élaborent de nouveaux plans ; elles assument leurs responsabilités dans le cadre de communautés qui croissent en nombre et en sagesse ; des comités s'efforcent d'atteindre les buts ; la jeunesse bahá'íe se voue avec empressement et dévouement à des activités ; des bahá'ís, individuellement, et leur famille fournissent leur part d'efforts pour la Cause en donnant le Message, organisant une réunion - tous ces fidèles services attirent la bénédiction de Bahá'u'lláh et, plus ils sont soutenus par la prière et une intense consécration, plus ils s'étendent et libèrent dans le monde une charge spirituelle à laquelle aucune force sur terre ne peut résister et qui, en définitive, produira le triomphe total de la Cause. C'est de cette vitalité organique de la Foi, qui se ressent avec tant de plaisir au Centre mondial, que nous aimerions partager l'immense joie avec chaque croyant.

Au Centre mondial de la Foi, la codification du Kitáb-i-Aqdas et la collation d'autres Textes importants continuent. Le travail très important qui consiste à préparer la Constitution de la Maison Universelle de Justice est en bonne voie. L'entretien et l'extension des jardins entourant les Sanctuaires sacrés à Haïfa et à Bahjí continuent. La publication du volume XIII de l'encyclopédie " The Bahá'í World " a été entreprise ; cet ouvrage s'étend sur les activités de la Foi pendant neuf ans, de 1954 à 1963, soit presque la période entière du Plan décennal, et il comprend un article étendu sur le bien-aimé Gardien dû à Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum. Le programme échelonné de nos rapports avec les Nations Unies est activement poursuivi. Une autre réalisation importante supplémentaire consiste en l'établissement d'un Centre audiovisuel bahá'í international chargé de fournir du matériel d'enseignement et d'approfondissement à toutes les Assemblées Spirituelles Nationales et de conserver et répertorier ce matériel audiovisuel.

Pendant toute l'année, les services rendus par nos bien-aimées Mains de la Cause ont brillé d'un éclat infaillible. Les encouragements constants qu'elles prodiguent aux Assemblées Spirituelles Nationales et aux croyants de partout pour les inciter à poursuivre les buts du Plan et à acquérir une meilleure compréhension de la véritable signification de la Révélation de Bahá'u'lláh, contribuent grandement aux progrès du Plan et influencent profondément l'évolution de la communauté bahá'íe. Ces quelques croyants consacrés et intrépides qui sont entrés dans l'histoire par leur nomination à ce haut ministère, constituent véritablement le précieux héritage que nous a laissé le bien-aimé Gardien ; et, tandis que les années s'écoulent, l'honneur et le respect qui leur est dû en vertu de leur rang élevé augmentent, et l'affection et l'admiration que suscitent leurs fidèles services s'ancrent plus profondément chez les amis.

Pour répondre à certaines nécessités, deux changements ont été opérés dans la disposition des Mains cette année. La Main de la Cause, M. John Robarts, est retournée dans l'Hémisphère Ouest avec affectation spéciale au Canada, d'où il est natif, et la Main de la Cause, M. William Sears est retourné en Afrique. D'autre part, nous sommes heureux d'annoncer que la Main de le Cause, M. Tárázu'lláh Samandarí, dont les yeux furent réjouis par sa rencontre avec Bahá'u'lláh, représentera la Maison Universelle de Justice à la Conférence intercontinentale de Chicago, pour remplacer la Main de la Cause, feu M. Leroy Ioas.

Sur le plan international, le grand projet de construction du temple panaméen a commencé par le choix d'un modèle présenté par un architecte anglais, M. Peter Tillotson. M. Robert McLaughlin, ancien membre de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Etats-Unis et doyen émérite de l'Ecole d'Architecture de l'Université de Princeton, a été nommé conseiller architectural de la Maison Universelle de Justice pour la construction de ce temple. A noter qu'il fut membre du Comité technique pour la construction intérieure du premier temple occidental Wilmette. MM. McLaughlin et Tillotson se sont déjà rendus sur les lieux et travaillent en étroite collaboration. Des images et des plans du nouveau Temple seront bientôt publiés et les amis seront tenus au courant des progrès dons la construction de cette Maison d'adoration " située entre deux grands océans ", une région géographique dont 'Abdu'l-Bahá souligna l'importance à venir et d'où les enseignements une fois établis " uniront l'est et l'ouest, le nord et le sud ".

Le brillant exploit qu'avaient réalisé les pionniers au cours de la deuxième année du Plan est en train de produire ses effets bienfaisants, mais il faut toujours davantage de pionniers de manière urgente, et il en faudra aussi par la suite, dans toutes les parties du monde, pour consolider et développer la Foi dans les territoires récemment conquis de même dans ceux où la Foi a été établie à nouveau pendant les premières années du Plan. Les besoins immédiats se chiffrent à 209 pionniers qui devront s'établir dons quatre-vingt-sept territoires mentionnés sur 1a liste ci-jointe. C'est pourquoi un appel est maintenant lancé dans le but d'accomplir rapidement cette tâche. Chaque croyant peut servir dans ce domaine hautement méritoire et tous ceux qui se sentent pressés de répondre à cet appel sont priés d'étudier la liste des territoires ci-jointe et d'adresser leurs offres à leur Assemblée Spirituelle Nationale. De plus amples détails quant aux besoins dans chacun des territoires en question ont été envoyés aux Assemblées Spirituelles Nationales et aux Comités des pionniers.

Les besoins constants en pionniers, de même que la proclamation mondiale vers laquelle nous nous dirigeons, portant de manière impérative notre attention, dans chaque continent, vers les fronts intérieurs, car ils constituent les ressources en effectifs et en expérience administrative, c'est-à-dire les bases solides desquelles toute expansion prend son essor, dans son propre pays et à l'étranger. Le plus grand accroissement en nombre d'Assemblées Spirituelles Locales, de groupes et de croyants est nécessaire sur les fronts intérieurs et ces tâches doivent être conduites vigoureusement. Quelques Assemblées Spirituelles Nationales ont programmé ces buts importants en fixant un certain nombre à atteindre chaque année, permettant d'aborder les buts totaux de manière planifiée et progressive. Cette poursuite systématique et résolue des buts indigènes est vivement recommandée.

Les besoins pressants et croissants du Fonds bahá'í sont portés à l'attention de tous les croyants. Il y a actuellement de grands projets qui sont en voie d'accomplissement ou qui restent à entreprendre, projets qui exigent de très grandes sommes d'argent s'ils doivent être réalisés. Le temple panaméen - le premier des deux temples prévus au Plan de neuf ans - l'embellissement et l'extension du Centre mondial lui-même, qui entraînent une augmentation nécessaire et inévitable des facilités servant les besoins croissants de la Foi ; le soutien accordé dans de nombreuses parties du monde au programme d'enseignement d'importance vitale ; l'établissement et le développement des nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales - toutes ces tâches sont autant de raisons urgentes pour que les amis de partout accordent leur assistance par des contributions régulières et empreintes de sacrifice. Si l'inflation s'étend de par 1e monde, l'augmentation du coût de la vie est compensée, du moins dans les pays riches, par une augmentation correspondante des revenus personnels. Les dépenses du Fonds bahá'í sont immanquablement et sérieusement affectées par cette situation inflationnaire ; on ne peut y remédier que par des contributions à la fois plus élevées et provenant d'un nombre plus élevé de donateurs. La Maison de Justice croit que les besoins financiers de la Cause devraient être comblés par la participation universelle des donateurs ; elle invite avec empressement les Assemblées Spirituelles Nationales et Locales de s'atteler vigoureusement à ce but et en faisant preuve d'imagination, tout en rappelant aux amis comment le bien-aimé Gardien a supplié chaque croyant " d'offrir sans hésitation, chacun selon ses propres moyens, sa part sur l'autel du sacrifice pour la Foi ". Le fait que nous seuls, bahá'ís, pouvons contribuer financièrement à la Cause constitua notre gloire et ce qui nous stimule.

Alors que nous nous approchons de la troisième phase du Plan de neuf ans, la perspective d'occasions captivantes s'ouvre à nous, à même de faire tressaillir de joie le cœur de tout ardent adepte de Bahá'u'lláh. Voici plus d'un siècle que nous travaillons laborieusement à l'enseignement de la Cause ; des sacrifices héroïques, des services dévoués, des efforts prodigieux ont été consentis pour établir les avant-postes de la Foi dans les principaux pays, territoires et îles du globe et pour ériger la charpente de l'ordre administratif autour de la planète. Mais la Foi de Bahá'u'lláh demeure encore inconnue de la plupart des hommes. Maintenant, en fin de compte, la communauté mondiale du Plus Grand Nom est appelée à lancer à l'échelle du globe et pour chaque couche de la société, une proclamation soutenue et intensive du message rédempteur qui annonce que le Promis est venu et que l'unité et bien-être de la race humaine constituent le but de sa Révélation. Cette campagne longue quant aux efforts qu'il faudra déployer pour la soutenir, commençant en octobre prochain pour commémorer le centenaire du retentissement des " notes d'ouverture " de la propre proclamation de Bahá'u'lláh et gagnant en importance pendant tout le reste du Plan de neuf ans, cette campagne pourrait bien devenir le fer de lance d'autres plans qui seront lancés continuellement jusqu'à ce que l'humanité reconnaisse et acclame avec reconnaissance son Rédempteur et son Seigneur. Il y a cent ans, Bahá'u'lláh lui-même s'adressa aux rois, aux dirigeants, aux chefs religieux et aux peuples de la terre. La Maison Universelle de Justice estime qu'il est de son devoir sacré de porter le Message à l'attention des dirigeants du monde actuel. C'est pourquoi elle leur remettra sous forme d'un livre l'essence de l'appel de Bahá'u'lláh. Sous le titre de La Proclamation de Bahá'u'lláh, une édition spéciale sera remise aux Chefs d'Etat ou début de la période de proclamation ; une édition générale sera disponible pour les amis en anglais, français, allemand, italien et espagnol.

Les Mains de la Cause de Dieu Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum, Ugo Giachery, Tárázu'lláh Samandarí, 'Alí Akbar Furútan, Paul Haney, Abu'l Qasim Faizi, qui représenteront la Maison Universelle de Justice aux Conférences intercontinentales d'octobre respectivement à Panama, Sydney, Chicago, Kampala, Francfort et à la Nouvelle-Delhi, se réuniront au Centre mondial en septembre, quelques jours avant la Fête de Mashíyyat. Les membres de la Maison de Justice joindront aux supplications des Mains les leurs au Sépulcre de Bahá'u'lláh à Bahjí et se réuniront avec elles au Manoir pour des consultations. De cet endroit sacré, ces Mains de la Cause feront un pèlerinage spécial au nom de tout le monde bahá'í à Andrinople où la Súriy-i-Mulúk a été révélée. Cent ans après l'événement historique qu'elles vont commémorer, elles se réuniront le 27 septembre dans la Maison de Bahá'u'lláh pour prier et méditer, tandis qu'au même moment les membres de la Maison Universelle de Justice, dans le Très Saint Sépulcre à Bahjí, procéderont à la même commémoration et prieront pour le succès des Conférences et du programme de proclamation. Le monde bahá'í tout entier commémorera entre les Conférences et Ridván 1968, le centenaire de l'ouverture de cette merveilleuse période de l'histoire humaine qui vit la Grâce divine inonder à profusion les hommes de ses trésors et s'ouvrir les portes du Royaume, faisant découvrir à tous ceux qui savaient voir un ciel nouveau et une terre nouvelle et la nouvelle Jérusalem qui descendait du Ciel.

Sitôt après la Fête de Mashíyyat, les Mains de la Cause se rendront d'Andrinople au lieu de leur Conférence, chacune d'elles emportant avec elle en précieux dépôt une photographie de la Beauté bénie, que chacun des participants aux Conférences pourra avoir le privilège de voir. Ces distinguées Mains s'adresseront en leur nom propre à la Conférence où elles sont déléguées et elles apporteront à chaque Conférence un message de la Maison Universelle de Justice qu'elles représentent.

Ces six conférences réunies pour commémorer l'ouverture de la Proclamation de Bahá'u'lláh et pour inaugurer une période de proclamation de son message par l'entière compagnie de ses fidèles, démontreront indubitablement à nouveau l'esprit joyeux qui règne lors de telles réunions entre amis et elles les renforceront dans leur détermination de saisir chaque moyen et occasion à leur portée pour faire retentir l'appel divin. Honorées par la présence des Mains de la Cause, points focaux de l'amour et des prières des amis de partout, aimants attirant les forces spirituelles que seules peuvent affermir leur travail, ces Conférences, il faut l'espérer avec confiance, seront de puissantes sources d'unité, d'enthousiasme spirituel et de préparation réaliste. Les Assemblées Spirituelles Nationales sont appelées à veiller à ce qu'elles soient représentées à la Conférence de leur continent de sorte qu'elles puissent partager leurs plans de proclamation avec d'autres Assemblées Spirituelles Nationales et discuter avec elles les buts qui restent du Plan de neuf ans.

A tous ces amis, dans de nombreux pays, qui souffrent à des degrés divers de restrictions et d'oppression qui les empêcheront totalement ou en partie de procéder à des commémorations publiques et à la proclamation qui doit suivre, nous envoyons un message particulier d'amour et de réconfort. Nous leur disons l'affection et l'admiration que leur portent leurs coreligionnaires qui, en signe de reconnaissance pour leur plus grande liberté, sont résolus à faire retentir une proclamation du divin Message à telle fin qu'elle pourrait ouvrir la voie de l'émancipation de la totalité de la communauté de la Foi.

La proclamation à l'échelle mondiale, l'océan inconnu sur lequel nous allons nous embarquer, ajoutera une dimension nouvelle à notre travail, une dimension telle que si elle se développe, elle complétera et renforcera le double processus d'expansion et de consolidation. Cette méthode d'enseigner qui surgit sitôt après l'édification de la charpente de l'ordre administratif, pourrait bien constituer le moyen de faire progresser le travail vital de la consolidation et la mise en valeur de la sagesse d'enseigner accumulée en cent ans, d'autant plus que le bien-aimé Gardien nous a appris à concevoir une activité systématique et planifiée. C'est pourquoi cette activité doit devenir partie intégrante de notre travail habituel dans ces pays où nous sommes libres de diffuser notre religion ; elle doit figurer dans nos budgets, être attribuée aux comités nationaux et locaux pour qu'ils l'étudient et l'exécutent et avant tout être coordonnée avec les programmes mis en train en vue d'atteindre les buts du Plan de neuf ans. Chaque effort de proclamation doit être soutenu par l'enseignement, particulièrement au niveau local où les annonces publiques devraient être faites parallèlement à de tels efforts. Cette coordination est essentielle, car rien ne serait plus décourageant pour des milliers de gens que d'entendre parler de la Foi et de ne pas savoir où s'adresser pour de plus amples renseignements.

Le bien-aimé Gardien a écrit : " S'efforcer d'obtenir une meilleure compréhension de la signification de la Révélation prodigieuse de Bahá'u'lláh, j'en suis fermement convaincu, reste la première obligation et l'objet des efforts constants de chacun de ses loyaux adhérents. " Cette affirmation place chaque croyant devant l'obligation de s'approfondir solidement dans la Cause. C'est pourquoi nous aimerions commenter la nature de cet approfondissement plutôt que son avantage.

Une connaissance détaillée et précise de la structure actuelle de l'Administration bahá'íe ou des statuts des Assemblées Spirituelles Nationales ou Locales, ou encore des nombreuses et diverses applications du droit bahá'í dans les différentes circonstances qui prévalent autour du monde, quoique précieuse en elle-même, ne peut pas être considérée comme le genre de connaissance qu'on se propose en parlant d'approfondissement. Il s'agit plutôt d'une compréhension plus claire du dessein de Dieu pour l'homme, et plus particulièrement de son but immédiat tel qu'il est révélé et ordonné par Bahá'u'lláh, un objectif aussi éloigné que possible des concepts actuels du bien-être et du bonheur de l'homme. Nous devrions constamment être sur nos gardes de crainte que le clinquant et le faux éclat d'une société opulente ne nous amènent à concevoir que de superficiels accommodements au monde moderne envisagés par des mouvements humanitaires ou publiquement proclamés dans la politique des hommes d'Etat éclairés - tels que la participation de tous les membres de la race humaine aux bénéfices d'un haut niveau de vie, de l'éducation, des soins médicaux, des connaissances techniques - accompliront d'eux-mêmes la mission glorieuse de Bahá'u'lláh. Il en va bien autrement.

Ces choses nous seront données en plus lorsque nous chercherons le Royaume de Dieu ; elles ne constituent pas les objectifs pour lesquels le Báb donna sa vie, Bahá'u'lláh supporta des souffrances que nul avant Lui n'avaient connues, le Maître et après lui le Gardien firent face à leurs épreuves et afflictions avec une force d'âme surhumaine. Leur vision est bien plus profonde et fondamentale ; elle pénètre la raison même de la vie de l'homme. Nous ne saurions mieux faire, a ce sujet, que d'attirer l'attention des amis sur certains thèmes traités par Shoghi Effendi dans son exposé tranchant " Le but d'un nouvel ordre mondial ". " Le principe de l'unité de l'humanité ", écrit-il, " implique un changement organique dans la structure de la société contemporaine, un changement tel que le monde n'en a pas vu de pareil. " Faisant allusion aux " changements historiques qui constituent les événements marquants dans l'histoire de la civilisation humaine ", il précise " qu'ils ne peuvent être considérés que comme des ajustements subsidiaires préparant cette transformation d'une majesté et d'une magnitude incomparables que l'humanité doit expérimenter en cet âge. " Dans un autre écrit, il définit la civilisation qui sera établie par Bahá'u'lláh comme une " civilisation d'une plénitude de vie telle que le monde n'a jamais vue et ne peut encore concevoir. "

Amis bien-aimés. Voilà le thème que nous devons chercher dans nos efforts en vue d'approfondir la Cause. Quel est le dessein de Bahá'u'lláh pour la race humaine ? Dans quel but se soumit-Il aux épouvantables cruautés et indignités qui lui furent infligées ? Qu'entend-Il par " une nouvelle race d'hommes " ? Quels sont les profonds changements qu'Il va produire ? Les réponses se trouvent dans les Ecrits sacrés de notre Foi et dans l'interprétation qu'en donnent 'Abdu'l-Bahá et notre bien-aimé Gardien. Que les amis se plongent dans cet océan, qu'ils organisent des classes d'études régulières pour leur examen constant et, pour renforcer leur effort, qu'ils se souviennent consciencieusement des exigences de la prière quotidienne et de la lecture de la Parole divine qui sont imposés aux bahá'ís par Bahá'u'lláh.

Ces efforts dévoués de la part des amis en vue de s'approfondir dans la Cause sont rendus nécessaires par le programme de proclamation qui approche. Lorsqu'il commencera à donner des fruits, une attention toujours plus soutenue sera portée aux revendications de Bahá'u'lláh et il faudra s'attendre à de l'opposition. " Combien grande, combien immense est la Cause " a écrit le Maître. " Combien violent est le massacre de tous les peuples et races de la terre. Avant longtemps, on entendra de loin et de près la clameur de la multitude à travers l'Afrique et l'Amérique, le cri de l'européen et du Turc, la plainte de l'Inde et de la Chine. Ils se lèveront tous pour résister de toutes leurs forces à Sa Cause. C'est alors que les chevaliers du Seigneur, assistés de la grâce venue d'En-haut, fortifiés par la foi, soutenus par le pouvoir de la compréhension et renforcés par les légions du Covenant, se lèveront et rendront manifeste la vérité de ce verset " Voyez la confusion qui s'est abattue sur les rangs des vaincus ! ".

Attentifs aux nombreuses expressions de l'amour divin enchâssées dans nos Ecritures et conscients de la nature extraordinaire de la, crise avec laquelle l'humanité est confrontée, nous faisons appel aux amis pour qu'ils prennent à nouveau conscience des grandes choses qui sont attendues de nous en ce jour. Nous rappelons que la Beauté bénie, Bahá'u'lláh, de même que son " Bien-aimé " avant Lui et qu' 'Abdu'l-Bahá après Lui ont supporté leurs souffrances en ce monde de sorte que le genre humain puisse être libéré des attaches matérielles et " qu'il atteigne la véritable liberté ", " qu'il prospère et s'épanouisse ", " atteigne la félicité et soit transporté de joie ". Et nous prions afin que les efforts des amis puissent contribuer à ce que cette gloire et cette félicité soient rapidement atteintes.

Le message qui suit est envoyé aux Conventions nationales. Il s'agit d'un télégramme, car il a fallu l'envoyer comme tel à certaines Assemblées Spirituelles Nationales pour qu'il arrive à temps. Veuillez le transmettre aux amis réunis à l'occasion de votre Convention :

NOUS SOUVENANT JOYEUSEMENT (de 1') ESPRIT (de) CONSECRATION (et des) MURES DELIBERATIONS (de la) DEUXIEME CONVENTION INTERNATIONALE (, nous) SALUONS (1') OCCASION UNIQUE (présentée par les) CONVENTIONS NATIONALES (,) AU MOMENT (où nous nous) APPROCHONS (du) MILIEU (du) PLAN (de) NEUF ANS (, pour) GALVANISER (les) CROYANTS DIRIGER TOUS (leurs) EFFORTS (en vue d') ATTEINDRE TOUS LES BUTS QUI RESTENT (et) EN MEME TEMPS ETENDRE (et) ACCELERER PROCLAMATION UNIVERSELLE (du) DIVIN MESSAGE STOP AVEC AMOUR ABSOLU APPELONS TOUS BAHA'IS (à une) EFFUSION (empreinte de) SACRIFICE (, d') ENERGIES (et de) RESSOURCES (pour le) PROGRES (de 1') ORDRE REDEMPTEUR (de) BAHA'U'LLAH (qui est le) SEUL REFUGE (pour les) MILLIONS (de personnes) FOURVOYEES (et) INSOUCIANTES STOP (Le) CENTRE MONDIAL (de la) FOI (sert de) CADRE (à une) CONSULTATION PROLONGEE DANS RECUEILLEMENT AVEC (les) MAINS (de la) CAUSE REUNIES (au sujet des) BUTS (du) PLAN Y COMPRIS (comme) OBJECTIF FONDAMENTAL (le) DEVELOPPEMENT (de 1') INSTITUTION (des) MAINS (en vue d') ETENDRE (les) DEVOIRS DONNES PAR DIEU (consistant en) PROTECTION PROPAGATION STOP SUPPLIONS CONTINUELLEMENT (aux) TOMBEAUX SACRES (le) SEIGNEUR (des) ARMEES (de) RECOMPENSER GENEREUSEMENT (les) FIDELES ARDENTS (pour une) VICTOIRE COMPLETE (et) GLORIEUSE.

Le progrès continu de la cause de Dieu présente un contraste frappant avec l'agitation chronique affligeant la société humaine, un contraste que les événements de l'année écoulée, à l'intérieur et à l'extérieur de la Foi, n'ont fait qu'intensifier. Au milieu de la désintégration de l'ordre ancien, la Cause de Dieu a continué sa marche majestueuse, étendant la portée de ses activités et de son influence et développant davantage son système administratif.

S'ouvrant par la convocation, en Terre sainte, de la deuxième Convention Internationale pour l'élection de la Maison Universelle de Justice, cette année a témoigné d'une remarquable activité de la Cause. Le fait nouveau le plus significatif et d'une grande portée a indubitablement été la nomination de onze Corps continentaux de conseillers. Cette désignation accomplit le but du Plan de neuf ans qui prévoyait le développement de l'Institution des Mains de la Cause de Dieu, en vue d'étendre à l'avenir ses fonctions spécifiques de protection et de propagation. Cette décision, prise en pleine consultation des Mains de la Cause, a en même temps fortement renforcé les activités de leur Institution et permis aux mains d'étendre individuellement la portée de leurs services au-delà du territoire continental, dispensant universellement aux amis l'amour, la sagesse et l'esprit de consécration qui animent ceux que le gardien a désignés. Nous aimerions rendre hommage aujourd'hui à la manière exemplaire dont les Conseillers, sous la direction des Mains, ont entamé leurs hautes tâches.

En août, la première Conférence océanique bahá'íe, qui a eu lieu à Palerme, a commémoré le voyage de Bahá'u'lláh sur la mère Méditerranée alors qu'Il se rendait vers la Plus Grande Prison. Les congressistes se rendirent immédiatement après la conférence, à la Qiblih de leur Foi pour rendre hommage au Tombeau de son fondateur et pour commémorer, dans la pleine compréhension de son importance spirituelle, l'arrivée longuement prophétisée de Seigneur des Armées sur les rives de la Terre Sainte. Ce rassemblement de plus de deux mille croyants présenta, d'une manière inexprimable, un contraste poignant avec l'arrivée de Bahá'u'lláh cent ans auparavant, alors qu'Il était rejeté par les dirigeants de ce monde et tourné en dérision par la populace de l'endroit. Tel est le pouvoir conquérant de Son message, telle est la puissance invincible du Roi des rois.

Ce même message est aujourd'hui proclamé par ses fidèles d'un bout à l'autre du monde. Cent vingt-deux Chefs d'Etat ont déjà reçu l'édition spéciale de " La Proclamation de Bahá'u'lláh " et d'autres exemplaires ont été remis à des milliers d'autres haut-fonctionnaires et dirigeants.

Profitant de ce que l'année 1968 fut désignée Année des Droits de l'Homme par les Nations Unies, les communautés bahá'íes du monde entier ont non seulement resserré les liens entre la Communauté bahá'íe internationale et les Nations Unies, mais elles ont en même temps proclamé la Foi et son message salutaire. De pays en pays, la Cause a été présentée pour la première fois par les moyens modernes de communication de masse. Le volume de cet appel aux peuples du monde prend de jour en jour plus d'ampleur et doit augmenter de même à l'avenir, pour pénétrer chaque couche de la société, jusqu'à la fin du Plan et au-delà.

Pour stimuler et soutenir ce travail vital ainsi que pour faire avancer les buts du Plan, nous annonçons une série de huit Conférences océaniques et continentales qui auront lieu entre août 1970 et septembre 1971 comme suit : à la Paz (Bolivie) et Rose-Hill (Ile Maurice) en août 1970 - à Monrovia (Liberia) et à Djakarta (Indonésie) en janvier 1971 - à Suva (aux Iles Fidji) et à Kingston (Jamaïque) en mai 1971 - à Sapporo (Japon) et à Reykjavik (Islande) en septembre 1971.

Un examen des progrès du Plan de neuf ans révèle que de grands pas en avant ont été faits pour l'acquisition d'Hazíratu'l-Quds, de terrains pour temples et d'instituts d'enseignement, pour la traduction de publications bahá'íes dans de nouvelles langues et pour l'enregistrement officiel d'Assemblées Spirituelles Locales et Nationales. Le terrain du temple de Panama a été aménagé pour la construction qui devrait commencer dès que les plans et le cahier des charges finals, ainsi que l'adjudication du contrat, seront approuvés.

En conséquence de l'allure accélérée de l'expansion et de la consolidation qui a été prise et qui, si elle est soutenue et nourrie, deviendra une véritable marée de réalisations victorieuses, nous annonçons joyeusement la formation de douze nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales ; deux durant Ridván 1969 : l'Assemblée Spirituelle Nationale des bahá'ís du Burundi et du Ruanda, avec siège à Bujumbura, et l'Assemblée Spirituelle Nationale des bahá'ís de Papouasie et de Nouvelle-Guinée, avec siège à Lae ; et dix autres durant Ridván 1970 : six en Afrique, les Assemblées Spirituelles Nationales des bahá'ís de la république du Congo (Kinshasa), du Ghana, du Dahomey, du Togo et Niger, du Malawi, du Botswana, de Gambie, Sénégal, Guinée Portugaise et des Iles du Cap Vert ; une en Amérique, l'Assemblée Spirituelle Nationale des bahá'ís des Guyanes ; une en Asie, l'Assemblée Spirituelle Nationale des bahá'ís du Proche-Orient ; et deux en Australasie, les Assemblées Spirituelles Nationales de Tonga et des Iles Cook, et de Samoa. Le nombre des Assemblées Spirituelles Nationales aura ainsi passé à quatre-vingt treize au Ridván 1970.

En harmonie avec la croissance universelle de la Cause, le centre mondial de la Foi se développe aussi rapidement. Les pèlerins, a dit le Bien-Aimé Gardien, sont comme le sang de ce centre mondial et depuis longtemps nous avons espéré et désiré être à même d'accorder la grâce du pèlerinage en Terre sainte à tous ceux qui peuvent le faire. C'est donc avec grande joie que nous pouvons maintenant ouvrir la voie du pèlerinage à un nombre bien plus grand de croyants. Dès octobre de cette année, l'effectif de chaque groupe d'amis invités sera quadruplé et le nombre annuel des groupes sera augmenté de sorte que près de six fois plus de pèlerins auront l'occasion, chaque année, de prier aux Tombeaux des Personnages centraux de leur Foi, de rendre visite aux lieux sanctifiés par les pas, les souffrances et les triomphes de Bahá'u'lláh et d' 'Abdu'l-Bahá et de méditer dans la tranquillité de ces lieux sacrés, embellis avec tant d'amour et de soins par notre bien-aimé Gardien.

Ce flot accru de pèlerins contribuera grandement à l'essor spirituel de la Communauté Bahá'íe mondiale qui, maintenant, après cinq ans de labeur ardu et portant les lauriers de victoires remarquables, entre dans la quatrième phase du Plan de neuf ans.

Le grand besoin le plus urgent à ce stade du Plan, est une augmentation rapide du nombre des croyants et un progrès important dans l'ouverture de nouvelles localités ainsi que dans la formation d'Assemblées Spirituelles Locales fermement assises comme prévu au Plan. Cette activité mondiale, le signe distinctif de la quatrième phase du Plan, répondant aux extraordinaires occasions offertes par la condition actuelle de l'humanité, sera fortement renforcée par la poursuite de la proclamation ; elle est la fondation essentielle pour l'établissement des nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales et témoignera de plus en plus des avantages de l'enseignement itinérant international et de la coopération entre Assemblées. Elle exige surtout une effusion empreinte de sacrifices de la part des amis, en contributions pour alimenter les Fonds de la Foi et pour susciter une armée puissante de pionniers.

Au cours de la deuxième année du Plan, le monde bahá'í réalisa son plus grand exploit organisé dans le domaine des pionniers lorsque cinq cent cinq croyants en tout se levèrent pour s'établir dans les territoires de la terre qui ne connaissent pas la Foi ou qui sont faibles en effectifs. Cette magnifique réalisation doit maintenant être surpassée. L'appel est lancé à sept cent trente trois croyants de quitter leur demeure et de s'établir dans les territoires du globe, qui ont un grand besoin d'être soutenus par des pionniers ou dans ceux qui ne sont pas encore ouverts. Ces croyants dévoués qui devraient se lever sans tarder, sont appelés à s'établir pendant la quatrième phase du Plan, dans 184 territoires distincts du globe : 48 en Afrique, 40 en Amérique, 40 en Asie, 18 en Australasie et 38 en Europe. Bien que les communautés bahá'ís nationales les plus susceptibles de fournir des pionniers aient reçu la responsabilité première de les trouver, tous devraient méditer en leur cœur si, eux aussi, ne pourraient pas répondre à cet appel, soit en partant eux-mêmes, soit en déléguant, en réponse à l'injonction de Bahá'u'lláh, ceux qui peuvent aller à leur place. Des renseignements détaillés sont envoyés aux Assemblées Spirituelles Nationales pour assurer que cette mobilisation de combattants bahá'ís soit réalisée aussitôt que possible.

Amis bien-aimés, le Plan de neuf ans est bien avancé, notre travail est béni par les confirmations incessantes de Bahá'u'lláh et l'entière communauté bahá'íe mondiale est engagée vers la victoire complète. Cette fin heureuse que l'on peut faiblement discerner à l'horizon lointain, sera atteinte par un dur travail, une planification réaliste, des actions empreintes de sacrifice, l'intensification du travail d'enseignement et, par-dessus tout par un effort constant, de la part de chaque croyant pour que sa vie intérieure soit conforme à l'idéal glorieux que Bahá'u'lláh a fixé à l'humanité et qu' 'Abdu'l-Bahá a exemplifié. En contemplant l'exemple divin du Maître, nous ferons bien de réfléchir que sa vie et ses actes, n'opéraient pas d'après un modèle d'opportunité mais qu'ils furent l'expression inévitable et spontanée de son être intérieur. De même, nous agirons selon son exemple seulement si notre esprit intérieur, croissant et mûrissant par les disciplines de la prière et de la pratique des enseignements, devient la source de toutes nos attitudes et de nos actes. Ceci contribuera à l'accomplissement du dessein de Dieu ; ceci assurera le triomphe de Sa Foi et nous permettra de faire croître le mouvement actuel de la Cause en une grande force vive dont la vigueur transportera la communauté du Plus Grand Nom vers la victoire glorieuse en 1973 et plus haut vers les perspectives insoupçonnées de la Paix suprême.

Le texte suivant constitue notre message au monde Bahá'í et a été télégraphié à certaines Assemblées Spirituelles Nationales :

(la) COMMUNAUTE MONDIALE BAHA'IE ENTRANT (dans la) SEPTIEME ANNEE (du) PLAN DE NEUF ANS A AMPLEMENT DEMONTRE (sa) CAPACITE (d') ESCALADER (les) HAUTEURS DE DEVOTION (et de) SACRIFICE (et de) GAGNER (des) VICTOIRES ETONNANTES (à une) FOI REDEMPTRICE (du) MONDE (,) SALVATRICE DU MONDE (,) UNIFICATRICE DU MONDE /STOP/ CE RIDVAN (nous) SOUHAITONS (une) AFFECTUEUSE BIENVENUE (aux) ONZE NOUVELLES ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES (qui se) FORMENT ACTUELLEMENT (dont) SEPT EN AFRIQUE (,) UNE AUX AMERIQUES (,) UNE EN ASIE (e) DEUX EN AUSTRALASIE PORTANT (à) 94 (le) NOMBRE (des) PILLIERS SOUTENANT (la) MAISON UNIVERSELLE DE JUSTICE /STOP/ EMUS, (nous) PAYONS UN TRIBUT AFFECTUEUX (aux) MAINS DE LA CAUSE DE DIEU (pour) LEURS BRILLANTS SERVICES (,) TRACANT (par leur) FLAMME DES SENTIERS (d') ENSEIGNEMENT (sur la) SURFACE (de la) PLANETE ENCOURAGEANT (et) CONSEILLANT (les) ASSEMBLEES ET (les) AMIS (de) TOUS (les) CONTINENTS /STOP/ EN VUE (d') UN REFORCEMENT EFFECTIF DE CE NOBLE TRAVAIL (par les) CORPS CONTINENTAUX (des) CONSEILLERS CAPABLES (et) DEVOUES (et par) LEURS CORPS AUXILIAIRES (et en vue des) BESOINS CROISSANTS (et de l') EXPANSION (de la) COMMUNAUTE MONDIALE (nous) ANNONCONS (l') AUGMENTATION (de) CETTE INSTITUTION VITALE (par la) DESIGNATION (de) TROIS CONSEILLERS SUPPLEMENTAIRES : IRAJ AYMAN (pour l') ASIE OCCIDENTALE (,) ANNELIESE BOPP (et) BETTY REED (pour l') EUROPE (et l') AUTORISATION (pour la) DESIGNATION (de) 45 MEMBRES AUXILIAIRES 9 (pour l') AFRIQUE (,) 16 (pour l') ASIE 2 (pour l') AUSTRALASIE l8 (pour l') HEMISPHERE OCCIDENTALE /STOP/ APPELONS (pour la) FORMATION (de) 4 ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES AU RIDVAN 1970 ( : ) LESOTHO SIEGE MESERU (;) COTE (d')IVOIRE (,) MALI (et la) HAUTE VOLTA SIEGE ABIDJAN (;) TRINIDAD (et) TOBAGO SIEGE PORT D'ESPAGNE (,) ILES SOLOMMON SIEGE HONARIA /STOP/ (le) PLAN (de) NEUF ANS A DEJA MARQUE (de) GRANDES REALISATIONS (dans les domaines de) PIONNIER (,) PROCLAMATION (,) RECONNAISSANCE (de la) FOI (,) POUSSEE DES JEUNES (,) ACQUISITION (des) PROPRIETES, COMMENCEMENT (de la) CONSTRUCTION (du) TEMPLE (de) PANAMA (,) DEVELOPPEMENT DU CENTRE MONDIAL /STOP/ (Il est) NECESSAIRE (,) URGENT (,) IMMEDIAT (et) VITAL (de) CONCENTRER (notre) ATTENTION (sur l') ACCROISSEMENT (du) NOMBRE (des) LOCALITES (, des) ASSEMBLEES SPIRITUELLES LOCALES (,) DES CROYANTS (, de) REMPLIR (les) POSTES DE PIONNIER VACCANTS /STOP/ L'APPEL (du) RIDVAN DERNIER A FAIT LEVER 733 PIONNIERS ( ce qui est le) MINIMUM REQUIS /STOP/ 479 POSTES SPECIFIQUES (sont) ENCORE VACCANTS /STOP/ (la) VICTOIRE TOTALE EXIGE PLUS DE PIONNIERS (,) PLUS DE FON DS (,) PLUS DE NOUVEAUX CROYANTS /STOP/ (les) MAINS (de la) CAUSE (,) LES CONSEILLERS (,) LES MEMBRES AUXILIAIRES (,) LES ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES (et) LOCALES (et) CHACUN DES ADEPTES DE BAHA'U'LLAH SONT INVITES A FAIRE (le) MAXIMUM (d') EFFORT PENDANT (les) ANNEES RESTANT DU PLAN (de) NEUF ANS /STOP/ (la) REALISATION (de) CETTE ETAPE (du) PLAN DIVIN DU MAITRE DOTTERA LA COOMUNAUTE DE LA CAPACITE (et des) AGENCES ADMINISTRATIVES (nécessaires pour) ENTREPRENDRE L'ETAPE SUIVANTE DE L'ACCOMPLISSEMENT (du) BUT SUPREME (de la) REVELATION DE BAHA'U'LLAH (, l') UNIFICATION (du) GENRE HUMAIN (, l') ETABLISSEMENT TANT PROMIS DU ROYAUME DE DIEU (sur) CETTE TERRE /STOP/ NOUS VOUS ASSURONS (de) NOS PRIERES ARDENTES (et) AFFECTUEUSES AUX TOMBEAUX SACRES

Le 28 novembre 1971, le monde bahá'í commémorera le cinquantième anniversaire de l'Ascension d' 'Abdu'l-Bahá, le Centre du Covenant, l'Etendard de l'unité de l'humanité, le mystère de Dieu, un événement qui a marqué à la fois, le terme de l'Age héroïque de notre foi, le commencement de l'Age de formation et la naissance de l'Ordre administratif, noyau et schéma de l'Ordre mondial de Bahá'u'lláh. En contemplant les fruits du ministère du Maître, recueillis pendant les cinquante premières années de l'Age de formation, période dominée par la personne dynamique et bien-aimée de Shoghi Effendi, dont la vie fut dédiée à l'exécution méthodique des dispositions du Testament d' 'Abdu'l-Bahá et des Tablettes du Plan Divin - (les deux chartes données par le Maître pour l'administration et l'enseignement de la Cause de Dieu) - nous pouvons bien avoir un sentiment de crainte à la perspective des prochaines cinquante années. Cette première moitié du siècle de l'Age de formation a vu la communauté bahá'íe croître de quelques centaines de centres dans 35 pays en 1921, plus de 46000 centres dans 135 états indépendants et 182 îles et territoires importants à ce jour, et a été marquée par l'établissement à travers le monde de charpente de l'Ordre administratif, qui, à son tour, a apporté la reconnaissance de la foi par de nombreux gouvernements et autorités civils et l'octroi du statut consultatif au Conseil économique et social des Nations Unies, et a été le témoin de la propagation dans de nombreuses parties du monde de " l'entrée en troupes " promise par le Maître et depuis si longtemps impatiemment attendue par les amis.

On peut maintenant percevoir un nouvel horizon, éclairé par les lueurs des développements émouvants dans la vie progressive de la Cause de Dieu. S'en approcher est une victoire complète dans le Plan de neuf ans. Car nous ne devrions jamais oublier que la Croisade de dix ans du bien-aimé Gardien, l'actuel Plan de neuf ans, d'autres plans à suivre à travers les époques successives de l'Age de formation de la foi, sont toutes des phases dans les dispositions du Plan Divin d' 'Abdu'l-Bahá, prises dans 14 de ses Tablettes à l'Amérique du Nord.

Le Plan de neuf ans est bien avancé, et ce Ridván verra l'établissement de sept nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales, cinq en Afrique, une en Amérique du Sud et une dans le Pacifique, portant le chiffre total de ces corps exaltés à 101. Au prochain Ridván, les neuf Assemblées déjà annoncées seront formées, ainsi que quatre autres, une en Afghanistan, une en Arabie, une dans les Iles dans le Vent et une à Porto Rico, portant le total à 114, six de plus que n'en demandait le Plan de neuf ans. Les membres de toutes les Assemblées Spirituelles Nationales qui seront élus à Ridván 1972, prendront part à l'élection de la Maison Universelle de Justice à Ridván 1973, lorsque aura lieu la Convention internationale au Centre mondial.

Le Temple-Mère d'Amérique Latine, le Mashriqu'l-Adhkár de Panama, doit être achevé en décembre 1971, et sa consécration aura lieu le Ridván suivant.

Le merveilleux esprit répandu aux quatre Conférences océaniques et intercontinentales, outre les bénéfices pratiques qu'elles apportèrent à la Cause, renforcèrent nos nobles espoirs que les quatre Conférences qui auront lieu cette année, représenteront un succès et une satisfaction retentissante pour davantage de pionniers, plus d'enseignants itinérants et une diffusion plus grande du Message et une poussée de spiritualité et de dévouement de la part des amis.

Notre appel aux amis en décembre 1970 pour soutenir le fonds international bahá'í, qui atteignait un état alarmant à cause de différentes circonstances imprévues, a reçu une réponse très généreuse de la part de nombreuses communautés bahá'íes du monde, et nous sommes encouragés de penser que cette manifestation de dévouement et de sacrifice, au fur et à mesure qu'elle s'étendra, résoudra la condition qui avait menacé d'affecter durablement la réalisation des buts les plus chers du Plan de neuf ans.

Les voyages et autres services des Mains de la Cause de Dieu, suscitent continuellement notre gratitude et notre joie, même notre émerveillement et notre étonnement. Leurs actions sont telles qu'elles éclipsent les actes des apôtres des temps anciens et qu'elles confèrent une splendeur éternelle à cette période de l'Age de Formation. De la part de tous les amis partout dans le monde, nous leur offrons notre amour et notre gratitude respectueux. Il est à propos de rappeler ici la mort, après soixante-dix ans de service exemplaire à la foi, de la Main de la cause Agnès Alexander, dont le Maître disait que ses premiers services à Hawaï étaient plus grands que si elle avait fondé un empire.

Des mesures restrictives, dirigées contre la foi et variant en sévérité, depuis l'oppression pure et simple jusqu'à l'abus des difficultés, rendent pratiquement impossible l'accomplissement des buts du Plan de neuf an dans un certain nombre de pays, notamment au Moyen-Orient, en Afrique du Nord-Ouest, le long des franges de l'Afrique de l'Est et dans certaines régions de l'Asie du Sud-Est. Il est à espérer que les communautés bahá'íes qui ont la liberté d'enseigner leur foi dépasseront leurs propres buts pour compenser amplement les carence dont souffrent leurs sœurs moins fortunées. L'armée des enseignants itinérants doit être renforcée et les amis, particulièrement la jeunesse bahá'íe, doivent sérieusement considérer combien de temps ils peuvent consacrer à la foi pendant les deux dernières années du Plan de neuf ans. Des visites d'enseignement de courte ou de longue durée, la députation d'autres personnes, l'entreprise de ces tâches qui libéreront d'autres amis pour le travail d'enseignement, sont tous les moyens de construction, à l'unisson, cette vague finale qui portera le Plan vers la victoire.

Deux objectifs principaux du Plan sont la formation de nouvelles Assemblées Spirituelles Locales et l'ouverture de nouvelles localités. 13995 Assemblées Spirituelles Locales sont nécessaires ; 10360 sont déjà en existence. 54583 localités doivent avoir un résident bahá'í ; 46334 en ont déjà. Le but est en vue, le temps est court. Cependant, la poussée qui se reflète dans toutes les statistiques ci-dessus n'a pas eu lieu à tous les niveaux et dans toutes les régions. Car, tandis qu'un certain nombre de communautés nationales ont déjà accompli ou même dépassé les buts qui leur étaient assignés, beaucoup ont à faire face à des difficultés extrêmes pour atteindre les leurs. Avec une aide mutuelle et une amplification du mouvement déjà acquis, il n'y a pas de doute que la communauté du Plus Grand Nom est capable de continuer d'avancer vers la victoire totale, gagnant ainsi une vue de ces perspectives captivantes actuellement derrière l'horizon.

Le double processus si clairement décrit par le bien-aimé Gardien dans son essai " Vers l'apogée de la race humaine " - le progrès régulier et la consolidation de la Cause de Dieu d'un côté et la désintégration progressive d'un monde moribond de l'autre - nous imposeront sans nul doute de nouvelles tâches, l'obligation d'aviser de nouvelles méthodes d'enseignement, de démontrer plus clairement à un monde désillusionné, la Façon bahá'íe de vivre et rendre plus efficace les institutions administratives de la Foi. L'autorité et l'influence des assemblées spirituelles nationales et locales devront être renforcées pour pouvoir traiter avec de plus grandes communautés bahá'íes ; le caractère international de la Cause devra être développé, tandis que l'office international d'enseignement du Centre rnondial, déja mentionné dans de précédentes lettres générales, sera établi.

Aussi fascinantes que puissent être de telles considérations, qui dans un proche avenir forceront vraisemblablement notre attention, elles ne doivent pas détourner notre énergie et notre volonté de la tâche immédiate - les buts du Plan de neuf ans.

Leur réalisation est la meilleure préparation pour le futur et le moyen de développer de nouveaux pouvoirs et capacités dans la communauté bahá'íe. Nous sommes confiants que l'Armée de Lumière, grandissant en Force et en unité, aura d'ici 1973, année centenaire de la révélation du Kitáb-i-Aqdas escaladé les hauteurs d'un autre sommet dans le chemin menant Finalement aux cimes élevées de la Plus Grande Paix.

L'inauguration de la dernière année du Plan de Neuf Ans voit la Communauté mondiale bahá'íe tendre vers une victoire écrasante. C'est le cœur plein de gratitude que nous constatons les confirmations continuelles qui ont assisté ses efforts et les Divins bienfaits qui n'ont jamais cessé de pleuvoir sur cet ordre mondial embryonnaire béni et en constante évolution.

Le Mashriqu'l-Adhkár de Panama, le Temple-Mère de l'Amérique Latine, sera consacré ce Ridván. Trois Bien-Aimées Mains de la Cause, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum, représentant la Maison Universelle de Justice, Ugo Giachery et Dhikru'lláh Khádem assisteront à cette cérémonie historique. Le concept plein d'imagination et imposant de l'architecte, Peter Tillotson, a merveilleusement été réalisé et nous transmettons à l'Assemblée Spirituelle Nationale de Panama, de la part de tout le monde bahá'í, des félicitations sincères pour leur réalisation.

Bien que la dissolution de l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Irak ait, malheureusement, résulté de la persécution de la Foi dans ce pays, les treize nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales qui seront formées ce Ridván, porteront à 113 le nombre total de ces piliers de la Maison Universelle de Justice.

Les buts demandant l'acquisition de propriétés et la création d'Instituts sont bien en main et, dans les pays où les circonstances légales le permettent, l'incorporation des Assemblées et la reconnaissance du mariage bahá'í et des jours fériés font de grands progrès.

Ce sont les buts d'enseignement qui doivent fixer toute notre attention et notre effort. Bien que plus de 260 territoires aient réalisé les buts qui leur avaient été attribués, c'est-à-dire d'avoir des localités où résident des bahá'ís et dans certains cas les aient dépassés, permettant ainsi à la communauté mondiale bahá'íe de se réjouir pour avoir excédé, sur une échelle mondiale, le nombre total des localités envisagées dans le plan, il y a toujours 60 territoires où ce but est encore à gagner et où son obtention doit recevoir une priorité absolue entre maintenant et Ridván 1973. Il est vraisemblable qu'un grand nombre de nouvelles Assemblées Spirituelles Locales, sera établi à Ridván et dès que la position de ces buts sera assurée, une liste détaillée, de tous les territoires de par le monde qui n'ont pas encore conquis leurs buts, c'est-à-dire d'avoir des localités et des Assemblées Spirituelles Locales, sera envoyée à chaque Assemblée Spirituelle Nationale pour communication urgente aux amis.

Il est à espérer que pendant cette dernière année du Plan, le principe de collaboration entre les Assemblées Spirituelles Nationales, sera étendu au-delà des tâches particulières données dans le Plan de Neuf Ans. Ces communautés qui ont déjà réalisé leurs buts, où qui sont en vue de les obtenir, devraient considérer l'image du monde telle qu'elle est révélée dans la liste mentionnée plus haut et faire tout ce qu'elles peuvent, sans compromettre leur propre succès, pour aider leurs communautés sœurs avec des pionniers et des enseignants itinérants ou par n'importe quel autre moyen possible. Un tel procédé consolidera grandement l'unité et la fraternité de la communauté mondiale bahá'íe.

En attendant, nous appelons tous les croyants de part le monde à pleinement considérer leurs moyens personnels et à se lever pendant qu'il est encore temps, pour remplir les buts internationaux du Plan pour avoir des pionniers. Il reste toujours 267 postes de pionniers à remplir - 75 en Afrique, 57 aux Amériques, 40 en Asie, 30 en Australasie et 65 en Europe.

Les progrès extraordinaires réalisés depuis ce Ridván de 1964, lorsque débuta le Plan de Neuf Ans, continuant sur une échelle mondiale le processus d'enseignement organisé et prémédité et qui fut institué par notre bien-aimé Gardien lorsqu'il lança la Croisade de Dix ans, imposa à notre intention les nouvelles exigences de cet ordre mondial en perpétuelle augmentation, aussi bien pour sa propre vie organique que par rapport à la société mondiale qui se désintègre et dans laquelle il est inséré. La divergence entre les usages du monde et de la Cause de Dieu s'élargit encore. Pourtant les deux doivent s'assembler. La Communauté Bahá'íe doit démontrer d'une façon toujours plus concrète sa capacité de racheter le désordre, le manque de cohésion, la complaisance, l'impiété de la société moderne ; les lois, les obligations religieuses, l'observation de la vie bahá'íe, les principes moraux bahá'ís et les modèles de dignité, de décence et de respect doivent être profondément inculqués dans la conscience bahá'íe et continuellement informer et caractériser cette communauté. Un tel processus demandera un grand développement dans la maturité et l'efficacité des Assemblées Spirituelles Locales. Les desseins et les standards de la Cause doivent être de plus en plus compris et courageusement soutenus. L'influence des Corps Continentaux des Conseillers et le travail de leurs Membres Auxiliaires doivent se développer et s'étendre sur la structure entière de la communauté bahá'íe. Un large programme méthodique pour la production de littérature bahá'íe doit être promu

Cependant, notre tâche immédiate et inéluctable, est d'assurer que chaque but accessible du Plan de Neuf Ans soit accompli. Ceci doit être fait à tous prix. Aucun sacrifice, aucun ajournement des plans les plus chers ne doit être rejeté de façon à décharger cette tâche des " plus importantes " de toutes les nombreuses tâches " importantes " qui nous font face. Qui peut douter que le dernier effort suprême sera couronné de succès ? Actuellement, Fidji, la communauté nationale qui a remporté les lauriers pour avoir la première accompli chaque tâche qui lui était attribuée, mène le cortège des communautés pleines de joie et victorieuses de l'Armée de Lumière. Nous pouvons bien imiter la jeunesse bahá'íe, dont l'émerveillement récent dans le champ de la proclamation et de 1'enseignement est l'un des mouvements les plus encourageants et les plus significatifs de la Foi, et qui par des prières prolongées, précédentes et continuelles, déchaîne les portes des cieux pour qu'elles la soutiennent dans ses entreprises. Nous avons tous la possibilité d'en appeler à Bahá'u'lláh pour Son aide divine et toute puissante, et Il nous aidera sûrement. Car Il est Celui qui entend les prières et Qui y répond.

LA MAISON UNIVERSELLE DE JUSTICE

D'un cœur plein de joie et de reconnaissance nous vous annonçons la victoire éclatante de l'accomplissement du Plan mondial de neuf ans. L'Armée de la Lumière a gagné sa deuxième campagne globale ; elle a dépassé les buts fixés pour l'expansion et a atteint un degré véritablement impressionnant de participation universelle, les deux objectifs du Plan. Nous témoignons avec gratitude et amour des confirmations incessantes que Bahá'u'lláh a déversées sur ses serviteurs, rendant chacun d'entre nous capable de lui offrir une partie de notre labeur, de notre dévouement, de notre sacrifice, de notre supplication qu'Il a si abondamment récompensés. En ce centenaire de la révélation du Plus Saint Livre, la communauté du Plus Grand Nom dépose son hommage de victoire à ses pieds, reconnaissant que c'est Lui qui l'a accordée.

A la fin du Plan de neuf ans, la Cause de Dieu se trouve plus largement répandue, plus solidement établie, et ses propres relations internationales plus étroitement unifiées qu'en 1964 lorsque le plan fut lancé. 95 nouveaux territoires ont été ouverts à la foi ; les 69 Assemblées Spirituelles Nationales qui assuraient la tâche de la communauté mondiale se sont élevées à 115, 5 de plus que le nombre requis. Ces Maisons secondaires de Justice embryonnaires sont soutenues par plus de 17000 Assemblées Spirituelles Locales, 5000 de plus que prévu et 12000 de plus qu'au début du plan. Des bahá'ís demeurent dans 69500 localités, 15000 de plus que le nombre requis, et 54000 de plus qu'en 1964. De la littérature bahá'íe a été traduite en 225 langues en sus, ce qui porte le nombre total à 571 ; 63 terrains pour les temples, 56 Hazíratu'l-Quds nationaux et 62 dotations nationales ont été acquises portant le nombre total de ces propriétés à 98, 112 et 104 respectivement ; 50 instituts d'enseignement et écoles d'été et d'hiver jouent leur rôle dans l'instruction bahá'íe, et 15 Maisons d'éditions publient de la littérature bahá'íe dans les langues principales du monde. Le Temple-Mère de l'Amérique latine a été construit et consacrée Parmi les buts dont l'aboutissement dépend de circonstances favorables indépendants de notre volonté figurent l'enregistrement des Assemblées et la reconnaissance des jours saints bahá'ís. C'est un plaisir de rapporter que 90 Assemblées Spirituelles Nationales et 1556 Assemblées Spirituelles Locales - 181 de plus que le nombre total requis - ont été enregistrées, tandis que les jours saints bahá'ís ont été reconnus dans 64 pays et le certificat de mariage bahá'í a été reconnu dans 40 pays.

Cette grande expansion de la foi nécessita une armée de pionniers internationaux. Deux appels principaux furent lancés sollicitant 461 et 733 pionniers, ce qui avec des appels additionnels pour des postes déterminés, amena le nombre indispensable en pionniers à un total de 1344. La communauté du Plus Grand Nom répondit en fournissant 3553 pionniers qui, de ce fait, quittèrent leur foyer. 2.265 sont encore à leur poste.

Au Centre mondial de la foi, le volume des écrits sacrés bahá'ís et des écrits de Shoghi Effendi qui ont été collationnés et classifiés a augmenté d'une façon continue, tâche soutenue et enrichie par le travail d'un comité spécial que l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Iran avait nommé. Le matériel au Centre mondial comprend quelque 2600 tablettes originales de Bahá'u'lláh, 6000 d' 'Abdu'l-Bahá et 2500 lettres de Shoghi Effendi et, en outre, quelque 18000 copies authentifiées d'autres de leurs tablettes et lettres. Elles ont toutes été étudiées, des passages importants en ont été extraits puis classifiés et les sujets répartis sous 400 rubriques générales.

Le synopsis et la codification des lois et ordonnances du Kitáb-i-Aqdas - achevant le progrès considérable qu'avait fait le Gardien bien-aimé en cette tâche - sera publié lors du centenaire de la révélation du Plus Saint Livre, lequel centenaire, comme déjà annoncé, sera célébré pendant ce Ridván à la fois en Terre sainte et partout dans le monde bahá'í.

La constitution de la Maison Universelle de Justice, proclamée par Shoghi Effendi comme étant la plus grande loi de la foi de Bahá'u'lláh, a été formulée et publiée.

Les jardins à Bahjí et sur le Mont Carmel ont été agrandis d'une manière significative et des plans ont été approuvés en vue du développement et de l'embellissement de toute l'étendue des propriétés bahá'íes entourant les tombeaux sacrés à Bahjí et à Haïfa.

La proclamation universelle de la foi, processus intensif qui commença au cours de la troisième phase du Plan et qu'il faudra soutenir pendant longtemps, fut ouverte en octobre 1967 par la commémoration du centenaire de la proclamation de Bahá'u'lláh aux rois et souverains associés à sa révélation du Súriy-i-Mulúk à Andrinople. Cet événement historique fut commémoré lors des six conférences intercontinentales tenues simultanément dans différentes parties de la planète. Ce programme de proclamation reçut une forte impulsion par les autres neuf conférences océaniques et continentales qui se produisirent tout au long de la durée du plan. Les quinze conférences auxquelles avaient assisté presque 17.000 croyants provoquèrent une grande publicité dans la presse et à la radio, et elles donnèrent 1'occasion aux Bahá'ís de porter le message divin a la connaissance des dignitaires et des notables. Cette campagne de proclamation qui se poursuivra bien au-delà de la fin du plan de neuf ans, fut ouverte par la présentation au nom de la Maison Universelle de Justice, à 142 chefs d'état, d'un livre spécialement édité contenant la traduction anglaise de tablettes et passages des écrits dans lesquels Bahá'u'lláh quelque cent ans auparavant, avait lancé sa puissante proclamation à l'humanité.

Les rapports entre la Communauté Internationale Bahá'íe et les Nations Unies connurent un point culminant dans leur développement lorsque cette Communauté fut accréditée auprès du Conseil économique et social des Nations Unies en tant qu'organisation non-gouvernementale avec statut consultatif. La Communauté internationale bahá'íe a maintenant un représentant permanent auprès des Nations Unies et tient un bureau à New York.

Les Mains de la Cause, aimées et vénérées, ont pendant toute la durée du plan de neuf ans, et dans un esprit de sacrifice, rendu des services éminents. Elles ont, dans tous les coins du monde, inspiré les amis, secondé les Assemblées Spirituelles Nationales, encouragé le travail d'enseignement et joué un rôle vital dans le succès du plan. Le sort traînant de plus d'une communauté nationale a été révolutionné par la visite d'une Main de la Cause ; la prise de mesures rapides et énergiques inspirées par la Main, provoquèrent des résultats étonnants, renversant complètement les perspectives de la communauté. Les Mains ont aussi enrichi la littérature de la foi par des ouvrages remarquables.

Le but du plan destiné à développer " L'institution des Mains de la Cause de Dieu en consultation avec le corps des Mains de la Cause en vue de l'extension à l'avenir de ses deux fonctions qui leur sont assignées : la protection et la propagation ", fut accompli par étapes, aboutissant à 1'établissement de onze Corps continentaux des conseillers, dont les membres furent nommés par la Maison Universelle de Justice. Ils assumèrent la responsabilité des membres auxiliaires pour la protection et la propagation. Dès lors, les Mains bien aimées ne s'identifièrent plus individuellement à un continent particulier - sauf en ce qui concerne leur résidence - mais étendirent leur champ d'action sur la planète entière. Conseillés et guidés par les Mains de la Cause de Dieu travaillant en étroite collaboration avec elles, les Corps continentaux des conseillers ont déjà, dans la courte durée de leurs fonctions, rendu d'importants et inestimables services.

Trois développements prodigieux se sont opérés pendant le plan de neuf ans, à savoir, le mouvement en avant de la jeunesse au front du travail d'enseignement, le gros accroissement des ressources pécuniaires de la foi et la multiplication surprenante de projets soutenus entre Assemblées nationales.

Le premier de ces développements, l'heureuse montée au premier plan de la jeunesse bahá'íe a changé la face du travail d'enseignement ; des murs impénétrables ont été enfoncés ou surmontés par des groupes enthousiastes de jeunes bahá'ís pieux et dévoués, présentant le message divin à leur propre génération d'une façon qu'elle accepte, génération par laquelle le message s'est répandu et se répand à travers tout l'édifice social. Le monde bahá'í entier a frissonné de joie à ce développement. Ayant rejeté les valeurs et les normes du vieux monde, la jeunesse bahá'íe désire ardemment apprendre les principes de Bahá'u'lláh, s'y adapter et offrir ainsi le programme divin pour combler le vide qu'a laissé l'abandon du vieil ordre.

Le but fixé dans le plan requérant un vaste accroissement des ressources pécuniaires de la foi a suscité une réponse réconfortante de la communauté bahá'íe entière. Non seulement le fonds bahá'í international mais aussi les fonds locaux, nationaux et continentaux de la foi ont été alimentés par voie de sacrifices. Cette preuve concrète de l'amour que les amis portent à la Foi, a permis à tout le travail de progresser : l'assistance prêtée aux pionniers et aux enseignants itinérants, l'érection de Mashriqu'l-Adhkár(s) et l'acquisition de propriétés bahá'íes, l'achat de lieux saints au berceau de la foi et au Centre mondial, le développement d'institutions destinées à l'éducation et à l'instruction, et toutes les activités multiples d'une communauté mondiale vigoureuse, constructive et en progression. Fait intéressant à signaler : 60% du fonds international de la foi a servi à supporter le travail d'Assemblées Spirituelles Nationales à promouvoir le travail d'enseignement et à défendre la Cause contre les attaques déclenchées dans maintes parties du monde. Sans une telle aide de la part de la communauté mondiale bahá'íe, de nombreuses Assemblées nationales seraient paralysées dans leurs efforts d'expansion et d'approfondissement. L'administration de l'Huqúqu'lláh a été affermie en préparation de son extension dans d'autres parties du globe. Un fonds international de délégation (deputization) fut créé au Centre mondial dans l'intention d'assister les pionniers et les enseignants itinérants prêts à servir mais n'étant pas à même de subvenir à leurs propres frais. Ce fonds fut, par la suite, élargi de manière à soutenir aussi des projets de fronts intérieurs nationaux. Contribuer aux fonds est une faveur qui sera toujours accordée à tous les croyants ; la croissance de la foi et l'essor de son ordre administratif exigent l'écoulement constant et progressif de nos ressources, si peu que soit la quantité en comparaison avec la générosité et la surabondance des confirmations déversées par Bahá'u'lláh.

Au lancement du plan, 219 projets d'assistance furent spécifiés au moyen desquels des communautés nationales devaient prêter leur concours en fournissant à d'autres communautés généralement éloignées d'elles géographiquement, ou des fonds, ou des pionniers, ou du matériel d'enseignement. L'intention de ces projets visait à resserrer les liens d'unité entre les pays lointains du monde bahá'í et les différentes traditions sociales, culturelles et historiques. Ainsi, plus de 600 projets ont été réalisés à la fin du plan. La coopération entre les communautés s'est développée davantage dans le domaine de la publication de littérature bahá'íe, notamment en espagnol et en français et dans les langues africaines. Un vaste champ d'efforts fructueux s'offre sous ce rapport.

Le manque de liberté dans certains pays, les véritables répressions ou les obstacles légaux et physiques dans d'autres, ont fait que certains buts spéciaux - surtout ceux requérant l'enregistrement ou la reconnaissance - n'ont pu être atteints. En prévoyance, la Maison Universelle de Justice fit appel à des communautés nationales dont les pays permettent la libre pratique et promotion de la foi, pour augmenter leurs propres buts et pour assurer ainsi que le total des buts soit acquis. Il s'est avéré encore impossible de mettre en train les travaux de construction du Mashriqu'l-Adhkár à Téhéran, mais des contrats ont été signés rendant possible la préparation de dessins détaillés et le commencement des expertises géologiques. Tout sera prêt pour l'action immédiate aussitôt que la situation, devenue propice en Iran, le permettra.

De nombreux événements importants et intéressants se dérouleront pendant le plan de neuf ans, sans toutefois y avoir été directement associés. Ce fut d'abord et avant tout, dans l'enceinte de la Qiblih du monde bahá'í, la commémoration du centenaire de l'arrivée du Promis de tous les âges dans la cité-prison d' 'Akká, comme annoncée dans les anciennes écritures.

Le manoir de Mazra'ih, souvent désigné par le Gardien bien-aimé comme étant l'un des " manoirs jumeaux " où la Beauté Bénie avait résidé après neuf ans passés à l'intérieur des murs de la cité-prison d' 'Akká, et cher au cœur des croyants, étant associé à leur Seigneur, a finalement pu être acheté avec en plus 24000 mètres-carrés de terrains s'étendant dans la plaine, du côté est de la propriété.

L'érection de l'obélisque, marquant l'emplacement du futur Mashriqu'l-Adhkár sur le Mont Carmel, complète un projet que le Gardien bien-aimé avait amorcé.

La décision, relative au bâtiment qui servira de siège à la Maison Universelle de Justice, fut prise et annoncée au monde bahá'í, et les premières démarches ont été faites en vue de son érection sur le Mont Carmel, à l'emplacement sur l'arc que Shoghi Effendi avait désigné.

Le progrès de la Cause de Dieu acquiert une puissance croissante et nous pouvons avec confiance compter sur le jour où cette communauté, au temps voulu par Dieu, aura traversé les phases que son Gardien avait prévues pour elle, et aura dressé sur cette planète tourmentée les belles maisons du Royaume de Dieu lui-même dans lequel l'humanité trouvera le repos au terme de la confusion, du chaos et de. la ruine qu'elle-même a déclenchés, et la haine et la violence de notre temps se transmueront d'une façon durable en fraternité et en paix mondiale. Tout cela s'accomplira au sein du Covenant du Père éternel, le Covenant de Bahá'u'lláh.

(En cette) OCCASION (du) PLUS GRAND FESTIVAL NOUS CONTEMPLONS AVEC (nos) COEURS RECONNAISSANTS (les) ACCOMPLISSEMENTS ( de cette) PREMIERE ANNEE (du) PLAN (de) CINQ ANQ.

ELECTION (à) CE RIDVAN ( de) CINQ NOUVELLES ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES : QUATRE EN AFRIQUE, UNE EN ASIE.

MALGRE (l') AGGRAVATION (de la) CONDITION (d'une) CIVILISATION MORIBONDE, (il y a des) EVIDENCES (d') ACCUMULATION (de) NUAGES (d') OPPOSITION GENERALE (au) DIVIN MESSAGE, (et aux) CROYANTS (du) MONDE ENTIER (qui) POUSSENT (en) AVANT (l') ACCOMPLISSEMENTS (des) BUTS.

TROIS CENT QUATRE VINGT SIX PIONNIERS (sont) DEJA ETABLIS, CENT CINQUANTE DEUX (se) PREPARENT (pour) PARTIR (à leurs postes) POSTES.

(De) NOUVEAUX PROGRAMMES MONDIAUX (d') ENSEIGNEMENTS ITINERANT CONCUS (par le) CENTRE INTERNATIONAL (d') ENSEIGNEMENT SONT LANCES MAINTENANT PAR (les) ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES EN CONSULTATION AVEC (les) CONSEILLERS.

(Les) BIEN AIMEES MAINS (de la) CAUSE (sont à l') AVANT GARDE (de l') ARMEE (de) LUMIERE, OFFRANT (leurs) CONSEILS AIMANTS (et) CONSTANTS (,) ENCOURAGEMENT (et) PROTECTION (aux) AMIS OEUVRANT (dans la) VIGNE DIVINE.

(Le) CENTRE MONDIAL DE LA FOI, RICHEMENT BENI PAR (l') ACQUISITION (de la) SAINTE MAISON (du) MAITRE, LIEU (de) NAISSANCE (de) SHOGHI EFFENDI (à l') INTERIEURS (des) MURS (de) AKKA, SERA BIENTOT TEMOIN SUR (le) SOL CONSACRE (des) PENTES (du) MONT CARMEL (des) DEBUTS (de l') EXCAVATION (des) FONDATIONS (du) SIEGE PERMANENT (de la) MAISON UNIVERSELLE DE JUSTICE ET EN ITALIE (la) SIGNATURE (du) CONTRAT (pour le) MARBRE NECESSAIRE (au) MAJESTUEUX EDIFICE.

A CE CARREFOUR CRITIQUE HISTORIQUE (de l') HISTOIRE HUMAINE (,) TROIS OBJECTIFS MAJEURS (du) PLAN ET SES BUTS SPECIFIQUES PRESENTENT (un) DEFI INSISTANT (et) DISTINCT A CHAQUE BAHA'I ADULTE, JEUNE, ENFANT, A CHAQUE FAMILLE BAHA'IE, A CHAQUE COMMUNAUTE LOCALE ET SURTOUT A CHAQUE ASEMBLEE SPIRITUELLE LOCALE DONT ( le) DEVELOPPEMENT EST VITAL (au) SUCCES (du) PLAN CINQ ANS ET (au) DEROULEMENT PROGRESSIF (de la) SOCIETE BAHA'IE DIVINEMENT ORDONNEE.

PUISSENT ( les) AUTRES TROIS CENT QUATRE VINGT QUINZE PIONNIERS SE LEVER RAPIDEMENT ET (une) ARMEE (de) VOLONTAIRES REPONDRE (au) PROGRAMME (d') ENSEIGNEMENT ITINERANT NOUVELLEMENT LANCE.

(Les) ASSEMBLEES NATIONALES, LOCALES, (et les) CROYANTS INDIVIDUELS (sont) INCITES (à) CONTRIBUER ABONDAMMENT (en) TEMPS (et en) EFFORT (,) DEVERSANT (les) RESSOURCES MATERIELLES (à l') APPUI (de) CHAQUE PHASE (de) MISE EN OEUVRE (du) PLAN (pour l') AN PROCHAIN.

(Nous) APPELONS (les) CROYANTS (de) TOUS PAYS (à) NOUS JOINDRE (dans les) PRIERES, SUPPLIANT ( la) BEAUTE BENIE (de) GUIDER, (de) SOUTENIR, (et de) PROTEGER SES DISCIPLES DEVOUES DANS LEURS EFFORTS ZELES (pour) PURIFIER LEURS AMES, (pour) HISSER SA BANNIERE, (et pour) SERVIR SA CAUSE.

(Nous) ANNONCONS (aux) DELEGUES REUNIS (aux) CONVENTIONS NATIONALES (la) BONNE NOUVELLE (de 1') ACHEVEMENT (des) TRAVAUX (d') EXCAVATION (sur le) MONT CARMEL EN (vue de la) PREPARATION (de 1') ELEVATION (du) CENTRE (de) LEGISLATION MAJESTUEUX (de la) FOI (de) DIEU (en) CE LIEU SACRE, (la) SIGNATURE (en) ITALIE (d'un) CONTRAT (de) CINQ MILLIONS ET DEMI (de) DOLLARS POUR FOURNIR PLUS DE DEUX MILLE CINQ CENT METRES CUBES (de) MARBRE PENTELIKON DE GRECE ET (pour) EN FORMER (le) REVETEMENT (des) COLONNES (d') ORNEMENTATION APPROPRIEE (à 1') EDIFICE MONUMENTAL.

(Nous sommes) PROFONDEMENT TOUCHES (de la) REPONSE ENTHOUSIASTE (des) CROYANTS (de) TOUTES (les) PARTIES (du) MONDE (devant) CETTE TACHE GLORIEUSE PLEINE (de) DEFI.

PARALLELEMENT (au) DEVELOPPEMENT (du) CENTRE MONDIAL, (nous annonçons un) PLUS AMPLE DEPLOIEMENT (de la) STRUCTURE ADMINISTRATIVE A (1') ECHELON CONTINENTAL (et) NATIONAL, EN AUGMENTANT (le) NOMBRE (de) CONSEILLERS CONTINENTAUX A SOIXANTE ET UN, PAR (la) NOMINATION (de) THELMA KHELGATI (en) AFRIQUE OCCIDENTALE, (de) WILLIAM MASEHLA (en) AFRIQUE DU SUD, (de) BURBANI D-DIN AFSHIN (en) ASIE CENTRALE SUD, (de) HIDEYA SUZUKI (en) ASIE (du) NORD-EST, (de) PWE BATTRICK (en) AUSTRALASIE ET ADIB TAHERZADEH (en) EUROPE, NOUS AUTORISONS (les) CORPS DES CONSEILLERS (à) NOMMER ENCORE QUATRE VINGT DIX MEMBRES AUXILIAIRES ET (à) DEMANDER (1') ELECTION DE SEPT NOUVELLES ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES AU RIDVAN 1977 : DEUX EN AFRIQUE, (au) MALI AVEC SON SIEGE A BAMAKO ET (en) HAUTE-VOLTA AVEC SON SIEGE A OUAGADOUGOU, DEUX EN AMERIQUE CENTRALE ET DU SUD (aux) ANTILLES FRANCAISES AVEC SON SIEGE A PARAMARIBO, UNE EN EUROPE (en) GRECE AVEC SON SIEGE A ATHENE, ET DEUX DANS LE PACIFIQUE (aux ) NOUVELLES-HEBRIDES AVEC SON SIEGE A PORT-VILA ET (aux) ILES MARSHALL AVEC SON SIEGE A MAJURO - CETTE DERNIERE REPRESENTE UN ACCOMPLISSEMENT SUPPLEMENTAIRE DU PLAN. APRES DISSOLUTION, POUR CAUSE (de) RESTRICTIONS LOCALES, DES ASSEMBLEES NATIONALES DE GUINEE EQUATORIALE (et du) NEPAL (le) NOMBRE (des ) ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES (est) AINSI ELEVE A CENT VINGT QUATRE.

SUR NEUF CENT CINQUANTE TROIS PIONNIERS APPELES A (des) POSTES SPECIFIQUES, QUATRE CENT QUATRE VINGT DOUZE (sont) DEJA INSTALLES (et) EGALEMENT QUATRE CENT SOIXANTE DIX SEPT AUTRES PIONNIERS (se sont) RENDUS (dans les) PAYS BUTS. (Nous avons) ENREGISTRE (un) FLOT CONSIDERABLE (d') ENSEIGNANTS ITINERANTS INTERNATIONAUX.

TOUCHES (nous) RENDONS HOMMAGE (aux) SERVICES INLASSABLES (durant 1') ANNEE ECOULEE, (des) MAINS DE LA CAUSE DE DIEU FAVORISANT (les) SUCCES SUSMENTIONNES ET (aussi) DANS (les) DOMAINES (de 1') ENSEIGNEMENT (de la) PROTECTION (de la) PRESERVATION (de la) PROCLAMATION ET (de la) LITTERATURE (de la) FOI, DE MEME QUE (nous rendons hommage) AUX SERVICES INSIGNES (du) CENTRE INTERNATIONAL (d') ENSEIGNEMENT (qui) CONSTITUE (un) GRAND ACCROISSEMENT (de la) FORCE (du) CENTRE MONDIAL (et) SOULAGE (le) FARDEAU PESANT (de la) MAISON UNIVERSELLE (de) JUSTICE.

MAINTENANT COMMENCE (le) MILIEU (du) PLAN DE CINQ ANS (qui) SERA TEMOIN (de la) REUNION (des) FIDELES (de) BAHA'U'LLAH (lors de) HUIT CONFERENCES INTERNATIONALES (d') ENSEIGNEMENT DESTINEES (à) ENGENDRER (une) PUISSANTE IMPULSION (pour le) PROGRES (du) PLAN (et sa) REALISATION DONT (les) BUTS (sont) ACTUELLEMENT SERIEUSEMENT ARRIERES.

(Le) PLUS PRESSANT BESOIN (pour la) FOI (en) CE MOMENT CRITIQUE (de) SA MISSION (de) RACHETER (le) GENRE HUMAIN CONSISTE, POUR CHAQUE CROYANT (et pour) TOUTES (les) ASSEMBLEES NATIONALES ET LOCALES (à) SE CONCENTRER (sur les) BUTS A ATTEINDRE (buts) FIXES POUR (le) MONDE BAHA'I (d') ENCOURAGER (le) PROCESSUS (d') ENTREE EN TROUPES, (de) REALISER (un) VASTE ELARGISSEMENT (de 1') ETENDUE (de la) COMMUNAUTE (d') AUGMENTER (le) NOMBRE (des) CROYANTS FERMES, PRETS (à 1') ABNEGATION (et) DETERMINES (à) CONFORMER CHAQUE ASPECT DE LEUR VIE (avec le) HAUT NIVEAU TRACE (dans les) TEXTES SACRES. LE CHAMP EST VASTE, LE TEMPS COURT (et) LES TRAVAILLEURS LAMENTABLEMENT PEU NOMBREUX, MAIS, DES EFFORTS (que) NOUS (les) FIDELES DE LA BEAUTE BENIE, ALLONS FOURNIR MAINTENANT DU DEGRE (de) SUCCES ET (de la) RAPIDITE AVEC LESQUELS NOUS ALLONS PROCLAMER ET ENSEIGNER SON MESSAGE A NOS SEMBLABLES, DEPENDRA, EN GRANDE PARTIE, LE COURS DE (1') HISTOIRE HUMAINE, DANS LES DECADES IMMEDIATEMENT DEVANT NOUS.

À TOUTES LES ASSEMBLÉES SPIRITUELLES NATIONALES (télégramme)

(Nous nous) RÉJOUISSONS (des) ÉMINENTS ÉVÉNEMENTS ET (des) RÉALISATIONS MARQUANT (l') ANNÉE MÉDIANE (du) PLAN (de) CINQ ANS : (la) PARUTION EN ANGLAIS (des) SÉLECTIONS (des) ÉCRITS BAB BÉNI OFFRANT (aux) YEUX (des) DISCIPLES OCCIDENTAUX (de la) FOI (le) TRESOR INESTIMABLE (de) SES IMMORTELS ÉNONCÉS, UN BIENFAIT QUI NE PEUT MANQUER (d') ATTIRER (les) COEURS TOUJOURS PLUS PRÈS (du) JEUNE PROPHETE-MARTYR ; ( la) TENUE AVEC SUCCÈS (de) HUIT CONFÉRENCES INTERNATIONALES, EXALTANT LE NOM DE LA CAUSE DE DIEU DEVANT UN PUBLIC RECEPTIF, TISSANT PLUS ÉTROITEMENT (les) LIENS UNISSANT (les) AMIS (de) TOUS (les) PAYS, RÉSULTANT (du) JAILLISSEMENT (de l') ACTIVITÉ INTENSE ENSEIGNEMENT, PIONNIÈRE, CONFÉRANT (la) PRISE (de) CONSCIENCE (du) DÉFI URGENT PRÉSENTÉ PAR (les) BUTS (du) PLAN (durant) CETTE PÉRIODE CRITIQUE ; (Il y a la) VISITE PROFONDÉMENT SIGNIFICATIVE (du) LIEU (du) REPOS (du) GARDIEN BIEN-AIMÉ PAR (le) PREMIER MONARQUE RÉGNANT À ACCEPTER (la) FOI BAHA'U'LLAH ; (le) DÉPART (des) ANCIENS OCCUPANTS (de la) MAISON (d') 'ABDU'LLAH PASHA PERMETTANT (à la) FOI (d') OBTENIR (la) POSSESSION (de ce) LIEU SAINT RÉCEMMENT ACQUIS (a permis de) DÉBUTER (le) PROCESSUS (de) RESTAURATION (et la) PRÉPARATION (pour une) OUVERTURE ÊVENTUELLE (à la) VISITE PAR (les) PÉLERINS ; (l') ARRIVÉE (à) HAIFA (des) QUATRE PREMIERS ENVOIS (de) MARBRE ET (le) DEBUT (de la) CONSTRUCTION EFFECTIVE (du) SIÈGE (de la) MAISON UNIVERSELLE JUSTICE (sur le) MONT CARMEL ; (la) NOMIMATION (de) TROIS AUTRES CONSEILLERS (pour l') AMÉRIQUES NORD, CENTRALE (et l') AUSTRALASIE ; (l') ACCOMPLISSEMENT (du) BUT (par l') ÉTABLISSEMENT (à) MI-CHEMIN (du) PLAN (de la) MAJORITÉ (des) PIONNIERS REQUIS PENDANT (la) PREMIÈRE PHASE (fut) ACCOMPAGNÉ (par une) GRANDE VAGUE (d') ENSEIGNANTS ITINÉRANTS ; (la) REPRISE DRAMATIQUE (du) TRAVAIL (d') ENSEIGNEMENT (dans le) BERCEAU (de la) FOI PAR (des) CROYANTS PARTICULIERS SUIVANT (les) PLANS LOCAUX ; ENFIN, (eut lieu l') ELECTION CE RIDVAN (de) SIX NOUVEAUX PILIERS (de la) MAISON UNIVERSELLE (de) JUSTICE, (qui sont les) ASSEMBLEES SPIRITUELLES NATIONALES (de) HAUTE VOLTA EN AFRIQUE, (des) ANTILLES FRANCAISES DANS LES CARAIBES, (du) SURINAM ET (de la) GUYANE FRANCAISE EN AMERIQUE DU SUD, (des) ILES MARSHALL ET NOUVELLES HÉBRIDES DANS L'OCÉAN PACIFIQUE, ET (de la) GRÈCE EN EUROPE, ÉLEVANT (le) NOMBRE TOTAL (des) ASSEMBLÉES SPIRITUELLES NATIONALES À 123 QUI PRENDRONT PART (la) QUATRIÈME ÉLECTION (de la) MAISON UNIVERSELLE DE JUSTICE EN TERRE SAINTE À RIDVAN 1978.

(Les) CONVENTIONS NATIONALES EN 1978 SE TIENDRONT (durant la) FIN DE (la) SEMAINE PRÉCÉDANT OU SUIVANT (le) 23 MAI (qui est la) FÊTE (de la) DÉCLARATION (du) BAB, (et verront la) DEMANDE (de) FORMATION À CE MOMENT-LÀ (de) SIX ASSEMBLÉES SPIRITUELLES NATIONALES DE PLUS : BURUNDI ET MAURITANIE EN AFRIQUE, BAHAMAS EN AMÉRIQUE, OMAN ET QATAR EN ASIE, ET ÎLES MARIANNES DANS LE PACIFIQUE.

(Le) TAUX ACTUEL (de) CROISSANCE (de la) COMMUNAUTÉ (qui) PRESAGE (une) ACCÉLÉRATION (du) PROCESSUS (d') ENTRÉE EN TROUPES (et son) SON EXPANSION (dans de) NOUVELLES RÉGIONS NOUS FORCE (à) RENFORCER ENCORE PLUS (les) CORPS AUXILIAIRES DONT (les) SERVICES (sont) SI VITAUX (pour un) SAIN DÉVELOPPEMENT (de la) COMMUNAUTÉ. (Nous) ANNONÇONS (l') AUTORISATION (d') ACCROÎTRE (le) NOMBRE (des) MEMBRES (de ce) CORPS DE 297 ÉLEVANT (le) TOTAL À 675 DONT 279 SONT MEMBRES (du) CORPS AUXILIAIRE POUR (la) PROTECTION ET 396 POUR (la) PROPAGATION (de la) FOI.

DANS PREMIERS JOURS (de) JUIN 1877 BAHA'U'LLAH QUITTE (la) VILLE (d') 'AKKA ET ETABLIT (Sa) RESIDENCE À MAZRA'IH. POUR MARQUER (le) CENTENAIRE (de la) FIN (de l') INCARCÉRATION (de la) BEAUTÉ ANCIENNE (à l') INTERIEUR (des) MURS (de cette) VILLE-PRISON, NOUS DEMANDONS (à) SES DISCIPLES (dans) TOUS (les) PAYS (de) CONSACRER (la) FÊTE (des) DIX-NEUF JOURS (de) NÛR (à la) COMMÉMORATION (de cet) ÉVÉNEMENT HISTORIQUE, SE RECONSACRANT (aux) TÂCHES URGENTES DEVANT EUX, AFIN QUE (les) ÉNERGIES REFOULÉES (de) SA FOI PRÉCIEUSE SOIENT RELÂCHÉES POUR REJOINDRE (le) NOMBRE TOUJOURS GRANDISSANT (des) ÂMES CHERCHEUSES DANS CERCLE TOUJOURS PLUS LARGE (de) LEURS FRÈRES HUMAINS.

(Le) PLUS GRAND DÉFI (auquel sont) CONFRONTES (les) DISCIPLES (de) BAHÂ'U'LLÂH (durant les) DEUX DERNIÉRES ANNEES (du) PLAN RÉSIDE DANS (les) DOMAINES (d') EXPANSION ET (de) CONSOLIDATION. (Un) ÉNORME AFFLUX (est) REQUIS (pour les) SERVICES (des) CROYANTS PARTICULIERS SUR (les) ACTIONS DESQUELS TOUT PROGRÈS DÉPEND ULTIMEMENT. (L') IMPULSION DONNÉE PAR (les) CONFÉRENCES INTERNATIONALES DOIT (s') ACCÉLÉRER SANS DÉLAI ET (l') ESPRIT LIBÉRÉ DOIT IMPRÉGNER TOUTES (les) COMMUNAUTÉS. (Une) GRANDE AUGMENTATION DOIT AVOIR LIEU DANS (l') ENSEIGNEMENT ENTHOUSIASTE FAIT AVEC CONFIANCE, IMAGINATION ET PERSÉVÉRANCE, PAR JEUNES ET VIEUX, RICHES ET PAUVRES, SAVANTS ET ILLETTRÉS, SOIT AU FOYER OU EN VOYAGE. (Un) APPEL PARTICULIER (aux) FEMMES BAHÂ'I'ES, DONT (les) CAPACITÉS DANS (de) NOMBREUX PAYS (sont) ENCORE PEU UTILISÉES, ET DONT (le) POTENTIEL (pour le) SERVICE (de la) CAUSE (est) SI GRAND, (pour) SE LEVER ET DEMONTRER (l') IMPORTANCE (du) RÔLE (qu') ELLES DOIVENT JOUER DANS TOUS (les) CHAMPS (du) SERVICE À LA FOI.

(Une) ABONDANCE (de) BIENFAITS ATTENDENT (de) DESCENDRE DU CONCOURS SUPRÊME. QUE (les) AMIS DE DIEU POUSSERONT MAINTENANT DE L'AVANT AVEC (des) ESPRITS RÉSOLUS (et) RADIEUX DANS TOUT CONTINENT, (et) ÎLES DES MERS, POUR APPORTER (le) MESSAGE DE BAHÂ'U'LLÂH (aux) AMES EN ATTENTE (pour) GAGNER LEUR ALLÉGEANCE (à) SA CAUSE, ASSURER (la) VICTOIRE DEBORDANTE (du) PLAN DANS LEQUEL ILS SONT ENGAGÉS, EST NOTRE HAUTE ESPÉRANCE ET ARDENTE PRIÈRE AU SAINT SEUIL.

La Maison Universelle de Justice a le grand plaisir de s'adresser aux membres des Assemblées Spirituelles Nationales réunies en Terre Sainte, en présence des Mains de la Cause de Dieu et des Conseillers de tous les continents, à l'occasion de cette quatrième Convention internationale, pour revoir ensemble le fonctionnement et les besoins du Plan de cinq ans, alors que nous franchissons le seuil de cette dernière année.

L'inauguration du Plan témoigna de l'accueil enthousiaste des amis, de l'étude attentive de ses implications et exigences de la part des institutions nationales de la Foi, de l'établissement des moyens et de la mise en place de projets pour exécuter ses buts, et de la lutte souvent ardue pour réaliser le premier de ces trois objectifs majeurs - la sauvegarde et la consolidation de toutes les victoires acquises durant les campagnes antérieures. Cette phase se prolongea dans beaucoup de pays sur une période de plusieurs mois et continua pour d'autres jusqu'à mi-chemin du Plan.

L'année se situant au milieu du Plan vit la tenue de Conférences internationales et de nombreuses Conférences régionales et nationales, qui eurent lieu de concert et diffusèrent partout l'inspiration découlant de ces huit plus grands rassemblements de croyants. Ces réunions motivèrent une grande accélération du travail et apportèrent l'assistance des amis dans le monde pour mieux réaliser la responsabilité confiée aux serviteurs du Plus Grand Nom pour la régénération spirituelle de leurs semblables.

Nous entamons maintenant la dernière étape du Plan et cette Convention nous fournit une occasion heureuse et propice pour faire le bilan de nos progrès et diriger nos pensées vers la complète réalisation des buts.

Des 130 Assemblées Spirituelles Nationales qui vont œuvrer durant la dernière année du Plan, 50 d'entr'elles ont achevé leurs buts d'enseignement ou sont sur le point de le faire. Parmi les autres 80 Assemblées Spirituelles Nationales, 40 d'entr'elles vont de l'avant avec confiance et sont assurées de la victoire, si le rythme actuel de leur travail d'enseignement est maintenu. Neuf Assemblées Spirituelles Nationales sont limitées par des conditions qui rendent l'accomplissement de leurs buts intérieurs dépendant de circonstances indépendantes de leur contrôle. Les 30 autres communautés nationales sont, hélas, sérieusement en retard et seul un effort énergique et empreint de sacrifice sera capable de leur permettre d'atteindre leurs buts.

Le second des trois plus grands objectifs du Plan - une vaste et universelle expansion de la communauté bahá'íe - s'est vu réalisé mais géographiquement avec un inégal progrès. Il y a actuellement plus de 19000 Assemblées Spirituelles Locales et le nombre de localités où résident des bahá'ís dépasse 83000. Cette expansion a été accompagnée d'une intensification des efforts de proclamation et d'une augmentation des moyens de diffusion, tels la radio et la télévision.

Il y a eu de remarquables progrès dans le processus d'une plus vaste reconnaissance de la Cause de Dieu et dans le développement des relations cordiales avec les autorités civiles, un point d'importance vitale en ces jours où un accroissement de l'opposition à la Foi se manifeste de la part de ceux qui interprètent mal sa vraie nature et ses desseins, s'alarmant de ses progrès.

Certaines des plus significatives réalisations du Plan ont été faites à l'égard du troisième objectif majeur - le développement du caractère distinctif de la vie bahá'íe - et dans la consolidation et le renforcement de la structure de la communauté bahá'íe. Les bien-aimées Mains de la Cause de Dieu, qui ont été à l'avant-garde de nombreuses activités de la Foi, ont rendu des services d'une grande portée dans ce domaine.

Les Assemblées Spirituelles Locales, foyers de l'enseignement de la Foi et de la consolidation de la communauté se développent en expérience, en maturité et en sagesse, prouvent être des instruments capables pour l'épanouissement de la vie bahá'íe et, en augmentant leur nombre, exécutent des plans d'établissement de la Foi dans des zones qui sont au-delà de leur propre juridiction, sous l'entière direction de leurs Assemblées Spirituelles Nationales et avec l'encouragement et l'assistance des Corps auxiliaires et de leurs assistants. L'évolution des Assemblées Spirituelles Nationales représente une tâche sans fin dans l'avenir prévisible. Alors que la communauté bahá'íe, qui est encore peu étendue dans le monde, se propage et s'implante rapidement dans de nouvelles régions, de nouvelles Assemblées prennent naissance et auront besoin d'une indulgente assistance et d'entraînement pour l'accomplissement de leurs devoirs sacrés.

La dévotion et le sacrifice des amis, qui leur apportent des confirmations de Bahá'u'lláh, ont eu pour résultat les très grands progrès réalisés. Les preuves de ces efforts sont apparentes dans l'accroissement du nombre des communautés nationales qui, sous la sage gestion et la conduite de leurs Assemblées Spirituelles Nationales, deviennent financièrement indépendantes, dans le fait qu'un plus grand nombre de croyants adoptent pour eux-mêmes des buts spéciaux et des plans d'activités pour l'avancement de la Foi, dans l'établissement de plus de 2000 pionniers durant le Plan, dans de nouvelles organisations de voyages d'enseignement faits individuellement et en équipe, dans une plus grande prise de conscience du pouvoir de la prière et dans plusieurs autres domaines. Trois aspects vitaux de la vie de la communauté bahá'í ont connu des progrès durant la dernière année du Plan, soit le développement des activités des femmes et de la jeunesse et l'éducation bahá'íe des enfants. La jeunesse a longtemps été au premier rang du travail d'enseignement et maintenant nos cœurs se réjouissent de voir les femmes, dans de si nombreux champs d'action où leurs précieuses capacités restaient inemployées, dédier leurs services compétents à la vie de la communauté bahá'íe. Une plus grande attention a été réservée à l'éducation des enfants bahá'ís, ce qui est un bon présage pour les futures générations de bahá'ís.

L'expérience a démontré que l'active et amicale collaboration entre les Corps continentaux des Conseillers et les Assemblées Spirituelles Nationales a été particulièrement efficace et a constitué un facteur vivifiant du progrès de la Cause dans tous les aspects des taches. Parallèlement à la croissance de la communauté, le nombre des Conseillers continentaux s'est élevé à 64 durant le Plan et celui des membres des Corps auxiliaires à 675. Suivant les directives leur données, les membres des Corps auxiliaires ont actuellement nommé 3358 assistants, qui jouent déjà un rôle important dans la formation et la consolidation des Assemblées Spirituelles Locales et dans la stimulation du mode de vie bahá'í dans les communautés. Coordonnant et dirigeant de la Terre Sainte le travail de ces Corps continentaux, le Centre international d'enseignement est maintenant bien formé pour assumer ses responsabilités, laissant prévoir le rôle important qu'il est destiné à jouer dans le fonctionnement de l'Ordre administratif de Bahá'u'lláh.

La Foi traverse une période d'extraordinaires opportunités et de développement ainsi que d'une augmentation de l'opposition et du surcroît de la complexité des problèmes auxquels elle doit faire face. Ces occasions doivent être saisies et ces problèmes surmontés, parce qu'en ces temps critiques, l'avenir de l'histoire de l'humanité est chaque jour en péril. Durant cette année, la Maison Universelle de Justice délibérera sur la nature, la durée et les buts de la prochaine étape de l'exécution du Plan divin. La base solide de la réalisation des buts du Plan de cinq ans, tant en qualité qu'en quantité, est ainsi d'une brûlante nécessité pour les mois qui suivent. Avançons donc avec optimisme, confiance, détermination, courage et unité. Plus l'amour et l'unité régneront parmi les amis, plus rapides seront les progrès.

Puisse le Tout-Puissant bénir les efforts de ses serviteurs et inspirer leurs cœurs à s'élever dans sa Cause avec cette foi rayonnante et ce sacrifice qui feront descendre sur eux l'aide de l'armée conquérante du Concours Suprême.

Le déclin des principes religieux et moraux a libéré un déferlement de chaos et de confusion qui porte déjà en lui les signes de l'anarchie universelle. Engloutie dans ce tourbillon, la communauté mondiale bahá'íe, poursuivant avec une indéfectible unité et une force spirituelle sa mission rédemptrice, subit inévitablement le déséquilibre de la vie économique, sociale et civile qui afflige ses semblables sur la planète. Elle doit aussi faire face à des tribulations particulières. Les violents troubles en Perse, coïncidant avec l'engrangement de la généreuse moisson du Plan de cinq ans, ont apporté de nouvelles et cruelles épreuves à nos frères soumis à des longues souffrances dans le berceau de notre Foi et confronté la communauté mondiale bahá'íe à de difficiles défis dans sa vie et son œuvre. Alors que le monde bahá'í était tout près de la victoire, anticipant ardemment la prochaine étape du déroulement du Plan divin du Maître, les compatriotes héroïques de Bahá'u'lláh, les gardiens des Lieux Saints de notre Foi dans le pays de sa naissance, furent une nouvelle fois appelés à endurer des souffrances de la part de foules brutales, le pillage et l'incendie de leurs foyers, la destruction de leurs moyens d'existence, la violence physique et les menaces de mort pour les forcer à désavouer leur foi. Tels leurs immortels ancêtres, les Briseurs d'aurore, ils sont restés fermes face à cette nouvelle persécution et à la menace toujours présente d'une extermination concertée.

Ayant présent à la mémoire que durant le Plan de cinq ans les amis persans dépassaient de loin toute autre communauté dans leur apport en pionniers et en fonds, nous, dans toutes les parties du monde où nous sommes encore libres de promouvoir la Cause de Dieu, avons la responsabilité de compenser l'incapacité temporaire de servir dans laquelle ils se trouvent. En conséquence, avec des cœurs fervents et une foi rayonnante, nous devons nous lever avec une énergie redoublée en vue de poursuivre notre tâche grandiose, confiants dans le fait que le Seigneur des Armées continuera à récompenser nos efforts avec la même généreuse grâce qu'Il nous a octroyée durant le Plan de cinq ans.

Les victoires d'enseignement au cours de ce plan ont été réellement prodigieuses ; les centres de lumière, ces localités où le Promis a été reconnu, sont passés de soixante-neuf mille cinq cents à plus de quatre-vingt seize mille ; le nombre des Assemblées Spirituelles Locales a été porté de dix-sept mille à plus de vingt-cinq mille ; dix-huit nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales ont été formées. Le rapport définitif révélera, dans tous leurs divers aspects, la grandeur des victoires remportées.

Dans le monde en général la communauté bahá'íe est maintenant fermement établie. L'Institution des Mains de la Cause de Dieu, les principaux protecteurs du Commonwealth mondial embryonnaire de Bahá'u'lláh, a donné son précieux fruit dans le développement du Centre International d'Enseignement en tant qu'une importante institution du Centre Mondial de la Foi ; une institution bénie pour avoir parmi ses membres toutes les Mains de la Cause ; une institution dont la bénéfique influence est diffusée partout dans la communauté bahá'íe par l'intermédiaire des Corps Continentaux des Conseillers, des membres des Corps auxiliaires et de leurs assistants.

Conseillées, stimulées et assistées par cette branche vitale de l'ordre administratif, 125 Assemblées Spirituelles Nationales ont rapidement acquis de l'expérience et grandi en sagesse alors qu'elles dirigent les affaires complexes de leurs communautés respectives en tant que parties organiques d'une communauté universelle. De plus en plus, les Assemblées Spirituelles Locales sont devenues des foyers solides des communautés locales bahá'íes et des piliers fermes de l'Assemblée Spirituelle Nationale dans chaque pays. Même dans ces pays où l'administration bahá'íe ne peut pas fonctionner ou a dû cesser ses travaux, pays auxquels doivent maintenant s'ajouter l'Afghanistan, la République du Congo, le Niger, l'Ouganda et le Vietnam, les croyants, bien qu'obéissants à leurs gouvernements, maintiennent néanmoins résolument en vie la flamme de la foi.

Au-delà de l'expansion de la communauté, si essentielle, le Plan de cinq ans a été témoin de grands progrès dans le développement spirituel des amis, la croissance de la maturité et de la sagesse des Assemblées nationales et locales, au point que les communautés bahá'íes incarnent les caractéristiques distinctives de la vie bahá'íe et attirent, par leur unité, leur fermeté, leur rayonnement et leur bonne réputation, l'intérêt et l'éventuelle chaleureuse assistance de leurs concitoyens. C'est l'aimant qui attirera les masses à la Cause de Dieu, et le levain qui transformera la société humaine.

Les conditions du monde offrent à la fois aux disciples de Bahá'u'lláh des obstacles et des opportunités. Dans un nombre sans cesse croissant de pays, nous sommes témoins des événements faisant l'objet des avertissements contenus dans les écrits de notre Foi. " Les peuples, les nations, les adhérents de diverses fois, " écrivait le bien-aimé Gardien, " se lèveront conjointement et successivement pour détruire son unité, saper sa force, et avilir son saint nom. Ils s'attaqueront non seulement à l'esprit qu'elle inculque, mais à l'administration qui est le canal, l'instrument, l'incarnation de cet esprit. Car, à mesure que l'autorité dont Bahá'u'lláh a investi l'avenir du Commonwealth bahá'í deviendra de plus en plus apparente, plus féroces seront les défis qui de tous cotés seront lancés aux vérités qu'elle enchâsse. " Dans différents pays, à des degrés divers, les disciples de Bahá'u'lláh à cette heure même subissent de telles attaques, et font face à l'emprisonnement et même au martyre plutôt que de renier la Vérité pour laquelle le Báb et Bahá'u'lláh burent la coupe du sacrifice.

Dans d'autres pays, tels ceux de l'Europe occidentale, les fidèles croyants s'efforcent de transmettre le message face à l'indifférence générale, à la satisfaction d'une vie matérielle, au cynisme et à la dégradation morale. Cependant, ces amis ont encore la liberté d'enseigner la Foi dans ces pays, et en dépit de la décourageante pauvreté des résultats recueillis, ils continuent à proclamer le message de Bahá'u'lláh à leurs concitoyens, à rehausser la réputation de la Cause aux yeux du public, à faire connaître aux leaders de la pensée et aux autorités ses vrais principes, et n'épargnent aucun effort pour rechercher ces âmes réceptives dans chaque ville et village qui répondront à l'appel divin et dédieront leur vie à son service.

Dans plusieurs pays pourtant, il y a une ardente réceptivité aux enseignements de la Foi. Le défi pour les Bahá'ís est de fournir, aussi rapidement que possible, à ces milliers d'âmes en quête de vérité la nourriture spirituelle qu'elles demandent, de les enrôler sous la bannière de Bahá'u'lláh, de les instruire dans la manière de vivre qu'Il a révélée, et de les guider à élire des Assemblées Spirituelles Locales qui, alors qu'elles commencent à fonctionner activement, uniront les amis en des communautés bahá'íes fermement consolidées et deviendront des phares de direction et des ports de salut pour l'humanité.

En présence d'une telle association de danger et d'opportunité, les Bahá'ís, confiants en l'ultime triomphe du dessein de Dieu pour l'humanité, fixeront leurs regards sur les buts d'un nouveau Plan de sept ans.

En Terre sainte, la consolidation du Centre Mondial et l'augmentation de son influence universelle doit se poursuivre :

- Le siège de la Maison Universelle de Justice sera achevé et des plans seront choisis pour les trois édifices qui restent à ériger au Centre Administratif Mondial de la Foi.

- L'Institution du Centre International d'Enseignement sera développée et ses fonctions étendues. Cela impliquera une augmentation du nombre de ses membres et l'affectation par elle et par les Corps Continentaux des Conseillers de fonctions plus grandes dans l'encouragement à une échelle internationale de la propagation et de la consolidation de la Foi, et dans la promotion des aspects spirituel, intellectuel et communautaire de la vie bahá'íe.

- La Maison d' 'Abdu'lláh Páshá sera ouverte aux pèlerins.

- Le travail de collation et de classification des Textes sacrés se poursuivra et une série de compilations des écrits de la Foi, recueillis et traduits, sera envoyée au monde bahá'í en vue de contribuer à l'approfondissement des amis dans leur compréhension des fondements de la Foi, à l'enrichissement de leur vie spirituelle, et au renforcement de leurs efforts dans l'enseignement de la Cause.

- Les liens unissant la Communauté Internationale Bahá'íe aux Nations Unies se développeront.

- De continuels efforts seront faits pour protéger la Foi de l'opposition et la libérer des entraves de la persécution.

Chaque Assemblée spirituelle nationale se verra attribuer des buts pour ces deux premières années du Plan destinés à poursuivre les processus d'expansion, à consolider les victoires acquises, et à atteindre, où les circonstances le permettent, tous les buts qui seraient restés inachevés à la fin du Plan de cinq ans. Durant ces deux premières années, nous examinerons avec les Corps Continentaux des Conseillers et les Assemblées Spirituelles Nationales, les conditions et les possibilités de chaque pays, et considérerons en détail les capacités et les besoins de chacune des communautés nationales bahá'íes se différenciant rapidement, avant de formuler d'autres buts pour lesquels chaque communauté devra œuvrer à la suite de la phase d'ouverture du Plan.

Dans le monde entier, le Plan de sept ans devra être le témoin de la réalisation des objectifs suivants :

- Le Mashriqu'l-Adhkár de Samoa sera achevé et des progrès seront accomplis en ce qui concerne la construction du Mashriqu'l-Adhkár de l'Inde.

- Dix-neuf nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales seront constituées : huit en Afrique, celles d'Angola, de Bophuthatswana, des îles du Cap Vert, du Gabon, du Mali, du Mozambique, de la Namibie et du Transkeï ; huit en Amérique, celles des Bermudes, de la Dominique, de la Guyane française, de la Grenade, des îles Sous-le-Vent (the Leeward Islands), de la Martinique, de St. Lucie et St. Vincent ; et trois dans le Pacifique, celles des îles Cook, de Tuvalu et des îles Caroline de l'Ouest. Celles parmi les Assemblées Spirituelles Nationales qui ont dû être dissoutes seront, suivant les circonstances, rétablies.

- Le message de Bahá'u'lláh doit être porté vers les territoires et les îles qui n'ont pas encore été ouverts à Sa Foi.

- Le travail d'enseignement, celui organisé par les institutions de la Foi et celui résultant d'initiatives individuelles, devra être activement poursuivi afin que le nombre de croyants s'accroisse, amenant plus de pays au stade de l'entrée en troupes et finalement à celui de la conversion des masses.

- Le travail d'enseignement devra comprendre une consolidation rapide, étendue et continue afin que toutes les victoires soient sauvegardées, le nombre des Assemblées Spirituelles Locales augmenté et les fondements de la Cause renforcés.

- L'échange de pionniers et d'enseignants itinérants, qui contribue si grandement à l'unité du monde bahá'í et à une véritable compréhension de l'unité du genre humain, devra se poursuivre particulièrement entre pays voisins. En même temps, chaque communauté nationale bahá'íe devra viser à réaliser rapidement sa propre indépendance, en mettant à exécution ses activités essentielles, acquérant ainsi la capacité de poursuivre ses fonctions et de progresser, même si l'aide extérieure est coupée.

- Particulièrement, la réalisation de l'indépendance financière des communautés nationales bahá'íes est urgente. Les persécutions en Iran ont déjà privé les croyants de ce pays du bienfait de la contribution au fonds international de la Foi, pour lequel ils constituaient la principale source. Le déséquilibre économique dans d'autres pays laisse planer la menace d'une plus grande réduction des ressources financières. En conséquence, nous faisons appel aux amis du monde pour qu'ils exercent la plus grande économie quant à l'emploi des fonds et fassent, dans leur vie personnelle, ces sacrifices qui leur permettront d'apporter leur part, selon leurs moyens, aux fonds international, continentaux, nationaux et locaux de la Foi.

- Pour une rapide réalisation de tous les buts et un accroissement sain de la vie de la communauté bahá'íe, les Assemblées Spirituelles Nationales doivent attacher une attention particulière au fonctionnement efficace, dans le vrai esprit de la Foi, de leurs comités nationaux et autres institutions auxiliaires, et, en consultation avec les Corps Continentaux des Conseillers, doivent concevoir et mettre en œuvre des programmes qui guideront et renforceront les efforts des amis dans le sentier du service.

- Les Assemblées spirituelles nationales doivent promouvoir, avec sagesse et dignité, des contacts avec des personnes de marque dans tous les domaines de l'activité humaine, leur faisant connaître la nature de la communauté bahá'íe et les principes de base de la Foi, tout en gagnant leur estime et leur amitié.

- Au cœur de toutes les activités, la vie communautaire, intellectuelle et spirituelle des croyants doit être développée et encouragée, laquelle requiert : la poursuite avec une vigueur accrue du développement des Assemblées Spirituelles Locales afin qu'elles puissent exercer leur influence bénéfique et guider la vie des communautés bahá'íes ; l'instruction pour une compréhension approfondie de la vie familiale bahá'íe ; l'éducation bahá'íe des enfants, comprenant la tenue de classes bahá'íes régulières et, là où cela s'avère nécessaire, la création d'écoles tutélaires assurant les études primaires ; l'encouragement de la jeunesse bahá'íe à l'étude et au service ; et l'encouragement des femmes bahá'íes à exercer entièrement leurs privilèges et leurs responsabilités dans le travail de la communauté - puissent-elles, comme il convient, rendre témoignage à la mémoire de la Plus Sainte Feuille, l'immortelle héroïne de la Dispensation bahá'íe, alors que nous approchons du cinquantième anniversaire de son décès.

Alors que le désordre se répand dans le monde, que des gouvernements s'érigent et tombent, que des groupes rivaux et des peuples en conflit luttent, chacun pour son propre avantage, la condition de ceux qui sont opprimés et dépossédés étreint le cœur de chaque vrai Bahá'í, l'induisant à se récrier et à s'indigner contre les auteurs d'injustice. Ce temps d'épreuve remet en mémoire les paroles de Bahá'u'lláh : " Ô assemblée de négligents ! Je jure par Dieu ! Le jour promis est venu, le jour où des épreuves torturantes, surgissant au-dessus de vos têtes et sous vos pas, clameront : Voyez ce que vos mains ont forgé ! "

Nous vivons le temps où chaque disciple de Bahá'u'lláh doit s'attacher fermement à l'Alliance de Dieu, résister à la tentation de s'immiscer dans les conflits du monde et se rappeler qu'il est le détenteur d'un précieux gage, le Message de Dieu qui, seul, peut bannir l'injustice du monde et guérir les maux affligeant le corps et l'esprit de l'homme. Nous sommes les porteurs de la Parole de Dieu en ce jour et, aussi sombres que soient les horizons immédiats, nous devons aller de l'avant nous réjouissant de savoir que le travail que nous avons le privilège d'effectuer est l'œuvre de Dieu et donnera naissance à un monde dont les splendeurs éclipseront nos plus éclatantes visions et surpasseront nos plus grandes espérances.

Le lancement du Plan de Sept ans couronné de succès et les progrès réalisés au cours de la première année de sa phase initiale atténuent, à un certain degré, les désastres et les calamités qui, durant l'année passée, ont assailli la foi de Dieu dans sa lutte. La vague de persécution la plus récente, déclenchée contre nous dans le berceau de notre foi, s'y est ajoutée par décret divin affligeant ainsi la communauté mondiale bahá'íe tout entière. En plein essor de leurs brillants services dans la foi de Dieu et dans le court espace de vingt semaines, trois principaux protecteurs de l'ordre mondial embryonnaire de Bahá'u'lláh, les Mains de la Cause de Dieu Enoch Olinga, Rahmatu'lláh Muhájir et Hasan Balyúzi furent appelés au royaume d'Abhà, nous laissant tous endeuillés et bouleversés par l'immensité de notre perte et la tragique brutalité des circonstances entourant le meurtre du bien-aimé Enoch Olinga et des membres de sa famille.

En Iran, la confusion qui a saisi tout le pays a ouvert la voie aux ennemis acharnés et invétérés de la foi pour donner libre cours à leur haine fanatique, alors que nulle autorité ne pouvait les refréner. La maison sacrée du Báb a été démolie et des projets ont été conçus pour effacer toute trace de son emplacement. Le Siyáh-Chál et la demeure de Bahá'u'lláh à Tihrán ont été saisis, ainsi que tous les autres lieux saints et propriétés. Un membre de l'Assemblée Spirituelle Nationale et deux membres de l'Assemblée Spirituelle Locale de Tihrán ont été kidnappés, et jusqu'à présent nous ne savons où deux d'entre eux se trouvent alors que le troisième est en prison. De même, un conseiller et quelques amis qui sont en rapport avec le bureau national ou sont membres de 1'Assemblée Spirituelle Locale de Tihrán ont été emprisonnés. Les bahá'ís ont été vivement contraints de renier leur foi et dans l'un des cas un croyant, en s'y refusant, suivit le glorieux sentier des martyrs et fut exécuté. De plus, une campagne de dénigrement et de fausses accusations a été dirigée à l'encontre des amis dans le but d'en faire le bouc émissaire de foules irrépressibles.

Et pourtant, comme toujours dans la cause de Dieu, l'influence bénéfique de la dialectique du désastre et du triomphe est clairement apparente. L'inébranlable foi de la communauté bahá'íe persane, chèrement aimée, cruellement éprouvée, toujours plus ferme, guidée par l'héroïque attitude et l'exemple de son Assemblée Spirituelle Nationale, soutenue et inspirée par les conseillers et les membres du Corps auxiliaire, a eu pour effet une revivification spirituelle des amis bien-aimés. Ils se sont unis, tel un seul homme, pour présenter un front de spiritualité et d'assurance plein d'éclat et, selon un observateur, apparaître telle une communauté radieuse composée de croyants nouveaux, ardents, inspirés et rayonnants.

Et l'effet de leur réaction aux souffrances dans lesquelles ils ont été engloutis ne s'est pas limité seulement à leur patrie. De l'extrême Est à l'extrême Ouest, d'un pôle à l'autre, partout où l'étendard de Bahá'u'lláh a été implanté, les amis ont obéi à l'impulsion du sacrifice et se sont levés pour assumer cette immense part du travail de la foi dans les domaines de l'enseignement, du service des pionniers et de la contribution financière que, pour le moment, les amis persans ne sont plus en mesure d'endosser.

Le merveilleux amour suscité partout dans les cœurs bahá'ís à la suite du décès soudain et prématuré des Mains de la Cause bien-aimées a amené les croyants à se dédier à nouveau, avec une ardeur et une abnégation accrues, à la promotion de la tâche à laquelle toutes les Mains de la Cause de Dieu avaient consacré leur vie.

La réponse universelle des amis à ces tragédies est encore plus encourageante si on se réfère aux clairs avertissements prononcés par 'Abdu'l-Bahá et le Gardien bien-aimé au sujet de l'opposition acharnée et largement répandue que la croissance grandissante de la cause de Dieu suscitera. Il n'y a aucun doute à cet égard. Shoghi Effendi a attiré l'attention sur " l'étendue et la nature des forces qui sont destinées à attaquer la foi sacrée de Dieu ", soutenant son argumentation sur " ces paroles prophétiques et inquiétantes d' 'Abdu'l-Bahá : " Combien est grande, infiniment grande la cause de Dieu : Combien opiniâtres les assauts de tous les peuples et nations de la terre. D'ici peu, les clameurs de la multitude, à travers l'Afrique et à travers l'Amérique, les éclats de voix de l'Européen et du Turc, les gémissements de l'Inde et de la Chine s'entendront, de près et de loin. Chacun et tous ensemble se lèveront avec tout leur pouvoir pour s'opposer à sa cause. Alors les chevaliers de Dieu, assistés par la grâce d'en haut, appuyés par la foi, aidés par le pouvoir de la compréhension et renforcés des légions du Covenant, se lèveront et montreront la vérité du verset : Voyez la confusion qui s'est abattue sur les tribus des vaincus. "

Le Gardien bien-aimé s'est étendu longuement sur ce thème et son inévitable issue : " Si prodigieuse que soit la lutte que ses paroles font pressentir, elles témoignent aussi de la victoire complète que les défenseurs du Plus Grand Nom sont destinés à finalement atteindre. "

En conséquence, c'est maintenant notre devoir sacré de profiter à l'extrême de notre liberté, là où elle existe, pour promouvoir la cause de Dieu alors que nous le pouvons. Le plus sûr moyen de le faire et d'atteindre le bon plaisir de Bahá'u'lláh est de poursuivre, en se dédiant et en œuvrant sans relâche, les buts de tout Plan en vigueur car Bahá'u'lláh a déclaré : " Me servir, c'est enseigner ma cause. "

Un bon départ s'est réalisé avec le Plan de Sept ans. Au Centre mondial de la foi, il y a eu des progrès ininterrompus dans l'érection du siège de la Maison de Justice, la réparation et la remise en état de la maison d' 'Abdu'lláh Páshá, une extension des jardins entourant le Haram-i-Aqdas à Bahjí et le début d'une réorganisation générale du travail du Centre mondial en vue de l'adapter à ses besoins toujours croissants et d'utiliser les plus récents procédés de la technologie.

Dans le cadre international, l'enthousiasme avec lequel les amis du monde ont accueilli le lancement du Plan de Sept ans et se sont préparés à accomplir les buts de la phase des deux premières années, leurs dons généreux et empreints de sacrifice aux fonds, les efforts confiants et soutenus déployés pour faire avancer les deux entreprises sacrées commencées dans le sous-continent indien et au cœur du vaste océan Pacifique, la constante activité de la Communauté Internationale Bahá'íe resserrant ses relations avec les Nations Unies, le grand accroissement du nombre des classes bahá'íes pour les enfants et les innombrables victoires acquises dans le domaine de l'enseignement, concrétisés par l'établissement de la communauté universelle du Plus Grand Nom dans plus de 106000 localités, tout cela témoigne de la vigueur manifeste et, en vérité, toujours grandissante de la cause de Dieu.

Le nombre des pionniers et des enseignants itinérants qui ont œuvré durant la première année du Plan de Sept ans et l'augmentation du nombre des communautés nationales qui les ont envoyés sont très encourageants. Ce flot de pionniers et d'enseignants itinérants doit être augmenté et répandu plus universellement. Nous espérons avec ferveur que tous ces pionniers agissant dans le cadre des buts assignés de la première phase du Plan de Sept ans arriveront, tout au moins, à leur poste avant Ridván 1981.

Dans le domaine de la proclamation, une publicité sans précédent a été accordée à la cause de Dieu, principalement à la suite des persécutions en Iran. De plus, des résultats significatifs ont été obtenus dans le développement de la radiodiffusion bahá'íe en Amérique du Sud, où la transmission sur onde courte a grandement accru la portée de la " Radio Bahá'íe " à Otavalo, Equateur, et où une nouvelle station est en voie d'établissement à Puno, au Pérou, sur les bords du lac Titicaca. Ces deux réalisations offrent d'incommensurables et nouvelles opportunités pour l'enseignement, la proclamation et la consolidation de la cause dans cette région.

Des publications en 88 des langues du monde ont enrichi la littérature bahá'íe, alors que trois nouvelles langues se sont ajoutées à celles des œuvres déjà disponibles portant ainsi leur nombre à 660.

L'Assemblée Spirituelle Nationale du Transkeï avec son siège à Umtata sera formée à Ridván 1980. A Ridván 1981, six nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales seront établies : deux en Afrique, Namibie avec son siège à Windhoek et Bophuthatswana avec son siège à Mabatho ; trois en Amérique, les îles Sous-le-Vent (Leeward Islands) avec son siège à St.John's, Antigua, les îles du Vent (Windward Islands) avec son siège à Kingstown, St.Vincent et les Bermudes avec son siège à Hamilton ; une en Australasie, Tuvalu avec son siège à Funafuti. Nous avons la grande joie d'annoncer le rétablissement de l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Ouganda, qui aura lieu à Ridván 1981.

Dans le courant de cette année, la Maison Universelle de Justice, en consultation avec le Centre International d'Enseignement, réexaminera les réalisations de la phase initiale et annoncera ensuite à toutes les Assemblées Spirituelles Nationales les buts qu'elles devront s'efforcer d'atteindre au cours de la prochaine étape du Plan de Sept ans.

Durant cette dernière année de la première phase, les Assemblées Spirituelles Nationales sont instamment invitées à continuer d'approcher, avec sagesse et dignité, les personnalités dans tous les secteurs de l'effort humain afin de leur faire connaître la nature et l'esprit de la foi et gagner leur estime et leur amitié. En même temps, il y aurait lieu d'organiser continuellement de solides campagnes d'enseignement pour proclamer, de plus en plus directement et au plus grand nombre de personnes possible, l'existence et les principes fondamentaux de la foi de Dieu. Le temps est maintenant venu - tous les efforts humains en vue de changer l'ordre ancien ayant seulement eu pour résultat un désarroi de plus en plus profond - de proclamer constamment et ouvertement les buts manifestes de la foi et le pouvoir rédempteur de Bahá'u'lláh.

Il faut maintenir et, en vérité, accélérer l'action des merveilleuses forces vives engendrées au début du Plan et actuellement propulsées dans la communauté mondiale bahá'íe pour l'accomplissement des objectifs immédiats de la phase initiale, afin que de solides fondations dans la vie spirituelle de la communauté puissent être posées et ses énergies rassemblées pour vaincre les tâches spécifiques avec lesquelles elle sera confrontée au cours de la majeure partie du Plan.

Nos cœurs débordent d'amour et d'admiration pour les amis d'Iran et de gratitude pour les croyants du monde entier qui ont spontanément pris la défense de leurs frères persécutés et assumé la tâche qui doit, à tout prix, être accomplie.

Avec nos sentiments bahá'ís affectueux.

Les succès de la phase initiale du Plan de Sept ans prouvent d'une manière encourageante la sollicitude divine avec laquelle la cause de Dieu est si tendrement vivifiée et protégée dans son évolution. Cette cause encore dans l'enfance, tourmentée et secouée durant ces deux années par des ennemis implacables, éprouvant le brusque contraste de crises et de victoires, entourée du tumulte grandissant d'un monde en désarroi, a levé sa bannière, renforcé ses fondations et étendu la portée de ses institutions administratives.

La réapparition d'une persécution de la foi, amère et barbare, dans le pays de sa naissance, le départ vers le royaume d'Abhâ de cinq Mains de la Cause de Dieu, l'assombrissement de l'horizon du monde alors que les sombres nuages des convulsions et du chaos universels éteignent les lumières, de la justice et de l'ordre, figurent parmi les facteurs qui ont principalement affecté les conditions et les destinées de l'armée de Dieu dans tous les pays.

La communauté bahá'íe dans le berceau de la foi, ayant été témoin de la destruction de son Mausolée le plus saint, la mise sous séquestre de ses Lieux saints, la confiscation de ses dotations et même ses propriétés personnelles, le martyre de plusieurs de ses adeptes, l'emprisonnement et la détention sans jugement ou nouvelles des membres de l'Assemblée Spirituelle Nationale et autres figures dirigeantes de sa communauté, la privation de moyens d'existence, le dénigrement et la calomnie de ses précieux principes, s'est résolument dressée conte les premiers Dawn-breakers (les premiers chevaliers de l'aube) et, spirituellement unie et inébranlable, a suscité la fierté et l'inspiration du monde bahá'í tout entier. Dans tous les continents du globe, leur exemple et leur malheureuse situation ont amené les amis à proclamer le nom de Bahá'u'lláh comme jamais auparavant, à titre personnel, à l'échelle locale et grâce à une large diffusion par les mass-medias. La communauté mondiale bahá'íe œuvrant par l'intermédiaire de ses représentants aux Nations Unies et ses Assemblées Spirituelles Nationales a porté à l'attention des gouvernements et des dirigeants du monde, dans de nombreuses sphères, les principes et le caractère distinctif de la foi de Dieu. Les parlements du monde, ses conseils fédéraux, ses institutions humanitaires ont délibéré sur la cause bahá'íe et, à de nombreuses occasions, ont apporté leur soutien et exprimé leur sympathie.

Au cœur de cette activité requérant du temps et de l'énergie, entreprise au nom de nos frères persans bien-aimés, la communauté du Plus Grand Nom, loin d'avoir ralenti la poursuite des objectifs de la phase initiale du Plan de Sept ans, a promu ces buts avec un surcroît d'énergie. Au désir intense des amis du monde entier de démontrer leur amour pour leurs frères de la Perse en enseignant la cause avec une ferveur redoublée s'est ajoutée une nouvelle inspiration pour l'enseignement découlant de la perte des Mains bien-aimées de la Cause de Dieu, une inspiration entretenue par les voyages de celles des chères Mains encore à même d'offrir aux croyants ce service empreint d'affection.

L'extension, durant cette phase d'ouverture du Plan de Sept ans, des fondations du Corps des Conseillers et la consolidation des treize Corps de zone en cinq Corps continentaux ont grandement affermi cette institution vitale de la foi. La détermination d'un terme précis pour la durée du service des Conseillers continentaux, ainsi qu'il le fut envisagé à l'origine lors des nominations, lui a conféré un développement complémentaire.

Des progrès se poursuivent au siège de la Maison Universelle de Justice et aux temples de l'Inde et de Samoa. Six nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales seront formées ce Ridván : deux en Afrique, celles de l'Afrique du Sud-Ouest/Namibie avec son siège à Windhoek et celle du Bophuthatswana avec son siège à Mmabatho ; trois dans les continents américains, Les Bermudes avec son siège à Hamilton, les Iles Sous le Vent des Antilles avec son siège à St. John's, Antigua, et les Iles du Vent avec son siège à Kingstown, St.Vincent ; une dans le Pacifique, soit celle de Tuvalu avec son siège à Funafuti ; et l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Ouganda sera reconstituée. Les assemblées suivantes s'ajouteront à celles devant être formées durant les années restantes du Plan de Sept ans : deux en Afrique, la Guinée équatoriale avec son siège à Malabo, la Somalie avec son siège à Mogadishu, et une en Asie, celle d'Andaman et les Iles Nicobar avec son siège à Port Blair.

Des augmentations du nombre total des Assemblées Spirituelles Locales et des localités ont été enregistrées durant la phase d'ouverture, et les communautés bahá'íes de toutes les parties du monde ont démontré une plus grande unité et maturité dans leurs activités collectives.

La deuxième phase du Plan de Sept ans, actuellement commencée, durera trois ans et sera suivie d'une phase finale de deux ans, se terminant à Ridván 1986. Le 25ème anniversaire du décès de notre Gardien bien-aimé surviendra durant la deuxième année de la seconde phase du Plan et cette même année verra aussi le 50ème anniversaire du décès de la Plus Sainte Feuille. La Maison de Justice envisage de faire paraître une compilation comprenant des lettres qui lui ont été adressées, des citations de Bahá'u'lláh, 'Abdu'l-Bahá et du Gardien bien-aimé à son sujet, ainsi que ses propres lettres.

Les buts assignés pour la deuxième phase, à la poursuite desquels la communauté mondiale bahá'íe se tient à présent prête, ont été envoyés à toutes les assemblées spirituelles nationales à l'intention de leurs communautés. Parmi les principaux développements envisagés durant cette phase figurent :

- Le transfert de résidence de la Maison Universelle de Justice dans son siège permanent sur les pentes du mont Carmel au-dessus de l'Arc;

- L'achèvement du temple de Samoa et le constant progrès des travaux du temple de l'Inde;

- De nouveaux développements dans les fonctions du Centre International d'Enseignement et des Corps des Conseillers, avec une mention spéciale à l'égard de l'épanouissement de la vie spirituelle, intellectuelle et sociale de la communauté bahá'íe;

- La tenue, durant les neuf premiers mois de 1982, de cinq conférences internationales à Lagos, Nigeria ; Montréal, Canada ; Quito, Equateur ; Dublin, Irlande ; et Manille, les Philippines, cette dernière devant avoir lieu à mi-chemin d'un axe auquel se réfère le Gardien bien-aimé, dont les pôles sont le Japon et l'Australie;

- La préparation des plans de construction du premier bâtiment annexe du Mashriqu'l-Adhkâr européen, soit un foyer pour personnes âgées et une augmentation du nombre des Hazíratu'l-Quds nationaux et locaux ; ces derniers, qui se situeront surtout en zones rurales, seront acquis ou construits grâce aux efforts des amis locaux;

- L'acquisition de six nouveaux sites pour des temples, cinq en Afrique et un en Australasie ; et de cinq nouvelles dotations nationales, quatre en Afrique et une dans les continents américains;

- La fondation de deux maisons d'éditions, une en Côte-d'Ivoire et une au Nigeria;

- Une grande augmentation de la production de littérature bahá'íe en un plus grand nombre de langues, dans l'ultime dessein de permettre à chaque croyant de disposer de quelques extraits du Texte sacré dans sa langue maternelle;

- L'achèvement de trois stations de radio supplémentaires en Amérique du Sud;

- Apporter une grande attention au développement et à la consolidation de toutes les Assemblées Spirituelles Locales dans le monde;

- Faire épanouir la vie de la communauté bahá'íe en réservant une attention spéciale à l'éducation bahá'íe des enfants et à l'enrichissement spirituel des communautés;

- L'installation de 279 pionniers dans 80 pays durant la première année de la deuxième phase.

Pour poursuivre avec succès les taches ci-dessus mentionnées, il est essentiel que les différents fonds de la foi soient alimentés par des contributions généreuses et croissantes. De plus, l'émergence de l'obscurité de notre foi bien-aimée, ainsi qu'il l'est à présent perceptible, nécessitera de nouvelles entreprises impliquant de grands appels de fonds. La prise de conscience grandissante des amis du monde entier durant les dernières années du fait que les fonds de la foi sont, en réalité, la sève vitale de ses activités est un heureux présage pour l'avenir. Nous sommes persuadés que cette vigilance s'élargira, qu'un plus grand nombre d'Assemblées Spirituelles Nationales avanceront à grand pas vers l'indépendance financière, que les budgets nationaux seront couverts et que le fonds international bahá'í recevra un afflux toujours croissant de contributions lui permettant de marcher de pair avec les besoins de la foi en constante augmentation.

Amis bien-aimés, le monde s'enfonce de plus en plus profondément dans l'obscurité alors que son ordre ancien est révolu. En poursuivant nos objectifs avec confiance, optimisme et une inébranlable résolution, nous ne devons jamais oublier que notre service est d'ordre spirituel. Le genre humain agonise par manque de vraie religion et c'est ce que nous avons à offrir à l'humanité. C'est l'amour de Dieu, manifesté par la venue de Bahá'u'lláh, qui nourrira les âmes affamées du monde et, finalement, sortira les peuples de l'ornière actuelle pour les mener vers l'œuvre ordonnée, exaltante et vivifiante de l'établissement du royaume de Dieu sur terre.

L'année qui s'achève a été marquée par des triomphes d'une portée inappréciable pour l'épanouissement de la cause de Dieu, dont beaucoup découlèrent directement de l'héroïsme persévérant manifesté par nos chers amis persans face à la persécution perpétrée à leur égard. Le fait de cette évolution offre ces opportunités en or pour l'enseignement et une nouvelle proclamation qui ne peuvent que conduire, si elles sont saisies avec l'énergie et l'enthousiasme requis, à des conversions sur une plus grande échelle et à un surcroît de prestige.

L'avancement réconfortant des travaux de construction des Mashriqu'l-Adhkár(s) de l'Inde et des Samoa occidentales, 1'inauguration de la deuxième station de radio bahá'íe de l'Amérique latine au Pérou, la création d'un bureau européen de la Communauté Internationale Bahá'íe à Genève, les progrès constants intervenus durant la deuxième phase du Plan de Sept ans, l'expansion encourageante de l'éducation bahá'íe systématique des enfants, l'afflux de fonds, à la fois généreux et empreint de sacrifice de la part de plus en plus d'amis, tout cela atteste des nombreuses confirmations octroyées par Bahá'u'lláh pour récompenser les dévoués efforts que ses bien aimés déploient dans le monde. L'intérêt général accordé à la foi par les médias, qui ouvrirent largement les portes à la proclamation universelle du message divin et la sympathie témoignée envers la foi lors de débats devant les plus hauts conseils de l'humanité, qui furent suivis d'actions prises par des gouvernements souverains et des autorités internationales, sont sans précédent dans l'histoire bahá'íe.

Tout ceci, chers amis, augure bien pour l'année à venir qui est riche en événements bahá'ís. Le cinquantième anniversaire du décès de la Plus Sainte Feuille sera commémoré lors des cinq Conférences internationales et honoré par la publication d'un livre, préparé au centre Mondial, contenant des textes à son sujet et une centaine de ses propres lettres ; l'installation de la Maison Universelle de Justice dans son siège permanent aura lieu ; en novembre, le vingt-cinquième anniversaire du décès de notre Gardien bien-aimé coïncidera avec la date se situant à mi-chemin du Plan de Sept ans et l'année se terminera par la cinquième convention internationale au cours de laquelle les membres des Assemblées Spirituelles nationales du monde viendront à Haïfa pour élire la Maison Universelle de Justice.

Les activités éminentes et inestimables des Mains de la Cause bien-aimées sont une source de fierté et de joie pour le monde bahá'í tout entier. L'engagement de chaque Corps continental des Conseillers d'assumer de plus grandes responsabilités se révèle très réussi et nous adressons nos chaleureux remerciements et exprimons notre admiration au Centre International d'Enseignement et à tous les Conseillers pour la grande contribution qu'ils ont apportée, dans une mesure toujours grandissante, à la stabilité et au développement de l'ordre mondial embryonnaire de Bahá'u'lláh

Quant aux jeunes bahá'ís, légataires des premiers croyants héroïques et s'appuyant à présent sur leurs œuvres, nous faisons appel à eux pour qu'ils redoublent leurs efforts, en ce moment d'intérêt universel pour la Cause de Dieu, afin d'enthousiasmer leurs contemporains par le message divin et de les préparer ainsi pour le jour où ils deviendront des vétérans capables d'assumer n'importe quelle tâche leur incombant. Nous leur offrons ce passage de la plume de Bahá'u'lláh : " Béni est celui qui dans la fleur de sa jeunesse et au printemps de sa vie se lève pour servir la cause du Seigneur du commencement et de la fin, et pare son cœur de son amour. L'apparition de cette grâce est plus grande que la création des cieux et de la terre. Bénis sont le persévérants et heureux les êtres fermes. "

L'effet du soleil levant de la révélation de Bahá'u'lláh s'étend visiblement sur le monde et la communauté bahá'íe elle-même. Des opportunités, longtemps rêvées pour l'enseignement, soutenues par les confirmations divines, mettent maintenant au défi, en nombre toujours plus grand, chaque croyant, chaque Assemblée Spirituelle Nationale et Locale. Les graines en puissance semées par 'Abdu'l-Bahá vont germer dans le cadre de l'ordre divinement ordonné, interprété et fermement établi par le Gardien bien-aimé. L'humanité est presque à genoux, égarée et sans berger, ayant faim et cherchant le pain de la vie. C'est le temps de service ; nous disposons de cette nourriture céleste à offrir. Les peuples sont désillusionnés par des théories politiques, des systèmes et des ordres sociaux déficients ; ils désirent vivement, consciemment ou inconsciemment, l'amour de Dieu et sa rencontre avec lui. Il faut que nous répondions à ce défi croissant par un puissant essor d'enseignement pour transmettre le feu divin que Bahá'u'lláh a allumé dans nos cœurs jusqu'à ce qu'un embrasement enflammant des milliers d'âmes pour son amour témoigne finalement que le jour pour lequel les principaux Luminaires de notre foi ont si ardemment prié s'est enfin levé.

Voici maintenant derrière nous une année du Plan de trois ans, année durant laquelle l'agitation du monde a engendré dans les cœurs et les esprits l'espoir comme la crainte, l'optimisme comme le désespoir, l'admiration du courage des peuples comme la honte devant la cruauté où peut sombrer l'humanité. Au milieu de ces épreuves, les disciples de Bahá'u'lláh avancent résolument, avec une vision claire et en toute confiance, dressant la structure du Royaume de Dieu, emplissant la société d'un nouvel esprit, et démontrant à tout le monde l'effet revivifiant des Enseignements divins.

Au Centre mondial, le 23 mai vit le commencement d'une nouvelle période de cinq ans pour les membres du Centre International d'Enseignement. Lors de notre première réunion commune, nous avons applaudi les nombreuses initiatives qu'il avait poursuivies durant la période précédente et l'avons exhorté à les développer davantage. Importante parmi ces initiatives fut la direction d'ensemble donnée aux Conseillers continentaux de promouvoir la consultation aux niveaux local et national, au sein des institutions et parmi les croyants, conduisant ainsi à amorcer et entretenir des processus de croissance dans la communauté bahá'íe. La clarification progressive des différentes approches du travail d'enseignement en fut une autre. Au cours de l'année, ces actions ont intensifié l'élan que donnaient au développement de la Foi et de ses institutions les Conseillers, les membres du Corps auxiliaire et leurs assistants, renforçant ainsi le discernement et l'encouragement qu'ils procurent aux Assemblées Nationales et Locales et aux croyants individuels.

La renommée grandissante de la Foi aux yeux du monde, qui fait tourner l'attention vers le Centre mondial, met en évidence l'importance de terminer les Terrasses du Mausolée du Báb et les bâtiments du Centre administratif mondial de la Cause de Bahá'u'lláh. Depuis l'appel exceptionnel lancé au monde bahá'í de recueillir soixante-quatorze millions de dollars pour ce projet au cours du Plan de trois ans, la réaction a été réconfortante, et nous formulons l'espoir ardent que la continuation de cet esprit de sacrifice verra la rapide réalisation de ce but et assurera le progrès ininterrompu des travaux, attirant vers la Sainte Montagne de Dieu les regards admiratifs des visiteurs comme ceux des habitants.

L'étude du Kitáb-i-Aqdas illumine la vie de la masse des croyants. La compréhension de l'importance du respect des principes de la Foi et de l'obéissance à ses lois se développe. L'application universelle de la loi du Huqúqu'lláh a soulevé une réaction d'enthousiasme. La conscience des amis de leur obligation individuelle d'enseigner la Foi s'accroît. En remplissant leurs responsabilités spirituelles et en apprenant à compter davantage sur les confirmations de Bahá'u'lláh, ils trouvent que leur foi gagne une vitalité nouvelle, et leur cœur une autre confiance. Ce sont là des domaines où l'action de l'individu n'a besoin d'attendre ni encouragement ni aide. Seul, et aidé uniquement par le pouvoir du Tout-Puissant, chaque croyant est mis au défi de développer ces forces spirituelles qui contribueront sans bornes à l'évolution de la communauté.

Les ressources humaines de la Cause sont augmentées de deux façons. Des gens de capacité se sentent poussés à embrasser la Foi, renforçant les rangs de ceux qui servent déjà. Ceux-ci, de leur côté, ont enrichi leur expérience et acquis de plus grandes capacités par une étude plus sérieuse des Enseignements et leur expression en action. Reconnaissant le besoin d'un approfondissement plus systématique de leur compréhension des Enseignements et de leur application dans la société, les amis ont fait davantage usage d'ateliers et d'instituts, avec un succès remarquable. Au cours de l'année qui vient, ces deux processus complémentaires - attirer les gens de capacité et augmenter nos propres compétences - doivent progresser davantage, stimulant ainsi l'action individuelle et le développement harmonieux d'un large éventail d'activités pour la promotion de la Foi.

A mesure que se révèlent les potentialités des croyants individuels, les institutions bahá'íes locales et nationales augmentent aussi leur capacité à encourager la qualité de vie de leurs communautés et à concevoir et exécuter des programmes imaginatifs. Dans bien des endroits, des Assemblées Spirituelles Locales ont collaboré à l'enseignement de la Foi dans une région. De même, des Assemblées Nationales ont élaboré des projets innovateurs pour saisir les occasions que présentaient des évolutions en dehors de la Cause. Parmi quelques exemples de telles activités, dans des champs très différents, il y a le Projet de la lettre ouverte en Albanie ; la réaction à la réceptivité extraordinaire des autorités et de la population générale des républiques Sakha et Buryat en Sibérie : et l'accord signé entre l'Assemblée Spirituelle Nationale des Iles Marshall et le gouvernement local de l'Atoll de Majuro en réponse à la demande des autorités nationales que les bahá'ís assument la responsabilité du fonctionnement de cinq écoles élémentaires publiques.

L'évolution des institutions bahá'íes locales et nationales a rendu possible un degré accru de décentralisation dans l'administration du travail. Pour que ce processus bénéfique s'étende, néanmoins, la condition préalable cruciale dans la plupart des pays est l'amélioration rapide du fonctionnement des Assemblées Spirituelles Locales. Cela requiert l'attention soutenue de tous les croyants. Ces institutions bahá'íes locales, prescrites dans le Kitáb-i-Aqdas lui-même, constituent un réservoir de force et de direction qui amplifiera l'efficacité du travail de la Cause à mesure que s'accroît leur maturité.

Nous vivons au sein de populations qui ont désespérément besoin du Message de Bahá'u'lláh. C'est notre devoir de le présenter avec lucidité et conviction à autant d'âmes possibles. L'obscurité et la souffrance autour de nous sont non seulement les signes d'un besoin, mais nous présentent également une occasion dont nous ne devons pas manquer de nous servir. Transmettre le message n'est qu'un premier pas. Nous devons ensuite nous assurer qu'il est compris et mis en pratique, car, comme nous le lisons dans l'une des lettres écrites au nom du Gardien : " A moins que le public ne voie dans la communauté bahá'íe un vrai modèle, en action, de quelque chose de mieux que ce qu'il a déjà, il ne répondra pas en grands nombres à la Foi ". Lorsque les gens embrassent la Cause, ils devraient alors, au moyen des Enseignements, développer leurs relations les uns avec les autres et avec leurs concitoyens pour réaliser progressivement une véritable communauté bahá'íe, lumière et refuge pour les êtres en déroute.

Après les événements glorieux de l'Age héroïque de la Foi, l'entrée en troupes des peuples du monde dans la Cause de Dieu s'est d'abord produite en Afrique pendant le ministère de Shoghi Effendi, et s'est étendue ensuite à d'autres endroits. Progressivement, les communautés bahá'íes de ces régions apprennent par expérience et développent des méthodes et des programmes qui visent à rassembler ces grands nombres de croyants en communautés qui fonctionnent et à établir de solides bases pour une croissance continue. Pour les soutenir dans leurs efforts, pour aider les bahá'ís d'autres pays à instaurer et maintenir ce processus, et pour dissiper les malentendus qui entourent inévitablement un concept d'un tel défi, une compilation pour " Promouvoir l'entrée en troupes " a été publiée. L'étude et l'application des principes et des approches qui y sont décrits aideront sans aucun doute tous les enseignants et toutes les communautés bahá'íes, que ce soit dans un endroit où l'entrée en troupes est une réalité depuis bien des années ou là où n'en est apparu encore aucun signe. Dans ce dernier cas, ce qui aidera à convaincre les croyants individuels de la réalité et de la validité de ce processus et rendra les communautés bahá'íes capables de se préparer elles-mêmes spirituellement et matériellement à ce déferlement, c'est d'attendre avec impatience son avènement, de prendre les mesures qui en encourageront le commencement, et d'assurer les moyens qui en perpétueront la croissance. L'augmentation remarquable de la collaboration internationale au cours de cette dernière année, l'installation de pionniers, et le flot d'enseignants itinérants ont tissé de manière encore plus serrée l'étoffe de la communauté bahá'íe. Ouvrant la voie pour de tels accomplissements, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum entreprit un voyage difficile pour encourager les croyants et proclamer la Foi, parcourant la Russie ou d'autres pays, anciens membres de l'Union Soviétique, des Etats Baltes à l'ouest jusqu'à la Sibérie à l'est, des républiques d'Asie centrale au sud jusqu'à Saint Pétersbourg et Yatusk au nord.

Ce Ridván, sept conventions nationales d'inauguration auront lieu. Nos représentants à ces événements historiques seront la Main de la Cause Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum pour l'élection de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís du Cambodge à Pnom Penh, ainsi que celle de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís de Mongolie à Oulan-Bator ; la Main de la Cause 'Alí-Muhammad Varqá pour l'élection de l'Assemblée Spirituelle Régionale des Bahá'ís de Slovénie et de Croatie à Ljubljana ; la Conseillère Lauretta King pour l'élection de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís du Kazakhstan à Alma-Ata, ainsi que celle de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís de Kirghizistan à Bichkek ; et le Conseiller Shapoor Monadjem pour l'élection de l'Assemblée Spirituelle Nationale du Tadjikistan à Douchanbé, ainsi que celle de l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís d'Ouzbékistan à Tachkent. L'Assemblée Spirituelle Régionale d'Asie centrale actuelle, avec son siège à Achkhabad, deviendra alors l'Assemblée Spirituelle Nationale des Bahá'ís du Turkménistan.

La fin de siècle approche rapidement. Il y a si peu de temps et tant à faire. Nous convions tous les croyants de la Cause de Bahá'u'lláh à consacrer leurs efforts les plus grands aux deux tâches primordiales enseigner la Foi à toutes les âmes assoiffées, et fournir les moyens matériels pour l'achèvement des projets monumentaux en cours sur le Mont Carmel. Quelles que soient les conditions apparentes de l'humanité au cours de l'année qui vient, la communauté bahá'íe doit se renforcer, démontrer plus clairement le caractère distinctif de son mode de vie, s'étendre avec confiance pour proclamer et enseigner son message, et attirer vers elle dans une mesure toujours plus grande le secours de confirmation des Hôtes du Concours Suprême. Dans tous les aspects de ce travail, c'est le bahá'í individuel qui détient la clef de la victoire.

Nous voici parvenus au roi des festivals sous le rayonnement non moins intense des bénédictions merveilleuses de l'Année Sainte que nous venons de traverser, confirmés, renouvelés et revigorés dans nos occupations sacrées. Car ce fut une période où la Beauté d'Abhá a déversé sur Sa communauté mondiale la splendeur de Sa grâce dans une fulgurance telle que les efforts de Ses disciples pour observer un double anniversaire aussi significatif que le centenaire de Son Ascension et de l'inauguration de Son Alliance se sont vus investis d'un étonnant succès. Ce fut la pause mémoriale qui produisit une proclamation du Plus Grand Nom résonnant sur la terre entière comme jamais auparavant ; mais ce qui était si clairement un phénomène extérieur, fut très manifestement le reflet d'une acquisition intime d'une compréhension de notre relation avec Bahá'u'lláh plus profonde que nous ne l'avons eue jusqu'à présent. L'appréciation accrue en nous-mêmes de l'universalité de la communauté, de son incarnation du premier principe et voûte supérieure de Sa Foi, nous a laissé au cœur une nouvelle et irrésistible empreinte ; les effets de cette réalisation se sont manifestés d'une manière frappante à la commémoration en Terre Sainte en mai dernier et plus amplement au Congrès Mondial en novembre dernier, comme pour confirmer notre conviction en ces temps désespérément agités que le monde de l'humanité se meut inexorablement vers sa destinée encore élusive d'unité et de paix. En effet, au cours de l'Année Sainte, nous avons été portés sur les ailes de l'esprit vers un sommet d'où nous avons vu s'approcher à grands pas la gloire de la promesse immémoriale du Seigneur qu'un jour toute l'humanité sera unie.

Les détails exaltants des événements tout au cours de l'année sont trop nombreux pour en faire ici la description, car les agissements de l'Esprit Saint ont été universellement ressentis, imprégnant les activités des amis d'une force mystérieuse. Qu'il suffise dès lors de rappeler les événements marquants tels que le rassemblement en mai dernier du plus grand nombre de bahá'ís à participer à un événement en Terre Sainte ; la procession autour du Mausolée de Bahá'u'lláh par les représentants de pratiquement toutes les nations ; la présence de la majorité encore en vie des Chevaliers de Bahá'u'lláh lors du dépôt du Parchemin d'Honneur à l'entrée du Plus Saint Mausolée ; la dimension sans précédent du Congrès Mondial et l'immense variété de ses participants, y compris un vaste ensemble de jeunes engagés dans leur propre programme subsidiaire ; le défilé des représentants des races et nations du monde à cette occasion spectaculaire ; la diffusion par satellite qui a relié le Congrès et le Centre Mondial avec tous les continents. Voilà des expériences d'une rare catégorie, et elles ont immortalisé la renommée des commémorations du centenaire.

Les innombrables efforts imaginatifs entrepris par les amis de par le monde, des villages les plus reculés aux grandes villes, pour marquer ces anniversaires importants, ont de nouveau illustré le profond degré de consolidation atteint par la Foi de Bahá'u'lláh, et ils ont généré le travail d'enseignement dans bien des endroits, avec des résultats surprenants et inhabituels. La publicité sans précédent donnée aux buts et aux activités de l'Année Sainte par les moyens de diffusion des grands et des petits pays, l'attention accordée au Centenaire par les corps législatifs et les autorités officielles, les gestes de reconnaissance et d'appréciation de la Foi par les agences gouvernementales, l'implication des représentants de la Communauté Bahá'íe Internationale dans les événements globaux importants, y compris la conférence des Nations-Unies sur l'environnement et le développement, tenue à Rio de Janeiro en juin dernier, dans le cadre de laquelle un monument public portant une inscription des Ecrits de Bahá'u'lláh et une immense empreinte du Plus Grand Nom a été inauguré -- de tels développements ont indiqué clairement que l'image de la communauté a été rehaussée aux yeux du public.

A l'écart de tous ces événements et développements remarquables, mais d'une magnitude encore plus grande dans ses implications aux portées lointaines pour la race humaine tout entière, fut la sortie à Naw-Rúz de la traduction annotée en anglais du Kitáb-i-Aqdas, le Livre le Plus Saint. Nous nous approchons ainsi une étape plus près du moment envisagé par 'Abdu'l-Bahá : " Lorsque les commandements du Livre Très-Saint seront en vigueur " dit le Maître, " ... la paix universelle plantera sa tente au centre du monde, et le saint arbre de vie poussera et croîtra, à tel point qu'il étendra son ombre sur l'Orient et l'Occident ".

L'année du centenaire a également été une période au cours de laquelle la situation dans l'ensemble du monde est devenue plus confuse et paradoxale : il y a eu des signes simultanés d'ordre et de chaos, de promesse et de frustration. Parmi les circonvolutions de l'état des affaires du monde actuel mais avec ces sentiments d'émerveillement et de joie, de courage et de foi que l'Année Sainte a insufflés en nos cœurs, nous sommes, en ce Ridván, en cette cent cinquantième année de notre Foi, embarqués dans un Plan de Trois Ans. Sa brièveté s'impose à cause des cours rapidement changeants de ces temps. Mais l'objectif primordial du Plan est indispensable à l'avenir de la Cause et de l'humanité. C'est 1'étape suivante du déroulement de la charte divine de l'enseignement écrite de la plume du Centre de l'Alliance. Le Plan sera l'étalon de notre détermination à répondre aux immenses opportunités en cette période critique de l'évolution sociale de la planète. Par la poursuite résolue de ses objectifs énoncés et la pleine réalisation de ses buts, en accord avec les circonstances de chaque communauté nationale, le chemin s'éclaircira pour une juste représentation du rôle de la Foi par rapport aux défis inévitables confrontant toute l'humanité pour cette fin de vingtième siècle fugace et chargée de destin.

Une énorme expansion de la communauté bahá'íe doit s'accomplir bien au-delà des records du passé. La tâche de répandre le Message à la généralité de l'humanité dans les villages, les villes et les métropoles doit rapidement s'accroître. Le besoin en ce domaine est critique, car sans cela les agences laborieusement érigées de l'Ordre Administratif ne fourniront pas la mesure capable de développer et de démontrer suffisamment leur capacité inhérente à pourvoir aux besoins pressants de l'humanité en son heure de désespoir grandissant. A cet égard, il faut comprendre à fond et mettre amplement l'accent sur la complémentarité de l'enseignement et de l'administration, car l'un renforce l'autre. Les problèmes de société qui affectent notre communauté et ces problèmes qui apparaissent naturellement au sein de la communauté elle-même, qu'ils soient sociaux, spirituels, économiques ou administratifs, seront résolus lorsque nos nombres et nos ressources se multiplieront, et lorsque à tous les niveaux de la communauté, les amis développeront la capacité la volonté, le courage et la détermination à obéir aux lois, à appliquer les principes et à administrer les affaires de la Foi en accord avec les préceptes divins. Le nouveau Plan tourne autour d'un thème triple : rehausser la vitalité de la foi des croyants individuels, développer considérablement les ressources humaines de la Cause, et stimuler le fonctionnement adéquat des institutions bahá'íes locales et nationales. Ceci pour faire converger les conditions de succès alors que se poursuivent les multiples buts du Plan en cette époque turbulente.

A l'encontre des signes manifestes de décadence morale qui quotidiennement corrodent les fondements de la vie civilisée, ces paroles descriptives de Bahá'u'lláh revêtent une urgence aiguë : " La croyance en Dieu se meurt dans tous les pays ; rien de moins que son bienfaisant remède ne la peut rétablir. Une impiété corrosive ronge les forces vitales de la société : quoi d'autre que l'élixir de cette puissante révélation pourrait la purifier et lui rendre la vie ? " De telles paroles ont des implications particulières pour les actions de quiconque a reconnu le Seigneur de l'Age. Une conséquence cruciale de cette reconnaissance est une croyance qui force à accepter Ses commandements. La profondeur de la croyance s'affirme par la transformation intime, cette acquisition salutaire d'un caractère spirituel et moral, qui est le résultat de l'obéissance aux lois et aux principes divins. A cette fin, la sortie du Kitáb-i-Aqdas annoté en anglais et sa publication prévue prochaine en d'autres langues majeures, fournit une puissante infusion de conseil divin pour réaliser la vitalité de la foi qui est si essentielle au bien-être et bonheur spirituels des individus et au renforcement de la structure de la communauté. Pas moins essentiel pour nourrir cette vitalité est la culture d'un sens de la spiritualité, ce sentiment mystique qui unit l'individu à Dieu et qui s'acquiert par la méditation et la prière.

La formation des amis et les efforts qu'ils font, par l'étude individuelle sérieuse, pour acquérir la connaissance de la Foi, pour en appliquer les principes et en administrer les affaires, sont indispensables au développement des ressources humaines nécessaires au progrès de la Cause. Mais la connaissance seule ne suffit pas ; il est essentiel que la formation soit fait de manière à inspirer l'amour et la dévotion, à susciter la fermeté envers l'Alliance, à inciter l'individu à participer activement au travail de la Cause et à prendre de sages initiatives pour la promotion de ses intérêts. Des efforts particuliers pour attirer les personnes de talent à la Foi feront aussi beaucoup pour contribuer aux ressources humaines tellement nécessaires en ce moment. De plus, ces efforts stimuleront et renforceront la capacité des Assemblées Spirituelles à s'acquitter de leurs lourdes responsabilités.

Le fonctionnement adéquat de ces institutions dépend surtout des efforts de leurs membres à se familiariser avec leurs tâches et à adhérer scrupuleusement au principe dans leur comportement personnel et dans la conduite de leurs responsabilités officielles. D'une importance pertinente également sont leur détermination à effacer toutes traces de désunion et de tendances sectaires entre eux, leur capacité à gagner 1'affection et le soutien des amis dont ils ont la charge et à impliquer le plus d'individus possible dans le travail de la Cause. En visant constamment à améliorer leur rendement les communautés qu'elles conduisent refléteront un mode de vie qui fera honneur à la Foi et qui par heureuse conséquence, ranimera l'espoir parmi les membres de plus en plus désillusionnés de la société. Alors que les Assemblées Spirituelles Nationales, avec le soutien toujours prêt des Conseillers continentaux, dessinent le cours à suivre pendant cette courte période, le Centre mondial va s'occuper de coordonner de très diverses activités à travers la planète, donnant des directives supplémentaires aux affaires extérieures de la Foi alors que la Communauté Bahá'íe Internationale se voit de plus en plus amenée à s'occuper des problèmes du monde. Il le fera tout en poursuivant avec une rapidité intentionnelle les projets de construction gigantesques sur la Sainte Montagne de Dieu, qui font partie d'un processus clairement perçu par Shoghi Effendi en synchronisation avec deux non moins considérables développements : l'établissement de la Moindre Paix et l'évolution des institutions bahá'íes nationales et locales. D'ici la fin du Plan, toutes les phases de constructions restantes des projets du Mont Carmel auront été mises en route ; l'ossature de construction du Centre International d'Enseignement, du Centre de l'Etude des Textes et de l'extension du Bâtiment des Archives Internationales aura été dressée ; et sept terrasses en dessous du Tombeau du Báb auront été achevées.

L'expansion spectaculaire du travail de la Cause ces dernières années et les développements attendus au cours de ce nouveau Plan exigent des ressources matérielles qui n'ont pas été suffisantes depuis un certain temps, en dépit des augmentations substantielles qui ont été faites en contributions aux fonds bahá'ís. Les crises économiques si largement signalées semblent destinées à encore s'aggraver, mais ni les problèmes économiques, ni les autres problèmes pressants qui confrontent l'humanité ne seront à la finale résolus à moins que la Cause de Bahá'u'lláh ne reçoive l'attention qui se doit des nations et des peuples et l'aide matérielle adéquate de ceux qui se déclarent ses adeptes. Puissent les amis partout considérer, avec leurs institutions bahá'íes et individuellement, sans se laisser démonter par les incertitudes, les périls et l'austérité financière affligeant les nations, ce qui est maintenant à faire par tous et chacun pour s'acquitter de cette responsabilité inéluctable et sacrée qui repose sur eux.

L'appel que nous lançons pour une action immédiate, redoublée et soutenue dans tous les aspects du Plan s'adresse en premier lieu au croyant individuel de toute localité qui possède en lui-même ou en elle-même les degrés d'initiative qui assurent le succès de toute entreprise bahá'íe globale et " sur qui, en dernier ressort, " comme l'a clairement déclaré notre bien-aimé Gardien, " dépend le destin de la communauté tout entière ". Les buts du Plan de Trois Ans ne seront pas facilement gagnés, mais ils sont à réussir avec magnificence, quel que soit le sacrifice. Dès lors, il ne devrait y avoir ni hésitation, ni retard à s'y mettre de la part des individus ou des Assemblées Nationales, sous crainte de voir s'accumuler sans contrôle les problèmes de l'humanité ou apparaître des crises internes qui nous ralentissent. Qu'il soit toujours présent à l'esprit que nous gagnons nos victoires par les épreuves et les difficultés ; nous transformons la crise pour le compte du progrès en saisissant l'opportunité qu'elle procure de démontrer la viabilité et la force de réussite de nos principes. Dans la vague croissante de la Cause de Dieu, crises et victoires ont toujours alterné et ont de tous temps été la matière première du progrès. Alors que nous savourons les triomphes de 1'Année Sainte, n'oublions pas la réalité de cette expérience répétitive. N'oublions pas également que nos bénédictions sont à la mesure de nos défis, comme l'a continuellement démontré notre histoire glorieuse.

Amis bien-aimés : ne soyez pas consternés ou dissuadés. Prenez courage sous la protection de la loi et des décrets de Dieu. Ce sont les heures les plus sombres avant le point du jour. La paix, comme promis, viendra au bout de la nuit. Avancez résolument à la rencontre de l'aube.

En cette saison de Ridván, avec ses splendeurs inhérentes et son déclenchement de jours inhabituels et mémorables, nos cœurs palpitent d'émerveillement et nous nous agenouillons en hommage au Roi de Gloire dont la grâce nous a permis d'arriver à cette conjoncture propice dans l'histoire de Sa Cause.

Du sommet triomphal du Plan de Six ans maintenant achevé, nous voici au seuil de l'Année Sainte, maintenant commencée, emplis d'effroi à la seule idée des significations uniques associées à la commémoration de cette occasion sanctifiée il y a cent ans lorsque Bahá'u'lláh, le Promis de tous les âges, prit Son envol de cette vie terrestre. Le Soleil de Vérité ne se couchait toutefois, que pour briller à tout jamais du " Royaume de gloire impérissable " afin de répandre désormais la lumière de sa puissance régénératrice sur le monde entier. Il avait quitté ce monde, Lui l'Auteur d'une Révélation d'une " grandeur inconcevable ", par laquelle " toutes les Dispensations du passé ont atteint l'apogée, le point final de leur consommation " ; le Générateur d'un nouveau Cycle Universel " qui doit s'étendre sur une période d'au moins cinq cent mille ans " ; le Fondateur d'un Ordre Mondial, un " Ordre...dont les yeux des mortels n'avaient jamais vu l'équivalent ". De plus, Il était le Point de l'Aube du Jour de Dieu, le " Jour où les faveurs les plus excellentes de Dieu ont été déversées sur les hommes ". Telles sont les réalités superlatives sur lesquelles nos contemplations se concentrent au cours de cet anniversaire particulier, qui arrive en ce moment crucial des affaires de l'humanité.

Nous sommes si imbus des souvenances sacrées qu'évoque cette Année Sainte, que nous ne pouvons que vous inviter tous à faire une pause pour entrer en cette période de réflexion, ce temps de reconsécration, cette étape de préparation pour les tâches qui restent encore à accomplir, les hauteurs encore à atteindre, les splendeurs encore à dévoiler. Car, si nous regardons en arrière les cent années d'une histoire sans égale de progrès constant, nous regardons également avec anticipation les nombreux siècles de déploiement de l'accomplissement du but divin - accomplissement, qui comme l'expérience l'a montré, est peu à peu réalisé par les progrès systématiques des Plans et les poussées et les bonds étonnants des époques.

En effet, le portail immédiat de cette Année Sainte propice est la perspective de nouveaux horizons ouverts par le triomphe du Plan de Six ans, qui ont coïncidé avec la phase initiale de la quatrième époque de l'Age de Formation de notre Foi. Dans l'ensemble, ce n'est pas tant un triomphe d'accomplissements numériques, bien que, en beaucoup d'endroits et à des moments particuliers, l'éventail de l'expansion ait été extraordinaire. C'est un triomphe qui s'est manifesté par une nouvelle variété de victoires, de nouveaux commencements, de fraîches initiatives et de mûrs développements des institutions, comme pour marquer du sceau du succès les sept objectifs majeurs du Plan. Aussi impossible soit-il d'énumérer en ces quelques pages les résultats du Plan, les aspects principaux des développements de cette période remarquable de dynamisme méritent toutefois d'être soulignés. La communauté bahá'íe a nettement changé au cours des six dernières années. Les indices majeurs sont sans nul doute partout discernables aux amis et peuvent ainsi être résumés :

Un : la Foi de Bahá'u'lláh est représentée dans tous les pays de la terre. Le changement soudain de climat politique, sans nul doute par l'intervention du Plan Majeur de Dieu, a ouvert de vastes régions à la pénétration des enseignements divins, principalement dans l'ancienne Union Soviétique et les pays du bloc de l'Est. Les opportunités créées par ce changement ont permis l'installation de Chevaliers de Bahá'u'lláh dans les derniers territoires vierges qui restaient de la Croisade de Dix ans de Shoghi Effendi. Elles ont également provoqué le lancement, à Ridván 1990, du Plan supplémentaire de Deux ans pour ces régions. Ce Plan supplémentaire fut un succès spectaculaire, non seulement en termes d'expansion dans les nombreux pays impliqués, mais également par la diversité des couches sociales représentées par les nouveaux croyants de ces pays, par le volume et la variété de la littérature bahá'íe publiée et par le déploiement des institutions bahá'ís établies durant cette courte période. Le monde bahá'í a été fortement stimulé par ces développements, et un certain nombre de pays ont par ailleurs enregistré des succès significatifs dans le travail d'enseignement. Les chiffres déjà disponibles au Centre mondial indiquent que plus d'un million et demi d'âmes sont entrées dans la Cause au cours du Plan de Six ans. Le projet d'enseignement spécial de trois ans en Guyane a été particulièrement intéressant et il en a résulté un accroissement de la taille de la communauté bahá'íe atteignant six pour cent de la population du pays.

Deux : la proclamation de la Foi à travers le monde a atteint une étape totalement nouvelle. La campagne de proclamation lancée en 1967 sous l'inspiration de l'anniversaire du centenaire de la Proclamation de Bahá'u'lláh aux rois et aux dirigeants de l'humanité, et qui fut prise de vitesse en 1979 par la montée de persécution de la communauté bahá'íe iranienne, se trouve maintenant considérablement élargie par la distribution de " La Promesse de la Paix mondiale ". Rois, reines, présidents, premiers ministres, législateurs, juristes, académiciens, institutions et organisations diverses ont été sensibilisés au Message de Bahá'u'lláh. Les énergies créatives qui furent partout pour les communautés un exercice de diffusion de la Cause, devinrent l'une des forces dynamiques du Plan et stimulèrent, et pas de moindre manière, l'intérêt des organisations, des meneurs de pensée et des médias envers les solutions que peut offrir la Foi à un monde en étrange désarroi. Inspirées par l'impact des mesures adoptées pour la proclamation de la Foi, ainsi que par leurs efforts continus pour défendre la communauté bahá'í iranienne cruellement persécutée, les Assemblées Spirituelles Nationales et Locales ont fait preuve et continuent à le faire, d'audace et d'originalité étonnantes dans leurs rapports avec le public. Cela est évident dans leurs contacts innombrables avec les autorités de tous niveaux de gouvernement, par leur association avec un spectrum élargi d'organisations, et par leur facilité accrue dans leurs contacts avec les médias.

Trois : la dédication en décembre 1986 du Temple-mère du sous-continent indien à l'adoration du public a introduit une force nouvelle au sein des activités d'enseignement et de proclamation de la Foi. En tant qu'édifice de beauté et d'excellence rares, le " Temple du Lotus " a été largement acclamé, tout en exerçant également un attrait extraordinaire pour de très nombreux visiteurs. Sa renommée de merveille d'architecture s'est propagée rapidement tout comme son influence spirituelle. Il n'est pas exagéré de dire que parmi toutes les Maisons d'Adoration bahá'íes, ce Temple est aujourd'hui à lui seul, l'enseignant silencieux de la Foi le plus efficace, attirant chaque année davantage de visiteurs, au rythme de 20000 personnes par jour en moyenne, plus que tous les autres Temples bahá'ís réunis. Parmi les visiteurs venus de nombreux pays, se trouvent certaines des plus hautes personnalités du monde. Sujet de grand intérêt pour les médias, le Temple a fait l'objet de programmes de télévision, même en Russie et en Chine. L'influence de son succès dans ces domaines a contribué sans commune mesure à la sensibilisation générale du public à la Foi.

Quatre : le fait que la Foi continue à émerger de l'obscurité se manifeste de manières distinctes. Dans les cercles d'intellectuels, dans des travaux de références et dans les médias, la Foi est de plus en plus mentionnée en tant que religion mondiale " principale " ou " majeure ". La couverture par les médias des activités de la Foi s'est accrue de façon volumineuse grâce aux efforts intensifiés des amis dans les activités de proclamation, mais plus important est le fait que les médias témoignent d'un intérêt indépendant pour la communauté bahá'íe et établissent des contacts avec elle dans différentes parties du monde. L'exposition de couches influentes du public aux idées bahá'íes dans des domaines tels que la paix, l'environnement, le statut de la femme, l'éducation et l'alphabétisation, a provoqué une réaction qui en appelle de plus en plus aux bahá'ís à participer avec les autres à une variété de projets en association avec des gouvernements ou des organisations non-gouvernementales.

De plus, une telle exposition est en train de créer dans l'esprit du public la prise de conscience que la Foi a des réponses aux problèmes actuels et donc une attente à ce que la communauté bahá'íe prenne une part plus active dans les affaires publiques. Le succès notable des activités du Bureau de l'environnement de la Communauté internationale bahá'íe, établi au cours du Plan, illustre amplement la nature de ces développements. Par ailleurs, les relations officielles que la Communauté internationale bahá'íe a établies avec le réseau Conservation et Religion du Fonds mondial pour la nature et avec la Conférence mondiale de la religion et de la paix, s'ajoutant aux nombreux liens de ce genre établis par les Assemblées Spirituelles Nationales et Locales dans leurs juridictions respectives, reflètent une tendance vers l'émergence de la Foi, en tant qu'entité avec laquelle il va falloir compter. Dans l'ensemble, le dynamisme de la campagne de proclamation ramifiée a produit un écho pour la Foi auprès du public, et on peut dire qu'elle est connue des institutions publiques les plus significatives et des personnages les plus éminents sur terre.

Cinq : les projets de développement économique et social se sont beaucoup multipliés et ont largement contribué à l'honneur de la communauté par les exemples de pouvoir d'initiative de groupe et d'action volontaire consultative qui ont été mis en place dans de nombreux endroits. Les activités à cet égard ont inclus plus de mille projets dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture, la santé, l'alphabétisation, l'environnement et l'amélioration du statut de la femme. Dans un certain nombre de cas, les projets ont bénéficié de la collaboration ou de l'aide des gouvernements et des organisations internationales non-gouvernementales, comme, par exemple les projets pour l'amélioration du statut de la femme entrepris par cinq Assemblées Spirituelles Nationales avec l'aide financière du Fonds des Nations-Unies pour le développement de la femme (UNIFEM), et les projets dans d'autres domaines qui reçoivent l'aide des gouvernements canadien, indien, allemand et norvégien. Certains projets se sont distingués par leurs succès, au point d'être reconnus publiquement par des citations ou des récompenses de gouvernements et d'agences internationales non-gouvernementales.

Six : les activités des jeunes ont pris un caractère particulier façonné par l'idée d'une année de service pour les jeunes. La participation des jeunes au Plan de Six ans en tant que pionniers à court terme, enseignants itinérants et créateurs de projets, a eu un effet profond sur le travail d'enseignement en général et sur le soutien des efforts de développement social et économique tentés par un nombre grandissant de communautés nationales et locales. Une grande part des nombreuses victoires dans les anciens pays communistes leur revient. Leur travail au sein des projets de développement économique et social a attiré dans certains cas, l'attention des gouvernements et des organisations de développement. La création du Conseil européen des jeunes bahá'ís a galvanisé les activités des jeunes, ce qui a puissamment renforcé la poussée d'enseignement sur ce continent au cours des dernières années du Plan. Un trait significatif des activités des jeunes a été leur participation, en tant que volontaires à court terme de tous les coins de la planète, au travail du Centre mondial où leurs services ont été d'une valeur inestimable.

Sept : les progrès de consolidation du système administratif bahá'í sont évidents à travers les améliorations sensibles du développement interne et des efforts de collaboration de ses deux branches. Les chères et intrépides Mains de la Cause de Dieu, fidèles à l'allégeance qu'elles portent à leur Gardien bien-aimé, persévèrent dans leurs services uniques, étonnant la communauté par leur pouvoir de ressort. La croissance en confiance et en force des Corps des Conseillers et de leurs auxiliaires, soutenus par un Centre International d'Enseignement renforcé et vigoureux, a assuré aux Assemblées Spirituelles, qu'ils ont la charge de stimuler et de conseiller, un appui indispensable au bien-être du système tout entier ; cela, tandis que l'étendue du champ des activités des Assemblées Nationales et Locales, elles-mêmes chargées de guider les destinées de leurs communautés, a élargi de manière significative la base de ce système. Parallèlement, le travail de ces institutions a facilité et stimulé l'évolution de l'Ordre Administratif. Plus même : elles ont témoigné d'une énergie créative qui est de bon augure pour leur maturation continue.

Huit : les grands projets de construction sur la Montagne de Dieu, anticipés par Bahá'u'lláh dans la Tablette du Carmel, inauguré par 'Abdu'1-Bahá avec la construction du Tombeau du Báb et continués dans les plans de Shoghi Effendi, sont entrés dans une nouvelle phase. Les travaux ont débuté en mai 1990, pour renforcer et prolonger la terrasse principale du Mausolée du Báb, première étape vers la réalisation du projet d'architecture visant à accomplir la vision d' 'Abdu'l-Bahá des Terrasses qui s'étendront du pied de la montagne à sa crête. Dès septembre de l'année suivante, le sol a été creusé pour la construction du Centre de l'étude des textes et pour l'extension du bâtiment des Archives internationales, ce qui sera suivi par la construction d'autres édifices sur l'Arc, c'est à dire : les bâtiments du Centre International d'Enseignement et, en temps voulu, la Bibliothèque internationale bahá'íe.

Tous ces développements ont mis en évidence que le potentiel accumulé pour un progrès continu de la communauté bahá'íe est incalculable. La situation changeante tant à l'intérieur qu'entre les nations et les nombreux problèmes qui affligent la société, amplifient ce potentiel. L'impression que produit un tel changement est celle de. L'avènement proche de la Moindre Paix. Mais il y a eu une recrudescence simultanée de forces de contrebalance. Avec la toute nouvelle vague de liberté politique résultant de l'effondrement des bastions du communisme, est arrivée une explosion du nationalisme. La poussée concomitante du racisme dans bien des régions est devenue un sujet de sérieuse préoccupation mondiale. A cela se mêle une résurgence du fondamentalisme religieux qui empoisonne les sources de tolérance. Le terrorisme sévit partout. Une incertitude générale sur la condition de l'économie indique un profond désordre dans la gestion des affaires matérielles de la planète, condition qui ne peut qu'exacerber le sentiment de frustration et de futilité qui affecte le domaine politique. L'aggravation de la situation de l'environnement et de la santé d'énormes populations est cause d'alarme. Et pourtant, un élément de ce changement sont les avances étonnantes des technologies de la communication rendant possible la transmission rapide d'informations et d'idées d'un bout à l'autre du monde. C'est contre de tels processus simultanés de montée et de chute, d'intégration et de désintégration, d'ordre et de chaos, avec leurs réactions continues et réciproques entre elles, les unes sur les autres, qu'une myriade de nouvelles opportunités pour l'étape suivante dans le déploiement du Plan Divin du Maître bien-aimé se présentent.

L'influence bourgeonnante de la Révélation de Bahá'u'lláh a, semble-t-il, avec l'imminence, de l'Année Sainte, assumé le caractère d'une bourrasque de vent soufflant sur les structures archaïques d'un vieil ordre, abattant de puissants piliers et dégageant le terrain pour de nouveaux concepts d'organisation sociale. L'appel à l'unité, à un nouvel ordre mondial, se fait entendre de nombreuses directions. Le changement dans la société mondiale est caractérisé par une vitesse phénoménale. Un trait de ce changement est l'aspect soudain, ou précipité, qui semble être la conséquence d'une certaine force effrénée mystérieuse. Les aspects positifs de ce changement révèlent une ouverture inaccoutumée vers des conceptions globales, un mouvement vers une collaboration internationale et régionale, une inclination de partis opposés à opter pour des solutions pacifiques, une recherche des valeurs spirituelles. Même la communauté du Plus Grand Nom fait aussi l'expérience des effets rigoureux de ce vent stimulant qui rafraîchit en nous tous les modes de pensées, renouvelant, clarifiant et amplifiant nos perspectives quant au but de l'Ordre de Bahá'u'lláh à la suite des souffrances et de la tourmente de l'humanité.

La situation dans le monde, tout en nous présentant un défi intense d'une urgence extrême, rappelle à l'esprit la vision globale encourageante de Shoghi Effendi de l'avenir de l'Ordre Administratif durant le deuxième siècle de l'ère bahá'íe, à mi-chemin duquel nous approchons rapidement. En 1946, I1 écrivait : " Le deuxième siècle est destiné à révéler un déploiement fabuleux et une consolidation notable des forces œuvrant vers le développement mondial de cet Ordre, ainsi que les premiers signes de cet Ordre Mondial, dont le système administratif actuel est à la fois le précurseur, le noyau et le modèle - un Ordre qui, tout en se cristallisant lentement et en irradiant son influence bénigne sur la planète tout entière, proclamera à la fois l'âge de raison de toute la race humaine, ainsi que la maturité de la Foi elle-même, le progéniteur de cet Ordre ".

L'attention portée aux célébrations spéciales de l'Année Sainte va certainement nous équiper pour entreprendre les tâches urgentes de la prochaine étape dans l'évolution du Plan Divin. Cette période commémorative procure une digne démarcation entre les gloires et les triomphes des cent dernières années et les splendides récompenses qu'il reste à recueillir. Pour commencer, nous accueillons, le cœur plein de joie et de gratitude, l'expansion et la consolidation continues de l'Ordre Administratif qui va s'accroître avec la formation à Ridván de douze Assemblées Spirituelles Nationales et Régionales. Comme il est frappant que ce nombre d'Assemblées soit le même que le nombre total d'Assemblées Spirituelles Nationales qui existaient lors du lancement de la Croisade de Dix ans en 1953 ! C'est une preuve gratifiante de la rapidité de l'expansion de l'Ordre Administratif en moins de quarante ans. Avec ces nouvelles Assemblées, et en tenant compte de l'absorption de Sikkim par l'Inde et l'interruption du fonctionnement de l'administration bahá'íe au Libéria en raison de la situation perturbée, le nombre d'Assemblées Spirituelles Nationales qui participeront à la septième Convention internationale bahá'íe à Ridván prochain, atteindra 165.

Nous sommes heureux d'annoncer que les Mains de la Cause de Dieu suivantes se rendront en représentants, à six des Conventions fondatrices. Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum se rendra aux Conventions de la Bulgarie et de la Pologne ; M. 'Alí Akhbar Furútan se rendra à celles des Etats baltes et de la Hongrie ; et Dr 'Alí-Muhammad Varqá se rendra à celles du Groenland et de l'Ukraine, Biélorussie et Moldavie. Aux autres Conventions, nos représentants seront des Conseillers : M. George Allen, la République du Congo ; Dr Farzam Arbab, l'Asie Centrale ; M. Rolf von Czékus, l'Angola ; Mme Parvin Djoneidi, le Niger ; M. Hartmut Grossmann, l'Albanie ; et M. Mas'úd Khamsí, l'Azerbaïdjan.

D'ici seulement quelques semaines, dans l'enceinte sacrée du Mausolée de Bahá'u'lláh, un rassemblement au caractère solennel aura lieu pour marquer le centième anniversaire de l'Ascension du Désir des Nations. Le rouleau du Parchemin d'Honneur, des Chevaliers de Bahá'u'lláh aura été, le matin précédent, le 28 mai, déposé comme indiqué par notre bien-aimé Gardien, à la porte d'entrée du Sanctuaire intérieur du Très Saint Tombeau, pour y rester un symbole de la victoire historique qui fut la récompense de la détermination inébranlable des amoureux de la Beauté Bénie qui, en réponse à l'appel de la prodigieuse Croisade de Dix ans, ont planté la bannière de Sa Foi dans des territoires vierges à travers le monde.

Par la suite, en novembre, au deuxième Congrès mondial bahá'í, les hôtes de Bahá se réuniront à New York par milliers pour montrer par un geste hautement symbolique au nom de leurs frères du monde entier, leur respect pour l'Alliance que, Bahá'u'lláh a léguée, et pour évoquer la mémoire de Celui qui en fut nommé le Centre et qui exalta cette métropole en la revêtant de la désignation de " Cité de l'Alliance ". Ils y démontreront également le pouvoir d'unité que l'Alliance se doit d'assurer à tous les peuples du monde. Ce sera un moment d'une importance capitale pour la communauté bahá'íe sous le regard du reste du monde.

Ces deux événements internationaux sont les pivots des rassemblements de même but auxquels les amis de tous les coins du monde participeront. Le caractère spirituel et la manière digne de leur participation attireront sans nul doute des confirmations d'en-haut et influenceront profondément les forces constructives en travail d'un bout à l'autre de la terre.

Une autre source de bénédictions vers laquelle nous avons depuis longtemps dirigé nos espoirs deviendra également manifeste. Bahá'u'lláh a écrit : " Alors que Nous étions en prison, Nous avons révélé un Livre que Nous avons appelé 'Le Livre le Plus Saint'. Nous avons alors promulgué des lois et nous les avons revêtues des commandements de Notre Seigneur, qui exerce une autorité sur tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. " Ainsi, c'est en toute connaissance de sa signification capable d'ébranler le monde que nous vous informons de la publication prochaine au cours de cette année, de la traduction annotée en anglais du Kitáb-i-Aqdas, la Charte de la future civilisation mondiale que Bahá'u'lláh a révélée dans la Maison d' 'Údí Khammár à 'Akká, il y a près de 120 années.

Et maintenant, parmi les attentes impatientes occasionnées par les deux événements commémoratifs majeurs et par la publication imminente du Livre Mère de la Révélation bahá'íe, la Loi du Huqúqu'lláh entre en vigueur en tant que pratique constante des membres de la communauté mondiale tout entière. Puissent les bontés divines promises associées à la mise en pratique de cette loi sainte combler les bien-aimés du Seigneur dans tous les pays.

Une année lourde d'événements d'un sens si sacré ne peut qu'avoir des conséquences d'une puissance inimaginable. Le résultat immédiat est, cependant, impossible à prédire, il est également vain de spéculer à ce sujet. Dirigeons plutôt nos pensées vers la signification de ces occasions solennelles que cette année particulière est consacrée à commémorer. La raison d'être de l'Année Sainte n'est pas seulement accomplie par des commémorations publiques, aussi appropriées soient-elles. La raison essentielle de cette année est l'occasion qu'elle offre de réflexion intime à chaque bahá'í. En effet, voici le moment particulier d'un rendez-vous de l'âme avec la Source de sa lumière et de sa direction, le moment de se tourner vers Bahá'u'lláh, de chercher à acquérir une appréciation plus profonde de Son dessein, et de Lui renouveler allégeance. C'est une période de retraite au plus profond de l'être en soi, au lieu d'habitation de l'Esprit de Bahá, cet intérieur auquel Il nous appelle lorsqu'Il dit : " Tourne ton regard vers toi, tu me trouveras présent en toi, fort, puissant et immuable. " C'est le moment de renouveler l'engagement envers l'Alliance, de se dédier une nouvelle fois au devoir, de revitaliser l'énergie dans l'enseignement, " l'acte méritoire entre tous. "

Avant toutes choses, pour vous aider dans vos réflexions et vos actions, vous saurez sans doute faire appel à l'étude et à l'inspiration de Paroles telles que celles-ci : " Je suis le Soleil de la Sagesse et l'Océan de la Connaissance. Je réjouis les faibles et ranime les morts. Je suis la Lumière de direction qui éclaire le chemin. " " Par Ma Vie ! Ce n'est pas par ma propre volonté que Je me suis révélé, mais Dieu, par son propre choix, m'a manifesté. " " Je suis venu enveloppé des nuées de la gloire, et Dieu m'a investi d'une invincible souveraineté. " " Celui qui ne M'a pas, est dépouillé de toutes choses. Détournez-vous de tout ce qui est sur la terre et ne cherchez autre que Moi. " " Aime-moi pour que je puisse t'aimer. Si tu ne m'aimes pas, mon amour, par aucun moyen, ne pourra t'atteindre. Sache-le, ô serviteur. " " Celui qui est la Beauté ancienne s'est laissé charger de chaînes pour que l'humanité soit libérée de son esclavage, et il a accepté d'être emprisonné dans cette puissante forteresse pour que le monde entier parvienne à la vraie liberté. Il a bu jusqu'à la lie le calice de l'infortune afin que tous les peuples de la terre puissent atteindre à la joie éternelle et qu'ils soient remplis d'allégresse. "

Quelle que soit la direction que nous font prendre nos réflexions personnelles ou notre réponse au devoir, il y a une chose dont nous devons être sûrs : que le Nom de Celui qui est la Source de Vie du Monde devienne connu à travers la terre parmi les grands comme parmi les petits. Etant donné que cela fait un siècle entier que la Beauté Bénie s'en est allée, et vu le poids écrasant des maux qui accablent les peuples du monde, et ce vrai cri d'angoisse que poussent de plus en plus fort les cœurs de ceux qui aspirent à l'espoir d'être soulagés, nous, Ses serviteurs déclarés, ne pouvons ni fléchir ni faillir à ce devoir primordial et urgent. Car Lui, Bahá'u'lláh, est la Manifestation Suprême, l'Unificateur et le Rédempteur de toute l'humanité, la Source de Justice, 1'immortel Bien-aimé ; car, selon sa propre proclamation infaillible, " Celui qui est l'Inconditionné est venu, sur les nuées de lumière, afin qu'Il puisse animer toutes choses créées par les brises de Son Nom, le Très Miséricordieux, et unir le monde et rassembler tous les hommes autour de cette Table qui a été envoyée du ciel. " Portons Son Nom avec dignité à ceux qui doivent L'entendre, offrons Le comme un trésor à ceux qui doivent Le recevoir, évoquons-Le avec amour à ceux qui doivent L'épouser.

Comme cela serait digne de louanges si, imprégnés du désir de faire partout un blason de Son Nom, et pour démontrer notre amour particulier pour la Beauté d'Abhá, chacun de nous pouvait se lancer dans une campagne d'enseignement personnelle telle, que la force et les résultats collectifs qui en découleraient à travers le monde, mèneraient à une conclusion retentissante les expressions sacrées de cette Année Sainte et prépareraient la scène pour le lancement du prochain Plan de Trois ans à Ridván 1993 !

Enfin, il convient tout à fait en cette heure de rappeler l'expression de Bahá'u'lláh, dans Son Livre le Plus Saint, de Sa volonté pour nous quant à la nature de nos réactions lors de Son trépas : " Ne soyez pas désespérés, ô peuples du monde ", dit-Il " quand se couchera l'étoile du matin de Ma beauté et que le ciel de Mon tabernacle se dérobera à vos yeux. Levez-vous pour faire avancer Ma cause et pour exalter Ma parole parmi les hommes. Nous sommes en tous temps avec vous et Nous vous fortifierons par le pouvoir de la vérité. Nous sommes en vérité le Tout-Puissant. Quiconque M'a reconnu se lèvera et Me servira avec une telle résolution que les forces de la terre et du ciel seront incapables de faire échouer son dessein ".

Très chers amis, nous n'oublierons pas de supplier au Seuil Sacré pour que, de Sa retraite de splendeur immortelle, la Beauté Bénie puisse remplir les âmes de chacun et de tous du souffle revivifiant de Sa puissance céleste.

Aucune voix terrestre ne peut exprimer la gratitude que nous ressentons pour l'extraordinaire grâce divine octroyée par la Beauté Bénie à Sa communauté mondiale ainsi qu'au Centre mondial de Sa Foi au cours de l'année qui vient juste de se terminer. Nous inclinons nos têtes avec humilité devant les preuves frappantes de Sa grâce fortifiante et Son plus irrésistible pouvoir.

Le danger accablant, résultat de l'agitation au Moyen-Orient, qui a enveloppé la Terre Sainte au cours de la dernière partie de l'année s'est éloigné sans arrêter ou même sérieusement gêner le fonctionnement de l'administration bahá'íe. La situation a été un rappel poignant du contraste entre l'aspect non-ostentatoire du Système de Bahá'u'lláh d'une part, évoluant progressivement et possédant une distinction de nature unificatrice, et d'autre part, le caractère bouillonnant de l'Age de Transition, " dont les tribulations ", déclare Shoghi Effendi, " sont les précurseurs de cette Ere de félicité divine qui doit incarner le but ultime de Dieu pour tous les hommes ". C'était un autre des signes solennels proclamant simultanément les agonies d'une civilisation se désintégrant et les douleurs d'enfantement de cet Ordre Mondial -- cet Arc de salut humain -- qui doit nécessairement s'élever sur ses ruines

Les forces qui ont uni les réactions afin de trouver un remède de la part de tant de nations lors de la crise soudaine dans cette région, ont démontré, au-delà de toute incertitude, la nécessité du principe de sécurité collective prescrite par Bahá'u'lláh il y a plus d'un siècle comme un moyen de résoudre les conflits. Alors que Sa vision d'une organisation mondiale permettant l'application complète de ce principe est loin d'avoir été adoptée par les gouvernants de l'humanité, un grand pas en direction de l'attitude énoncée pour les nations par le Seigneur de l'Age a été ainsi franchi. Eclairants sont les mots de Bahá'u'lláh annonçant les réorientations des nations : " Soyez unis, ô concours des souverains de la terre, car de la sorte la tempête de la discorde s'apaisera parmi vous et vos peuples trouveront le repos. Si l'un de vous prenait les armes contre un autre, levez-vous tous contre lui, car ce ne sera là que justice manifeste. "

En effet, quelles que soient les directions vers lesquelles nous posons notre regard, le pouvoir de la Révélation de Bahá'u'lláh est visiblement à l'œuvre dans le monde. Dans l'appel pour un nouvel ordre mondial, publié tel un refrain des déclarations des dirigeants politiques et des grands penseurs, alors qu'eux-mêmes étaient incapables d'en définir le vrai sens, il est possible de distinguer le lent réveil de l'humanité au principal but de Sa Révélation. Qu'un tel appel soit venu avec insistance depuis la tête de cette république, destinée, selon les mots d' 'Abdu'l-Bahá, à être " la première nation à établir la fondation d'un accord international " et à " mener toutes les nations spirituellement ", est une indication de l'efficacité et l'accélération de deux processus simultanés, l'un fonctionnant à l'extérieur et l'autre à l'intérieur de la Cause, ce que Shoghi Effendi nous dit sont destinés à culminer " vers une seule et même glorieuse apogée ".

Au sein de la Cause, les signes des accomplissements irrésistibles du Plan de Six Ans, bien que nécessairement pas comme prévus au commencement, sont abondants. Des exemples frappants sont la preuve évidente du réveil des changements phénoménaux qui se sont déroulés en Union Soviétique et dans ses anciens états satellites. Tout juste un an après le rétablissement de l'Assemblée Spirituelle Locale de Moscou, une Assemblée Spirituelle Nationale pour l'Union Soviétique va être formée. De la même façon, un peu plus d'un an après les changements politiques révolutionnaires en Roumanie, le gouvernement a reconnu la communauté bahá'íe en tant qu'association religieuse ayant le droit de répandre les enseignements de Bahá'u'lláh ; là, également, une Assemblée Spirituelle Nationale doit être formée au cours de ce Ridván. Un développement rapide de la Foi en Tchécoslovaquie a imposé la décision, prise il y a seulement quelques semaines, d'établir également une Assemblée Spirituelle Nationale dans ce pays. En même temps, dans la région des Caraïbes, l'Assemblée Spirituelle Nationale des îles Sous-le-Vent Occidentales sera formée à la suite de la division du groupe des îles Sous-le-Vent en deux unités régionales administratives. Avec ses quatre formations des plus réjouissantes, le nombre des Assemblées Spirituelles Nationales s'élève à 155.

Nous sommes heureux d'annoncer que les trois Mains de la Cause de Dieu vont représenter la Maison Universelle de Justice au cours de ces événements historiques : Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum en Roumanie, M. 'Alí Akbar Furútan en Union Soviétique et Dr 'Alí-Muhammad Varqá en Tchécoslovaquie. Le Conseiller Ruth Pringle sera le représentant aux îles Sous-le-Vent Occidentales.

Une autre illustration de l'autorité grandissante de la Cause de Bahá'u'lláh dans l'esprit du public émerge d'Allemagne où la Cour constitutionnelle fédérale, l'autorité judiciaire suprême de ce pays, a rendu une décision d'une importance capitale pour la reconnaissance de la Foi. Une suite de tribunaux avait refusé d'enregistrer les statuts d'une Assemblée Spirituelle Locale au motif que l'autorité de l'Assemblée Spirituelle Nationale, accordée par ce document était une violation au principe légal qui exige l'autonomie de toute association légalement incorporée. Les problèmes que cela implique sont très complexes et ne peuvent être ici élaborés. Nous nous contenterons de dire que la Cour constitutionnelle fédérale a confirmé l'appel de l'Assemblée Spirituelle Locale dans une décision longue et minutieusement fondée dans laquelle, en plus d'autres choses, est affirmé le droit de la communauté bahá'íe de posséder un pouvoir légal ayant exactement la même forme qu'il en est ordonné dans les Ecrits de la Foi bahá'íe. Cette décision déclare que sa nature en tant que religion reconnue, a indiscutablement été confirmée par son caractère inhérent, connu du public, et par le témoignage d'érudits en religion comparée. Ce verdict a été tellement significatif selon la cour elle-même, qu'elle a pris la rare décision de publier une déclaration à la presse expliquant son jugement. Cet acte significatif aura des implications pour la communauté bahá'íe au-delà des frontières d'une Allemagne unifiée.

Un autre exemple de l'appréciation grandissante du public pour les visions pénétrantes de la Cause implique la République d'Afrique du Sud, où l'Assemblée Spirituelle Nationale, prenant l'avantage des initiatives du gouvernement pour la résolution du problème de l'apartheid vieux d'une décennie, a décidé de soumettre son point de vue pour la rédaction d'une nouvelle constitution du pays. Le Président de la Commission légale sud-africaine, juge agissant au nom du gouvernement, qui a reçu la proposition de l'Assemblée Spirituelle Nationale d'une délégation qu'elle avait nommée, a commenté en disant que les bahá'ís étaient le seul groupe dont les idées, jusque-là, avaient fourni une fondation spirituelle et morale pour une constitution.

Quelques soient les effets individuels de ces développements ci-dessus mentionnés -- et d'autres, comme la présence d'un représentant de la Communauté internationale bahá'íe, seul orateur non-bouddhiste invité à parler au cours d'une réunion publique qui s'est tenue lors de la Conférence bouddhiste asiatique pour la Paix en Mongolie ; la mention spécifique des bahá'ís par le Pape Jean-Paul II à une réception lors de son récent voyage au Burundi ; l'inscription officielle de la Foi bahá'íe comme l'une des religions communes à Tuvalu ; l'exposition internationale pour l'éducation à la Paix organisée par l'Assemblée Spirituelle Nationale brésilienne avec la participation de 23 Ambassades et institutions éducatives -- une chose est particulièrement claire : l'impact cumulatif à travers le globe affirme l'émergence de la Foi de l'obscurité. De telles marques grandissantes de la reconnaissance du public à l'égard du vrai caractère et des riches potentialités de la communauté bahá'íe sont un signe distinctif de l'avancement de la Foi dans la quatrième époque de l'Age Formatif.

A l'étude de tels signes et présages merveilleux, nous ne pouvons résister à l'envie d'exprimer tout notre amour et notre appréciation profonde aux Conseillers continentaux, et à leurs Corps auxiliaires, qui stimulent et soutiennent les efforts, rendant possible les accomplissements de tels développements prodigieux comme précédemment cités et, plus particulièrement, dont les services impulsent la lancée dynamique du travail de l'enseignement, fondamental à tout succès de la communauté. Nous sommes heureux et encouragés au-delà de toute mesure par les débuts pleins de vigueur des Corps des Conseillers exprimés dès leur entrée dans leur nouveau mandat de services indispensables et grandement appréciés à l'égard du monde bahá'í. Les initiatives neuves auxquelles, avec l'encouragement de tout cœur et le soutien fantastique du Centre International d'Enseignement ils tendent désormais leur énergie, est de bon augure pour l'accomplissement gratifiant du Plan de Six Ans. Que leurs efforts soient grandement soutenus par l'augmentation, le jour de l'Alliance cette année, par un nombre de membres du Corps auxiliaire s'élevant à 846 -- 90 de plus que ce qui existe pour l'instant. La communauté mondiale va certainement bien accueillir la force que cette action va procurer à l'étendue et à la qualité des devoirs spirituels donnés aux membres des Corps auxiliaires et leurs assistants, dont le fonctionnement à la base est une garantie de l'expansion continue et de la consolidation de notre glorieuse Foi.

Le progrès somptueux du Plan de Six Ans illumine nos esprits et exalte nos espoirs. Toutes les années sauf une de ce Plan sont passées et une avance puissante vers l'accomplissement de ses sept objectifs majeurs s'est faite. Notre communauté a énormément changé par rapport à ce qu'elle était au début du Plan en 1986. Elle s'est beaucoup étendue et développée. Elle est plus diverse, plus dynamique, plus remarquable et plus particulière. Alors que nous entrons dans l'année clôturant le Plan de Six Ans, un horizon de perspectives palpitantes s'étend devant nous tous :

La préparation de la traduction annotée en anglais tant attendue du Kitáb-i-Aqdas, le Livre des Lois, le Très Saint Livre, le Livre Mère de la Révélation de Bahá'u'lláh, sera terminée -- un accomplissement monumental qui à lui seul, annoncera une nouvelle étape de l'évolution du monde bahá'í et ainsi, couronnera les accomplissements du Plan de Six Ans.

Les ouvrages de terre sur les terrasses inférieures du Tombeau du Báb et les travaux de creusement pour le Centre d'Etude des Textes et l'Annexe du bâtiment des Archives Internationales vont commencer, débutant une nouvelle phase sur la Sainte Montagne de Dieu de ces entreprises puissantes et dont la signification ne peut être mesurée.

La fin du Plan va marquer le début de l'Année Sainte, 1992-1993, une pause délibérée d'une année afin de permettre à Ses croyants de témoigner leur respect d'une façon digne au Centenaire de l'Ascension de Bahá'u'lláh et pour l'inauguration de Son Alliance qui unifie le monde. Comme il a été déjà annoncé, des célébrations importantes sont prévues afin de refléter le caractère distinctif et la vibrante importance pour monde de ces deux occasions.

L'une : le rassemblement des représentants du monde bahá'í, avec les Chevaliers de Bahá'u'lláh, à Bahjí dans l'enceinte du Manoir, d'où l'Esprit libéré de Bahá'u'lláh s'est rendu vers le trône de Sa souveraineté céleste, et aux alentours du Tombeau Très Saint, où le Parchemin d'Honneur des Chevaliers de Bahá'u'lláh sera déposé comme un geste témoignant de la réponse de Ses amants à Son appel pour propager Ses enseignements sur toute la terre. Là, à Bahjí, ce rassemblement débutera par un acte solennel d'adoration dont les lectures sacrées vont bientôt être partagées avec les communautés bahá'íes partout dans le monde pour être utilisées lors de leur propre commémoration, afin d'unifier l'expérience dévotionnelle du monde bahá'í dans son ensemble au cours de cette célébration de la centième année.

L'autre : le Congrès mondial qui doit se dérouler du 23 au 26 novembre 1992 dans la ville de New York où le Maître bien-aimé, nommé le Centre de l'Alliance de Bahá'u'lláh, révéla les implications de Sa station et qu'Il désigna comme la Ville de l'Alliance. A travers le monde, les communautés bahá'íes organiseront des événements supplémentaires appropriés afin de magnifier le but du Congrès, qui est de célébrer le centenaire de l'inauguration de l'Alliance de Bahá'u'lláh et pour proclamer ses buts et son pouvoir unifiant. Un corollaire à ces activités sera la large distribution d'un article de présentation sur Bahá'u'lláh préparée à notre demande par le Bureau d'Information Publique, qui servira tant comme une source d'étude et d'inspiration pour les bahá'ís eux-mêmes que comme une publication informative à être présentée au public. D'une façon ou d'une autre, la communauté au Plus Grand Nom s'efforcera de proclamer le Nom de Bahá'u'lláh à travers le globe, afin de le rendre éminemment connu dans la conscience des peuples partout dans le monde.

Une telle confluence exceptionnelle d'accomplissements imminents -- la publication du Kitáb-i-Aqdas, les progrès de la construction des projets sur le Mont Carmel, l'achèvement du Plan de Six Ans, le commencement de l'Année Sainte -- anime les attentes du monde bahá'í, marque l'étape vers de plus puissants efforts que ceux déjà tentés, et nous dirige tous vers l'ouverture d'une nouvelle phase de l'histoire. Il semble convenir dès lors que la loi sacrée qui permet à chacun d'exprimer son sens personnel de sa dévotion à Dieu dans un profond acte conscient privé, qui encourage la bonté commune, qui relie directement le croyant individuel à l'Institution Centrale de la Foi, et qui, au-delà de toute autre chose, assure à celui qui est obéissant et sincère, la grâce ineffable et les bénédictions abondantes de la Providence, devrait, en cette période favorable, être embrassée par tous ceux qui professent leur croyance à l'égard de la Suprême Manifestation de Dieu. C'est avec humilité devant notre Seigneur souverain, que nous annonçons maintenant qu'à partir de Ridván 1992, début de l'Année Sainte, la Loi du Huqúqu'lláh, le Droit de Dieu, deviendra universellement applicable. Tous sont amicalement appelés à 1'observer.

Nos très chers frères et sœurs : soyez les témoins de la façon dont le Bien-Aimé a répondu à nos supplications. Voyez comment Il a enrichi nos vies de nouveaux frères et sœurs et de nouvelles institutions dans des terres jusque-là closes à Sa Parole bienfaitrice. Considérez avec quelle puissance Ses prescriptions divines sont affirmées comme des règles pour le comportement des nations, petites ou grandes. De telles abondantes bénédictions vous ont sûrement revêtu d'un invincible courage et d'une confiance pour faire face à un futur, certes plein de défis, mais brillant. Vous êtes en effet embarqués dans une année favorable, lancés vers le triomphe ultime du Plan de Six Ans.

Puissiez-vous continuer, par la pureté d'intention de vos actes dans Son service, à être bénis par le trésor inépuisable de Son amour et de sa tendre attention.

Venant d'achever une année riche en réalisations importantes nous voici, au seuil de la dernière décennie de ce glorieux vingtième siècle, devant un futur immédiat aux défis immenses et aux possibilités étonnantes. A l'approche du centenaire de l'ascension de Bahá'u'lláh, la rapidité des changements survenus cette année montre l'accélération des forces spirituelles que l'événement de sa mission révolutionnaire libéra. Cette accélération soudaine, transformant en profondeur les pensées sociales et les entités politiques, suscita un sentiment de joie, quant à ses effets immédiats, et d'étonnement quant à son sens réel et à ses résultats futurs. Surpris, manquant d'explications, les rédacteurs d'un grand journal n'hésitèrent pas à attribuer ces bouleversements à " une Main invisible ".

Pour les disciples de Bahá'u'lláh de par le monde, il ne peut y avoir aucun doute sur la source divine et l'intention précise de ces événements extraordinaires. Réjouissons-nous donc devant les signes merveilleux de la bienfaisance de la grâce abondante de Dieu. Le niveau élevé de l'enseignement et des enrôlements rapportés lors du dernier Ridván ont continué et, de l'Europe de l'Est à la mer de Chine de nouveaux champs d'enseignement se sont ouverts. L'installation ces dernières semaines de deux Chevaliers de Bahá'u'lláh dans l'île Sakhalin, complète ainsi la liste des territoires mentionnés par Shoghi Effendi dans sa Croisade mondiale de dix ans. La réformation, au dernier Ridván, de l'Assemblée Spirituelle Locale d' 'Ishqábád, la récente élection de celle de Cluj en Roumanie, première nouvelle Assemblée du " bloc de l'Est ", la reformation, à ce Ridván, d'autres Assemblées locales en URSS et dans d'autres pays de l'Est -- toutes ces réalisations et ces perspectives immédiates confirment notre arrivée à une étape importante de la quatrième époque de l'Age de la formation. L'Ordre administratif comprend une communauté plus diversifiée que jamais. Ces développements prodigieux nous ont poussés à annoncer récemment un Plan d'enseignement subsidiaire de deux ans, lancé ici de manière officielle, et sur lequel nous vous demandons de concentrer instamment toute votre attention.

Les activités, qui firent avancer, en une courte année, la communauté jusqu'à ce stade de son évolution, sont stupéfiantes et d'une portée immense. Méditant sur les merveilleuses confirmations de Bahá'u'lláh, nos cœurs se tournent, avec amour, vers les Mains de la Cause de Dieu, appréciant ces porte-étendards de la communauté qui, où qu'ils soient, ont tenu haut ses brillants emblèmes face aux noirceurs de l'époque. Esprits indomptables, ils continuent, en toutes circonstances et où qu'ils se trouvent, à accomplir la tâche que Dieu leur a confiée, stimulant, édifiant, conseillant les membres toujours plus nombreux et répandus de la communauté. Face à la nouvelle situation du monde bahá'í, nous sommes heureux de mentionner quelques exemples de l'association des Mains de la Cause avec des événements d'Europe et d'Asie au cours de l'année écoulée : au cours d'un long voyage en Extrême-Orient, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum représenta la Maison Universelle de Justice lors de la formation de l'Assemblée Spirituelle Nationale de Macao ; puis elle passa quelques temps avec le Chevalier de Bahá'u'lláh en Mongolie, à la suite de quoi la première croyante du pays déclara sa foi en Bahá'u'lláh ; elle consacra enfin beaucoup d'attention aux amis vivants en différents endroits de la République Populaire de Chine dont la télévision diffusa son film : " L'expédition feu vert ". Pour sa part, M. Collis Featherstone consacra beaucoup d'énergie à revigorer les amis d'un Vietnam ravagé par la guerre et qui ont beaucoup souffert. En ce moment même, Mr. 'Alí-Akbar Furútan visite l'URSS qu'il dût quitter lors de persécutions contre la Foi et dans laquelle il retourne accomplissant triomphalement un vœu que notre bien-aimé Gardien lui fit il y soixante ans.

Par ailleurs, les Conseillers, membres du Centre International d'Enseignement, répondirent aussi rapidement aux occasions d'encourager le climat de progrès qui est évident dans toutes les parties du monde. Grâce à leur vision unifiée de la croissance, qu'ils transmirent aux Corps Continental des Conseillers et à leurs assistants travailleurs, capables et généreux, on peut sentir une nouvelle vitalité dans l'expansion de la consolidation de la Foi à travers le monde. Approchant leur limite de cinq ans de fonction, les Conseillers continentaux méritent la profonde gratitude de tous les bahá'ís pour les services incomparables qu'ils ont rendus.

De même que la communauté a étendu ses ramifications internes, elle a augmenté ses relations, son influence et son attraction extérieures, de manières multiples et parfois étonnantes par leur ampleur et leur potentialité. Quelques exemples suffiront ici : grâce à son nouveau Bureau de l'Environnement, la Communauté internationale bahá'íe a institué à nouveau, de sa propre initiative et en collaboration avec d'autres organisations intéressées, " l'Assemblée mondiale pour la Charte Forestière " fondée en 1945 par le célèbre Richard St. Barbe Baker. Depuis, le Bureau de l'Environnement est invité à participer à d'importants événements parrainés par des organisations internationales concernés par les questions écologiques. La Communauté internationale bahá'íe participe au travail du Groupe d'Action internationale pour l'alphabétisation, sous les auspices de l'UNESCO. Elle fut donc invitée à participer à la Conférence mondiale sur l'Education pour Tous, organisée en Thaïlande, au cours de laquelle ses représentants furent désignés pour s'occuper de tâches importantes aux yeux de tous, augmentant ainsi le renom de la communauté bahá'íe. Encouragées par un membre important du gouvernement des Fiji, des mesures furent prises pour ouvrir à Suva une filiale du Bureau de la Communauté internationale bahá'íe aux Nations-Unis, pour la région Pacifique. Aux États-Unis, l'Université du Maryland annonça sa décision d'établir une " Chaire bahá'íe pour la Paix mondiale " dans son Centre pour le développement international et le management des conflits, ce qui ne manquera pas d'augmenter les études académiques sur la Cause de Bahá'u'lláh. Presque au même instant, l'Assemblée Spirituelle Nationale de l'Inde annonçait la signature d'un accord pour l'établissement d'une chaire d'études bahá'íes à l'Université d'Indore.

Les efforts continus pour obtenir l'émancipation des bahá'ís d'Iran ont atteint un nouveau palier. Pour la première fois, un représentant des Nations Unies put rencontrer officiellement sur le territoire iranien, un représentant de la communauté bahá'íe proscrite. Le résultat de l'entrevue fut rapporté à la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies, dont la récente session à Genève adopta une nouvelle motion sur l'Iran citant les bahá'ís. Action similaire de grande importance, une résolution fut adoptée à l'unanimité par la Chambre des Représentants des Etats Unis, exigeant l'émancipation de la communauté bahá'íe iranienne et définissant les mesures à prendre par le gouvernement des États-Unis pour atteindre ce but. Une résolution identique doit passer devant le Sénat américain.

En Terre Sainte, les préparations pour la mise en chantier des projets de construction sur le mont Carmel reçurent une aide très décisive. La veille de Naw-Rúz, la Commission régionale d'urbanisme décida, après de laborieuses et délicates négociations, d'approuver le plan que lui soumettait le Centre mondial bahá'í. C'est une cause de grande satisfaction car cela prépare la voie à la délivrance des permis de construire.

Amis bien-aimés : deux années seulement nous séparent de la fin du Plan de Six Ans et du Ridván 1992 de l'Année sainte. Nous pourrons alors nous retourner un instant pour apprécier les événements tumultueux qui nous ont menés jusqu'au centenaire de l'ascension de Bahá'u'lláh et pour réfléchir, avec la solennité nécessaire, au but rédempteur de la vie de l'Être le plus précieux qui ait jamais respiré sur cette planète.

En attendant ce tournant de l'histoire bahá'íe, des plans sont lancés pour préparer deux événements mondiaux importants : Tout d'abord, la présence en Terre sainte de croyants, représentant le monde entier, réunis autour du Très Saint Mausolée pour participer à la commémoration de ce moment poignant. Dans le cadre de cette commémoration, et symbolisant l'influence transcendante et victorieuse de l'Esprit libéré de Bahá'u'lláh, le Parchemin d'Honneur enluminé, portant les noms de tous les Chevaliers de Bahá'u'lláh, sera déposé dans le sol à l'entrée de son mausolée. Commencée par Shoghi Effendi pendant le Plan de Dix Ans, cette liste comprend le nom des âmes intrépides qui se levèrent au Nom de leur Seigneur pour conquérir les territoires vierges indiqués dans ce plan. Ainsi, l'intention exprimée par le Gardien bien-aimé lui-même il y a quarante ans, trouvera-t-elle une conclusion appropriée. Les Chevaliers de Bahá'u'lláh encore vivants seront invités à assister à cette cérémonie.

L'autre événement sera le Congrès mondial bahá'í qui marquera le centenaire de l'inauguration de l'Alliance, léguée à la postérité par Bahá'u'lláh comme le moyen le plus sûr de sauvegarder l'intégrité et l'unité de son Ordre mondial. Ce Congrès aura lieu en novembre 1992 à New York, nommée la ville de l'Alliance par Celui qui en fut le Centre désigné et qui prédit que " New York deviendra l'endroit béni d'où partira vers tous les coins du monde, l'appel à la fermeté dans l'Alliance et dans le testament du Dieu. "

Aux niveaux locaux et nationaux, des événements se combineront avec ces deux réunions principales pour exprimer le sentiment profond des bahá'ís, faire sentir au public l'importance de l'apparition dans le monde du Seigneur de l'Alliance et faire connaître les buts de sa mission sublime. Les plans de lancement d'une grande compagne à travers le monde pour proclamer Son Nom, sont en préparation.

Où qu'ils soient, les amis doivent se concentrer sur le sens de ces deux anniversaires. La prière et l'étude des enseignements doivent les préparer spirituellement à acquérir une compréhension plus profonde du rang de Bahá'u'lláh, de ses intentions et de la portée fondamentale de sa puissante Alliance. Cette préparation est au centre même de leurs efforts pour transformer leurs vies individuelles et collectives. Par la qualité élevée de leur vie intérieure et de leur personnalité, par leur association, dans un esprit d'unité, les uns avec les autres, par la rectitude de leur conduite envers avec tous et par l'excellence de leurs accomplissements, tous les amis, hommes, femmes et jeunes, démontreront qu'ils appartiennent à une communauté vraiment éclairée et exemplaire. Ils prouveront ainsi que leur Bien-Aimé, dont ils vont commémorer l'Ascension, n'a pas souffert en vain pendant sa vie terrestre. Que ces exigences soient la mesure de leurs efforts pour enseigner sa Cause, la marque de leur hommage au Roi des Rois.

Très chers compagnons : ce temps, qui est pour nous de grande espérance, trouve la société mondiale dans une phase critique de sa transition vers le destin que lui prédit le Seigneur de l'Age. Les vents divins se déchaînent, bouleversant les vieux systèmes, accélérant l'élan du désir profond pour un nouvel ordre dans les affaires humaines, ouvrant la voie pour hisser l'étendard de Bahá'u'lláh dans des pays d'où il était jusque-là interdit. En cette dernière décennie du vingtième siècle, la rapidité des changements ranime les espérances qui inspirent nos rêves. Mais cette situation de bon augure est en même temps un grand défi.

Elle annonce le profond changement que devra connaître la structure de la société actuelle pour atteindre la moindre Paix. Car ces signes prometteurs ne doivent pas nous faire oublier que nous n'avons pas encore atteint le bout du long passage sombre, glissant et tortueux, de l'Age de transition : impiété générale, matérialisme effréné, nationalisme et racisme toujours actifs dans le cœur des hommes, humanité aveugle aux fondations spirituelles de la solution de ses malheurs économiques ... Le défi est particulièrement pressant pour la communauté bahá'íe, car le temps est court et nous avons de graves engagements à tenir. Parmi les plus urgents citons : premièrement, enseigner la Cause de Dieu et construire ses institutions divinement ordonnées dans le monde entier, avec un sentiment d'urgence mais aussi avec sagesse et courage. Deuxièmement, terminer la construction des terrasses du mausolée du Báb et les bâtiments restant du centre administratif de la Foi sur l'Arc du mont Carmel. Ces deux engagements, intimement liés, demandent, d'une part une action confiante, soutenue et résolue et, d'autre part une généreuse contribution aux fonds.

Près d'un million d'âmes sont entrées dans la Cause pendant les deux dernières années. L'augmentation des entrées en troupes, en différents endroits, contribue à cette croissance, rappelant la vision de Shoghi Effendi qui façonne notre perception des possibilités grandioses du domaine de l'enseignement. N'affirma-t-il pas que le processus de " l'entrée en troupes, dans le monde bahá'í, de gens de diverses nations et races ... préludera à l'heure tant attendue de la conversion en masse d'une partie de ces nations et races, puis, suite à une succession d'événements importants, peut-être catastrophiques, mais impossible à discerner déjà, même vaguement, le destin de la Foi se trouvera soudain transformé, 'équilibre du monde ébranlé, la force numérique, le pouvoir matériel et l'autorité spirituelle de la Foi de Bahá'u'lláh augmentés un millier de fois. " Tout nous porte à croire que ces enrôlements sur grande échelle continueront de croître, impliquant village après village, cité après cité, d'un pays à un autre. Pourtant, il nous suffit pas d'attendre passivement l'accomplissement de la vision de Shoghi Effendi. Mettant toute notre confiance en la providence de Dieu, considérant comme un privilège les défis qui nous font face, le peu que nous sommes doit marcher vers la victoire dans les plans en cours.

En accroissant nos réflexions et nos actions dans certains aspects de notre travail, nous augmenterions d'autant nos possibilités d'atteindre les engagements susnommés. A notre époque, la vie est en constante transformation, de plus en plus rapide, et notre croissance, notre taille et nos relations externes exigeant beaucoup de nous, notre communauté doit être prête à fournir une grande variété d'actions, sans perdre de vue les objectifs prioritaires de l'enseignement, c'est à dire l'expansion et la consolidation. Nous avons besoin d'une unité, dans la diversité des actions, qui permettra à différents individus de se concentrer sur différentes activités, augmentant l'effet salutaire de l'ensemble sur la croissance et le développement de la Foi. En effet, chacun ne peut tout faire, et tous ne peuvent faire la même chose. Cette compréhension est importante pour que la communauté atteigne la maturité à laquelle nous obligent les nombreuses exigences auxquelles nous devons faire face.

L'organisation donnée par Bahá'u'lláh est destinée à guider le progrès et à résoudre les problèmes de la société. Nous sommes encore trop peu nombreux pour démontrer les potentialités inhérentes au système administratif que nous bâtissons, et son efficacité ne sera pas vraiment appréciée sans une importante augmentation de nos effectifs. Or la situation mondiale actuelle nécessite de plus en plus une telle démonstration. Il est évident que ceux qui critiquent les défauts du vieil ordre du monde, qui sont même prêts à le détruire, manquent eux-mêmes d'une solution viable pour le remplacer. L'Ordre administratif étant destiné à être le modèle de la société du futur, il sera un signe d'espoir pour tous ceux qui désespèrent lorsqu'ils pourront le voir.

Le grand nombre de groupes ethniques représentés dans la Foi nous rend merveilleusement divers, et tout devrait être mis en œuvre pour renforcer encore cette diversité en recrutant plus de membres des groupes déjà représentés et en attirant des gens venant de groupes non encore touchés. Pourtant, il nous faut bâtir une autre sorte de diversité, sans laquelle la Cause ne pourra répondre convenablement aux défis qui l'assaillent. Nos effectifs doivent, au-delà de la variété ethnique, inclure un nombre croissant de gens de talent, dont des individus ayant réussi et célèbres dans les différents domaines de l'activité humaine. L'enrôlement d'un nombre important de ces personnes est une partie intégrante de l'enseignement aux masses qu'il ne faut plus négliger, mais incorporer délibérément dans notre travail d'enseignement, afin d'élargir la fondation et d'accélérer le processus de l'entrée par troupes. L'importance et l'actualités du besoin d'action dans ce domaine nous poussent à demander aux Conseillers continentaux et aux Assemblées Spirituelles Nationales de s'y pencher sérieusement pendant leurs consultations et dans leurs plans.

Les affaires de l'humanité sont dans un état tel que, de plus en plus, on demandera à notre communauté d'aider, par nos conseils ou par des mesures pratiques, à résoudre des problèmes sociaux importants. C'est une aide que nous serons très heureux d'offrir, mais cela implique que nos Assemblées Spirituelles Locales et Nationales adhèrent très scrupuleusement aux principes. Puisque l'attention du public se concentre de plus en plus sur la Cause de Dieu, il devient impératif pour les institutions bahá'íes d'améliorer leurs performances en s'identifiant toujours plus étroitement avec les vérités fondamentales de la Foi, en se conformant de plus en plus à l'esprit et à la forme de l'administration bahá'íe et en s'appuyant intensément sur les effets bénéfiques d'une bonne consultation, afin que les communautés qu'elles guident reflètent un modèle de vie qui offre l'espoir aux membres désillusionnés de la société.

Des signes tendent à prouver que la moindre Paix peut ne pas être loin ; les institutions nationales et locales de l'Ordre administratif croissent régulièrement en expérience et en influence ; les plans pour la construction des bâtiments administratifs restant à bâtir sur l'Arc sont très avancés -- un observateur honnête ne pourra nier que ces conditions permettent de mieux discerner le synchronisme dynamique envisagé par Shoghi Effendi.

Nous sommes une communauté clairement à l'avant-garde des forces constructives à l'œuvre sur la planète, et nous avons accès à une connaissance éprouvée. Consacrons-nous donc aux affaires de notre Père. De ses glorieuses retraites célestes, il libérera d'abondantes effusions de sa grâce sur nos humbles efforts, nous surprenant par les victoires incalculables de sa puissance conquérante. C'est pour les bénédictions incessantes d'un tel Père que nous continuerons, de la part de chacun d'entre vous, à prier au Seuil sacré.

Le courant spirituel qui a exercé ces influences exaltantes à la Convention internationale bahá'íe lors du dernier Ridván s'est répandu dans la communauté mondiale tout entière, amenant ses membres tant en Orient qu'en Occident à réaliser des prouesses, jamais vécues précédemment en une seule année, dans le domaine des activités et des accomplissements de l'enseignement. Le grand nombre d'enrôlements, à lui seul, le fait apparaître, car on a déjà signalé presqu'un demi million de nouveaux croyants. Les noms de ces régions très éloignées les unes des autres telles que l'Inde et le Liberia, la Bolivie et le Bangladesh, Taiwan et le Pérou, les Philippines et Haïti sont mis en évidence lorsque nous considérons les preuves de l'entrée en troupes qui s'accumulent depuis l'appel lancé, il y a un an, dans notre message. Ces démonstrations sont d'heureux présages de la plus grande accélération à venir et dans laquelle toutes les communautés nationales, quel que soit 1'état actuel de leurs efforts d'enseignement, seront finalement impliquées.

Nous contemplons le passe avec des sentiments d'humble gratitude et de nouvelles espérances pour les développements prodigieux qui ont eu lieu pendant une si courte période. Un de ceux-ci a été l'adoption du projet architectural conçu par Monsieur Faríburz Sahbá pour les terrasses du mausolée du Báb, qui constitue une nouvelle étape de la réalisation de la vision du Maître et du Gardien pour le chemin sur lequel les rois et les chefs d'Etat graviront les pentes du mont Carmel pour rendre hommage à la dernière demeure du héraut-martyr de Bahá'u'lláh. Les autres développements comprennent : l'approbation par les autorités centrales à Moscou de la demande soumise par un certain nombre de bahá'ís à 'Ishqábád de rétablir l'Assemblée Spirituelle Locale de cette ville ; l'initiative des démarches entreprises pour ouvrir un bureau d'information à Budapest, la première agence de la Foi de ce genre dans le bloc de l'Est ; l'établissement d'une filiale du bureau d'information de la Communauté internationale bahá'íe à Hong Kong, en prévision du moment où la Foi pourra être proclamée en Chine continentale.

Egalement remarquables parmi ces développements ont été le co-parrainage empreint de succès par la Communauté internationale bahá'íe du programme " Les Arts au service de la Nature " à Londres qui a eu lieu au profit du " Fonds mondial pour la Nature " ; la signature d'un accord à Genève établissant des relations officielles de travail entre l'organisation mondiale de la santé (OMS) et la Communauté internationale bahá'íe ; l'approbation officielle d'un programme d'études pour les écoles publiques en New South Wales, Australie ; l'immense flot des visiteurs au temple de New Delhi, atteignant quelque quatre millions depuis l'inauguration de l'édifice en décembre 1986 et comprenant un nombre inhabituel de hauts fonctionnaires du gouvernement et d'autres personnalités provenant de nombreux pays, parmi lesquels la Chine, l'Union soviétique et les pays du bloc de l'Est. Ceux-ci, s'ajoutant aux nombreux autres points saillants de cette seule année, fusionnent avec l'ensemble des accomplissements atteints jusqu'à présent dans le Plan de Six ans, en donnant une image dynamique de l'activité accélérée dans tout le monde bahá'í.

On ne pourrait faillir, en se référant à ce merveilleux progrès, à mettre l'accent sur l'impact spirituel et social du à l'épisode, d'une dizaine d'années, de la persécution infligée avec une telle cruauté à nos compagnons-croyants iraniens. Plus tard seulement nous connaîtrons toutes les conséquences de leur sacrifice, mais nous pouvons déjà reconnaître clairement son influence sur les succès extraordinaires dans la proclamation de la Foi et dans l'établissement de bonnes relations avec les autorités gouvernementales et les principales organisations non-gouvernementales du monde. C'est, dès lors, avec une profonde reconnaissance et une joie infinie que nous vous annonçons la libération de la grande majorité des prisonniers bahá'ís en Iran. Même si nous nous réjouissons, nous ne pouvons pas oublier qu'il reste à réaliser la pleine émancipation de la communauté bahá'íe iranienne et la garantie des droits de l'homme de ses membres dans tous les aspects.

Dans l'allégresse du moment, nous accueillons chaleureusement deux Assemblées Spirituelles Nationales qui seront formées ce Ridván : l'une à Macao dans le Sud-Est asiatique, l'autre en Guinée-Bissau en Afrique de l'Ouest.

Dans l'obscurité de la confusion qui bouleverse la société d'aujourd'hui, il y a une lueur lointaine, encore très faible mais discernable, d'une approche, lente mais définie, de l'apogée des trois processus parallèles envisagés par le Gardien bien-aimé, soit : l'émergence de la moindre Paix, l'érection des édifices de l'Arc sur le mont Carmel et l'évolution des Assemblées Spirituelles Nationales et Locales. En fait, au cours du Plan de Six ans, durant la quatrième époque de l'âge formatif, et particulièrement durant l'année qui vient de s'achever, cette lueur, encore si distante, s'est rapprochée. Car qui pouvait imaginer, même au début de ce Plan, les modifications soudaines de l'attitude changeante des dirigeants politiques en certains endroits troublés de la planète pour abandonner des positions qui semblaient intraitables -- des changements qui au cours des récents mois ont amené les auteurs d'éditoriaux à se demander : " La paix peut-elle surgir ? " Pour tout observateur conscient de la source divine de ces événements, ce développement doit certainement être encourageant, bien que les circonstances précises accompagnant l'établissement de la moindre Paix ne nous soient pas connues ; même si le moment exact est celé dans le Grand Plan de Dieu.

Cependant, les deux autres processus sont directement influencés par le degré avec lequel les adeptes de Bahá'u'lláh accomplissent leurs taches clairement décrites. Il y a une bonne raison pour avoir du courage. Car les concepts architecturaux des édifices restants à ériger sur l'Arc n'ont-ils pas été adoptés et les descriptions détaillées permettant la réalisation de ces splendides structures monumentales n'ont-elles pas été entreprises ? N'avons-nous pas été témoins de la force croissante des Assemblées Spirituelles Nationales et Locales dans leur aptitude à concevoir et à exécuter des plans, dans leur capacité à traiter avec les autorités gouvernementales et les organisations sociales, pour répondre aux appels lancés par le public en vue de s'assurer leurs services et pour collaborer avec d'autres aux projets de développement social et économique ? Ces Assemblées ne sont-elles pas consolidées par le soutien vigilant et amical des Conseillers continentaux, des membres du Corps auxiliaire et de leurs assistants, dont toutes les énergies bourgeonnantes sont habilement coordonnées par le Centre International d'Enseignement -- une institution dont le nombre accru de membres a déjà fait preuve d'une inspiration, d'une vision et d'une universalité suscitant une vive admiration ?

Aussi tentant qu'il puisse être de s'appesantir sur les faits positifs de nos progrès, nous ferions mieux d'être stimulés par eux au lieu de nous reposer sur nos lauriers. Dès lors, continuons, sans dévier et sans perdre confiance, à saisir les magnifiques occasions dont l'éventail et la fusion de ces processus et de ces événements continus permettent d'actualiser les intérêts immédiats de notre Cause sacrée. Ces intérêts, soyez-en sûrs, sont identifiés dans les principaux objectifs du Plan de Six ans, dans la seconde moitié duquel nous nous engageons à présent, entièrement conscients de la venue assez proche de l'Année sainte, en 1992-1993, et de ses commémorations importantes.

Conjointement à la poussée d'enseignement toujours croissante, nous devons aller de l'avant par tous les moyens possibles grâce à des projets de la plus haute importance. Le travail se poursuit pour assurer la publication en anglais du Kitáb-i-Aqdas, le livre-mère de la révélation bahá'íe. Des dispositions doivent être prises dès maintenant pour une commémoration empreinte de dignité en Terre sainte du centenaire de l'ascension de Bahá'u'lláh. Il convient que les plans du congrès mondial de 1992 à New York soient élaborés selon le programme prévu. De plus, il faut accorder systématiquement plus d'attention à l'élimination définitive de l'analphabétisme parmi la communauté bahá'íe, un accomplissement qui permettrait, avant tout autre chose aux amis d'avoir accès à la Parole de Dieu et renforcerait ainsi les efforts qu'ils font pour vivre la vie bahá'íe. De même, soutenir les tentatives faites pour protéger l'environnement dans des voies qui se confondent avec le rythme de la vie de notre communauté devrait assurer plus d'importance aux activités bahá'íes.

Quant aux projets sur le mont Carmel, le bureau du directeur du projet a été installé et dispose d'un personnel technique. Le sondage géologique des sols pour les édifices à ériger sur l'Arc va débuter -- une étape préliminaire aux excavations attendues par le monde bahá'í tout entier. En conséquence, nous saisissons cette occasion pour souligner l'urgence des fonds à recueillir tant pour entamer la construction que pour soutenir ce travail dès qu'il aura commencé.

Toutes ces conditions doivent et seront sûrement atteintes grâce au service auquel chaque membre consciencieux de la communauté de Bahá se consacrera à nouveau, particulièrement à l'engagement personnel dans le travail d'enseignement. Ce travail est si fondamentalement important pour s'assurer du succès dans toutes entreprises bahá'ís et pour favoriser le processus de 1'entrée en troupes que nous sommes amenés à attirer votre attention sur cette question. Il n'est pas suffisant de proclamer le message bahá'í, aussi essentiel que cela soit. Il n'est pas suffisant d'allonger les listes des membres de la Foi bahá'íe, aussi vital que cela soit. Des âmes doivent être transformées, des communautés, de ce fait, consolidées, de nouveaux modèles de vie atteints. La transformation est le but essentiel de la Cause de Bahá'u'lláh, mais elle réside dans la volonté et l'effort de l'individu de parvenir à l'obéissance envers l'Alliance. Pour progresser dans cette transformation, but de notre vie, il est nécessaire de connaître la volonté et le dessein de Dieu en lisant et en étudiant régulièrement la Parole de Dieu.

Amis bien-aimés : Les forces vives engendrées par les réalisations de l'année passée se reflètent non seulement dans les occasions d'une expansion significative de la Cause mais également dans une vaste étendue des défis -- importants, insistants et variés -- qui s'allient de manière à demander de nos ressources spirituelles et matérielles plus que jamais précédemment. Nous devons être préparés à les relever. A mi-chemin de ce Plan de Six ans, nous avons atteint un moment historique, porteur d'espoirs et de possibilités -- un moment auquel les tendances importantes dans le monde deviennent plus étroitement alignées sur les principes et les objectifs de la Cause de Dieu. Il est, dès lors, éminemment urgent que notre communauté aille de l'avant pour accomplir sa mission universelle.

Notre première réponse doit être d'enseigner -- de nous enseigner nous-mêmes et d'enseigner les autres -- à tous les échelons de la société, par tous les moyens possibles, et sans aucun délai. Le Maître bien-aimé, dans une exhortation sur l'enseignement, a dit que " la chandelle ne peut projeter l'éclat de sa flamme avant d'être allumée ; son lustre ne peut dissiper les ténèbres environnantes avant que brille sa lumière ". Allez donc de l'avant et, ensuite, soyez les étincelles qui enflamment les chandelles non encore allumées ".

Notre amour inaltérable, notre encouragement persistant, nos prières constantes et ferventes vous accompagnent où que vous alliez, quoique vous fassiez au service de notre Seigneur bien-aimé.

La resplendissante saison du Riḍván est proche, et des hauteurs auxquelles est parvenue la communauté du Plus-Grand-Nom, des perspectives prometteuses se dessinent à l’horizon. Beaucoup de chemin a été parcouru : de nouveaux programmes de croissance ont vu le jour et, bien qu’au cours des douze prochains mois des centaines d’autres doivent encore apparaître, le travail visant à lancer le modèle d’activité nécessaire est déjà en cours dans presque tous les groupements requis pour atteindre les 5 000 prévus dans le Plan de cinq ans. Les programmes existants se renforcent, plusieurs montrant plus clairement ce que signifie le fait que la cause de Dieu se répande davantage dans le paysage social de l’ensemble d’un groupement et à l’intérieur d’un quartier ou d’un village. Les chemins menant à une expansion et à une consolidation soutenues et à grande échelle sont suivis d’un pas plus ferme, de vaillants jeunes dictant souvent l’allure. Les moyens par lesquels s’exerce le pouvoir de reconstruction sociale que possède la Foi dans divers contextes deviennent de plus en plus évidents, et les caractéristiques particulières qui doivent marquer le déroulement futur du processus
de croissance dans un groupement sont de plus en plus perceptibles.

L’appel à réaliser et à soutenir ce travail s’adresse à chaque disciple de Bahá’u’lláh, et il suscitera une réponse dans tout cœur affligé par la condition misérable du monde, la situation lamentable dont tant de gens n’arrivent pas à s’affranchir. Car, en définitive, c’est l’action systématique, déterminée et désintéressée, entreprise dans le large giron du cadre du Plan, qui constitue la réponse la plus constructive de tout croyant soucieux à la constante multiplication des maux d’une société chaotique. Au cours de la dernière année, dans différents pays et de diverses façons, il est devenu encore plus évident que le consensus social sur des idéaux qui, traditionnellement, unissaient et liaient un peuple s’effrite et faiblit de plus en plus. Il ne peut plus opposer de défense solide aux diverses idéologies égoïstes, intolérantes et nocives qui se nourrissent du mécontentement et du ressentiment. Dans un monde en conflit qui apparaît chaque jour moins confiant, les partisans de ces doctrines destructives redoublent d’audace et d’arrogance. Rappelons-nous le verdict sans équivoque de la Plume suprême : « Ils se précipitent vers le feu de l’enfer et le prennent pour la lumière. » Dirigeants de nations bien intentionnés et personnes de bonne volonté sont contraints de chercher à réduire les fractures que l’on observe dans la société et sont impuissants à les empêcher de s’étendre. Les effets de tout ce qui précède ne se voient pas uniquement dans le conflit proprement dit ou dans l’effondrement de l’ordre. Dans la méfiance qui dresse voisin contre voisin et rompt les liens familiaux, dans l’hostilité d’une si large part de ce qui passe pour du discours social, dans la désinvolture avec laquelle on fait appel à d’ignobles motivations humaines pour s’arroger le pouvoir et amasser des richesses – on reconnaît dans tout cela les signes indéniables du déclin marqué de la force morale qui assure la pérennité de la société.

Il est pourtant rassurant de constater que, sur fond de désagrégation, prend forme un nouveau genre de vie collective qui manifeste concrètement tout ce qu’il y a de divin chez les êtres humains. Nous avons observé, surtout là où l’intensité dans les activités d’enseignement et de construction communautaire s’est maintenue, comment les amis ont su se prémunir contre les forces du matérialisme qui risquent de saper leur précieuse énergie. Qui plus est, en gérant leurs diverses autres occupations, ils ne perdent jamais de vue les tâches sacrées et urgentes qui les attendent. Une telle attention aux besoins de la Foi et au véritable intérêt de l’humanité est requise dans toutes les communautés. Là où un programme de croissance a été mis en place dans un groupement qui n’avait pas encore été ouvert, nous observons comment les premiers élans d’activité naissent de l’amour qu’un croyant dévoué voue à Bahá’u’lláh. En dépit des niveaux de complexité qu’il faut finalement prendre en considération à mesure que grandit une communauté, c’est avec ce simple fil d’amour que débute toute activité. C’est avec ce fil vital que se tisse un modèle de travail patient et intense, cycle après cycle, visant à faire découvrir des concepts spirituels à des enfants, des jeunes et des adultes ; à nourrir une sensibilité à l’adoration grâce à des rencontres de prière et de dévotion ; à animer des conversations qui éclairent la compréhension ; à faire entreprendre à un nombre sans cesse croissant de gens une vie d’étude de la Parole créatrice et de sa transposition en actions ; à développer, avec d’autres, la capacité à servir ; à s’accompagner les uns les autres dans la mise en pratique de ce qui a été appris. Amis bien-aimés, très chers amis de la Beauté d’Abhá : Nous prions pour vous avec ferveur chaque fois que nous nous rendons au Seuil sacré, afin que votre amour pour Lui vous donne la force de consacrer votre vie à sa cause.

Les riches enseignements provenant de groupements ainsi que de centres d’activité intense qui s’y trouvent, où la dynamique de la vie communautaire englobe un grand nombre de gens, méritent une mention particulière. Nous nous réjouissons de voir comment une culture de soutien mutuel, basée sur l’amitié et l’humble service, s’est établie de façon toute naturelle dans ces milieux, permettant d’accueillir systématiquement de plus en plus d’âmes dans les activités de la communauté. En fait, dans un nombre grandissant de cadres, le mouvement d’une population vers la vision d’une nouvelle société que propose Bahá’u’lláh n’apparaît plus comme une simple perspective enthousiasmante mais bien comme une réalité naissante.

Nous aimerions ajouter quelques mots à l’intention de ceux d’entre vous dont le milieu n’a pas encore connu de progrès notables et qui aspirent au changement. Gardez espoir. Il n’en sera pas toujours ainsi. L’histoire de notre Foi n’est-elle pas remplie de récits relatant des débuts peu prometteurs mais aussi des résultats merveilleux ? Combien de fois les actes de quelques croyants – jeunes ou moins jeunes – ou d’une famille, ou même d’une seule âme, lorsque confirmés par le pouvoir de l’assistance divine, ont-ils réussi à contribuer à la création de communautés dynamiques dans des climats apparemment inhospitaliers ? N’allez pas croire que votre propre cas soit fondamentalement différent. Qu’il soit rapide ou durement acquis, le changement qui se produit dans un groupement ne découle ni de l’application de formules ni d’une activité aléatoire ; il s’opère au rythme de l’action, de la réflexion et de la consultation,
et il s’effectue grâce à des plans qui sont le fruit de l’expérience. En outre, et quels qu’en soient les effets immédiats, servir le Bien-Aimé constitue, en soi, une source de joie éternelle pour l’esprit. Prenez courage, également, dans l’exemple de votre famille spirituelle dans le berceau de la Foi, dont l’attitude constructive, la résilience en tant que communauté et la résolution à promouvoir la parole de Dieu provoquent, dans sa société, des changements sur le plan de la pensée et de l’action. Dieu est avec vous, avec chacun de vous. Dans les douze mois qui restent avant la fin du Plan, que chaque communauté progresse de sa position actuelle vers une position plus forte.

Le travail extrêmement important d’expansion et de consolidation jette des bases solides pour les initiatives que le monde bahá’í est appelé à entreprendre dans de nombreux autres domaines. Au Centre mondial bahá’í, les efforts s’intensifient pour cataloguer et classer de façon méthodique le contenu des milliers de tablettes qui constituent ce legs infiniment précieux que sont les textes sacrés de notre Foi, legs gardé en dépôt pour toute l’humanité – et ce, dans le but d’accélérer la publication d’une grande quantité d’Écrits, à la fois dans leur langue d’origine et dans leur traduction en anglais. Les efforts visant à établir huit Mashriqu’l- Adhkárs, ces temples sacrés érigés à la gloire de Dieu, se poursuivent à un rythme soutenu. Le travail dans le domaine des affaires extérieures à l’échelle nationale a sensiblement gagné en efficacité et s’effectue de façon de plus en plus systématique, stimulé encore davantage par la diffusion d’un document, envoyé aux assemblées spirituelles nationales il y a six mois, qui s’appuie sur l’expérience considérable acquise au cours des deux dernières décennies et fournit un cadre élargi pour le développement de ces activités dans l’avenir. Entre-temps, deux nouveaux Bureaux de la Communauté internationale bahá’íe, partenaires de son Bureau des Nations Unies basé à New York et Genève et de son Bureau à Bruxelles, ont été inaugurés à Addis-Abeba et à Jakarta, élargissant ainsi les possibilités de présenter les points de vue de la Cause sur le plan international en Afrique et en Asie du Sud-Est. Obéissant souvent aux exigences de la croissance, diverses assemblées nationales renforcent leur capacité administrative, ce que l’on constate dans leur gestion consciencieuse des ressources dont elles disposent, dans leurs efforts pour connaître intimement la situation de leurs communautés, et dans la vigilance dont elles font preuve pour garantir que le fonctionnement de leurs Bureaux nationaux s’améliore ; la nécessité de systématiser l’ensemble impressionnant de connaissances qui s’accumulent maintenant dans ce domaine a mené à la création, au Centre mondial bahá’í, du Bureau du développement des systèmes administratifs. Diverses initiatives d’action sociale continuent de se multiplier dans plusieurs pays, ce qui permet d’en apprendre beaucoup sur les moyens d’utiliser la sagesse que renferment les Enseignements pour améliorer la situation sociale et économique ; ce domaine s’annonce si prometteur que nous avons créé, auprès du Bureau du développement social et économique, un Conseil consultatif international composé de sept membres, entamant ainsi une nouvelle phase dans l’évolution de ce Bureau. Trois membres du Conseil agiront aussi à titre d’équipe de coordination et résideront en Terre sainte.

En ce Riḍván, alors, bien que nous voyions qu’il reste beaucoup de travail à faire, nous voyons aussi que plusieurs sont prêts à le faire. Dans des milliers de groupements, de quartiers et de villages, de nouvelles sources de foi et d’assurance jaillissent, réjouissant l’esprit de ceux que touchent leurs eaux vivifiantes. À certains endroits, elles ruissellent avec régularité ; ailleurs, elles forment déjà une rivière. Ce n’est le moment pour aucune âme de s’attarder
sur la rive – que tous se laissent entraîner par la vague montante.

Des milliers et des milliers d’individus, qui manifestent la diversité de la famille humaine tout entière, sont engagés dans l’étude systématique du Verbe créateur dans un cadre à la fois sérieux et inspirant. Alors qu’ils s’efforcent, par un processus d’action, de réflexion et de consultation, à mettre en pratique la compréhension qu’ils ont ainsi acquise, ils voient leur capacité à servir la Cause atteindre de nouveaux sommets. En réponse au désir le plus profond ressenti par chaque cœur de communier avec son Créateur, ils organisent des moments de recueillement collectif dans des cadres divers en s’unissant avec d’autres dans la prière, en éveillant leurs susceptibilités spirituelles et en forgeant un modèle de vie qui se distingue par son caractère pieux. Lorsqu’ils vont les uns chez les autres ou rendent visite à des familles, aux amis et aux connaissances, ils entament des discussions sérieuses sur des thèmes d’une importance spirituelle, s’approfondissent dans la Foi, partagent le message de Bahá’u’lláh et invitent une foule de plus en plus nombreuse à se joindre à eux dans une puissante entreprise spirituelle. Conscients des aspirations et du besoin d’une éducation spirituelle des enfants du monde, ils ouvrent largement leurs activités pour y accueillir un nombre toujours plus grand de participants dans des classes qui deviennent des centres d’attraction pour les jeunes et qui renforcent les racines de la Foi dans la société. Ils aident les pré-jeunes à se frayer un chemin à travers une étape cruciale de leur vie et à développer la capacité à diriger leurs énergies vers l’avancement de la civilisation. Bénéficiant de ressources humaines plus abondantes, ils sont de plus en plus nombreux à pouvoir exprimer leur foi à travers un débordement d’actions qui répondent aux besoins de l’humanité tant sur le plan spirituel que matériel. Tel est le panorama qui s’offre à nous alors que nous marquons une pause l’occasion de ce Riḍván pour observer le progrès de la communauté mondiale bahá’íe.

À plusieurs occasions, nous avons indiqué que l’objectif de la série de plans mondiaux qui conduiront le monde bahá’í à la célébration du centenaire de l’âge de formation de la Foi en 2021, sera atteint grâce à un progrès substantiel dans l’activité et le développement du croyant, des institutions et de la communauté. Aujourd’hui, à mi-parcours de ce qui sera un quart de siècle d’efforts constants et concentrés, les preuves d’une capacité plus grande se notent de toutes parts. L’impact grandissant du dynamisme provenant de l’interaction entre les trois acteurs du plan est particulièrement significatif. Les institutions, du niveau national jusqu’au local, voient de plus en plus clairement comment créer des conditions favorables à l’expression des énergies spirituelles d’un nombre grandissant de croyants engagés dans la poursuite d’un but commun. La communauté constitue de plus en plus le milieu dans lequel l’effort individuel et l’action collective peuvent, par l’intermédiaire de l’institut, se compléter mutuellement pour réaliser du progrès. Le dynamisme qu’elle manifeste et l’unité d’intention qui anime ses efforts attirent dans ses rangs toujours plus nombreux des personnes de tous les milieux sociaux qui sont impatientes de consacrer leur temps et leur énergie au bien-être de l’humanité. Que les portes de la communauté soient plus grandes ouvertes à toute âme réceptive désireuse d’y entrer et de se nourrir de la révélation de Bahá’u’lláh est clair. L’accélération spectaculaire du rythme de l’enseignement observée au cours de l’année écoulée est le meilleur témoignage de l’efficacité de l’interaction entre les trois acteurs du plan. L’avancement accompli dans le processus d’entrée en troupes fut vraiment significatif.

Dans le domaine de cette interaction accrue, l’initiative individuelle devient de plus en plus efficace. Dans nos messages précédents nous avons fait allusion à l’impulsion que le processus de l’institut donne à chaque croyant de faire preuve d’initiative. Les amis sur chaque continent sont engagés dans l’étude des Écrits avec pour objectif explicite d’apprendre à appliquer les enseignements à la croissance de la Foi. Un nombre étonnant d’individus assument désormais la responsabilité de la vitalité spirituelle de leurs communautés ; ils accomplissement de façon dynamique des actes de service qui siéent à un modèle de croissance solide. Tout en gardant une attitude d’humilité dans l’apprentissage, ils ont réussi à force de persévérer dans leur service de la Cause à combiner de mieux en mieux courage et sagesse, zèle et acuité, ferveur et circonspection, détermination et confiance en Dieu et ces qualités ont fini par se renforcer mutuellement. Dans leur présentation du message de Bahá’u’lláh et de ses vérités, ils ont pris à cœur les mots de Shoghi Effendi selon lesquels ils ne doivent ni « hésiter » ni « trembler », ni « exagérer » ni « minimiser » la vérité qu’ils défendent. Ils ne sont ni
« fanatiques » ni « libéraux à l’excès ». À force d’enseigner, ils ont appris à mieux juger de la réceptivité de leur interlocuteur pour savoir s’ils doivent être « prudents » ou « audacieux »,
« agir rapidement » ou « marquer une pause », utiliser des méthodes « directes » ou
« indirectes ».

Ce que nous ne cessons de trouver encourageant, c’est la mesure dans laquelle cette initiative individuelle est disciplinée. Partout, les communautés sont en train d’intégrer progressivement les leçons apprises grâce à la systématisation. Et le cadre défini par la série actuelle de plans donne cohérence et flexibilité aux efforts des amis. Loin de constituer
une restriction, ce cadre leur permet de saisir des occasions, de tisser des relations et de concrétiser une vision de croissance systématique. En un mot, il donne forme à leurs pouvoirs collectifs.

Alors que nous passons en revue ce qui a été accompli autour du monde, nos cœurs sont particulièrement remplis d’admiration pour les croyants en Iran, qui, dans les conditions les plus ardues, se sont audacieusement levés pour servir leur pays et consacrent leur énergie à sa revitalisation, bien que les voies qui leur sont ouvertes soient limitées. Et, étant donné les restrictions imposées à l’administration de la Foi, ils ont entrepris de façon individuelle de familiariser leurs concitoyens avec les enseignements de Bahá’u’lláh, les engageant directement dans des conversations sur son message rédempteur. Non seulement ils ont reçu un soutien sans précédent de la part d’âmes éclairées lorsqu’ils ont commencé à le faire, mais ils ont aussi trouvé une réceptivité bien au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer.

Chaque adepte de Bahá’u’lláh qui a conscience des forces d’intégration et de désintégration qui opèrent dans la société aujourd’hui voit la relation qui existe entre la hausse de réceptivité à la Foi dans tous les coins de la planète et les défaillances des systèmes du monde. Il ne fait aucun doute qu’une telle réceptivité augmentera à mesure que s’intensifiera l’agonie de l’humanité. Qu’on ne s’y trompe pas : le développement des capacités qui a été mis en marche pour répondre à cette réceptivité croissante n’en est encore qu’à ses débuts ! Dans les années à venir, l’ampleur des demandes d’un monde en désarroi mettra à l’épreuve ces capacités jusqu’à leurs limites. L’humanité est meurtrie par des forces d’oppression, qu’elles proviennent des profondeurs du préjugé religieux ou des sommets d’un matérialisme effréné. Les bahá’ís savent discerner les causes de ces afflictions. « Quelles “afflictions” plus grandes que celles-ci ? Un homme qui veut connaître la vérité et atteindre à la connaissance de Dieu ne sait où aller ni qui interroger, » affirme Bahá’u’lláh. Il n’y a pas de temps à perdre. Un progrès constant de l’activité et du développement des trois acteurs du plan doit être réalisé.

‘Abdu’l-Bahá a exalté « deux appels » à « la réussite » et à « la prospérité » qui proviennent des « sommets du bonheur de l’humanité ». L’un est l’appel de la « civilisation », du « progrès du monde matériel ». Il comprend les « lois », les « règlements », « les arts et les sciences » qui permettent à l’humanité de se développer. L’autre est « l’appel qui remue l’âme » qui vient de Dieu et duquel dépend le bonheur éternel de l’humanité. « Ce second appel », le Maître a expliqué, « repose sur les commandements et les exhortations du Seigneur, sur les admonitions et les émotions altruistes relevant du domaine de la moralité et qui, telle une brillante lumière, éclairent et illuminent la lampe des réalités humaines. Son pouvoir pénétrant est la parole de Dieu. » Alors que vous continuez à travailler dans vos groupements, vous serez entraînés de plus en plus dans la vie de la société qui vous entoure, et vous serez mis au défi d’élargir le processus d’apprentissage systématique dans lequel vous êtes engagés pour y inclure une gamme croissante d’activités humaines. Dans vos approches, les méthodes que vous adopterez et les instruments que vous utiliserez, il vous faudra atteindre le même degré de cohérence que celui qui caractérise le modèle de croissance désormais en cours.

Le maintien de la croissance, groupement après groupement, dépendra des qualités qui distinguent votre service aux peuples du monde. Vos pensées et vos actions doivent être si dépourvues de toutes traces de préjugés – raciaux, religieux, économiques, nationaux, tribaux, de classes ou culturels – que même l’étranger verra en vous des amis affectueux. Votre niveau d’excellence doit être si élevé et votre vie si pure et chaste que l’influence morale que vous exercez pénètrera la conscience de la communauté en général. Ce n’est qu’en faisant preuve de la droiture à laquelle les écrits de la Foi appellent chaque âme que vous serez capables de lutter contre les innombrables formes de corruption, manifestes et subtiles, qui rongent les organes vitaux de la société. Ce n’est qu’en percevant l’honneur et la noblesse de chaque être humain – indépendamment de sa richesse ou de sa pauvreté – que vous serez capables de défendre la cause de la justice. Et dans la mesure où les procédures administratives de vos institutions sont régies par les principes de la consultation bahá’íe, les grandes masses de l’humanité pourront se réfugier dans la communauté bahá’íe.

Alors que vous progressez dans cette voie, soyez assurés que l’Assemblée céleste mobilise ses forces et se tient prête à vous venir en aide. Nos prières continuelles vous

Avec l’arrivée de la Reine des Fêtes, la période de préparation au nouveau Plan mondial s’achève : nous exhortons maintenant les amis de Dieu à un nouvel engagement d’une durée de cinq ans qui exigera courage, détermination et ressources.

La compagnie des croyants en Bahá’u’lláh se tient prête. Des réunions institutionnelles convoquées partout dans le monde au cours des derniers mois ont révélé une série d’indices qui signalent un empressement à se lancer dans cette entreprise colossale. Les impératifs que renferme le message adressé à la Conférence des conseillers se concrétisent déjà par des plans d’action fermes. Des décennies d’efforts héroïques ont façonné la communauté et lui ont procuré une certaine capacité avérée à favoriser la croissance, l’aguerrissant en vue du moment présent. Les deux dernières décennies, en particulier, ont considérablement accéléré ce renforcement tant attendu des compétences.

Durant cette période, l’adoption d’un cadre d’action évolutif a permis aux amis de cultiver et de raffiner peu à peu des capacités essentielles, ce qui a d’abord donné lieu à de simples actes de service, puis a conduit à des modèles d’action plus élaborés qui, à leur tour, ont nécessité le développement de capacités encore plus complexes. Un processus systématique de développement des ressources humaines et de construction communautaire s’est ainsi amorcé dans des milliers de groupements – et il est déjà bien avancé dans plusieurs d’entre eux. L’accent n’a pas été mis uniquement sur le croyant, ou la communauté, ou les institutions de la Foi ; ces indissociables participants à l’évolution du nouvel Ordre mondial sont tous trois animés par les forces spirituelles que libère le déroulement du Plan divin. Les signes de leur progrès sont de plus en plus évidents : dans l’assurance acquise par d’innombrables croyants qui leur permet de faire le récit de la vie de Bahá’u’lláh et de discuter la portée de sa révélation et de son alliance incomparable ; dans les contingents de plus en plus importants d’âmes qui, de ce fait, ont été attirées vers sa cause et contribuent à concrétiser sa vision unificatrice ; dans la capacité des bahá’ís et de leurs amis, à la base même de la communauté, à décrire avec éloquence leur expérience d’un processus capable de transformer le caractère et de façonner l’existence sociale ; dans le nombre considérablement plus important de ceux qui, dans leur pays d’origine, dirigent maintenant les affaires de leur communauté à titre de membres d’institutions et d’agences bahá’íes ; dans les contributions au Fonds, fiables, généreuses et empreintes de sacrifice, si vitales pour maintenir le progrès de la Foi ; dans la multiplication sans précédent d’initiatives individuelles et d’actions collectives pour appuyer les activités de construction communautaire ; dans l’enthousiasme d’un si grand nombre d’âmes généreuses qui, dans la fleur de leur jeunesse, insufflent une formidable énergie dans ce travail, notamment en s’occupant de l’éducation spirituelle des plus jeunes générations ; dans le renforcement du caractère dévotionnel de la communauté grâce à des réunions de prière régulières ; dans l’accroissement des capacités à tous les échelons de l’administration bahá’íe ; dans l’empressement des institutions, des agences et des croyants à réfléchir en fonction d’un processus, à lire leur réalité immédiate et à évaluer leurs ressources, là où ils vivent, puis à concevoir des projets à partir de là ; dans la dynamique désormais familière d’étude, consultation, action et réflexion qui a permis de développer une attitude d’apprentissage naturelle ; dans la compréhension de plus en plus profonde de ce que signifie mettre les Enseignements en pratique grâce à l’action sociale ; dans la multiplication des occasions recherchées et saisies de présenter un point de vue bahá’í sur les discours dominants dans la société ; dans la prise de conscience par une communauté mondiale du fait qu’en manifestant, dans toutes ses entreprises, le pouvoir de reconstruction sociale inhérent à la Cause, elle hâte l’avènement d’une civilisation divine ; en fait, dans la conscience croissante, chez les amis, que les efforts qu’ils consentent pour favoriser une transformation intérieure, pour élargir le cercle de l’unité, pour collaborer avec d’autres dans le domaine du service, pour aider des populations à prendre en main leur propre développement spirituel, social et économique – et pour assurer, grâce à tous ces efforts, une amélioration du monde –, tous ces signes reflètent l’objectif même de la religion.

Bien qu’aucun indicateur ne puisse à lui seul rendre compte de l’ensemble des progrès de la communauté bahá’íe, le nombre de groupements dans le monde entier où un programme de croissance a été établi, nombre qui, nous le confirmons avec gratitude pour les faveurs accordées par la Beauté d’Abhá, a dépassé 5 000, permet de dégager plusieurs conclusions. Une base aussi large était une condition préalable pour s’atteler à la tâche à laquelle le monde bahá’í doit maintenant faire face – celle de renforcer le processus de croissance dans tous les groupements où il s’est amorcé et d’étendre encore davantage un modèle de vie communautaire enrichissant. Il faudra pour ce faire déployer un effort soutenu et acharné. Mais le résultat pourrait se révéler extrêmement important, et même faire époque. Avec de petits pas réguliers et rapides, on peut parcourir une grande distance. En se concentrant sur le progrès à réaliser dans un groupement durant une période initiale – par exemple, dans les six cycles qui se dérouleront d’ici au premier des bicentenaires –, les amis s’efforceront de s’approcher suffisamment de leur objectif de ces cinq années complètes pour qu’il soit atteignable. Chaque cycle recèle des opportunités passagères de faire un grand pas en avant, des occasions précieuses qui ne se présenteront jamais plus.

Hélas, dans l’ensemble de la société, les symptômes d’un mal-être toujours plus profond se multiplient et s’aggravent. Comme il est saisissant de constater qu’alors que, faute du vrai remède, les peuples du monde souffrent, et passent de façon erratique d’un faux espoir à l’autre, vous perfectionnez avec sérénité un instrument qui relie les coeurs à la parole de Dieu, l’Éternel. Comme il est saisissant de voir qu’au milieu de la cacophonie des opinions bien arrêtées et des intérêts divergents qui règne partout avec une virulence accrue, vous vous préoccupez avant tout de rassembler les gens afin de construire des communautés qui sont des havres d’unité. Loin de vous décourager, que les préjugés et les conflits du monde vous rappellent à quel point les âmes autour de vous ont urgemment besoin du baume salutaire que vous seuls pouvez leur apporter.

Ce Plan est le dernier d’une série de Plans de cinq ans consécutifs. Lorsqu’il s’achèvera, une nouvelle phase de l’évolution du Plan divin débutera, prête à faire avancer la communauté de Bahá’u’lláh vers le troisième siècle de l’ère bahá’íe. Puissent les amis de Dieu dans tous les pays bien saisir ce qu’ont de prometteur ces quelques prochaines années qui constitueront une préparation exigeante pour les tâches plus gigantesques encore qui restent à venir. La vaste envergure du présent Plan permet à chacun de soutenir ce travail, si humble que soit sa part. Nous vous demandons, chers collègues, vous qui adorez celui qui est le Bien-Aimé des mondes, de ne ménager aucun effort pour mettre en pratique tout ce que vous avez appris et pour utiliser toutes les aptitudes et compétences dont Dieu vous a dotés afin de faire passer le Plan divin à son prochain stade essentiel. À vos prières ferventes pour obtenir l’assistance divine, nous ajoutons les nôtres, offertes dans les saints mausolées, pour tous ceux qui oeuvrent pour cette Cause universelle.

Voyez comment la communauté du Plus-Grand-Nom se mobilise ! Une seule année s’est écoulée depuis le lancement du nouveau Plan et, déjà, des rapports montrent l’ampleur de ce qui est entrepris et commence à se réaliser. Augmenter l’intensité de 5 000 programmes de croissance requiert un effort d’une ampleur inégalée. Dotés d’une solide compréhension des principes fondamentaux du Plan, un grand nombre d’amis en appliquent les dispositions, faisant preuve de rigueur et d’abnégation dans la qualité de leur réponse. Comme prévu, quelques programmes intensifs de croissance qui se poursuivent depuis longtemps deviennent des réservoirs de ressources et de savoir, qui apportent leur soutien aux régions avoisinantes et facilitent une diffusion rapide de l’expérience et des connaissances. Des centres d’activité intense – ces quartiers et villages où se concentre le travail de construction communautaire – se révèlent propices à la transformation collective. La légion élargie et renforcée des membres des Corps auxiliaires et de leurs assistants encourage les initiatives des croyants, les aidant à concevoir comment promouvoir le processus de croissance dans différents contextes et définissant des approches qui conviennent à la situation propre à chaque groupement. Soutenus par leurs assemblées spirituelles nationales respectives, les conseils régionaux bahá’ís apprennent comment insuffler un élan au Plan dans divers groupements simultanément, tandis que dans de plus petits pays qui n’ont pas de conseil, de nouvelles entités, à l’échelon national, commencent à faire de même. Comme on peut s’y attendre avec tout processus naturel, les progrès rapides accomplis dans certains endroits ne se sont pas encore produits ailleurs, mais le nombre total de programmes intensifs de croissance dans le monde commence déjà à croître. De plus, nous nous réjouissons de constater que la participation aux activités du Plan a fortement augmenté au cours des quatre premiers cycles de ce Plan.

Les signes sauraient donc difficilement être plus prometteurs quant à ce qui pourrait advenir lors de la prochaine année. Et qu’y aurait-il de plus approprié à offrir à la Beauté bénie, à l’occasion du deux centième anniversaire de sa naissance, que les efforts sincères que déploient ceux qu’il aime pour étendre la portée de sa Foi ? Le premier des deux bicentenaires que le monde bahá’í célébrera est par conséquent un événement qui ouvre des perspectives des plus exaltantes. Si on l’envisage comme il se doit, cette année procure, à l’échelle mondiale, la meilleure occasion de relier les cœurs à Bahá’u’lláh qui se soit jamais présentée. Dans les mois à venir, que tous demeurent conscients de cette chance unique et attentifs aux possibilités qui existent partout de faire connaître à d’autres sa vie et sa mission sublime. Pour saisir pleinement l’occasion d’enseigner qui s’offre aujourd’hui au monde bahá’í, il faudra réfléchir de façon créative aux conversations susceptibles de se dérouler avec toutes sortes de personnes. Au fil de ces conversations sérieuses, la sensibilité devient plus vive et les cœurs s’ouvrent – parfois aussitôt. Dans cette noble activité, tous trouvent un rôle, et nul ne devrait se priver de la joie que procure la participation à cette entreprise. Nous demandons instamment à l’unique BienAimé que toute cette année du bicentenaire soit remplie de la joie la plus pure et la plus douce : celle d’annoncer à une autre âme que le Jour de Dieu est arrivé.

La confusion, la méfiance et le trouble, dans le monde, rendent de plus en plus pressantes les obligations dont la compagnie des fidèles doit s’acquitter. En effet, les amis doivent saisir toute occasion d’éclairer le chemin et d’apporter réconfort aux anxieux et espoir aux désespérés. Nous nous rappelons ce conseil que le Gardien a donné à une communauté bahá’íe en des mots qui semblent s’adresser à notre époque : « Alors que l’édifice social actuel chancelle et se lézarde sous la pression et le fardeau d’événements menaçants et de calamités, alors que se multiplient les fissures qui accentuent le clivage entre les nations, les classes, les races et les croyances, les exécuteurs du Plan doivent faire preuve d’une cohérence encore plus grande dans leur vie spirituelle et leurs activités administratives, et démontrer un niveau supérieur de concertation dans leur travail, d’entraide et de développement harmonieux dans leurs entreprises collectives. » Insistant toujours sur la portée spirituelle du travail de la Foi et sur la détermination tenace avec laquelle les croyants doivent s’acquitter de leur devoir sacré, Shoghi Effendi mettait également en garde contre toute participation aux controverses, au chaos et aux querelles politiques. « Qu’ils s’élèvent au-dessus de tout particularisme et de tout esprit de parti », a-t-il vivement recommandé à une autre occasion, « au-dessus des vains conflits, des calculs mesquins, des passions éphémères qui agitent la face, et retiennent l’attention, d’un monde en mutation. » Ce sont là l’écume et les embruns inéluctables que rejettent les vagues successives qui ébranlent une société agitée et divisée. L’enjeu est trop important pour qu’on s’occupe de telles distractions. Comme le sait bien tout disciple de Bahá’u’lláh, le bien-être suprême de l’humanité ne sera garanti que si ses différences sont transcendées et son unité, fermement établie. Chaque contribution que les bahá’ís apportent à la vie de leur société a pour but de favoriser l’unité ; chaque effort de construction communautaire vise le même objectif. À ceux qui sont las de la dissension, les communautés qui se développent à l’ombre du PlusGrand-Nom offrent un exemple convaincant de ce que l’unité peut accomplir.

Nous rendons gloire au Seigneur des seigneurs à la vue d’un si grand nombre de ses aimés qui se dépensent sans compter, de tant de façons, pour que soit hissée la bannière de l’unité de l’humanité. Très chers amis : alors que débute une année extrêmement prometteuse, chacun d’entre nous ne devrait-il pas envisager quels actes purs la grâce du Seigneur pourrait nous aider à accomplir ?

A l'occasion de ce joyeux festival de Ridván, " Plus Grand Festival ", " Festival de Dieu ", alors que le monde Bahá'í entre dans la 3ème et dernière phase du Plan de 7 ans, nous nous tournons vers votre communauté avec profonde appréciation des progrès réalisés par les croyants dévoués de France depuis l'inauguration du Plan.

Nous sommes heureux de féliciter la Communauté Bahá'íe de France pour l'acquisition de son spacieux et magnifique Hazíratu'l-Quds National à Paris, tellement mieux conçu pour faciliter des activités toujours grandissantes des amis dans ce pays, que ne l'était le précédent Centre National.

Nous rappelant l'histoire unique de cette communauté dans le déroulement de la Foi en Occident - comment elle devint le premier endroit en Europe à recevoir et à répandre activement les enseignements de Bahá'u'lláh - le nombre des Bahá'ís les plus distingués qui acceptèrent le Message Divin en ces premiers jours à Paris, la façon avec laquelle 'Abdu'l-Bahá encouragea constamment et favorisa personnellement ses activités, à qui il rendit visite à plus d'une occasion et répandit ses bénédictions sur elle jusqu'à la fin de ses jours - Nous sommes certes impressionnés par le registre de cette vieille et fidèle communauté.

La poursuite du Plan présent a aussi été marquée par maints accomplissements, le fait que vous ayez été à même, durant les 5 années passées, d'augmenter de 84 les localités où résident des Bahá'ís - portant ainsi le nombre en France à 273 et dépassant votre but de 23 est en vérité une victoire marquante pour le Continent Européen ; le fait que 68 des 95 départements de France avaient déjà été ouverts à la Foi ; qu'au cours de l'inexorable persécution de nos frères en Iran vous avez été non seulement capables d'intéresser largement la Presse à leur condition mais que vous avez également réussi à présenter leur cas, ainsi que les doctrines et buts de notre Foi, à d'importantes personnalités gouvernementales et à des Maîtres de la pensée ; que Strasbourg en Alsace a acquis son Hazíratu'l-Quds Local et que des fonds ont été créés pour l'acquisition d'un Centre à Grenoble et un à Toulouse ; que différentes Ecoles ont été tenues et des campagnes d'enseignement lancées - Tous ces accomplissements admirables démontrant la capacité de croyants français à se lever pour atteindre leurs buts restants d'ici la fin du Plan en 1986.

Alors que la Communauté Française fait face aux tâches qui doivent être accomplies durant les 2 années restantes du Plan, il ne peut y avoir de doute que le plus grand défi et la tâche la plus pressante sont de porter le nombre présent de 24 Assemblées Spirituelles Locales à 39. Ceci, aussi bien que les autres buts du Plan non encore atteints, requiert une attention toute spéciale.

Porter le nombre d'Assemblées Spirituelles Locales à 39, formant 7 Assemblées Spirituelles Locales dans les régions spécifiques de Bourgogne, Bretagne, Champagne-Ardennes, Corse, Haute Normandie, Lorraine et Poitou-Charentes.

Assurer l'existence de groupes Bahá'ís dans les régions de Basse Normandie, Franche Comté, Limousin et Picardie.

Veiller à ce que les 4 districts de la Principauté de Monaco soient ouverts à la Foi.

Aider l'Assemblée Spirituelle Nationale de Belgique dans le développement de la Maison d'Editions Bahá'íes et, en consultation avec les Assemblées Spirituelles Nationales de Belgique, Canada, Luxembourg et Suisse tirer des plans pour rendre disponibles, graduellement et systématiquement, des traductions françaises acceptables, des textes sacrés et des ouvrages de Shoghi Effendi.

Continuer les projets d'enseignements interfrontaliers en collaboration avec les Assemblées Spirituelles Nationales de Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse et Italie.

Préparer des projets spéciaux d'enseignement pour la Corse en collaboration avec l'Assemblée Spirituelle Nationale d'Italie.

Soyez certains que nous nous rappelons de votre Communauté dans nos prières aux Tombeaux Sacrés, suppliant que vous puissiez achever tous vos buts et remporter une victoire complète ajoutant ainsi un nouvel éclat à la longue liste des accomplissements passés des Bahá'ís français.

Avec nos chaleureuses salutations Bahá'íes.

A la conférence de Stockholm qui, il y a quarante-trois ans, rassemblait les Bahá'ís européens à l'appel du bien-aimé Gardien pour le lancement de la grande croisade de dix ans sur votre continent, vous n'aviez que trois Assemblées Spirituelles Nationales - celle des Iles Britanniques, celle de l'Allemagne et l'Autriche, et celle de l'Italie et la Suisse - avec des communautés locales qui se développaient lentement dans les autres pays de l'Europe de l'Ouest. A l'Est, isolés par des barrières politiques, se trouvaient de tout petits restants de communautés formées dans les toutes premières années et il existait, en Turquie avoisinante, une petite communauté nationale en difficulté. Les croyants européens de l'époque, alors qu'ils considéraient les tâches imposantes qui les attendaient, entendirent les paroles du Gardien qui élucidaient la signification historique du continent où ils avaient à construire les institutions de l'embryon de l'Ordre mondial de Bahá'u'lláh :

" Un continent, occupant une position si centrale et si stratégique sur toute la planète ; à l'histoire si riche et si mouvementée, si diversifié dans sa culture ; dont le sol vit jaillir les deux civilisations hellène et romaine ; le pivot d'une civilisation dont Bahá'u'lláh Lui-même fit l'hommage de certains traits ; dont les rivages méridionaux furent la première demeure de la chrétienté ; aux frontières orientales duquel se confrontèrent si fréquemment les forces considérables de la Croix et du Croissant ; dont l'extrémité sud-occidentale vit une culture islamique au développement rapide produire son plus beau fruit ; au cœur duquel la lumière de la Réforme brilla si vivement, répandant ses rayons jusqu'aux régions lointaines du globe... "

Ce continent, le vôtre, dont le sol fut béni par les pas de Bahá'u'lláh Lui-même, où, à deux reprises, séjourna 'Abdu'l-Bahá lors de ses voyages qui firent date après sa libération de captivité, dont des voyageurs et des érudits furent parmi les premiers à réagir à la lumière naissante de la révélation bábie, dont deux gouvernements tendirent une main secourable durant l'âge héroïque de la Foi, et dont les nations, ces dernières années, sont intervenues si efficacement pour défendre les bahá'ís persécutés en Iran, a amplement démontré la capacité de son peuple à se rallier à la bannière de la Cause de Dieu, une fois les cœurs touchés et les esprits éveillés à son Message.

Au cours de ces quarante-trois années les communautés bahá'íes européennes ont fait preuve d'une grande vitalité. Le nombre des Assemblées Spirituelles Nationales s'est élevé à trente-quatre, couvrant le continent tout entier et comportant, dans le cas de la Russie, de vastes territoires jusqu'au Pacifique. Les pionniers européens en Afrique, dans le Pacifique, la région des Caraïbes et le Groenland ont remporté de grandes victoires pour la Foi. Vos institutions se sont distinguées dans les affaires extérieures. Vos communautés comptent de remarquables érudits de la Foi, musiciens, artistes, scientifiques et ceux qui se soucient d'appliquer les enseignements bahá'ís à l'économie et aux affaires. Vous avez déployé des efforts particuliers pour promouvoir la condition féminine et renforcer la vie familiale. Le Conseil européen bahá'í des jeunes pourvoit un axe central et une source de stimulation aux jeunes de toutes parts en Europe, complété par un réseau de Comités nationaux et locaux de jeunes en rapport étroit avec leurs Assemblées Spirituelles Nationales et locales et avec leur appui. Le moment est venu d'ajouter à ces réalisations, en concentrant clairement tous les efforts sur l'objectif central de porter le Message de Bahá'u'lláh à une population spirituellement affamée.

La première tâche de vos Assemblées Spirituelles Nationales, après Ridván, sera de formuler, en consultation avec les Conseillers, les détails du Plan de quatre ans, pays par pays. La participation des Assemblées Locales et de chacun des croyants à l'élaboration de leurs propres plans locaux, et à l'application des lignes d'action à définir clairement, sera essentielle pour accomplir avec succès les nobles visées de cette étape de la réalisation du Plan divin d' 'Abdu'l-Bahá.

L'Europe est un continent de grande variété, et chacune de vos Assemblées Nationales étudiera avec soin les processus et les réalisations nécessaires au progrès de la Cause de Dieu dans son secteur durant les quatre prochaines années. Chacune doit étudier la condition actuelle de sa communauté, le territoire où elle opère, et les secteurs de collaboration potentielle avec d'autres communautés bahá'íes. Il faudra particulièrement s'occuper, dans ces pays où les institutions de la Foi ne sont pas encore légalement constituées, d'obtenir leur reconnaissance officielle, et de former des Assemblées Spirituelles Nationales dans certains de ces pays indépendants et îles majeures, telles que les îles Féroé, qui n'y sont pas encore parvenu. Il y a cependant certains éléments d'une vision encore plus vaste dont il faut tenir compte à mesure qu'ils s'appliquent à des pays spécifiques, à des groupes de pays et au continent tout entier.

Il y a des territoires qui réclament des pionniers et des enseignants itinérants ; la pensée se tourne par exemple vers le travail chez les Sami et les autres peuples des territoires arctiques et subarctiques tout aussi au nord que Spitzberg. Nous songeons à la signification d'enseigner la Foi dans les îles de la Méditerranée, l'Atlantique et la Mer du Nord ; à l'importance, sur tout le continent, des peuples tsiganes qui ont commencé à faire preuve d'une telle réceptivité à l'appel de Bahá'u'lláh ; aux possibilités pour les communautés bahá'íes européennes de démontrer la nature salutaire des enseignements par rapport aux minorités de toutes sortes ; aux tâches spécifiques décrites par le bien-aimé Gardien comme étant le destin de certaines communautés, et leurs responsabilités dans les vastes étendues où se parlent leurs langues; aux implications de la progression de la Foi en Italie là où se trouve " le cœur et le bastion de l'église prépondérante la plus ancienne et la plus puissante de la chrétienté " ; au besoin d'accroître rapidement le nombre de centres bahá'ís dans les vastes territoires d'Ukraine et de la Russie européenne ; et, de plus, aux responsabilités et possibilités spéciales de la communauté bahá'íe de la Fédération russe, dont la plus grande partie se trouve en Asie et doit continuer à bénéficier de la collaboration des communautés avoisinantes d'Asie centrale, méridionale et orientale ainsi que de l'Alaska, du Canada et des Etats Unis. Ce ne sont là que des exemples des défis qui se posent à vous dans les années qui viennent.

L'objectif central du Plan de quatre ans, une progression considérable du processus d'entrée en troupes, est d'une importance exceptionnelle pour l'Europe. Il vous faut n'en pas douter - c'est un processus qui peut progresser partout en Europe, à l'ouest comme à l'est. Il tient à tous de reconnaître que l'entrée en troupes est une étape inévitable du développement de la Cause. La nature du processus est clarifiée dans la compilation sur ce sujet, d'où il devient évident que le résultat souhaité, une entrée en troupes soutenue, ne peut pas s'accomplir par une simple série d'efforts spasmodiques séparés, aussi enthousiastes qu'ils soient. C'est l'assurance, l'unité de vision, l'organisation systématique, réaliste mais audacieuse, l'acceptation du fait que des erreurs se feront, avec la volonté de tirer la leçon de ces erreurs, et, avant tout, la confiance absolue en la direction et l'appui des confirmations de Bahá'u'lláh qui feront avancer ce processus.

Le Plan de quatre ans insiste sur l'établissement d'instituts de formation dans divers endroits car les méthodes actuelles, aussi valables qu'elles soient, ne sont pas adéquates en elles-mêmes pour répondre aux défis de ce nouveau stade de la croissance de la Cause. Le caractère et la structure des instituts de formation doivent s'adapter aux conditions de chaque pays et région ; leur forme en Europe ne sera évidemment pas identique à celle des instituts de formation des territoires ruraux de l'Inde. Leurs fonctions essentielles seront néanmoins les mêmes. Ils développeront chez ceux qui y participeront une acceptation convaincue de l'identité bahá'íe : la capacité de considérer le monde et son état plutôt du point de vue des enseignements que de celui de leur nationalité ou de leurs antécédents non-bahá'ís. Ils aideront à développer en chaque participant un amour profond pour Bahá'u'lláh, une bonne compréhension de ses enseignements essentiels et une conscience de l'importance de développer la vie spirituelle de chacun par la prière, la méditation et l'absorption dans les Ecrits sacrés. Ils couvriront également des aspects pratiques tels que la manière d'enseigner la Foi, car il y en a trop qui, par manque de confiance en leur aptitude à le faire, hésitent à transmettre le Message. La transformation que produit un tel approfondissement de la Foi enflammera certainement le cœur de chacun des amis de l'ardent désir de partager ce Message avec ceux qui les entourent, et c'est là la semence du succès dans l'enseignement. Ceux qui auront participé aux instituts de formation seront en mesure d'aider les autres bahá'ís, jeunes et vieux, à accroître leur potentiel pour l'enseignement, et d'augmenter ainsi considérablement les ressources humaines de la Cause, au sein de laquelle tout croyant est un enseignant.

Les amis d'Europe doivent augmenter l'étendue de l'enseignement de la Foi ; cet enseignement doit être varié, spontané et individuel d'une part, et axé, unifié et mutuellement soutenu d'autre part. Il doit être à la fois enthousiasmant et pratique et doit avant tout être éduqué par une foi sereine en la puissance de Bahá'u'lláh. Il vous faudrait élargir le champ de votre travail d'enseignement pour inclure les gens des campagnes et les masses ouvrières des grandes villes ; les gens de peu d'éducation tout comme les intellectuels des villes universitaires. Il vous faudrait délibérément contacter chaque couche de la société, adaptant vos méthodes, votre documentation et vos matériels audiovisuels à chaque auditoire. Les cœurs comme les esprits ont besoin de nourriture; la force spirituelle comme la clarté intellectuelle sont à reconnaître comme éléments capitaux du travail d'enseignement. Vous vous êtes distingués par l'usage des arts pour la proclamation, l'expansion et la consolidation de la Foi ; voilà une clef pour ouvrir bien des cœurs qu'il faudrait encourager et développer. Votre unité, votre enthousiasme, votre confiance et votre persévérance, renforcées et guidées par le pouvoir de la prière ne peuvent manquer de servir de canal aux confirmations divines, qui seront un aimant pour les âmes en recherche.

Quant à nous, nous prierons ardemment au Seuil sacré pour que vous, qui avez remporté des victoires si historiques dans vos propres pays et à travers le monde, arriviez au cours du Plan de quatre ans à une étape de réussite encore plus importante, présage des splendeurs encore inimaginables destinées à se dévoiler au cours du vingt et unième siècle.

cc: Les Mains de la Cause de Dieu

Centre International d'Enseignement

Corps des Conseillers en Europe et en Asie

Tous les Conseillers en Europe et en Asie

Conseil européen bahá'í des Jeunes

UNE PRÉSENTATION A TITRE PERSONNEL A L'INTENTION DES ENFANTS ET DES JEUNES

C'est le cœur débordant de gratitude envers la Beauté Bénie que nous saluons toute sa grâce pendant le Plan de 3 ans qui vient de s'achever. Ce plan a été imprégné de l'Année Sainte et les bahá'ís sont maintenant plus mûrs dans leur réflexion et plus confiants qu'avant. La Foi est aussi plus respectée par les autres.

Un accomplissement dans le dernier Plan a été aussi les progrès réalisés dans les travaux de l'Arc, surtout les sept belles terrasses construites en dessous du tombeau du Báb. Tout ceci a été réalisé avec beaucoup de générosité et de sacrifice de la part des bahá'ís du monde entier.

Les activités d'enseignement ont augmenté comme par exemple le déplacement de nombreux pionniers et d'enseignants itinérants et la formation de douze nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales.

Un hommage est rendu au Centre International d'Enseignement qui à travers les Conseillers Continentaux s'occupe de nombreuses activités dans le monde comme par exemple multiplier les classes pour les enfants à travers les pays du monde.

Un développement important a été le travail des bahá'ís originaires de leurs propres pays et aussi le courage et la créativité chez les bahá'ís vivant dans les Iles. D'ailleurs, les dirigeants de certaines de ces îles ont visité ces dernières années le Centre Mondial Bahá'í.

Les activités des jeunes ont pris plus d'importance pendant les 3 dernières années. Il y a eu les conférences, les voyages d'enseignement dans leur pays et à l'étranger qui ont abouti à des centaines de déclarations et à la formation de nombreuses Assemblées Spirituelles Locales, l'implication dans la musique et les arts, notamment dans des ateliers de danse et de théâtre, les relations avec des responsables et aussi plus " d'Année de Service ". De plus en plus des jeunes excellent aussi dans leurs études et leur profession.

L'organisation de la vie de tous les jours dans la communauté bahá'íe s'est améliorée et particulièrement dans le domaine de l'éducation. Dans un pays, le gouvernement a demandé aux bahá'ís de s'occuper de 7 écoles publiques. Les organisations bahá'íes ont aussi progressé dans leurs actions qui visaient à l'amélioration de la vie des femmes. Les bahá'ís ont travaillé aussi pour l'amélioration de la santé dans certains pays.

De nombreuses personnalités et diverses organisations ont reconnu la force des bahá'íes dans la société ainsi que les médias qui ont porté un intérêt grandissant.

Un autre fait important a été l'utilisation de l'art dans les activités d'enseignement.

En 1995, les bahá'ís participèrent activement à 2 événements importants des Nations Unies. L'un était le Sommet Mondial à Copenhague et le deuxième la Conférence Mondiale des Femmes à Pékin. A l'occasion du 50ème anniversaire des Nations Unies, le bureau représentant les bahá'ís a diffusé un document formulant des propositions pour le développement de cette organisation. Par ailleurs, la même année, Amatu'l-Bahá Rúhíyyih Khánum a conduit en Angleterre une délégation bahá'íe lors d'une grande réunion au Château de Windsor sous le patronage du Prince Philippe et aux Etats Unis elle prononça le discours d'ouverture au 4ème Dialogue International organisé par l'Université de Maryland.

D'autres événements significatifs se sont passés comme la publication du Kitáb-i-Aqdas en arabe avec les notes en persan, la loi du Huqúqu'lláh qui s'est développée parmi les amis, l'installation de la Main de la Cause, M. Varqá, en Terre Sainte.

C'est avec ces nouvelles encourageantes que nous entamons un Plan de 4 ans qui nous mènera jusqu'à Ridván de l'an 2000. Nous appelons avec ardeur et amour nos frères et sœurs de chaque pays à se joindre à nous et à se mobiliser pour assurer un héritage abondant et durable aux générations du 2lème siècle.

Le Plan de 4 ans a pour but de faire avancer de façon importante " l'entrée en troupes ". Cette avancée doit passer par des progrès dans les activités au niveau des individus, des institutions, et de la communauté locale qui peuvent favoriser cette croissance en acceptant l'idée. Les circonstances et les occasions actuelles exigent et le permettent. Ensuite en se préparant à accepter les nouveaux croyants en mettant en place des moyens pour les former.

Il est demandé à toutes les communautés de prendre des mesures et de soutenir les efforts à la mesure de leurs possibilités. L'individu et les institutions sont appelés à se lever pour répondre aux exigences cruciales de notre communauté et dans celles du destin de l'humanité.

L'individu a une importance unique dans le travail de la Cause. C'est sur lui seulement que repose la responsabilité du commandement de Bahá'u'lláh selon lequel chaque croyant doit enseigner la Foi. C'est l'individu qui a la capacité de prendre des initiatives, de saisir les opportunités, de forger des amitiés, de coopérer avec les autres. C'est son devoir de considérer soigneusement chaque possibilité d'approfondir la foi de ceux qui sont intéressés par la Foi Bahá'íe.

Pour faire cela le mieux possible, l'individu doit faire appel à son amour pour Bahá'u'lláh, à la force de l'Alliance, à la dynamique de la prière, à la lecture régulière des Textes Sacrés, et à la force qui agit sur son âme lorsqu'il se conduit en accord avec les enseignements. En plus, l'individu est capable de s'attirer les bénédictions particulières promises par Bahá'u'lláh : " Quiconque, en ce jour, ouvre les lèvres pour prononcer le nom de son Seigneur, les armées de l'inspiration divine descendront sur lui du ciel de mon nom, l'Omniscient, le très Sage. Sur lui descendra aussi toute l'Assemblée céleste, chacun de ses membres portant haut un calice de pure lumière. "

Shoghi Effendi disait qu'il était nécessaire d'avoir l'esprit d'initiative et d'action, que pour réussir tout plan il fallait le soutien de l'individu, et que la force de Bahá'u'lláh était retirée si à la longue on manquait de jouer son rôle.

Concernant le sentiment d'imperfection le Gardien dit : " Par-dessus tout, vous mentionnez le manque de courage et d'initiative de la part des croyants, et un sentiment d'infériorité qui les empêche de s'adresser au public. Ce sont précisément ces faiblesses qu'il souhaite voir les amis surmonter, car celles-ci ne paralysent pas seulement leurs efforts, mais, de fait, contribuent à éteindre la flamme de la foi dans leurs cœurs. Tant que tous les amis ne parviendront pas à prendre conscience que chacun d'eux est capable, à sa propre mesure, de délivrer le Message, ils ne pourront jamais espérer atteindre le but qui leur a été fixé par un Maître sage et affectueux... Chacun est un enseignant potentiel. Il n'a qu'à utiliser ce que Dieu lui a donné et prouver par-là qu'il est fidèle à sa confiance. "

Pour évoluer, les Assemblées Spirituelles Locales et Nationales ont besoin d'un nouvel état d'esprit et pour qu'elles puissent arriver à maturité, une expansion de la communauté bahá'íe est indispensable. Cette question est très importante pour les disciples de Bahá'u'lláh dans tous les pays. Ainsi les Assemblées Spirituelles devront progresser dans l'exercice de leurs responsabilités, notamment en augmentant la capacité des membres à se consulter suivant les principes de la Foi, à rechercher les avis des amis, à encourager le service, à collaborer avec les Conseillers et leurs auxiliaires, à avoir des relations à l'extérieur de la communauté. En résumé, la maturité de l'Assemblée Spirituelle doit se mesurer non seulement à la régularité de ses réunions et l'efficacité de son fonctionnement, mais aussi à l'efficacité de ses relations avec les membres de sa communauté, à la qualité spirituelle et sociale de celle-ci et à son sentiment général de vitalité.

La communauté est une unité complète de la civilisation, formée d'individus, de familles, et d'institutions travaillant ensemble à un but commun pour le bien-être des hommes. Contrairement à l'individu et aux institutions, elle acquiert un caractère et une identité propre, au fur et à mesure que sa taille augmente. Partout, les bahá'ís n'en sont qu'au tout début de la construction communautaire et doivent donc consacrer d'énormes efforts aux tâches qui les attendent.

L'épanouissement de la communauté demande que les adultes, jeunes, et enfants s'intègrent dans les activités spirituelles, sociales, éducatives, et administratives et dans les plans locaux. Il est aussi essentiel pour sa vie spirituelle que les amis organisent des réunions de prières.

Les cours d'approfondissement, les cours occasionnels ne suffisent plus pour une communauté en croissance. Il est vital de créer sans tarder des instituts permanents qui dispenseraient régulièrement des programmes pour éduquer un grand nombre de croyants dans les enseignements de la Foi et pour les aider à servir dans la mesure des talents dont Dieu les a dotés.

Les membres auxiliaires devront travailler étroitement avec ces instituts qui doivent être considérés comme des centres d'études. Il sera vital de se servir des talents et des capacités d'un grand nombre de croyants.

Les 4 prochaines années seront une période extraordinaire, une étape qui marquera l'histoire de notre foi.

Ce qui est aujourd'hui demandé aux amis du monde entier, c'est de consacrer leur personne, leurs ressources matérielles, leurs capacités et leurs temps au développement d'un réseau d'instituts de formation qui auront comme but de former un grand nombre de croyants à promouvoir et à faciliter le processus de l'entrée en troupes avec efficacité et amour.

De même qu'on peut déléguer un pionnier ou un enseignant itinérant pour enseigner à sa place en couvrant leurs dépenses, on peut aussi charger un enseignant servant dans un institut d'enseigner les futurs enseignants.

Une plus grande place doit être faite à l'utilisation des arts (arts graphiques, scéniques, littéraires, folkloriques) pour atteindre le but du Plan de 4 ans. Shoghi Effendi disait : " Le jour viendra où son esprit et son enseignement étant présentés sur scène, sous forme d'œuvres artistiques et littéraires, la Cause se répandra comme un feu de forêt. "

Les travaux sur le Mont Carmel se poursuivront jusqu'à leur terme prévu à la fin du siècle. A la fin du Plan, le " Centre d'Etude des Textes " et le bâtiment agrandi des " Archives " seront opérationnels. Le bâtiment du " Centre International d'Enseignement " sera dans son étape finale. La rue au-dessus du mausolée du Báb sera abaissée et recouverte d'un large pont tapissé de jardins. Cinq des terrasses supérieures seront aussi terminées. Les autres terrasses seront à un stade avancé. Par ailleurs, le Centre Mondial se penchera sur les lois additionnelles au Kitáb-i-Aqdas, un autre livre en anglais d'une sélection d'Ecrits de Bahá'u'lláh, le développement du Centre International d'Enseignement et l'étude de mesures destinées à accroître le nombre de pèlerins et de visiteurs.

La communauté bahá'íe devra développer ses relations avec le monde externe. Par exemple, en consolidant les centaines de projets de développement dans le monde. Les efforts pour la promotion des droits de l'homme, de la condition des femmes, de la prospérité mondiale, et du développement moral, devront influencer le processus de la paix mondiale. La défense des droits des bahá'ís d'Iran ainsi que les efforts pour l'émancipation de la Foi dans les pays où elle est proscrite constitueront parmi les plus importantes interventions auprès des gouvernements et organisations. Sur toutes ces questions, les amis et les institutions bahá'íes sont priés de rester vigilants. Un bon départ pour le Plan de 4 ans est la formation à ce Ridván des Assemblées Spirituelles Nationales de Moldavie et de Sao Tomé et Principe. Malheureusement, les Assemblées Spirituelles Nationales du Burundi et du Rwanda ne peuvent être réélues cette année. En conséquences, le nombre des institutions nationales dans le monde demeurera à 174.

Le Plan de 4 ans se terminera à Ridván 2000, plusieurs mois avant la fin du vingtième siècle. Alors le monde bahá'í pourra apprécier le chemin extraordinaire parcouru et les réalisations éblouissantes qui auront marqué l'histoire de la Foi au cours de cette période que 'Abdu'l-Bahá appelait le " siècle de lumière ". Parmi les œuvres accomplies, il y aura l'achèvement des projets de l'Arc. Et si Dieu le veut ces réalisations seront marquées par un événement très important : la célébration au Centre mondial de l'achèvement des travaux des bâtiments de l'Arc et l'ouverture au public des terrasses du mausolée du Báb.

Chers amis, ce plan commence au milieu de turbulences et de l'accélération des deux processus - d'intégration et de désintégration - mis en branle sous l'influence de la Révélation de Bahá'u'lláh. C'est à partir de ces deux forces que la paix émergera en manifestant une conscience grandissante de la citoyenneté mondiale.

Les récents événements mondiaux ont été à la fois bouleversants et rassurants. Avec d'une part, la confusion dans les affaires humaines et les horreurs qui en découlent, d'autres part les dirigeants du monde qui ont choisi de tendre vers une approche commune pour résoudre les problèmes mondiaux. Remarquez la fréquence inhabituelle avec laquelle, depuis l'Année sainte, ils se sont réunis au niveau mondial. Par exemple, lors de la célébration du Cinquantenaire des Nations Unies au cours de laquelle ils ont affirmé leur attachement à la paix mondiale. Il y a aussi les appels de plus en plus nombreux lancés par des spécialistes pour examiner la possibilité de parvenir à une certaine forme d'administration mondiale. Ne pourrait-on voir dans ces événements qui se succèdent si rapidement, l'œuvre de la Providence ou même le signe précurseur de l'événement majeur prédit dans nos Ecritures ?

Il nous faut relever deux défis importants : d'une part l'organisation d'une grande campagne d'enseignement avec la mise en œuvre d'un vaste programme de formation. D'autre part, terminer les constructions sur le Mont Carmel. Si ces défis sont relevés, ils permettront de libérer des forces jusque-là contenues qui provoqueront une transformation dans les affaires humaines sur toute la planète.

Face au désespoir, perplexité, épreuves et conflits qui se dresseront sur le chemin de la paix, puisons notre courage non seulement dans la Parole de Bahá'u'lláh, mais aussi dans les actes d'héroïsme et de sacrifice qui brillent dans le pays où notre Cause est née.

Voilà 17 ans que nos frères et sœurs persécutés d'Iran, ont montré une constance dans leur foi et un courage tels qu'ils ont permis de proclamer la Cause à grande échelle, la faisant émerger de l'obscurité. S'il plaît à Dieu, nos frères et sœurs iraniens seront sous peu libérés du joug qu'ils supportent encore.

Leur expérience est un exemple où que nous vivions car un jour, comme l'a dit le Maître, l'opposition se dressera sur tous les continents mais nous saurons comment résister sans crainte aux flèches de l'ennemi.

Au milieu du tumulte, abondantes seront les possibilités à exploiter " en vue de diffuser de long en large la connaissance du pouvoir rédempteur de la Foi de Bahá'u'lláh ". Le Plan auquel nous allons nous consacrer est établi à l'un des moments les plus critiques de la vie de la planète et a pour but de préparer notre communauté à affronter le monde autour de nous et à mettre en évidence un mode de fonctionnement vers lequel le monde pourra se tourner pour chercher de l'aide et un modèle.

Puissiez-vous tous vous lever et entreprendre les tâches qu'exige cette période cruciale. Que chacun et chacune inscrive sa marque sur ce court laps de temps si riche en potentialités et porteur de tant d'espoirs pour l'ensemble de l'humanité.

" ...C'est plutôt notre tâche, si confuse que soit la scène, si sombres que soient les perspectives, et si limitées les ressources dont nous disposons, de travailler sans relâche, dans la sérénité et la confiance pour coopérer, de quelque manière que les circonstances puissent nous le permettre, à faire sortir l'Humanité de la vallée de la misère et de la honte, pour la conduire aux cimes les plus hautes de la puissance et de la gloire. "

Ô vous, les Amoureux de la Plus Grande Beauté,

Ô vous, chers et fidèles Amis !

Les forces prodigieuses, cachées dans la réalité interne de cette précieuse Foi, exercent chaque jour, dans le monde contingent, une influence plus grande, et dévoilent une intensité et une puissance plus fortes. Son Enseignement vivifiant est en train de s'établir dans le monde de l'existence - grâce aux bénédictions du Très-Clément, à la contrainte due à l'évolution du temps, mais aussi grâce aux efforts persévérants des amoureux de la Beauté du Bien-Aimé - augmentant ainsi sa renommée et démontrant sa capacité à résoudre les problèmes de l'Humanité.

Il faut savoir que l'Arbre divin s'est solidement enraciné dans la terre, ses branches et ses feuillages poussant vers le ciel. Cela n'a été possible que par l'interaction et la conjonction de deux forces puissantes et conquérantes qui, sous la Volonté de Dieu, ont été, simultanément, mises en action afin de faire croître cet Arbre béni, faire pousser ses feuillages et ses fleurs dans le but d'offrir ses fruits de choix, au temps prédestiné, à l'Humanité tout entière.

L'une de ces forces, intrinsèque à la nature même de ce Printemps divin, déclenche la tempête mais est, en même temps, exaltante et enthousiasmante. Les éclairs et les grondements de tonnerre, les vents et le déchaînement des orages, caractérisent ce Printemps et rendent verdoyants les jardins et les prairies.

L'autre force est le pouvoir germinatif et latent, inhérent, par essence, à cette Semence bénie qui fait éclore les graines, donnant naissance à une végétation luxuriante. Les rayons vivifiants du Soleil de Vérité et les ondées bienfaisantes des nuages de la Bonté divine sont nécessaires pour faire croître et fructifier les arbres, de telle sorte que leurs branches et leurs feuillages puissent abriter les nids des Oiseaux de la Prairie de la Direction.

Le Plan global de Dieu, qui doit amener l'Humanité à la matu-

rité spirituelle, échappe à notre emprise. Il est préservé dans l'Arche céleste et cachée; sa réalisation dépendant de la Volonté divine.

'ABDU'L-BAHA dit :

Dans cet Âge nouveau durant lequel

la "Beauté Ancienne", le "Plus Grand Nom",

porteur d'innombrables faveurs, a resplendi à l'horizon du monde,

la Parole de Dieu a insufflé une telle force dans la conscience de l'Humanité qu'elle a dépouillé l'Homme de ses qualités

purement humaines,

unissant le Genre Humain, par Son puissant pouvoir,

dans l'Océan de l'Unité.

Le devoir du Peuple de Bahá, c'est de cheminer dans le sentier de la Servitude aux Seuils Sacrés, de propager l'Enseignement divin et d'instaurer la Civilisation spirituelle. Dieu soit loué, les Amis de Dieu, de par le monde, sont depuis longtemps, à l'écoute des Directives du Centre Mondial de la Foi de Dieu et, guidés par leurs Institutions divinement établies, ont fait avancer, pas à pas, les "Plans" prévus afin de hisser, dans tous les coins du monde, la Bannière du "Plus Grand Nom" !

De cette succession d'efforts systématiques, le dernier était le "Plan de 3 Ans" qui s'est achevé à la dernière Fête de Ridván avec des résultats admirables. Durant ces 3 années, douze nouvelles Assemblées Spirituelles Nationales ont été formées amenant le nombre total des A.S.N. à 174. De même, durant cette courte période, un grand nombre de Bahá'is ont, comme une brise revivifiante, parcouru des contrées et des pays afin d'y propager le Parfum divin; ce qui a eu comme résultat l'augmentation du nombre de nouveaux croyants sous la Bannière de Bahá'u'lláh ainsi que le renforcement spirituel des nouveaux venus. Ces efforts des Amis préparèrent la voie pour un autre Plan, c'est-à-dire l'actuel "Plan de Quatre Ans".

Ce dernier "Plan" fixe les objectifs du Peuple de Bahá jusqu'à la fin du XXème Siècle et les prépare à accélérer la réalisation des promesses de Dieu.

Ces Plans d'enseignement - qui ont continuellement mis en action la Communauté mondiale bahá'ie et ont élargi les assises géographiques de notre Foi - sont tous issus des Prescriptions célestes d'Abdu'l-Bahá, qui depuis plus de 80 ans, a invité les disciples de la Beauté d'Abhá à conquérir spirituellement le monde et leur a donné cette responsabilité. La succession de ces "Plans de Croisade spirituelle" continuera jusqu'à " l'Âge d'Or ".

Le devoir et la responsabilité collectifs du Peuple de Bahá dans les quatre prochaines années, ont été fixés dans notre "Message de Ridván" de l'année passée et les principaux objectifs du nouveau "Plan" y ont été expliqués. Aussi, dans le monde entier, les Croyants ont-ils commencé leurs efforts afin de les réaliser.

Le but du présent Message est de nous adresser spécialement aux Chers Amis Bahá'is iraniens qui - comme les Oiseaux de l'aube, au lever de la Lumière de Direction - ont les premiers chanté les odes de bienvenue au Soleil de Vérité et, criant "Alléluia", ont apporté la bonne nouvelle du " Jour de la Réunion " aux habitants de toutes les contrées, en concordance avec cette céleste mélodie qui dit :

Annonce la joyeuse nouvelle : Celui qui est le Bien-Aimé est venu, portant sur la tête la Couronne de la Révélation. Il a ouvert aux Hommes les portes de son antique et éternel Paradis. Laissez vos yeux et vos oreilles se réjouir, car

c'est le moment de contempler Sa Beauté et d'entendre Sa Mélodie ! Annonce à tout amoureux qui languit que l'Amant Divin est désormais parmi nous !

Mais, les BAHA'IS en IRAN ne se sont pas contentés de propager l'Appel divin. En effet, aux côtés du Promis, ils se sont battus en rangs serrés, sur les champs de la Victoire et, sur le front du Sacrifice, ont bu jusqu'à la lie le Calice du Martyre.

La Plume Suprême a relaté, dans Ses Écrits, leurs souvenirs; il n'est donc pas nécessaire de répéter ici le récit de leur héroïque sacrifice pour les enfants physiques et spirituels de ces Chevaliers intrépides et de ces amoureux indéfectibles. Rappelons cependant qu'ils doivent prendre garde de ne pas perdre, par inadvertance, la bénédiction qu'ils ont reçue par la Miséricorde divine; ils devraient, de toute leur âme, la préserver afin de ne pas se faire priver de cet honneur.

L'événement historique qui a donné aux compatriotes de BAHA'U'LLAH le privilège de le reconnaître en premier et leur a conféré une distinction particulière dans beaucoup de domaines, a attiré sur eux l'attention des Bahá'is des autres pays.

Et, depuis que ces vaillants Chevaliers de la cause de l'Honneur et de la Fidélité, dans le Berceau de la Foi, ont été de nouveau persécutés par les oppresseurs - et, avec abnégation, résignation, courage et certitude, ont défendu la Foi de Dieu et propagé Son Enseignement - l'exigence que la Communauté Bahá'ie dans le monde a envers les Bahá'is iraniens, disséminés et établis dans les pays libres, a singulièrement augmenté.

Par conséquent, vous devez, Chers Amis, prendre l'exemple sur ces lions inébranlables en Iran et apprendre d'eux le Chemin de la Servitude.

Remarquez que c'est lorsque la tempête des épreuves s'est abattue de nouveau sur ce pays que les braises de la foi, qui étaient éventuellement cachées sous les cendres de l'attachement matériel à ce monde, se sont subitement ravivées et que la poussière de la torpeur et de l'inconscience a été balayée de leur cœur. C'est alors que la foudre des événements les réveilla et leur conscience s'éveilla : ils s'enivrèrent en buvant le Calice des calamités. Oublieux d'eux-mêmes, ils versèrent leur sang, en sacrifice, aux pieds du Bien-Aimé !

Aux déprédations de leurs biens et à leur expulsion de leur travail, les Bahá'is d'Iran répondirent par leur abnégation et leur détachement. Lorsque les oppresseurs injustes, essayant de justifier leurs méfaits, avaient apporté des accusations calomnieuses et fallacieuses contre ces opprimés, ceux-ci, grâce à leur caractère empreint de piété et à leur comportement inspiré des Enseignements divins, ont déjoué leur machination et ont démontré, à tous leurs compatriotes clairvoyants, leur innocence et la fausseté de ces accusations.

Les ennemis de la Foi en Iran empêchèrent les jeunes Bahá'is de poursuivre leurs études supérieures; mais ces opprimés ne restèrent pas inactifs et, acceptant toutes les difficultés, se mirent avec persévérance à étudier l'Enseignement céleste et à obtenir les vertus humaines, à tel point qu'ils surpassèrent les autres jeunes même dans le domaine des connaissances universitaires.

L'obtention de ce rang élevé et de cette bénédiction n'a pu se faire que lorsque les Chers Amis d'Iran - vieux et jeunes, femmes et hommes, et même les tout jeunes enfants - acceptèrent que le remède à tous leurs maux était la mention du Possesseur de Toute-Gloire. Ils se mirent, alors, à étudier régulièrement et assidûment les Écrits Sacrés; de ce fait les bénédictions du Saint Esprit, qui sont insufflées dans chacun des mots de la Parole divine, pleuvèrent sur eux et les aidèrent; les transformant ainsi en une nouvelle création.

De cette sorte, ce bas-monde et tout ce qu'il contient - comparés au rang de servitude aux Seuils Sacrés, à la satisfaction de Sa Sainteté BAHA'U'LLAH et à l'acquisition de la vie éternelle dans

les mondes de Dieu - devinrent, à leurs yeux, futiles et sans valeur.

Aussi, ont-ils conformé leur façon de vivre aux Enseignements vivifiants qui se trouvent dans les Tablettes et les Écrits Sacrés; ils devinrent, ainsi, les bien-aimés du monde terrestre comme du monde céleste et firent parvenir la renommée de la Cause de Dieu aux quatre coins du monde et dans la plupart des Institutions importantes de l'Humanité.

De ce fait, les Chers Amis [iraniens] qui sont éparpillés dans les pays libres du monde devraient se rappeler quelle immense responsabilité ils portent sur leurs épaules, car tout le monde s'attend à voir refléter, dans le miroir de leurs actes, les rayons des Enseignements divins.

Voyez quel rang remarquable le Bien-Aimé GARDIEN a destiné à ces chers Amis et quel devoir important il leur a prescrit :

" ...Les Amis et les membres des Assemblées doivent - par leurs actions, leur comportement et leur manière de vivre, et cela dans toutes les circonstances, occupations professionnelles et transactions - démontrer à leurs compatriotes l'excellence, la véracité, la force et la grandeur de cette Cause sacrée. Ils ne doivent pas se contenter uniquement de proclamer, d'enseigner, d'expliquer et décrire le Message.

Sa Sainteté 'ABDU'L-BAHA, le véritable Interprète de la FOI de BAHA'U'LLAH, écrit : "Les Bahá'is doivent avoir en vue qu'il ne faudrait pas - comme c'était le cas dans la plupart des religions - se contenter de crier fort, de prêcher à haute voix, pour ne dire que des paroles vides de sens. Ils doivent, plutôt, en toutes circonstances, enseigner en manifestant les caractères issus des Attributs divins et en se distinguant par leur comportement imbu de qualités spirituelles. Ils doivent prouver qu'ils sont de vrais Bahá'is par leurs actes et non par leur dénomination.

Est Bahá'i celui qui, jour et nuit, fait des efforts afin de s'élever et de progresser dans l'acquisition des qualités humaines ! Est Bahá'i celui qui, de tout cœur, aspire à avoir une telle conduite et une telle vie que le Genre Humain

en soit éclairé et profite de sa lumière ! Sa Source

d'inspiration doit être l'essence des Vertus divines, et sa manière de vie et son comportement doivent être la cause de progrès innombrables !

Lorsqu'il aura réussi d'atteindre ce stade, il pourra alors dire qu'il est Bahá'i ! Sinon, dans cette sainte Dispensation qui est la gloire des Âges et des Cycles, avoir la foi ce n'est plus reconnaître l'unicité de Dieu, mais c'est de manifester par sa vie toutes les perfections et vertus inhérentes à cette foi."

Remarquez combien fermes et rigoureux sont ces propos d' 'ABDU'L-BAHA, et combien difficile est leur appli-cation ! Mais tant que les Bahá'is ne s'orneront pas de ces divines vertus, ils ne pourront pas attirer sur eux, comme il sied, l'attention de l'Humanité et, ainsi, le Nom béni de BAHA'U'LLAH n'embrasera pas le monde.

C'est pourquoi, les Amis bahá'is iraniens, qui ont été choisis et privilégiés [par la Providence], ne doivent pas regarder l'environnement social moralement dégradé dans lequel ils vivent, ni la conduite et les mœurs dépravés des gens de leur entourage; ils ne doivent pas se satisfaire d'une distinction et d'une supériorité morale relatives.

Non ! - dans le but d'être excellent en toutes choses - ils doivent plutôt, tenter d'atteindre l'absolu ! Leur étalon de valeur doit être l'Enseignement et les exhortations issus de la Plume Suprême ! C'est alors qu'il deviendra claire que de nombreuses étapes restent encore à être parcourues avant d'atteindre le but final qui est d'être imprégnés des qualités et vertus divines.

Par conséquent, nous qui sommes des porte-étendards dans le Chemin du Salut, nous devons essayer de toutes nos forces de proclamer et de démontrer par nos actes le pouvoir vivifiant enchâssé dans les Enseignements de Bahá'u'lláh, et cela, à tout moment et à tout instant de notre vie, dans les réunions, les conversations, dans notre vie commerciale et professionnelle, dans nos contacts avec toutes les couches sociales, dans nos petites démarches comme dans les grandes affaires.

Ce témoignage, par nos actes et notre comportement, doit être si convaincant que le monde soit persuadé qu'hormis la force unifiante de l'Esprit de Bahá'u'lláh, rien d'autre ne peut changer la nature essentielle des individus et les transformer en une nouvelle race d'Hommes.

C'est cela le seul moyen du Salut; c'est cela l'unique possibilité de la victoire de la Cause de Dieu ! "

Les amoureux de la "Beauté Bénie" en IRAN - conscients de cette vérité que "C'est cela le seul moyen du Salut et l'unique possibilité de la victoire de la Cause de Dieu" - constatèrent avec évidence comment, en étant patients et fermes devant les épreuves et les calomnies, et en agissant en conformité avec les Enseignements divins, les ennemis de la Foi ont été stupéfaits, et ceux qui étaient hostiles ont été transformés en amis et en défenseurs des Bahá'is persécutés.

Il est évident que ce ne sont pas seulement les Amis chèrement aimés d'Iran qui sont placés face aux épreuves. En effet, les épreuves auxquelles seront confrontés les Bahá'is dans les pays libres du monde - quoique différentes dans leur nature - seront aussi dures, et pourront les induire en erreur.

S'ils ne font pas face aux épreuves en puisant leur force dans la lecture des Écrits Sacrés et des prières et dans un engagement constant dans le service de la Foi, il est probable qu'ils pourraient être submergés et emportés par la marée de la négligence [de ce qui est le vrai Chemin du Salut] et de sombrer dans la nuit de l'ignorance [privés de la lumière de direction de l'unique Soleil de Vérité].

Ils pourraient alors, perdus et désorientés, pleins de regrets, gâcher leur courte vie et partir de ce monde les mains vides. Il faudrait spécialement porter son attention sur les Jeunes et les éduquer de telle sorte qu'ils puissent être protégés des dangers et périls de la société dans laquelle ils vivent. Ils doivent être également encouragés - en plus de faire des études afin d'acquérir des connaissances dans les sciences et les métiers utiles - à participer activement dans les activités bahá'ies.

La "Beauté Bénie", BAHA'U'LLAH écrit :

" Celui qui atteint l'Amour de Dieu au printemps de sa vie

et au début de sa jeunesse,

sera compté parmi les habitants du Paradis suprême !

Efforce-toi donc d'agir en sorte que de tes actes apparaisse

ce qui amènera l'élévation de la Cause de Dieu ! "

De même, BAHA'U'LLAH exhorte :

" Ô toi Jeune qui es à l'aube de la vie ! Puisse la faveur du Miséricordieux te faire atteindre la Grâce infinie de Dieu ! Puisque, dans ta prime jeunesse, tu as reçu la distinction et l'honneur de faire partie de ceux qui ont reconnu l'Orient de la Révélation, demande à Dieu de te rendre capable de réussir à accomplir ce qui sera éternellement préservé dans le Livre de l'Existence

Toute chose est vouée à l'anéantissement, sauf celle faite par amour pour Dieu !

Toute action est destinée à l'oubli, sauf celle accomplie pour l'amour de Dieu !

Tâche donc de faire en sorte que tu puisses boire du

Vin de l'Immortalité et te désaltérer à la Source de la Détermination ! "

Nous espérons ardemment que les jeunes Bahá'is qui sont originaires du Berceau de la Foi seront, dans tous les domaines, des modèles et des exemples d'excellence parmi leurs camarades. Sans aucun doute, les jeunes Bahá'is qui ont reçu une éducation spirituelle sont arrivés à un tel stade qu'ils pourront se protéger personnellement et faire face, avec courage, confiance et assurance, aux graves épreuves qui les guettent dans le monde actuel.

C'est ainsi que nous remarquons déjà que la plupart des chers jeunes Bahá'is se distinguent dans la société non-bahá'ie en devenant des exemples pour leurs camarades.

Les Amis persécutés sur la terre sacrée de l'Iran se plaignent toujours d'être privés du privilège d'enseigner la Cause de Dieu. Aussi, lorsqu'ils apprennent la bonne nouvelle que les Bahá'is des autres pays ont fait des projets de proclamation en leur nom et à leur place, ou ont eu des activités d'enseignement au nom des Martyrs chèrement aimés de ce pays - étant en partie consolés et réconfortés - ils offrent leurs ferventes prières afin de remercier leurs fidèles coreligionnaires des autres parties du monde.

A présent, nous joignons notre ardent souhait à celui des Amis d'Iran et demandons à tous les Bahá'is, de par le monde, qui sont originaires du pays natal de BAHA'U'LLAH, de se lever et, faisant preuve de fidélité, de faire des démarches et des efforts importants et méritoires pour enseigner la Cause de Dieu en souvenir de leurs frères et sœurs spirituels du Berceau de la Foi.

En effet, enseigner est une obligation spirituelle, mettant en jeu la conscience de chacun. Personne n'en est exempté. C'est l'aimant qui attire la Confirmation; c'est la cause de la renaissance des cœurs et des âmes.

La "Plume Suprême" écrit :

" Utilisez toute votre énergie pour la propagation de la Foi de Dieu.

Que celui qui est digne de cette noble tâche,

se lève pour enseigner cette Cause.

Celui qui se sent incapable, il est de son devoir de déléguer,

à qui il veut, le soin de proclamer, à sa place, cette Révélation

dont la force a fait trembler les fondations les plus solides,

a réduit toute montagne en poussière et abasourdi toute âme. "

Il écrit, par ailleurs :

" Dans une des Tablettes, cette parole exaltée a été révélée par la Plume Suprême :

"Celui qui est incapable d'enseigner devrait choisir un mandataire"

[qui le remplacera dans cette tâche]. "

Dieu soit loué, aujourd'hui, tous les Amis Bahá'is sont conviés à la table richement garnie du Festin de Dieu, et le "Plan de 4 Ans" est là pour les guider dans la réalisation des projets d'enseignement. Dans le cas où, pour une quelconque raison ils n'auraient pas la possibilité d'enseigner personnellement, il leur a été demandé de remplir leur devoir en déléguant quelqu'un à leur place.

S'ils n'ont pas la possibilité de subvenir aux besoins complets de ce Délégué, ils peuvent toujours contribuer, dans la mesure de leurs moyens, aux Fonds local, national, continental ou international de Délégation.

Cela veut dire que pour participer aux activités d'enseignement qui, d'après 'ABDU'L-BAHA, est le devoir principal de chaque Bahá'i, toutes les possibilités existent et il n'y a la place pour aucun prétexte ! En outre, les peuples du monde, lassés et désemparés devant les calamités qui assaillent actuellement la société, sont plus que jamais disposés à accepter la Cause de Dieu.

Si nous laissons passer cette opportunité, sans conteste, ce sera une immense perte; en effet, le corps malade de l'Humanité sera ainsi privé du remède qui a été gracieusement confié au Peuple de Bahá.

Aujourd'hui, c'est le jour durant lequel, selon 'Abdu'l-Bahá : " De tout côté, s'élève le cri de "Où sont les Enseignants bahá'is ?" ". Heureux ceux qui ont prêté une oreille attentive et y ont répondu de tout leur cœur et âme, d'autant plus que, d'après le "Plan de 4 Ans", le nombre des Enseignants doit, jusqu'à la fin du siècle, augmenter de telle façon qu'il accélère l'entrée en nombre des âmes sous la bannière de la Cause de Dieu.

Les chers Amis Bahá'is iraniens ne doivent pas, dans n'importe quelle contrée qu'ils habitent, se priver de la bénédiction qu'apporte la participation aux activités bahá'ies. Il convient, en effet, qu'ils contribuent d'une façon marquante - unis et solidaires avec les Croyants autochtones et sous l'autorité des Institutions bahá'ies - à l'expansion et à la victoire de la Foi de Dieu.

Ils devraient même être à l'avant-garde de ces activités, tout en étant, aux Seuils Sacrés, des exemples d'humilité.

Un autre point auquel les Bahá'is iraniens doivent partout apporter une grande attention, est l'éducation des enfants afin qu'ils apprennent l'Art divin de vivre, acquièrent des qualités humaines ainsi qu'un caractère et un comportement imbus de spiritualité.

Là aussi, ils pourront prendre l'exemple sur les Bahá'is fervents et dévoués de l'Iran qui éduquent leurs enfants, dès leur jeune âge et, avec soins et bonté, leur apprennent morale et manière de vivre, et les font progresser dans les sciences physiques, de même que dans la connaissance divine, illustrant ainsi les propos du "Centre de l'Alliance", 'ABDU'L-BAHA qui écrit :

" Efforcez-vous, de toute votre énergie, d'éduquer vos enfants afin qu'ils soient imprégnés, dès leur enfance, par les Préceptes divins et aient le comportement d'un vrai Bahá'i; et afin que ces jeunes plants, abreuvés par les Eaux cristallines des Directives et des conseils de la "Beauté Bénie",

prospèrent et deviennent florissants. "

" Il incombe aux Enfants bahá'is de surpasser les autres enfants dans l'acquisition des Sciences et des Arts; ils ont été, en effet, bercés dans la bienveillante protection de Dieu. Ce que les autres enfants apprennent en un an, les enfants bahá'is, ces jeunes plantes du Paradis de la Connaissance,

devraient apprendre en un mois ! "

" Les Enfants, dès qu'ils sont nourrissons, doivent être allaités à la mamelle de l'Éducation divine, être couvés dans le Berceau de la Vertu et être élevés au sein de la Grâce céleste. Faites les profiter de toutes les sciences utiles et des nouveaux arts et métiers. Apprenez-leur à être persévérants et travailleurs;

habituez-les à être endurants devant les difficultés. "

Considérez attentivement cette ferme exhortation issue de la Plume de la "Beauté Ancienne", BAHA'U'LLAH :

" Les parents doivent employer tous leurs efforts afin que leurs enfants soient élevés dans la foi et deviennent des croyants pieux.

En effet, si un enfant ne reçoit pas la foi religieuse, qui est le plus grand Ornement, il négligera l'obéissance aux parents, ce qui suppose et implique qu'il n'obéira pas, non plus, à Dieu.

Un tel enfant n'aura aucun étalon de valeur; il agira donc sous l'instigation de son ego ! "

De nos jours, les gens, dans beaucoup de pays, sont devenus négligents, récalcitrants, réfractaires à toute contrainte, moralement corrompus et en butte à des problèmes et des maux divers. C'est pourquoi, plus que jamais, il est nécessaire d'obéir à ces recommandations.

Les Chers Amis, en Iran, les ont mis en application et ont constaté, par expérience, que l'un des résultats immédiats de cet effort a été que leurs chers enfants ont ainsi appris, dès leur jeune âge, à faire face, avec courage, à toutes sortes de problèmes auxquels ils sont confrontés à l'école, dans la rue et dans la société, tout en préservant leur propre identité, ainsi que la dignité de la Foi. Les Bahá'is des autres pays du monde doivent suivre cette démarche.

En effet, si les enfants sont privés de l'éducation spirituelle, comment pourraient-ils être préservés de l'assaut de toutes sortes de tentations ?

Parmi les services louables que peuvent rendre les Bahá'is iraniens, partout dans le monde, c'est de prendre l'initiative d'instituer des "Classes Bahá'ies" et de collaborer à leur organisation.

Étant donné qu'ils ont été eux-mêmes des élèves de ces Classes et ont ressenti la joie, l'intérêt et l'utilité de tels cours, ils doivent participer à ce glorieux service - qui sera la cause de la consolidation des communautés bahá'ies - afin que des "Classes Bahá'ies" soient instituées et l'éducation spirituelle des enfants bahá'is soit assurée et généralisée.

Les parents bahá'is iraniens doivent, par ailleurs, tendre tous leurs efforts afin d'apprendre la langue persane à leurs enfants. En effet, le Persan, notamment, a servi de langue véhiculaire à la Révélation divine dans cette glorieuse Dispensation.

A ce sujet BAHA'U'LLAH écrit : " Étant donné qu'aujourd'hui le Soleil de la Connaissance s'est levé et resplendit à l'horizon de l'IRAN, il est convenable et méritoire de faire valoir, autant que possible, la langue persane ".

De même, Il dit : " Le Désiré du Monde s'exprime en Persan. Si Ses amis, aussi, parlent et écrivent cette langue, cela Lui sera agréable ".

Ce sera un grand bienfait si, un certain nombre d'Amis iraniens prennent l'initiative et, dans chaque ville et contrée où habitent des Bahá'is iraniens, commencent à donner des cours de Persan à leurs enfants et à leurs jeunes et, ensemble, se mettent à lire et à étudier les Écrits Sacrés rédigés en persan et à se désaltérer à la Source même de la Grâce divine que recèlent ces Écrits.

Dieu soit loué, certaines institutions ont déjà des projets ou ont préparé des programmes pour enseigner le Persan aux Iraniens qui sont loin de leur pays natal. Il faudrait profiter de ces programmes afin d'aller dans le sens de la réalisation de cette tâche sacrée.

Ô vous Amis estimés ! Dieu merci, les chers Bahá'is d'Iran, en tout temps et en toutes circonstances, ont été et sont toujours au premier rang pour rendre de notables services à la Cause de Dieu.

Il n'est pas nécessaire de revenir en arrière et de rappeler les sacrifices effectués dans l'Arène de la Fidélité par les Héros de l'Âge Apostolique de la Foi. Il suffit de considérer les faits plus récents - survenus lors de l'Âge de Formation, durant lequel les réalisations historiques et efficaces des chers Croyants iraniens pour faire croître la grandeur de la Foi de Dieu et l'établir dans les différents points du monde, sont bien connus - pour que nous soyons amenés à leur faire des louanges.

Dans le cadre du "Plan de Dix Ans", que le Bien-Aimé Gardien a nommé la "Croisade Spirituelle Mondiale", un nombre considérable de Bahá'is iraniens ont eu le privilège de conquérir spirituellement des pays et des territoires. Le nom de ces "CHEVALIERS DE BAHA'U'LLAH" a été enregistré dans le PARCHEMIN D'HONNEUR.

Également, grand est le nombre de ceux qui ont offert leurs biens et contribué généreusement pour l'établissement d'importantes Institutions nécessaires à l'avancement de la Foi. Récemment, lorsqu'il fut nécessaire de recueillir des Fonds pour l'érection des importants bâtiments en construction autour de l'ARC du Mont Carmel, les Amis iraniens établis dans différents pays, ne voulant pas accepter d'être dépassés par les Bahá'is des autres pays, ont relevé le défi et, comme d'habitude, ont participé, autant qu'ils le pouvaient, au financement de ce projet grandiose.

Ô Amis de Dieu ! Il ne fait pas de doute que la pluie de la Bonté et de la Générosité de Dieu le Créateur arrose uniformément toute l'Humanité. Cependant, chacun de nous profite de ces bienfaits suivant sa capacité. S'il est vrai qu'il existe des degrés dans les potentialités inhérentes à chacun, aucune âme n'est dépourvue de capacités. Le progrès de chaque personne dans les étapes de son évolution dépend de la façon dont elle utilise ces capacités octroyées par Dieu afin de les faire atteindre leur plénitude.

De même, la responsabilité de chacun dépend de sa capacité, ainsi qu'il a été dit : " Dieu ne demande à aucune âme rien qui soit supérieur à ses capacités ".

Notre ardent espoir est que ces amoureux de longue date de la "Beauté Bénie" évaluent eux-mêmes, dans l'intimité de leur relation avec Dieu, leur possibilité et leur capacité dans tous les domaines, et décident quel genre de services ils sont capables d'offrir aux Seuils de notre Bien-Aimé, Bahá'u'lláh. Ainsi, en accomplissement de leur vœu de fidélité, ils pourront moissonner le fruit de leur existence et avoir le privilège de goûter au Vin de la Réunion dans le monde éternel.

Autrement si, seulement et uniquement, ils ne pensent qu'à leur propre confort dans ce monde mortel et négligent le but de leur existence, il n'y a aucun doute que des pertes et des regrets seront le résultat de leur insouciance.

Ainsi qu' 'ABDU'L-BAHA l'a écrit :

" À quoi sert une vie passée dans le confort, à dormir la nuit, à parler le jour, à amasser de l'argent le matin, à se prélasser devant un feu le soir et à se coucher dans un lit aux draps de soie et de brocart ? Le temps est ainsi perdu en chimères et en illusions, et lorsque survient la fin, apparaissent pertes, préjudices et déception ! "

Combien éloquentes sont ces paroles de BAHA'U'LLAH qui encourage ainsi Ses fidèles serviteurs :

" Les nuits ont succédé aux jours, et les jours ont suivi les nuits;

les heures sont passées, et les moments de votre vie aussi.

Mais, hélas, personne n'a pu se détacher de ce monde périssable !

Que tous vos efforts tendent à faire en sorte que ces brefs instants

qui restent de votre vie ne soient pas perdus.

Les vies passent comme un éclair et,

bientôt, les corps seront couchés dans un lit de poussière.

Que pourrez-vous faire alors ?

Comment pourrez-vous réparer votre négligence passée ?

Hélas, vous n'en aurez plus aucune possibilité ! "

Ô vous chers et fidèles Amis ! Ô vous qui êtes issus du pays de BAHA'U'LLAH ! Notre souhait, ou plutôt, notre attente et notre espoir pour vous, estimés Amis, sont que vous parveniez à un tel degré - dans l'observance des commandements et exhortations de Dieu - que vous puissiez briller, comme l'Étoile du Matin, à l'Horizon de la Direction et deveniez, ainsi, des guides pour les autres.

Vous parviendrez, alors, au rang que le Dieu de Bonté a souhaité et ordonné pour vous !

Nous vous saluons alors que règne encore l’euphorie suscitée par les événements mémorables qui ont marqué le bicentenaire de la naissance de la Beauté bénie. Tandis que nous examinons ce qui s’est passé alors et depuis, nous constatons que la communauté mondiale bahá’íe est aujourd’hui différente de celle qu’elle était au moment d’entamer les six premiers cycles du Plan actuel. Elle est plus consciente que jamais auparavant de sa mission. Elle a connu un accroissement sans précédent de sa capacité à mettre des amis et des connaissances en contact avec sa vie communautaire ; à motiver des quartiers et des villages à s’unir dans une entreprise commune ; à exposer clairement comment des vérités spirituelles peuvent s’exprimer dans une action concrète et soutenue ; et surtout à parler non seulement des enseignements qui permettront de rebâtir le monde, mais aussi de Celui qui les a délivrés : Bahá’u’lláh. Les récits de sa vie et de ses souffrances que des adultes, des jeunes et des enfants ont rapportés dans une multitude de langues ont touché d’innombrables cœurs. Certains se sont montrés prêts à étudier davantage sa cause. D’autres se sont engagés à collaborer. Et plusieurs âmes réceptives ont été amenées à déclarer leur foi.

Les nombreux endroits où il est désormais évident que la Foi est sortie de l’obscurité au niveau national sont un indicateur de progrès éloquent. Des chefs de gouvernement et des leaders d’opinion ont déclaré publiquement – et parfois souligné en privé – que le monde a besoin de la vision de Bahá’u’lláh et que les activités des bahá’ís sont admirées et devraient prendre de l’ampleur. Nous avons été ravis de constater que les bahá’ís n’étaient pas les seuls à souhaiter honorer Bahá’u’lláh et célébrer sa vie – en dehors de la communauté bahá’íe, d’autres personnes ont organisé des rencontres spéciales. Dans des régions où la Foi rencontre de l’hostilité, les amis sont restés imperturbables ; faisant preuve d’une résilience remarquable, ils ont encouragé leurs compatriotes à examiner la vérité par eux-mêmes, et plusieurs ont participé aux festivités avec joie. Le bicentenaire a également donné lieu à une multiplication virtuellement illimitée d’expressions artistiques, un témoignage magnifique de la source inépuisable d’amour dont elles ont jailli. Considérée dans son ensemble, l’approche que la communauté bahá’íe a adoptée à cette occasion confirmait l’étendue des connaissances acquises depuis maintenant plus de deux décennies, soit depuis le début de la série actuelle de Plans mondiaux. Le croyant a fait preuve d’initiative, la communauté s’est mobilisée dans un effort collectif, et les amis ont canalisé leur énergie créatrice dans les projets que les institutions ont élaborés. Un anniversaire important, marquant le passage de deux siècles, a donné une puissante impulsion au travail visant à construire des communautés au cours du prochain siècle. Dans la période menant au second bicentenaire, que chaque graine semée avec tant d’amour lors du premier soit patiemment entourée de soins jusqu’à son épanouissement.

Deux ans après le début du Plan actuel, même si de toute évidence les progrès ne sont pas uniformes d’un pays à l’autre, le nombre de programmes intensifs de croissance dans le monde s’approche de la moitié des cinq mille prévus dans le cadre de l’entreprise mondiale en cours, et le rythme auquel ce nombre augmente s’accélère constamment. En y regardant de plus près, on voit des signes encourageants de la façon dont les aptitudes et le potentiel des individus, des communautés et des institutions se manifestent. L’expérience vécue lors de la célébration du bicentenaire a montré aux croyants du monde entier que plusieurs de leurs contacts quotidiens avec leur entourage peuvent être imprégnés d’un esprit d’enseignement. À mesure que le travail s’intensifie dans des milliers de villages et de quartiers, une vie communautaire dynamique s’implante dans chacun d’eux. On constate un accroissement important du nombre de groupements où est désormais solidement établi le système par lequel ce modèle d’activité peut s’étendre à de plus en plus d’endroits, permettant ainsi aux amis de franchir le troisième jalon dans un continuum de développement. Et c’est ici, aux frontières de l’apprentissage effectué par le monde bahá’í, en particulier dans le mouvement de populations vers la vision de Bahá’u’lláh, que non seulement les gens entrent nombreux dans le cadre accueillant et de plus en plus large des activités bahá’íes, mais que les amis apprennent également comment des groupes importants en viennent à s’identifier à la communauté du Plus-Grand-Nom. Dans de tels lieux, nous voyons les activités éducatives de la Foi prendre un caractère plus officiel, alors que les enfants passent aisément d’une année à l’autre et que les niveaux du programme d’autonomisation spirituelle des préjeunes se succèdent sans discontinuer. L’institut de formation, dans ces endroits, apprend comment s’assurer que suffisamment de ressources humaines sont mobilisées pour pourvoir à l’édification spirituelle et morale d’un nombre toujours croissant d’enfants et de préjeunes. La participation à ces activités fondamentales fait tellement partie intégrante de la culture de la population qu’elle est perçue comme un aspect indispensable de la vie d’une communauté. Un nouveau dynamisme apparaît chez une population qui prend en main son propre développement, et elle s’immunise contre les forces sociétales qui engendrent la passivité. Les possibilités de progrès matériel et spirituel prennent forme. La réalité sociale commence à se transformer.

Chers amis, voici véritablement une occasion de rendre grâce au Bien-Aimé. Il y a de nombreuses raisons de se sentir encouragés. Néanmoins, nous ne sommes que trop conscients de l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir. À la base, comme nous l’avons déjà mentionné, il faut que se constitue, dans plusieurs centaines de groupements, un groupe de plus en plus grand de croyants qui peuvent, avec leur entourage, se concentrer assidûment sur le soutien de la croissance et le renforcement des capacités, et qui se distinguent par leur aptitude à réfléchir sur l’action et à apprendre de l’expérience, ainsi que par la discipline avec laquelle ils le font. Former et accompagner un noyau grandissant de personnes à chaque endroit – non seulement à l’échelon du groupement mais dans les quartiers et les villages – est à la fois un défi formidable et un besoin crucial. Mais là où cela se produit, les résultats parlent d’eux-mêmes.

Nous trouvons rassurant de constater que les institutions de la Foi placent ce besoin suprême au premier rang de leurs considérations, mettant au point des mécanismes efficaces afin que les connaissances qui résultent du progrès puissent être largement appliquées. Simultanément, une plus vaste expérience dote les organes, tant nationaux, régionaux que locaux, d’une vision plus large. Ils s’engagent dans tous les aspects du développement de la communauté et se préoccupent du bien-être de personnes autres que ses membres officiels. Conscients des profondes implications du processus de l’institut sur l’avancement des peuples, ils accordent un soin particulier au renforcement de l’institut de formation. Ils gardent à l’esprit la nécessité de focaliser l’attention de la communauté sur les exigences du Plan et invitent le cercle grandissant d’amis à atteindre des niveaux d’unité de plus en plus élevés. Ils assument fidèlement leur responsabilité d’améliorer leurs systèmes administratifs et financiers afin que le travail d’expansion et de consolidation reçoive un soutien adéquat. En tout cela, ils s’occupent en définitive de développer dans la communauté les conditions qui conduisent à la libération de puissantes forces spirituelles.

À mesure que le travail de construction communautaire s’intensifie, les amis utilisent les nouvelles capacités qu’ils ont acquises afin d’améliorer la situation au sein de la société dans laquelle ils vivent, leur enthousiasme émanant de leur étude des enseignements divins. Le nombre des projets à court terme a bondi, les programmes officiels ont étendu leur portée, et les organismes de développement d’inspiration bahá’íe engagés dans l’éducation, la santé, l’agriculture et d’autres domaines sont maintenant plus nombreux. Dans la transformation qui en résulte et qu’on observe dans la vie individuelle et collective des populations, on peut constater l’émergence incontestable du pouvoir de reconstruction sociale que possède la cause de Bahá’u’lláh. Il n’est donc pas surprenant que les Bureaux de la Communauté internationale bahá’íe s’inspirent de plus en plus de ces exemples d’action sociale – qu’ils soient simples ou complexes, d’une durée déterminée ou à long terme – dans les efforts qu’ils déploient pour participer aux débats d’idées courants dans la société. Il s’agit là, pour la Foi, d’un autre important domaine d’activité qui progresse bien. Au niveau national, les contributions à des discussions pertinentes pour cette société – comme l’égalité des femmes et des hommes, la migration et l’intégration, le rôle des jeunes dans la transformation sociale, et la coexistence des religions – sont présentées avec une assurance, une compétence et un discernement accrus. Où qu’ils vivent, travaillent ou étudient, les croyants de tous les âges et de tous les milieux apportent de précieuses contributions à certains discours, portant à l’attention de ceux qui les entourent une perspective fondée sur des principes que la vaste révélation de Bahá’u’lláh a définis.

Le prestige de la Foi dans divers espaces où sont débattues des idées a été grandement rehaussé grâce à sa présence officielle sur le Web, présence que le lancement de nombreux sites Web bahá’ís nationaux et le développement de plusieurs sites associés à Bahai.org ont considérablement renforcée. Voilà qui est extrêmement avantageux, tant pour la propagation que pour la protection de la Cause. En l’espace de quelques jours, l’attention d’un vaste auditoire mondial a été attirée par du contenu sur la Foi préparé avec soin, qui a été présenté sur le site Web du bicentenaire et mis à jour simultanément en neuf langues ; ce contenu s’est depuis enrichi de pages consacrées à différents pays qui illustrent la diversité des célébrations qui ont eu lieu. Des projets visant à ajouter sur le site de la Bahá’í Reference Library une fonctionnalité qui permettra de mettre en ligne, au fil du temps, des passages ou des tablettes d’Écrits saints jamais traduits ni publiés auparavant sont déjà bien avancés. De même, la traduction anglaise de nouveaux volumes d’Écrits de Bahá’u’lláh et de ‘Abdu’l-Bahá paraîtra au cours des prochaines années.

À Santiago, au Chili, et à Battambang, au Cambodge, les maisons d’adoration les plus récemment inaugurées dans le monde deviennent des centres d’attraction reconnus, des symboles, pour leurs sociétés, de tout ce que la Foi représente. Et leur nombre est sur le point de s’accroître. Nous sommes ravis d’annoncer que la cérémonie d’inauguration du temple de Norte del Cauca, en Colombie, doit avoir lieu en juillet. De plus, la construction d’autres maisons d’adoration se profile à l’horizon. À Vanuatu, des mesures sont prises pour obtenir la permission d’entreprendre les travaux de construction. En Inde et en République démocratique du Congo, un processus extrêmement complexe et exigeant a enfin permis d’acquérir un terrain. La joie de voir le dessin du premier Mashriqu’l-Adhkár national dévoilé en Papouasie-Nouvelle-Guinée lors du Naw-Rúz s’était à peine estompée quand a été révélé celui de la maison d’adoration locale au Kenya. Entre-temps, nous avons toutes raisons de croire que la récente publication d’une déclaration et d’une compilation sur l’institution du Mashriqu’lAdhkár, préparées par notre Département de la recherche, aidera davantage les amis à comprendre l’importance de la prière dans la vie communautaire. Car dans leurs actes de service, surtout dans leurs réunions de prière régulières, les bahá’ís, partout dans le monde, posent les fondations spirituelles de futures maisons d’adoration.

Il ne reste plus que trois ans à l’initiative d’un quart de siècle lancée en 1996 et axée sur un seul objectif : un progrès significatif dans le processus d’entrée en troupes. Au Riḍván 2021, les adeptes de Bahá’u’lláh s’engageront dans un Plan qui ne durera qu’un an. Bref mais riche de promesses, cet effort d’un an marquera le début d’une nouvelle vague de Plans qui emporteront l’arche de la Cause jusqu’au troisième siècle de l’ère bahá’íe. Au cours de cette année prometteuse, la commémoration du centenaire de l’ascension de ‘Abdu’l-Bahá par le monde bahá’í inclura une rencontre spéciale, au Centre mondial bahá’í, à laquelle seront conviés des représentants de chaque assemblée spirituelle nationale et de chaque conseil régional bahá’í. Il ne s’agira toutefois là que du premier d’une série d’événements qui prépareront les croyants aux impératifs des décennies à venir. Le mois de janvier suivant, cent ans après la première lecture publique du testament du Maître, sera l’occasion de tenir, en Terre sainte, une conférence qui réunira les Corps continentaux des conseillers et tous les membres des Corps auxiliaires pour la protection et la propagation. L’énergie spirituelle libérée lors de ces deux rencontres historiques devra ensuite être communiquée à tous les amis de Dieu dans tous les pays où ils vivent. À cet effet, une série de conférences seront convoquées partout dans le monde au cours des mois suivants, agissant comme un puissant catalyseur pour l’entreprise d’une durée de plusieurs années qui succédera au prochain Plan d’un an.

Ainsi une nouvelle étape dans le déroulement du Plan divin du Maître approche. Mais une perspective exaltante et plus immédiate nous attend sous peu. Il ne reste plus qu’un an et demi avant le bicentenaire de la naissance du Báb. Pendant cette période, on se remémorera l’héroïsme extraordinaire du Héraut-Martyr de notre Foi, dont le ministère remarquable a propulsé l’humanité dans une nouvelle ère historique. Bien que deux siècles la séparent de notre époque, la société dans laquelle le Báb est apparu ressemble au monde d’aujourd’hui en raison du sentiment d’oppression, ainsi que du désir qu’éprouvent tant de gens de trouver des réponses pour étancher la soif de savoir qui anime l’âme. En envisageant une façon appropriée de souligner ce deux centième anniversaire, nous reconnaissons que ces festivités revêtiront un caractère unique. Néanmoins, nous anticipons une myriade d’activités aussi riches et aussi ouvertes à tous que celles qui ont marqué le bicentenaire qui vient d’être célébré. C’est une occasion que chaque communauté, chaque foyer, chaque cœur attendront sûrement avec grande impatience.

Les mois qui viennent seront aussi l’occasion de se rappeler la vie des intrépides adeptes du Báb – héroïnes et héros dont la foi s’est manifestée dans d’incomparables actes d’abnégation qui enrichiront à jamais les annales de la Cause. Leur courage, leur dévouement et leur détachement de tout sauf de Dieu suscitent l’admiration de tous ceux qui sont mis au fait de leurs actions. Qu’il est frappant, aussi, le jeune âge de ces modèles de courage qui ont marqué l’histoire de leur empreinte indélébile. Durant la période à venir, puisse leur exemple inspirer du courage à l’ensemble des fidèles – et en particulier aux jeunes qui, encore une fois, sont appelés à l’avant-garde d’un mouvement dont le but n’est rien de moins que la transformation du monde.

Voilà donc notre ferme, notre très ferme espoir. Au cours des six cycles qui séparent ce Riḍván du prochain bicentenaire – en fait, tout au long des trois années qui restent dans le Plan actuel –, que le même amour ardent, suprême, qui a poussé les disciples du Báb à diffuser la lumière divine vous incite à accomplir des actions remarquables. Nous supplions au Seuil sacré pour que l’aide céleste vous soit accordée.

À l’approche de la Très-Grande-Fête, nous sommes transportés de gratitude et d’espoir – de gratitude pour les exploits que Bahá’u’lláh a permis à ses disciples d’accomplir, d’espoir devant ce que nous réserve l’avenir immédiat.

L’élan généré par les célébrations du bicentenaire de la naissance de Bahá’u’lláh dans le monde entier n’a cessé de s’intensifier depuis. Le développement accéléré de la communauté bahá’íe, sa capacité croissante et son aptitude à mobiliser l’énergie d’un plus grand nombre de ses membres se dégagent clairement d’un bilan de ses récentes réalisations dans le monde. L’accroissement des activités de construction communautaire ressort spécialement. Le Plan de cinq ans actuel fait suite à vingt ans d’efforts déployés par le monde bahá’í pour perfectionner et multiplier systématiquement ces activités – mais, contre toute attente, dans les deux premières années et demie du Plan, le nombre d’activités fondamentales a à lui seul augmenté de plus de cinquante pour cent. La communauté mondiale a démontré sa capacité à faire participer, en tout temps, plus d’un million de personnes à de telles activités, les aidant à explorer les réalités spirituelles et à en tenir compte. Dans la même courte période, le nombre de réunions de prière a presque doublé – une réponse si nécessaire à l’éloignement de plus en plus grand de l’humanité par rapport à la Source d’espoir et de générosité. Ce développement est particulièrement prometteur, car les réunions de prière insufflent un esprit nouveau dans la vie d’une communauté.

Combinées à des activités éducatives pour tous les âges, elles en renforcent le noble objectif : favoriser des communautés qui se distinguent par leur dévotion à Dieu et leur service à l’humanité. C’est particulièrement le cas dans les groupements où la participation d’un grand nombre de personnes aux activités bahá’íes se maintient et où les amis ont franchi le troisième jalon dans le développement de leur communauté. Nous sommes heureux de constater que le nombre de groupements où le processus de croissance a atteint ce stade a déjà plus que doublé depuis le début du Plan et s’élève maintenant à cinq cents environ.

Ce bref bilan ne saurait rendre justice à l’ampleur de la transformation en cours. Les perspectives pour les deux années du Plan qui restent sont prometteuses. De grands progrès ont été réalisés au cours de la dernière année grâce à la large diffusion d’enseignements tirés des programmes de croissance les plus vigoureux dans les groupements qui, comme nous l’espérions, sont devenus des réservoirs de connaissances et de ressources. Le Centre international d’enseignement, les conseillers et leurs infatigables auxiliaires n’ont ménagé aucun effort pour que les amis du monde entier puissent profiter de cette accélération de l’apprentissage et appliquer les connaissances acquises à leur propre réalité. Nous nous réjouissons de voir que, dans un nombre grandissant de groupements et dans les quartiers et villages qui s’y trouvent, s’est formé un noyau d’amis qui, par l’action et la réflexion, découvrent ce qui est nécessaire, à un moment donné, pour que le processus de croissance aille de l’avant dans leur milieu. Ils s’appuient sur le puissant instrument que constitue l’Institut, qui renforce la capacité à contribuer à la prospérité spirituelle et matérielle de la communauté, et alors qu’ils agissent, le nombre de ceux qui se joignent à eux augmente. Naturellement, les circonstances varient grandement d’un endroit à l’autre, tout comme les caractéristiques de la croissance. Mais grâce à un effort systématique, chacun peut contribuer de plus en plus efficacement au travail en cours. Dans chaque milieu, c’est une véritable joie d’engager avec d’autres âmes des conversations sérieuses et édifiantes qui mènent, rapidement ou progressivement, à l’éveil d’une sensibilité spirituelle. Plus la flamme allumée dans le cœur du croyant est ardente, plus l’attrait ressenti par ceux qui sont exposés à sa chaleur sera fort. Et pour un cœur qui brûle d’amour pour Bahá’u’lláh, quoi de plus approprié que de rechercher des personnes animées du même esprit, de les encourager alors qu’elles s’engagent sur le chemin du service, de les accompagner à mesure qu’elles acquièrent de l’expérience et – la plus grande de toutes les joies, peut-être – de voir des âmes être confirmées dans leur foi, se lever de façon autonome et aider les autres dans le même parcours? De tous les instants de cette vie éphémère, ce sont là les plus précieux.

L’approche du bicentenaire de la naissance du Báb rend les perspectives de faire progresser cette entreprise spirituelle d’autant plus enthousiasmantes. Comme le bicentenaire qui l’a précédé, cet anniversaire est un moment infiniment précieux. Il offre à tous les bahá’ís de merveilleuses occasions de faire découvrir à leur entourage le grand Jour de Dieu, l’extraordinaire effusion de grâce céleste marquée par l’apparition de deux Manifestations de l’Être divin, ces Astres qui se sont succédé pour illuminer l’horizon du monde. L’expérience du bicentenaire, il y a deux ans, permet de mesurer ce qui pourrait être réalisé dans les deux cycles à venir, et tout ce qui a été appris à cette occasion doit être canalisé dans les projets liés aux Anniversaires jumeaux de cette année. À l’approche du bicentenaire, nous prierons souvent pour vous dans les mausolées sacrés, afin que vos efforts pour honorer dignement le Báb parviennent à faire avancer la Cause qu’il a annoncée.

Le premier siècle de l’âge de formation se terminera dans deux ans et demi à peine. Ainsi s’achèveront cent années d’efforts soutenus consacrés à consolider et à élargir les fondations posées, au prix de tels sacrifices, durant l’âge héroïque de la Foi. La communauté bahá’íe célébrera également le centenaire de l’ascension de ‘Abdu’l-Bahá, alors que le Maître bien-aimé fut libéré des limites de ce monde pour rejoindre son Père dans les retraites de gloire céleste. Ses funérailles, qui ont eu lieu le lendemain de sa mort, ont été un événement « comme la Palestine n’en avait jamais vu ». Sa dépouille mortelle fut ensuite enterrée dans un caveau du mausolée du Báb. Shoghi Effendi avait toutefois prévu que cet arrangement serait temporaire. Un mausolée d’un caractère digne du rang unique de ‘Abdu’l-Bahá devait être érigé en temps opportun.

Ce moment est venu. Le monde bahá’í est appelé à construire l’édifice qui abritera à jamais cette dépouille sacrée. Il sera bâti à proximité du jardin du Riḍván, sur un terrain sanctifié par les pas de la Beauté bénie ; le mausolée de ‘Abdu’l-Bahá se dressera donc sur la courbe tracée entre les mausolées sacrés de ‘Akká et de Haïfa. Le travail sur les plans architecturaux progresse et de plus amples informations seront transmises au cours des prochains mois.

Une joie immense nous envahit aujourd’hui, alors que nous pensons à l’année à venir et à tout ce qu’elle promet. Nous comptons sur chacun de vous – qui vous consacrez à servir Bahá’u’lláh, travaillant dans chaque nation pour la cause de la paix – pour accomplir votre noble destinée.

1 Deux nouvelles réalités nous incitent à vous adresser ces mots. La première réalité est la conscience de plus en plus vive, partout dans le monde, des dangers menaçants et effroyables que recèle la pandémie du coronavirus. Dans de nombreux pays, malgré de vigoureux et courageux efforts collectifs pour éviter une catastrophe, la situation est déjà grave, provoquant des drames familiaux et personnels et plongeant des sociétés entières dans une crise. Des vagues de souffrance et de chagrin déferlent sur un endroit après l’autre, et elles affaibliront différents pays, à différents moments, de différentes manières.

2 La seconde réalité, qui devient chaque jour plus évidente, est la résilience et la vitalité toujours aussi grande du monde bahá’í face à un défi sans équivalent dans la mémoire humaine. Votre réponse a été exceptionnelle. Lorsque nous vous avons écrit le mois dernier, au Naw-Rúz, nous tenions beaucoup à mettre l’accent sur les qualités impressionnantes que démontraient des communautés dont le modèle d’activité habituel avait été perturbé. Tout ce qui s’est produit pendant les semaines qui se sont écoulées depuis, durant lesquelles de nombreux amis ont dû respecter des restrictions de plus en plus sévères, n’a fait qu’accroître notre admiration. Tirant des enseignements de l’expérience acquise dans d’autres parties du monde, certaines communautés ont découvert des manières sûres et créatives de sensibiliser des populations aux exigences en matière de santé publique. Une attention particulière est accordée à ceux qui sont les plus menacés par le virus et les difficultés économiques qui résultent de sa propagation ; les initiatives présentées sur le Bahá’í World News Service (Service de nouvelles mondial bahá’í) à cet égard ne sont que quelques-unes des innombrables initiatives en cours. Elles sont appuyées par des efforts visant à examiner, à promouvoir et à cultiver les qualités spirituelles les plus nécessaires en ce moment. Nombre de ces efforts sont forcément déployés dans des unités familiales ou individuellement, mais là où les circonstances le permettent ou lorsque les outils de communication le rendent possible, un sentiment de solidarité extraordinaire est activement nourri parmi les âmes qui vivent une situation similaire. La dynamique de la vie communautaire, si importante pour le progrès collectif, ne sera pas étouffée.

3 Nous avons été réconfortés par la compétence avec laquelle les assemblées spirituelles nationales, ces infatigables généraux de l’Armée de lumière, ont guidé leurs communautés et élaboré leur réponse à la crise. Elles ont été fermement soutenues par les conseillers et leurs auxiliaires qui, comme toujours, ont levé l’étendard du service aimant avec héroïsme. Tout en restant bien informées de la situation qui change souvent rapidement dans leur pays, les assemblées ont pris les dispositions nécessaires pour administrer les affaires de la Cause, et en particulier pour tenir des élections là où cela demeure possible. Grâce à des communications régulières, les institutions et agences ont offert sages conseils, réconfort et soutien, et encouragement constant. Dans de nombreux cas, elles ont également commencé à cerner des thèmes constructifs qui émergent des discours qui se dégagent dans leur société. Dans notre message du Naw-Rúz, nous avions exprimé l’espoir que cette mise à l’épreuve de l’endurance de l’humanité lui conférerait une meilleure compréhension, cet espoir est déjà en train de se réaliser. Des dirigeants, d’éminents penseurs et des commentateurs ont commencé à explorer des concepts fondamentaux et des aspirations audacieuses qui, ces derniers temps, étaient largement absents du discours public. Ce ne sont, pour le moment, que de premières lueurs, mais elles laissent entrevoir la possibilité d’un moment de conscience collective.

4 Le réconfort que nous trouvons en voyant la résilience du monde bahá’í se manifester dans l’action est atténué par notre tristesse devant les conséquences de la pandémie pour l’humanité. Hélas, nous sommes conscients que les croyants et leur entourage partagent aussi cette souffrance. La distance que tant de personnes dans le monde maintiennent avec des amis et des membres de leur famille, en raison des exigences de la sécurité publique, fera place, pour certains, à une séparation permanente. À l’aube chaque jour, il semble certain qu’encore plus de souffrances seront endurées avant que le soleil ne se couche. Puisse la promesse de les retrouver dans les royaumes éternels apporter réconfort à ceux qui perdent des proches. Nous prions pour que leur cœur soit soulagé et pour que la grâce de Dieu entoure ceux dont l’éducation, l’emploi, le foyer, voire les moyens de subsistance sont menacés. Nous supplions Bahá’u’lláh et implorons ses bénédictions et sa miséricorde pour vous, pour ceux que vous chérissez et pour tous vos compatriotes.

5 Bien que le chemin à parcourir soit long et ardu, nous sommes extrêmement confiants en votre force d’âme et en votre détermination à parvenir au terme de ce parcours. Vous puisez dans des réserves d’espoir, de foi et de magnanimité, faisant passer les besoins des autres avant les vôtres, permettant à ceux qui sont démunis d’être nourris spirituellement, à ceux qui ont de plus en plus soif de réponses d’être satisfaits et à ceux qui aspirent à travailler pour l’amélioration du monde de se voir offrir les moyens de le faire. Comment pouvons-nous en attendre moins de la part des disciples dévoués de la Perfection bénie ?

Les derniers mots d’un chapitre des plus mémorable de l’histoire de la Cause sont désormais écrits, et la page se tourne. Ce Riḍván marque la fin d’une année remarquable, d’un Plan de cinq ans et de toute une série de Plans commencée en 1996. Une nouvelle série de Plans nous appelle, avec ce qui promet d’être douze mois très importants qui serviront de prélude à une entreprise qui durera neuf ans et débutera au Riḍván prochain. Nous avons devant nous une communauté qui s’est rapidement renforcée et qui est prête à faire de grands pas en avant. Mais ne nous leurrons pas sur la somme d’efforts qu’il a fallu déployer pour en arriver là ni sur la grande difficulté avec laquelle les connaissances ont ainsi été acquises le long du chemin : les leçons apprises façonneront l’avenir de la communauté, et relater comment elles ont été apprises permet de mieux comprendre ce qui est à venir.

Les décennies qui ont précédé 1996, riches de progrès et de réflexions qui leur sont propres, ont montré hors de tout doute qu’un grand nombre de personnes dans maintes sociétés seraient prêtes à se ranger sous la bannière de la Foi. Toutefois, aussi encourageants qu’aient été les cas d’adhésion à grande échelle, ils ne correspondaient pas à un processus de croissance durable qui puisse être soutenu dans divers contextes. La communauté faisait face à de profondes questions auxquelles, à l’époque, elle ne pouvait répondre adéquatement, faute d’expérience suffisante. Comment les efforts visant à son expansion pourraient-ils se faire de concert avec le processus de consolidation et relever le défi de longue date et apparemment insurmontable du maintien de la croissance ? Comment pourrait-on mobiliser des individus, des institutions et des communautés capables de traduire les enseignements de Bahá’u’lláh en actions ? Et comment les personnes attirées par les enseignements pourraient-elles devenir les protagonistes d’une entreprise spirituelle mondiale ?

C’est ainsi qu’il y a un quart de siècle, une communauté bahá’íe qui comptait encore trois Mains de la cause de Dieu dans ses premiers rangs s’est lancée dans un Plan de quatre ans, qui se distinguait de ceux qui l’avaient précédé parce qu’il était centré sur un seul objectif : une avancée significative dans le processus d’entrée en troupes. Cet objectif a défini la série de Plans qui a suivi. La communauté avait déjà compris que ce processus ne consistait pas uniquement en l’adhésion à la Foi de groupes importants, et qu’il n’allait pas non plus se produire spontanément ; il impliquait une expansion et une consolidation déterminées, systématiques et accélérées. Ce travail nécessitait la participation éclairée d’un grand nombre d’âmes et, en 1996, le monde bahá’í était appelé à relever l’immense défi que cela représentait en matière d’éducation. Il lui fallait établir un réseau d’instituts de formation destinés à générer un afflux croissant de personnes possédant les capacités nécessaires pour soutenir le processus de croissance.

Les amis se sont attelés à cette tâche, conscients que, malgré leurs précédentes victoires dans le domaine de l’enseignement, ils avaient manifestement beaucoup à apprendre sur les capacités à acquérir et, surtout, sur la manière de les acquérir. À bien des égards, la communauté allait apprendre par l’action, et les leçons ainsi apprises, une fois dégagées et affinées par leur application dans divers contextes au fil du temps, finiraient par être intégrées dans le matériel éducatif. On a constaté que certaines activités répondaient naturellement aux besoins spirituels d’une population. À cet égard, les cercles d’étude, les classes pour enfants, les réunions de prière et, plus tard, les groupes de préjeunes se sont révélés être d’une importance capitale, et lorsqu’ils étaient combinés avec des activités connexes, les dynamiques ainsi générées pouvaient donner lieu à un modèle de vie communautaire dynamique. Et à mesure que le nombre de participants à ces activités fondamentales augmentait, une nouvelle dimension s’ajoutait à leur objectif initial. Elles devenaient des portails par lesquels des jeunes, des adultes et des familles entières de l’ensemble de la société pouvaient entrer en contact avec la révélation de Bahá’u’lláh. Il devenait également évident qu’il était plus pratique d’envisager des stratégies de travail de construction communautaire dans le cadre du « groupement » : une zone géographique d’une superficie gérable et possédant des caractéristiques sociales et économiques distinctes. On a commencé à développer la capacité d’élaborer des plans simples à l’échelon du groupement, et à partir de ces plans, des programmes pour la croissance de la Foi ont vu le jour, organisés en ce qui allait devenir des cycles d’activité de trois mois. Une évidence est très vite apparue : le mouvement d’individus dans une séquence de cours donne une impulsion au mouvement de groupements le long d’un continuum de développement et est perpétué par celui-ci. Cette relation complémentaire a partout aidé les amis à évaluer la dynamique de croissance dans leur propre milieu et à tracer la voie vers une efficacité accrue. Au fil du temps, il s’est avéré utile d’examiner ce qui se passait dans un groupement à la fois du point de vue des trois impératifs pédagogiques – servir les enfants, les préjeunes, les jeunes et les adultes – ainsi que du point de vue des cycles d’activité essentiels au rythme de la croissance. À mi-chemin d’une entreprise d’une durée de vingt-cinq ans, plusieurs des caractéristiques les plus identifiables du processus de croissance commençaient à être bien définies.

À mesure que les efforts des amis s’intensifiaient, différents principes, concepts et stratégies pertinents pour le processus de croissance partout sur la planète ont commencé à se cristalliser en un cadre d’action capable d’évoluer pour accueillir de nouveaux éléments. Ce cadre d’action s’est avéré essentiel pour libérer une formidable vitalité. Il a aidé les amis à canaliser leurs énergies, comme l’avait montré l’expérience, de façon à favoriser la croissance de communautés saines. Mais un cadre d’action n’est pas une simple formule. En tenant compte des divers éléments du cadre d’action au moment d’évaluer la réalité d’un groupement, d’une localité ou simplement d’un quartier, il était possible de développer un modèle d’activité qui s’inspirait de ce que le reste du monde bahá’í avait appris tout en répondant aux spécificités de cet endroit. Une dichotomie entre des exigences rigides, d’une part, et des préférences personnelles sans limites, d’autre part, a cédé la place à une compréhension plus nuancée de la diversité des moyens par lesquels des individus pouvaient soutenir un processus qui était essentiellement cohérent et se perfectionnait sans cesse à mesure que l’expérience s’accumulait. Qu’il n’y ait aucun doute quant au progrès que représente l’émergence de ce cadre : ses répercussions sur l’harmonisation et l’unification des efforts de l’ensemble du monde bahá’í et sur l’accélération de sa marche en avant ont été considérables.

À mesure que les Plans se succédaient et que la participation au travail de construction communautaire se répandait à une plus grande échelle, les progrès sur le plan de la culture étaient de plus en plus marqués. Par exemple, l’importance d’éduquer les jeunes générations a été plus largement reconnue, tout comme le potentiel extraordinaire que représentent en particulier les préjeunes. Des âmes qui s’entraident et s’accompagnent sur un sentier commun, élargissant constamment le cercle du soutien mutuel, c’est ce modèle qu’ont cherché à suivre tous les efforts visant à développer la capacité de servir. Même les relations des amis entre eux et avec ceux qui les entourent ont changé, car on a pris conscience du pouvoir qu’ont les conversations substantielles d’éveiller et d’accroître la sensibilité spirituelle. Et, de manière significative, les communautés bahá’íes ont adopté une orientation de plus en plus tournée vers l’extérieur. Toute âme sensible à la vision qu’offre la Foi pouvait participer activement aux activités éducatives, aux réunions pour l’adoration et à d’autres éléments du travail de construction communautaire – et même les promouvoir et les faciliter ; nombre de ces âmes allaient également déclarer leur foi en Bahá’u’lláh. C’est ainsi qu’a émergé une conception du processus d’entrée en troupes qui reposait moins sur des théories et des hypothèses et davantage sur une véritable expérience de la manière dont un grand nombre de personnes pouvaient trouver la Foi, se familiariser avec elle, s’identifier à ses objectifs, participer à ses activités et à ses délibérations, et dans de nombreux cas, l’embrasser. En effet, à mesure que le processus de l’institut se renforçait dans une région après l’autre, le nombre de personnes qui prenaient part au travail du Plan, y compris celles qui venaient de découvrir la Foi, augmentait considérablement. Mais cela ne découlait pas d’un simple intérêt pour les nombres. La vision d’une transformation personnelle et collective simultanée, fondée sur l’étude de la parole de Dieu et sur une compréhension de la capacité que chacun possède de devenir un protagoniste dans une aventure profondément spirituelle, avait donné naissance au sentiment de participer à une entreprise commune.

Les services rendus par les jeunes bahá’ís, qui avec foi et courage ont pris la place qui leur revient à l’avant-garde des efforts de la communauté, constituent l’une des caractéristiques les plus frappantes et les plus inspirantes de cette période de vingt-cinq ans. Comme enseignants de la Cause et éducateurs de la jeunesse, comme tuteurs mobiles et pionniers sur le front intérieur, comme coordonnateurs de groupement et membres des agences bahá’íes, sur les cinq continents, des jeunes se sont levés pour servir leurs communautés avec dévouement et sacrifice. La maturité qu’ils ont montrée, dans l’exécution de leurs devoirs dont dépend l’avancement du Plan divin, reflète leur vitalité spirituelle et leur engagement à préserver l’avenir de l’humanité. Compte tenu de leur maturité de plus en plus évidente, nous avons décidé qu’immédiatement après ce Riḍván, bien que l’âge auquel un croyant devient éligible pour servir au sein d’une assemblée spirituelle restera fixé à vingt et un ans, l’âge requis pour qu’un croyant puisse voter lors d’élections bahá’íes sera abaissé à dix-huit ans. Nous sommes certains que les jeunes bahá’ís qui seront en âge de voter confirmeront la confiance que nous avons en leur aptitude à remplir « consciencieusement et diligemment » le « devoir sacré » auquel chaque électeur bahá’í est appelé.

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Nous sommes conscients que, naturellement, les réalités des communautés diffèrent grandement. Des communautés nationales différentes, et des endroits différents au sein de ces communautés, ont entamé cette série de Plans à des stades de développement différents ; depuis, elles se sont également développées à des vitesses différentes et ont atteint des niveaux de progrès différents. En soi, cela n’est pas nouveau. Il en a toujours été ainsi : les conditions dans divers endroits varient, tout comme le degré de réceptivité qui s’y trouve. Mais nous observons, de plus, une vague montante par laquelle la capacité, la confiance et l’expérience accumulée dans la plupart des communautés augmentent, portées par le succès de leurs communautés sœurs proches et éloignées. À titre d’exemple, si les âmes qui se sont levées pour ouvrir une nouvelle localité en 1996 ne manquaient ni de courage, ni de foi, ni de dévotion, aujourd’hui, leurs homologues du monde entier allient à ces mêmes qualités des connaissances, une compréhension et des compétences que l’ensemble du monde bahá’í a accumulées en vingt-cinq ans d’efforts afin de systématiser et d’améliorer le travail d’expansion et de consolidation.

Quel qu’ait été le point de départ d’une communauté, elle a fait avancer le processus de croissance quand elle a conjugué les qualités de foi, de persévérance et d’engagement avec un empressement à apprendre. En fait, un héritage précieux de cette série de plans est la reconnaissance largement répandue du fait que tout effort pour progresser commence par une disposition à apprendre. La simplicité de ce précepte masque l’importance des implications qui en découlent. Nous ne doutons pas qu’avec le temps, chaque groupement progressera le long du continuum de développement ; les communautés qui ont avancé le plus rapidement, par rapport à celles dont les circonstances et les possibilités étaient similaires, ont montré une capacité à favoriser l’unité de pensée et à apprendre à agir efficacement. Et elles l’ont fait sans hésiter à agir.

S’engager à apprendre signifiait également être prêt à faire des erreurs – et parfois, bien sûr, les erreurs ont entraîné certains malaises. Sans surprise, de nouvelles méthodes et approches ont été utilisées maladroitement au départ en raison d’un manque d’expérience ; parfois, une sorte de capacité nouvellement acquise s’est perdue alors qu’une communauté se consacrait à en développer une autre. Les meilleures intentions ne prémunissent pas contre les maladresses, et les surmonter exige à la fois humilité et détachement. Lorsqu’une communauté est restée déterminée à faire preuve d’endurance et à apprendre des erreurs qui se produisent naturellement, le progrès n’a jamais été hors de portée.

À mi-chemin dans la série de Plans, l’implication de la communauté dans la vie de la société a commencé à recevoir une attention plus directe. Les croyants ont été encouragés à y réfléchir en fonction de deux domaines d’activité interconnectés – l’action sociale et la participation aux discours dominants dans la société. Bien entendu, il ne s’agissait pas de les substituer au travail d’expansion et de consolidation, et encore moins d’en détourner l’attention : ils lui étaient inhérents. Plus une communauté disposait de ressources humaines importantes, plus elle était capable d’appliquer la sagesse que recèle la révélation de

Bahá’u’lláh pour affronter les défis du jour – pour traduire ses enseignements dans la réalité. Et les événements qui troublaient l’humanité durant cette période semblaient souligner à quel point elle avait désespérément besoin du remède prescrit par le Médecin divin. Tout cela impliquait une conception de la religion très différente de celles qui prévalent dans le monde en général : une conception qui considère la religion comme la force puissante qui fait progresser une civilisation en développement incessant. Il était entendu qu’une telle civilisation n’apparaîtrait pas non plus de manière spontanée, par elle-même – c’était la mission des disciples de Bahá’u’lláh d’œuvrer à son avènement. Une telle mission exigeait que le même processus d’apprentissage systématique soit appliqué au travail d’action sociale et à la participation au discours public.

Dans la perspective des deux dernières décennies et demie, la capacité à entreprendre une action sociale a sensiblement augmenté, entraînant une efflorescence remarquable des activités. En comparaison avec 1996, alors que quelque 250 projets de développement social et économique étaient menés d’année en année, on en compte maintenant 1 500, et le nombre d’organisations d’inspiration bahá’íe a quadruplé, dépassant 160. Plus de 70 000 initiatives d’action sociale à la base et de courte durée sont entreprises chaque année, soit cinquante fois plus. Nous nous attendons à voir une augmentation continue de toutes ces initiatives qui résultent du soutien et de l’encouragement assidus que l’Organisation internationale bahá’íe de développement offre maintenant. Entre-temps, la participation bahá’íe aux discours dominants dans la société a aussi considérablement augmenté. Outre les nombreuses occasions où les amis découvrent qu’ils peuvent offrir un point de vue bahá’í dans des conversations qui se déroulent dans un contexte professionnel ou privé, on constate un progrès significatif dans la participation officielle aux discussions. Nous pensons non seulement aux initiatives beaucoup plus importantes et aux contributions de plus en plus complexes de la Communauté internationale bahá’íe – qui a ajouté au cours de cette période des bureaux en Afrique, en Asie et en Europe – mais aussi au travail d’un réseau de bureaux des affaires extérieures qui s’est grandement élargi et considérablement renforcé, et pour lequel ce domaine d’activité est devenu le principal centre d’intérêt ; en outre, des croyants ont apporté des contributions pertinentes et remarquables dans des domaines particuliers. Tout cela contribue à expliquer l’estime, la reconnaissance et l’admiration que les leaders d’opinion et d’autres personnalités à tous les niveaux de la société n’ont cessé d’exprimer envers la Foi, ses disciples et leurs activités.

En dressant le bilan de l’ensemble de cette période de vingt-cinq ans, nous sommes impressionnés par les multiples types de progrès que le monde bahá’í a accomplis simultanément. Sa vie intellectuelle s’est épanouie, comme le montrent non seulement ses avancées dans tous les domaines d’activité mentionnés précédemment, mais aussi le grand nombre d’ouvrages de haute qualité publiés par des auteurs bahá’ís, la création d’espaces consacrés à explorer certaines disciplines à la lumière des enseignements, et l’incidence des séminaires de premier et deuxième cycles offerts systématiquement par l’Institut d’études pour la prospérité mondiale qui, en collaboration avec les institutions de la Cause, vient maintenant en aide aux jeunes bahá’ís dans plus de 100 pays. Les travaux de construction de temples se sont très nettement accélérés. Le dernier temple mère a été érigé à Santiago, au Chili, et des projets de construction de deux Mashriqu’l-Adhkárs nationaux et de cinq locaux ont été lancés ; les maisons d’adoration à Battambang, au Cambodge, et à Norte del Cauca, en Colombie, ont déjà ouvert leurs portes. Récemment consacrés ou établis depuis longtemps, les temples bahá’ís sont de plus en plus présents au cœur de la vie communautaire. L’ensemble des croyants a offert un soutien matériel indéfectible aux multiples activités entreprises par les amis de Dieu. Si on les considère simplement comme des indicateurs de la vitalité spirituelle collective, la générosité et l’esprit de sacrifice qui, à une époque de bouleversements économiques considérables, ont permis de maintenir l’apport essentiel de fonds – voire de le renforcer – sont très révélateurs. Dans le domaine de l’administration bahá’íe, la capacité des assemblées spirituelles nationales à gérer les affaires de leur communauté dans toute leur complexité croissante s’est considérablement accrue. Elles ont particulièrement bénéficié d’un niveau de collaboration sans précédent avec les conseillers, qui ont contribué grandement à la systématisation de la collecte d’informations provenant de la base de la communauté partout dans le monde et veiller à ce qu’elles soient largement diffusées. C’est aussi au cours de cette période que le conseil régional bahá’í est devenu une institution à part entière de la Cause et, dans 230 régions aujourd’hui, les conseils et les instituts de formation qu’ils supervisent se révèlent indispensables pour faire avancer le processus de croissance. Afin de prolonger dans l’avenir les fonctions du mandataire en chef du ḥuqúqu’lláh, la Main de la cause de Dieu ‘AlíMuḥammad Varqá, le Conseil international des mandataires du ḥuqúqu’lláh a été créé en 2005 ; il coordonne aujourd’hui le travail d’au moins 33 conseils nationaux et régionaux des

mandataires qui couvrent maintenant la planète et qui, à leur tour, encadrent le travail de plus de 1 000 représentants. De nombreux développements se sont aussi produits au Centre mondial bahá’í durant cette période : parmi eux, l’achèvement des terrasses du mausolée du Báb et de deux édifices sur l’Arc, et le début de la construction du mausolée de ‘Abdu’l-Bahá, sans

oublier une foule de projets visant à renforcer et à préserver les précieux lieux saints de la Foi. Le mausolée de Bahá’u’lláh et le mausolée du Báb ont été reconnus en tant que sites du patrimoine mondial, des lieux d’une valeur inestimable pour l’humanité. C’est par centaines de milliers, près d’un million et demi certaines années, que les gens ont afflué dans ces lieux sacrés, et le Centre mondial accueille régulièrement des centaines de pèlerins à la fois, parfois plus de 5 000 en un an, ainsi qu’un nombre équivalent de visiteurs bahá’ís ; nous nous réjouissons autant de l’augmentation de ces nombres que du fait que des dizaines de peuples et de nations soient représentés parmi ceux qui profitent de la bénédiction du pèlerinage. La traduction, la publication et la diffusion des textes sacrés se sont aussi grandement accélérées, parallèlement au développement de la Bahá’í Reference Library, l’un des principaux éléments de la gamme croissante de sites Web associés à Bahai.org, qui est maintenant disponible en dix langues. Divers bureaux et agences, situés au Centre mondial et ailleurs, ont été créés et chargés de soutenir le processus d’apprentissage qui se déroule dans de multiples domaines d’activité dans tout le monde bahá’í. Tout cela, chères sœurs et chers frères dans la foi, n’est qu’une partie du tableau que nous pourrions brosser de ce que votre dévouement à celui qui était l’Opprimé du monde a accompli. Nous ne pouvons que rappeler les mots poignants du Maître bien-aimé quand, submergé par l’émotion, il s’est écrié : « Ô Bahá’u’lláh ! Qu’as-tu donc fait ? »

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De ce panorama d’un quart de siècle crucial, nous dirigeons maintenant notre attention vers le dernier Plan de cinq ans, un Plan qui a été, à bien des égards, tout à fait différent de tous ceux qui l’ont précédé. Dans ce Plan, nous avons vivement encouragé les bahá’ís, partout dans le monde, à puiser dans tout ce qu’ils avaient appris au cours des vingt années précédentes et à concrétiser pleinement cet apprentissage. Nous sommes ravis que nos espoirs à cet égard aient été plus que comblés, mais alors que nous nous attendions naturellement à de grandes réalisations de la part des adeptes de la Beauté bénie, la nature de ce que leurs efforts herculéens ont permis d’accomplir a été vraiment inouïe. Ce fut le couronnement d’une réalisation qui a nécessité vingt-cinq ans de travail.

Ce Plan a été particulièrement mémorable du fait qu’il a été divisé en trois parties par deux bicentenaires sacrés, chacun galvanisant les communautés locales dans le monde entier. La compagnie des fidèles a démontré, à une échelle encore jamais vue et avec une relative facilité, une capacité à amener des personnes de tous les segments de la société à célébrer la vie d’une manifestation de Dieu. C’était un indicateur puissant de quelque chose de plus grand : l’aptitude à canaliser la libération d’énergies spirituelles considérables pour faire avancer la Cause. La réponse a été si formidable qu’en plusieurs endroits, la Foi est sortie de l’obscurité sur le plan national. Dans des milieux où elle était inattendue, voire imprévue, une grande réceptivité à la Foi est apparue. Des milliers et des milliers et des milliers de personnes ont été transportées par leur expérience de l’esprit de dévotion qui, aujourd’hui, caractérise partout les communautés bahá’íes. La perception de ce que l’observance d’un jour saint bahá’í rend possible s’est immensément développée.

Les succès du Plan, d’un simple point de vue numérique, ont rapidement éclipsé ceux de tous les plans qui l’ont précédé depuis 1996. Au début de ce Plan, on avait déjà la capacité de mener un peu plus de 100 000 activités fondamentales à un moment donné, capacité qui était le fruit de vingt années d’efforts communs. Maintenant, ce sont 300 000 activités fondamentales qui sont menées en même temps. Le nombre de participants à ces activités a dépassé les deux millions, ce qui est presque trois fois plus. Trois cent vingt-neuf instituts nationaux et régionaux sont à l’œuvre, et le fait que trois quarts de million de personnes aient complété au moins un livre de la série montre bien leur capacité ; dans l’ensemble, le nombre de cours complétés par des individus atteint aussi les deux millions – une augmentation de bien plus d’un tiers en cinq ans.

L’intensité accrue avec laquelle les programmes de croissance sont mis en œuvre dans le monde entier relate à elle seule un récit impressionnant. Durant cette période de cinq ans, nous avions demandé une accélération de la croissance dans chacun des 5 000 groupements où elle avait débuté. Cet impératif a servi de moteur à des efforts diligents partout dans le monde. En conséquence, le nombre de programmes intensifs de croissance a plus que doublé et s’élève maintenant à environ 4 000. Les difficultés liées à l’ouverture à la Foi de nouveaux villages et quartiers en pleine crise sanitaire mondiale, ou au développement d’activités qui n’en étaient qu’à leur début quand la pandémie est survenue, ont empêché d’atteindre un total encore plus élevé au cours de la dernière année du Plan. Toutefois, il reste davantage à raconter. Au début du Plan, nous avions formulé l’espoir de voir augmenter par centaines le nombre de groupements où, après avoir appris comment accueillir un grand nombre de personnes dans le cadre de leurs activités, les amis avaient franchi le troisième jalon dans le continuum de la croissance. Leur total s’élevait alors à 200, répartis dans une quarantaine de pays. Cinq années plus tard, on en recense le nombre incroyable de 1 000 dans près de 100 pays, soit le quart de tous les programmes intensifs de croissance dans le monde ; c’est un succès qui dépasse de loin nos attentes. Et pourtant, même ces chiffres ne témoignent pas des sommets les plus élevés qu’a atteints la communauté. Dans plus de 30 groupements, le nombre d’activités fondamentales dépasse 1 000 ; par endroits, leur nombre total est de plusieurs milliers, et plus de

20 000 personnes y participent dans un seul groupement. Un nombre croissant d’assemblées spirituelles locales supervisent maintenant la mise en œuvre de programmes éducatifs qui répondent aux besoins de pratiquement tous les enfants et les jeunes d’un village ; la même réalité commence à émerger dans quelques quartiers urbains. Dans certains cas notables, l’engagement envers la révélation de Bahá’u’lláh va au-delà des individus, des familles et de la famille élargie – ce à quoi on assiste, c’est un mouvement des populations vers un centre commun. Parfois, des hostilités de longue date entre groupes adverses sont abandonnées, et certaines structures et dynamiques sociales se transforment à la lumière des enseignements divins.

Nous ne pouvons que nous réjouir de progrès aussi impressionnants. Le pouvoir de reconstruction sociale que recèle la foi de Bahá’u’lláh se manifeste de plus en plus clairement, et c’est sur cette base solide que s’appuiera le prochain Plan de neuf ans. Comme on l’avait espéré, les groupements les plus forts se sont révélés être des réservoirs de connaissances et de ressources pour leurs voisins. Et les régions qui comptent plus d’un groupement de ce type ont développé plus facilement les outils permettant d’accélérer la croissance dans un groupement après l’autre. Nous ressentons toutefois le besoin de souligner de nouveau que les progrès ont été quasi universels ; la différence entre le progrès à un endroit et à un autre en est une de degré. La compréhension collective qu’a la communauté du processus d’entrée en troupes et sa confiance dans sa capacité à stimuler ce processus, quelles que soient les circonstances, ont atteint des niveaux qu’on n’aurait pu imaginer dans les dernières décennies. Les questions profondes qui se posaient depuis si longtemps et qui avaient été mises en évidence en 1996 ont été répondues de façon convaincante par le monde bahá’í. La vie entière d’une génération de croyants porte la marque du progrès de la communauté. Mais dans les nombreux groupements où les frontières de l’apprentissage ont été repoussées, l’ampleur même de ce qui s’est produit a transformé une avancée significative dans le processus d’entrée en troupes en percée remarquable d’une importance historique.

Plusieurs connaissent bien la façon dont le Gardien a divisé les Âges de la Foi en époques consécutives ; la cinquième époque de l’Âge de formation a débuté en 2001. Ce qui est moins connu, c’est que le Gardien a également fait référence à l’existence d’époques du Plan divin et d’étapes au sein de ces époques. Mis en veilleuse pendant deux décennies, tandis que les organes locaux et nationaux de l’Ordre administratif étaient créés et renforcés, le Plan divin conçu par ‘Abdu’l-Bahá a été officiellement inauguré en 1937 avec le début de l’étape initiale de sa première époque : le Plan de sept ans que le Gardien a confié à la communauté bahá’íe nord-américaine. Cette première époque a pris fin en 1963, avec la conclusion de la Croisade de dix ans qui a permis de planter la bannière de la Foi dans le monde entier. Le premier Plan de neuf ans a constitué l’étape initiale de la deuxième époque, et pas moins de dix Plans d’une durée variant de douze mois à sept ans ont suivi. À l’aube de cette deuxième époque, le monde bahá’í était déjà témoin des premiers signes de cette entrée en troupes dans la Foi prévue par l’Auteur du Plan divin ; dans les décennies qui ont suivi, des générations de croyants dévoués au sein de la communauté du Plus-Grand-Nom ont travaillé sans relâche dans le vignoble divin pour cultiver les conditions nécessaires à une croissance de grande envergure et soutenue. Et en cette glorieuse saison du Riḍván, comme les fruits de ce labeur sont abondants ! Le fait qu’un nombre important de personnes multiplient les activités de la communauté, s’enflamment à l’étincelle de la foi et se lèvent rapidement pour servir à l’avant-garde du Plan a cessé d’être une prédiction soutenue par la foi pour devenir une réalité récurrente. Un progrès aussi sensible et démontrable doit figurer dans les annales de la Cause. C’est le cœur débordant de joie que nous annonçons que la troisième époque du Plan divin du Maître a débuté. Étape par étape, époque après époque, son Plan se déroulera jusqu’à ce que la lumière du Royaume illumine tous les cœurs.

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Très chers amis, aucune analyse de l’entreprise quinquennale qui a conclu la deuxième époque du Plan divin ne saurait être complète sans mentionner en particulier les bouleversements qui se sont produits lors de sa dernière année et qui persistent toujours. Les restrictions variables liées aux relations interpersonnelles, qui ont été imposées dans la plupart des pays durant cette période, auraient pu porter un dur coup aux efforts collectifs de la communauté, coup dont elle aurait pu mettre des années à se relever, mais ce ne fut pas le cas pour deux raisons. La première a été une prise de conscience généralisée du devoir des bahá’ís de servir l’humanité, et ce, plus que jamais en période de danger et d’adversité. L’autre a été l’extraordinaire augmentation de la capacité du monde bahá’í à actualiser cette conscience. Habitués depuis de nombreuses années à adopter des modèles d’action systématique, les amis ont eu recours à leur créativité et à leur détermination pour affronter une crise imprévue, tout en veillant à ce que les nouvelles approches qu’ils développaient soient compatibles avec le cadre d’action qu’ils avaient travaillé à perfectionner dans les Plans qui s’étaient succédé. Il ne s’agit pas ici de passer sous silence les dures épreuves qu’ont subies les bahá’ís, à l’instar de leurs compatriotes dans tous les pays ; pourtant, malgré ces graves difficultés, les croyants sont restés concentrés. Des ressources ont été acheminées vers les communautés dans le besoin, les élections ont eu lieu là où c’était possible et, en toutes circonstances, les institutions de la Cause ont continué à remplir leurs fonctions. Des progrès audacieux ont même été accomplis. L’Assemblée spirituelle nationale de Sao Tomé-et-Principe sera reformée ce Riḍván, et deux nouveaux piliers de la Maison universelle de justice seront établis : l’Assemblée spirituelle nationale de Croatie, dont le siège sera à Zagreb, et l’Assemblée spirituelle nationale du Timor oriental, qui aura son siège à Dili.

Et c’est ainsi que débute le Plan d’un an. Notre message envoyé le jour de l’Alliance en a déjà exposé l’objectif et les exigences ; ce plan, bien que bref, suffira à préparer le monde bahá’í au Plan de neuf ans qui suivra. Une période d’une puissance exceptionnelle, entamée cent ans après la révélation des Tablettes du Plan divin, s’achèvera bientôt avec le centenaire de l’ascension de ‘Abdu’l-Bahá qui marquera la fin du premier siècle de l’Âge de formation et le début du second. La compagnie des fidèles s’engage dans ce nouveau Plan au moment où l’humanité, assagie par la révélation de sa vulnérabilité, semble plus consciente de la nécessité de collaborer pour relever les défis mondiaux. Pourtant, les habitudes tenaces de contestation, d’intérêt personnel, de préjugés et d’étroitesse d’esprit persistent à entraver le mouvement vers l’unité, même si, dans la société, un nombre croissant de personnes montrent, en paroles et en actes, qu’elles aspirent, elles aussi, à une plus grande acceptation de l’unité fondamentale de l’humanité. Nous prions pour que la famille des nations réussisse à mettre de côté ses différends dans l’intérêt du bien commun. Malgré les incertitudes qui planent sur les mois à venir, nous supplions Bahá’u’lláh de faire que les confirmations qui soutiennent ses disciples depuis si longtemps soient encore plus abondantes, afin que vous puissiez être soutenus dans votre mission, sereins malgré l’agitation d’un monde qui a plus que jamais besoin de son message de guérison.

Le Plan divin entre dans une nouvelle époque et entreprend une nouvelle étape. La page est tournée.

Une année de préparation et de réflexion ainsi que d’efforts considérables s’est achevée, marquée par les activités des amis du monde entier pour commémorer le centenaire de l’ascension de ‘Abdu’l-Bahá, dont l’envoi de représentants venus participer à un événement spécial en son honneur en Terre sainte. Grâce à ces efforts, l’inspiration qu’offre la vie de ‘Abdu’l-Bahá a été ressentie par d’innombrables âmes et non seulement par les bahá’ís. Sa sollicitude à l’égard de chaque membre de la famille humaine, son travail d’enseignement, son soutien des initiatives en faveur de l’éducation et du bien-être social, ses contributions profondes aux discours tant en Orient qu’en Occident, son encouragement sincère des projets de construction de maisons d’adoration, son orientation des premières formes de l’administration bahá’íe, son souci de cultiver divers aspects de la vie communautaire – toutes ces facettes complémentaires de sa vie reflétaient son dévouement constant et absolu au service de Dieu et de l’humanité. En plus d’être une figure éminente d’autorité morale et de perspicacité spirituelle sans pareille, ‘Abdu’l-Bahá était un canal pur par lequel les forces libérées par la révélation de Bahá’u’lláh pouvaient agir sur le monde. Pour comprendre le pouvoir de reconstruction de la société de la Foi, il suffit de penser aux accomplissements de ‘Abdu’l-Bahá au cours de son ministère et aux effets transformateurs des conseils qui n’ont cessé de couler de sa plume. Un si grand nombre des progrès merveilleux réalisés par la communauté bahá’íe actuelle – progrès dont nous avons fait état dans le message que nous vous avons adressé au Riḍván dernier – trouvent leurs origines dans les actions, les décisions et les directives de ‘Abdu’l-Bahá.

Il est donc on ne peut plus approprié que l’hommage collectif que la communauté bahá’íe a rendu à son Exemple parfait serve de prélude au commencement d’une entreprise majeure visant à libérer à des degrés encore plus élevés le pouvoir de reconstruction de la société de la Foi. Les domaines d’activité qui s’inscrivent dans le cadre du Plan de neuf ans et de la série actuelle de Plans sont orientés vers la réalisation de cet objectif primordial. C’est également l’objet des plus de 10 000 conférences organisées dans le monde entier pour marquer le lancement de cette grande entreprise spirituelle. Ces conférences, qui devraient accueillir un nombre sans précédent de participants, réunissent non seulement les bahá’ís, mais aussi de nombreuses autres personnes qui souhaitent le bien de l’humanité, qui aspirent avec eux à promouvoir l’unité et à améliorer le monde. Leur détermination et leur sens aigu du but à atteindre se reflètent dans l’esprit généré aux rassemblements qui ont déjà eu lieu, où les participants ont été galvanisés tant par les consultations dynamiques auxquelles ils ont participé que par la vision commune explorée lors de ces joyeux événements. Nous attendons avec impatience de voir ce que réservent les mois et les années à venir.

Depuis que nous avons adressé notre message du 30 décembre 2021 à la conférence des conseillers, les assemblées spirituelles nationales et les conseils régionaux bahá’ís ont évalué avec grand soin les possibilités d’intensifier le processus de croissance dans les groupements au sein de leur juridiction au cours du Plan de neuf ans. Nous estimons qu’il serait utile, pour mesurer les progrès réalisés au fil du temps, de considérer que le Plan se déroulera en deux phases d’une durée de quatre et cinq ans, et les assemblées nationales ont été invitées à envisager les avancées qu’elles s’attendent à observer dans leurs communautés respectives d’ici Riḍván 2026, puis d’ici Riḍván 2031. Cet exercice a également nécessité de réévaluer les limites des groupements, et ces modifications ont eu pour résultat d’augmenter d’un quart le nombre total de groupements dans le monde, nombre qui s’élève maintenant à plus de 22 000. Selon les prévisions reçues, il est estimé que, d’ici la fin du Plan, un programme de croissance ayant atteint un certain niveau de développement sera en place dans environ 14 000 de ces groupements. Parmi eux, le nombre de ceux dont le programme de croissance pourrait être considéré comme intensif devrait atteindre 11 000 durant la même période. Et parmi ceux-ci, il est prévu que, d’ici 2031, le nombre de groupements où le troisième jalon aura été franchi dépassera les 5 000. De toute évidence, réaliser de tels progrès exigera des efforts colossaux pendant toute la durée du Plan. Néanmoins, nous pensons qu’il s’agit d’aspirations louables, car elles représentent une évaluation ambitieuse mais sérieuse de ce qui est à notre portée.

Voilà qui est révélateur. De tels objectifs ne pourraient être envisagés de façon réaliste si les institutions et les agences administratives n’avaient pas considérablement évolué, ce qui leur confère une capacité sensiblement accrue de gérer les affaires d’une communauté dont les activités se sont multipliées si rapidement, accueillant un nombre important et croissant d’âmes embrasées. Il ne serait pas possible d’aspirer à une telle croissance si le désir d’apprendre – d’agir, de réfléchir, de consigner les enseignements et d’assimiler les connaissances qui s’acquièrent ailleurs – n’avait pas été cultivé à tous les niveaux, jusqu’à la base de la communauté. Et l’effort que supposent de telles projections serait difficilement réalisable si une approche systématique d’aborder le travail d’enseignement et le développement des ressources humaines n’était pas devenue de plus en plus manifeste dans le monde bahá’í. Tout cela a permis à la communauté bahá’íe de prendre davantage conscience de ses propres identité et dessein. La détermination à se tourner vers l’extérieur dans le processus de construction communautaire était déjà devenue un aspect bien établi de la culture à de très nombreux endroits ; elle a maintenant donné naissance, dans un nombre croissant de communautés, à un sentiment de réelle responsabilité quant au progrès spirituel et matériel de groupes de plus en plus importants au sein de la société, bien au-delà des membres de la communauté bahá’íe elle même. Les efforts des amis pour bâtir des communautés, s’engager dans l’action sociale et contribuer aux discours dominants de la société se sont regroupés en une seule entreprise mondiale, reliés par un cadre d’action commun, qui vise à aider l’humanité à établir ses affaires sur un fondement de principes spirituels. L’importance des développements que nous avons décrits, qui ont atteint ce niveau cent ans après l’inauguration de l’Ordre administratif, ne saurait être ignorée. Dans l’extraordinaire augmentation des capacités qui s’est produite dans les deux dernières décennies – et qui a permis au monde bahá’í d’envisager ses efforts dans l’optique de libérer le pouvoir de reconstruction de la société de la Foi – nous voyons la preuve indéniable que la cause de Dieu est entrée dans la sixième époque de son Âge de formation. Au Riḍván dernier, nous avons annoncé que le phénomène répandu qui consiste à ce qu’un grand nombre de personnes participent aux activités bahá’íes, soient enflammées par la foi et acquièrent les compétences et les capacités nécessaires pour servir leurs communautés, annonçait le début de la troisième époque du Plan divin du Maître ; de ce fait, le Plan d’un an, qui commençait alors et se termine aujourd’hui, indique un ensemble de progrès historiques réalisés par la compagnie des fidèles. Et au seuil d’une nouvelle et puissante entreprise, ce groupe uni de croyants est prêt à profiter des possibilités qui s’offrent à lui.

Une caractéristique dominante de l’époque qui s’achève maintenant aura été l’érection des dernières maisons d’adoration continentales et le lancement de projets pour établir des maisons d’adoration aux niveaux national et local. Les bahá’ís du monde entier ont beaucoup appris sur le concept du Mashriqu’l-Adhkár et sur l’union entre adoration et service qu’il représente. Au cours de la sixième époque de l’Âge de formation, davantage sera appris sur le chemin qui mène du développement, au sein d’une communauté, d’une vie dévotionnelle florissante – et du service qu’elle inspire – à l’avènement d’un Mashriqu’l-Adhkár. Des consultations s’amorcent avec diverses assemblées spirituelles nationales et, à mesure qu’elles progresseront, nous annoncerons régulièrement les lieux où une maison d’adoration bahá’íe sera érigée dans les années à venir.

Notre joie de voir la communauté du Plus-Grand-Nom aller de progrès en progrès est tempérée par notre profonde tristesse de constater qu’il persiste, dans le monde, des conditions et des conflits qui engendrent une détresse et des souffrances extrêmes – et d’observer notamment la recrudescence de forces destructrices qui perturbent les affaires internationales tout en perpétrant des atrocités contre des populations. Nous savons bien, et nous en sommes réconfortés, que, comme les communautés bahá’íes l’ont démontré maintes fois dans de nombreux contextes différents, les disciples de Bahá’u’lláh sont résolus à offrir secours et soutien à ceux qui les entourent, quelle que soit la précarité de leur propre situation. Mais tant que l’humanité dans son ensemble n’entreprendra pas d’établir ses affaires sur des bases de justice et de vérité, elle sera, hélas, condamnée à être ballottée d’une crise à une autre. Si le récent déclenchement de la guerre en Europe doit donner une leçon pour l’avenir, nous prions pour qu’il rappelle de toute urgence la voie que le monde doit emprunter s’il veut parvenir à une paix véritable et durable. Les principes que Bahá’u’lláh a exposés aux monarques et aux présidents de son époque, et les lourdes responsabilités qu’il a confiées aux dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, sont peut-être encore plus pertinents et impératifs aujourd’hui qu’au moment où sa plume les a consignés pour la première fois. Pour les bahá’ís, la progression inexorable du Plan majeur de Dieu – qui s’accompagne d’épreuves et de bouleversements, mais qui finira par pousser l’humanité vers la justice, la paix et l’unité – est le contexte dans lequel se déroule le Plan mineur de Dieu, sur lequel les croyants se concentrent principalement. L’état de dysfonctionnement de la société d’aujourd’hui rend extrêmement clair et pressant le besoin de libérer le pouvoir de reconstruction de la société de la Foi. Nous ne pouvons que nous attendre à ce que, pour le moment, des convulsions et des troubles continueront d’affecter le monde ; vous comprendrez donc sans doute pourquoi chaque supplication fervente que nous adressons pour que tous les enfants de Dieu soient soulagés de leur désarroi et de leurs cruelles épreuves, s’accompagne d’une prière tout aussi sincère pour le succès du service indispensable que vous rendez à la cause du Prince de la Paix.

Dans chaque groupement où les activités du Plan prennent de l’ampleur, nous voyons se développer des communautés qui présentent les caractéristiques nobles que nous avons décrites dans le message du 30 décembre 2021. Tandis que les sociétés sont soumises à des tensions de toutes sortes, les disciples de la Beauté d’Abhá doivent se distinguer toujours davantage par leurs qualités de résilience et d’attitude rationnelle, par leur norme de conduite et leur adhésion aux principes, ainsi que par la compassion, le détachement et l’endurance qu’ils démontrent dans leur quête d’unité. À maintes reprises, les caractéristiques et les attitudes distinctives qu’ont manifestées les croyants dans des périodes de difficultés graves ont incité les gens à se tourner vers les bahá’ís pour obtenir explications, conseils et soutien, surtout lorsque des périls et des perturbations imprévues sont venus bouleverser la vie d’une société. En vous faisant part de ces observations, nous sommes conscients que la communauté bahá’íe elle-même subit également les effets des forces de désintégration à l’œuvre dans le monde. En outre, nous sommes conscients que plus les efforts des amis pour promouvoir la parole de Dieu seront importants, plus puissantes seront les forces contraires qu’ils affronteront tôt ou tard, et qui proviendront de divers milieux. Ils doivent armer leur esprit et leur âme contre les épreuves qui viendront sans nul doute, de peur qu’elles compromettent l’intégrité de leurs actions. Mais les croyants savent bien que peu importe les tempêtes qui les attendent, l’arche de la Cause saura les surmonter. Les étapes successives de son voyage l’ont vue résister aux éléments et voguer sur les vagues. Elle se dirige maintenant vers un nouvel horizon. Les confirmations du Tout Puissant sont les rafales qui gonflent ses voiles et la poussent vers sa destination. Et l’Alliance est son étoile conductrice ; elle maintient le vaisseau sacré sur son cap certain et assuré. Puissent les armées célestes répandre leurs bénédictions sur tous ceux qui naviguent à son bord.

C’est avec une joie immense que nous nous adressons à une communauté dont la noblesse d’âme et la ferme résolution sont dignes de sa haute mission. Comme notre amour pour vous est grand, très grand, et comme nos esprits s’élèvent à la vue des efforts sincères et constants que vous déployez pour vivre une vie façonnée par les enseignements de Bahá’u’lláh et pour offrir les eaux vivifiantes de sa révélation à un monde si assoiffé. Votre fort sens de mission est évident. L’expansion et la consolidation, l’action sociale et la participation aux discours de la société se poursuivent à un rythme soutenu, et la cohérence naturelle de ces efforts à l’échelon du groupement devient de plus en plus manifeste. Cela est particulièrement indéniable dans les endroits où un nombre grandissant de personnes s’engagent dans un éventail d’activités qui sont chacune un moyen de libérer le pouvoir de reconstruction de la société de la Foi.

Au cours des douze mois qui se sont écoulés depuis le début du Plan de neuf ans, nous avons été ravis de voir à quel point cette entreprise spirituelle mondiale a inspiré et galvanisé les amis et renforcé des lignes d’action particulières. Une priorité immédiate a été de mettre en œuvre des plans qui garantissent que dans chaque pays et dans chaque région, il émerge au moins un groupement où le troisième jalon a été franchi : un endroit où un grand nombre de personnes travaillent ensemble et contribuent à la vie d’une communauté dynamique. Conscients, cependant, que l’objectif pour cette période de vingt-cinq ans est d’établir un programme intensif de croissance dans chaque groupement du monde, les croyants ont également entrepris d’ouvrir de nouveaux groupements à la Foi et d’intensifier leurs efforts dans les endroits où un programme de croissance existe. Il y a une prise de conscience accrue de la possibilité, pour des pionniers, de se lever dans toutes les régions du monde – de nombreuses âmes dévouées examinent comment elles pourraient donner suite à cette possibilité, et beaucoup d’autres occupent déjà des postes, notablement sur le front intérieur, mais aussi de plus en plus sur la scène internationale. C’est l’une des nombreuses façons dont les amis à travers le monde manifestent, comme nous l’avions espéré, un esprit de soutien mutuel. Les communautés qui se sont renforcées se sont engagées à soutenir les progrès réalisés dans un autre endroit – dans un autre groupement, une autre région, un autre pays, voire un autre continent – et des moyens créatifs ont été trouvés pour apporter des encouragements à distance et pour permettre de partager directement l’expérience. Entre-temps, l’approche fondamentale consistant à recueillir ce qui s’apprend dans un groupement pour que cela serve de base aux plans élaborés localement et ailleurs est largement appliquée. Nous avons été heureux de constater qu’une attention particulière est accordée afin d’apprendre à améliorer la qualité de l’expérience éducative offerte par l’institut. Lorsque le processus de l’institut s’enracine dans une communauté, ses répercussions sont spectaculaires. En témoignent, par exemple, ces centres d’activité intense où les habitants en sont venus à considérer l’institut de formation comme un puissant instrument qui leur appartient : un instrument dont ils assument la responsabilité première pour son bon développement. Sachant bien que les portes de la Foi sont toujours grandes ouvertes, les croyants apprennent à encourager ceux qui sont prêts à entrer. Avancer avec ces âmes, et les aider à franchir le seuil, est un privilège et une joie toute particulière ; dans chaque contexte culturel, il y a beaucoup à apprendre sur la dynamique de ce moment marquant où adviennent acceptation et adhésion. Et ce n’est pas tout. Alors que, dans de nombreux groupements, les efforts pour contribuer à la transformation sociale n’en sont qu’à leurs débuts, les assemblées spirituelles nationales, soutenues comme toujours par les conseillers, cherchent activement à en apprendre davantage sur la façon dont ces efforts naissent du processus de construction communautaire. Des discussions sur le bien-être social et matériel d’une population sont cultivées au sein de groupes de familles et dans les communautés, tandis que les amis trouvent également des moyens de participer aux discours constructifs qui se tiennent dans leur environnement immédiat.

D’entre tout ce que nous venons de décrire, les actions des jeunes resplendissent. Loin de se contenter d’absorber passivement les influences – qu’elles soient salutaires ou non – ils se révèlent des protagonistes audacieux et perspicaces du Plan. Là où une communauté les voit sous cet angle et créé les conditions propices à leur progrès, les jeunes justifient amplement la confiance qui leur est témoignée. Ils enseignent la Foi à leurs amis et font, du service, le fondement d’amitiés plus véritables. Ce service se traduit souvent par l’éducation de ceux qui sont plus jeunes qu’eux, à qui ils offrent non seulement une éducation morale et spirituelle, mais souvent aussi du soutien scolaire. Chargés de la responsabilité sacrée de renforcer le processus de l’institut, les jeunes bahá’ís réalisent nos espoirs les plus chers.

Tous ces efforts s’inscrivent dans le contexte d’une époque profondément troublée. Il est largement admis que les structures actuelles de la société sont mal préparées pour répondre aux besoins de l’humanité dans les épreuves qu’elle traverse aujourd’hui. Bien des choses qui étaient généralement considérées comme avérées et immuables sont remises en question, et l’agitation qui en résulte fait naître le désir d’une vision unificatrice. Le concert de voix qui s’élèvent en faveur de l’unité, de l’égalité et de la justice montre que nombreux sont ceux qui partagent ces aspirations pour leur société. Pour un disciple de la Beauté bénie, il n’est certes pas surprenant que les cœurs aspirent aux idéaux spirituels qu’il a exposés. Mais il nous paraît néanmoins frappant que, dans une année où les perspectives de progrès collectif de l’humanité ont rarement semblé plus sombres, la lumière de la Foi ait brillé d’un éclat extraordinaire dans plus de dix mille conférences focalisées sur les moyens de promouvoir ces mêmes idéaux, conférences auxquelles ont participé près d’un million et demi de personnes. La vision de Bahá’u’lláh et son exhortation à l’humanité à travailler dans l’unité pour l’amélioration du monde ont été le centre autour duquel divers éléments de la société se sont rassemblés avec empressement – et il n’y a là rien d’étonnant car, comme l’a expliqué ‘Abdu’l-Bahá, « dans ces enseignements divins, toutes les communautés du monde trouvent l’accomplissement de leurs plus hautes aspirations ».Certains de ceux qui souhaitent le bien de l’humanité pourraient d’abord être attirés par la communauté bahá’íe en tant que lieu de refuge, qu’abri face à un monde polarisé et paralysé. Toutefois, au-delà d’un refuge, ce qu’ils trouvent, ce sont des âmes apparentées qui travaillent ensemble à bâtir un monde nouveau.

Il y aurait beaucoup à écrire sur la répartition géographique des conférences, sur l’élan extraordinaire qu’elles ont donné au nouveau Plan, ou sur les manifestations sincères de joie et d’enthousiasme qu’elles ont suscitées de la part de ceux qui y ont participé. Mais dans ces quelques lignes, nous souhaitons attirer l’attention sur ce qu’elles ont représenté pour le développement de la Cause. Elles ont été le reflet d’une communauté bahá’íe qui voit les parentés et non les différences. Cette perspective a rendu naturel le fait d’explorer le Plan de neuf ans lors de rassemblements où tous étaient les bienvenus. Les amis ont examiné les implications du Plan pour leur société en compagnie non seulement d’individus et de familles, mais aussi de dirigeants locaux et de figures d’autorité. Le fait de réunir autant de personnes en un même lieu a créé les conditions favorables à une conversation transformatrice sur le progrès spirituel et social, une conversation qui se déroule dans le monde entier. La contribution spéciale que ces rassemblements – à la fois ouverts, inspirants et constructifs – peuvent apporter à un modèle de développement communautaire en expansion dans un groupement constitue une précieuse leçon que les institutions bahá’íes doivent retenir pour l’avenir.

C’est ainsi que la compagnie des fidèles entame la deuxième année du Plan dotée d’une perspective nouvelle et d’une compréhension profonde de l’importance de ce qu’elle cherche à réaliser. Comme les actions paraissent différentes lorsqu’elles sont envisagées à la lumière du pouvoir de reconstruction de la société qu’elles libèrent ! Cette perspective élargie permet de considérer une activité soutenue comme étant bien plus qu’un acte de service isolé ou qu’un simple point de données. Endroit après endroit, les initiatives poursuivies révèlent une population qui apprend à assumer de plus en plus de responsabilités afin de naviguer sur la voie de son propre développement. La transformation spirituelle et sociale qui en résulte se manifeste de diverses manières dans la vie d’une population. Dans la précédente série de plans, elle pouvait apparaître plus clairement dans la promotion de l’éducation spirituelle et de l’adoration collective. Dans cette nouvelle série de plans, une attention accrue doit être accordée à d’autres processus qui visent à enrichir la vie d’une communauté – par exemple, en améliorant la santé publique, en protégeant l’environnement ou en tirant plus efficacement parti du pouvoir des arts. Ce qui est requis pour que tous ces aspects complémentaires du bien-être d’une communauté progressent, est la capacité à s’engager dans un apprentissage systématique dans tous ces domaines – une capacité qui s’appuie sur les perspectives issues des enseignements et sur l’ensemble des connaissances humaines accumulées grâce à la recherche scientifique. À mesure que cette capacité s’accroîtra, beaucoup de choses seront accomplies dans les décennies à venir.

Cette vision élargie porteuse de la reconstruction de la société a des implications considérables. Chaque communauté est sur son propre chemin pour la réaliser. Mais les progrès accomplis dans un endroit présentent souvent des caractéristiques communes avec les progrès réalisés ailleurs. L’une de ces caractéristiques est qu’à mesure que les capacités augmentent et que les pouvoirs d’une communauté locale ou nationale se multiplient, avec le temps, les conditions requises pour l’avènement d’un Mashriqu’l-Adhkár, énoncées dans notre message du Riḍván 2012, finissent par être remplies. Comme nous l’avons indiqué dans notre message du dernier Riḍván, nous désignerons périodiquement des lieux où un temple bahá’í sera érigé. Nous sommes ravis de demander, pour le moment, que soient édifiées des maisons d’adoration locales à Kanchanpur, au Népal, et à Mwinilunga, en Zambie. En outre, nous demandons qu’une maison d’adoration nationale soit construite au Canada, à proximité du ḤaKíratu’l-Quds national établi de longue date à Toronto. Ces projets, et d’autres qui seront lancés à l’avenir, bénéficieront du soutien que les amis de tous les pays apportent au Fonds pour les temples.

Nombreuses sont les bénédictions qu’un Seigneur bienveillant a choisi d’accorder à ses bien-aimés. La mission est noble, la perspective est magnifique. L’époque dans laquelle nous sommes tous appelés à servir est critique. C’est donc avec ferveur qu’au Seuil de Bahá’u’lláh, nous prions en votre nom et pour vos efforts inlassables.

C’est avec une joie immense que nous nous adressons à une communauté dont la noblesse d’âme et la ferme résolution sont dignes de sa haute mission. Comme notre amour pour vous est grand, très grand, et comme nos esprits s’élèvent à la vue des efforts sincères et constants que vous déployez pour vivre une vie façonnée par les enseignements de Bahá’u’lláh et pour offrir les eaux vivifiantes de sa révélation à un monde si assoiffé. Votre fort sens de mission est évident. L’expansion et la consolidation, l’action sociale et la participation aux discours de la société se poursuivent à un rythme soutenu, et la cohérence naturelle de ces efforts à l’échelon du groupement devient de plus en plus manifeste. Cela est particulièrement indéniable dans les endroits où un nombre grandissant de personnes s’engagent dans un éventail d’activités qui sont chacune un moyen de libérer le pouvoir de reconstruction de la société de la Foi.

Au cours des douze mois qui se sont écoulés depuis le début du Plan de neuf ans, nous avons été ravis de voir à quel point cette entreprise spirituelle mondiale a inspiré et galvanisé les amis et renforcé des lignes d’action particulières. Une priorité immédiate a été de mettre en œuvre des plans qui garantissent que dans chaque pays et dans chaque région, il émerge au moins un groupement où le troisième jalon a été franchi : un endroit où un grand nombre de personnes travaillent ensemble et contribuent à la vie d’une communauté dynamique. Conscients, cependant, que l’objectif pour cette période de vingt-cinq ans est d’établir un programme intensif de croissance dans chaque groupement du monde, les croyants ont également entrepris d’ouvrir de nouveaux groupements à la Foi et d’intensifier leurs efforts dans les endroits où un programme de croissance existe. Il y a une prise de conscience accrue de la possibilité, pour des pionniers, de se lever dans toutes les régions du monde – de nombreuses âmes dévouées examinent comment elles pourraient donner suite à cette possibilité, et beaucoup d’autres occupent déjà des postes, notablement sur le front intérieur, mais aussi de plus en plus sur la scène internationale. C’est l’une des nombreuses façons dont les amis à travers le monde manifestent, comme nous l’avions espéré, un esprit de soutien mutuel. Les communautés qui se sont renforcées se sont engagées à soutenir les progrès réalisés dans un autre endroit – dans un autre groupement, une autre région, un autre pays, voire un autre continent – et des moyens créatifs ont été trouvés pour apporter des encouragements à distance et pour permettre de partager directement l’expérience. Entre-temps, l’approche fondamentale consistant à recueillir ce qui s’apprend dans un groupement pour que cela serve de base aux plans élaborés localement et ailleurs est largement appliquée. Nous avons été heureux de constater qu’une attention particulière est accordée afin d’apprendre à améliorer la qualité de l’expérience éducative offerte par l’institut. Lorsque le processus de l’institut s’enracine dans une communauté, ses répercussions sont spectaculaires. En témoignent, par exemple, ces centres d’activité intense où les habitants en sont venus à considérer l’institut de formation comme un puissant instrument qui leur appartient : un instrument dont ils assument la responsabilité première pour son bon développement. Sachant bien que les portes de la Foi sont toujours grandes ouvertes, les croyants apprennent à encourager ceux qui sont prêts à entrer. Avancer avec ces âmes, et les aider à franchir le seuil, est un privilège et une joie toute particulière ; dans chaque contexte culturel, il y a beaucoup à apprendre sur la dynamique de ce moment marquant où adviennent acceptation et adhésion. Et ce n’est pas tout. Alors que, dans de nombreux groupements, les efforts pour contribuer à la transformation sociale n’en sont qu’à leurs débuts, les assemblées spirituelles nationales, soutenues comme toujours par les conseillers, cherchent activement à en apprendre davantage sur la façon dont ces efforts naissent du processus de construction communautaire. Des discussions sur le bien-être social et matériel d’une population sont cultivées au sein de groupes de familles et dans les communautés, tandis que les amis trouvent également des moyens de participer aux discours constructifs qui se tiennent dans leur environnement immédiat.

D’entre tout ce que nous venons de décrire, les actions des jeunes resplendissent. Loin de se contenter d’absorber passivement les influences – qu’elles soient salutaires ou non – ils se révèlent des protagonistes audacieux et perspicaces du Plan. Là où une communauté les voit sous cet angle et créé les conditions propices à leur progrès, les jeunes justifient amplement la confiance qui leur est témoignée. Ils enseignent la Foi à leurs amis et font, du service, le fondement d’amitiés plus véritables. Ce service se traduit souvent par l’éducation de ceux qui sont plus jeunes qu’eux, à qui ils offrent non seulement une éducation morale et spirituelle, mais souvent aussi du soutien scolaire. Chargés de la responsabilité sacrée de renforcer le processus de l’institut, les jeunes bahá’ís réalisent nos espoirs les plus chers.

Tous ces efforts s’inscrivent dans le contexte d’une époque profondément troublée. Il est largement admis que les structures actuelles de la société sont mal préparées pour répondre aux besoins de l’humanité dans les épreuves qu’elle traverse aujourd’hui. Bien des choses qui étaient généralement considérées comme avérées et immuables sont remises en question, et l’agitation qui en résulte fait naître le désir d’une vision unificatrice. Le concert de voix qui s’élèvent en faveur de l’unité, de l’égalité et de la justice montre que nombreux sont ceux qui partagent ces aspirations pour leur société. Pour un disciple de la Beauté bénie, il n’est certes pas surprenant que les cœurs aspirent aux idéaux spirituels qu’il a exposés. Mais il nous paraît néanmoins frappant que, dans une année où les perspectives de progrès collectif de l’humanité ont rarement semblé plus sombres, la lumière de la Foi ait brillé d’un éclat extraordinaire dans plus de dix mille conférences focalisées sur les moyens de promouvoir ces mêmes idéaux, conférences auxquelles ont participé près d’un million et demi de personnes. La vision de Bahá’u’lláh et son exhortation à l’humanité à travailler dans l’unité pour l’amélioration du monde ont été le centre autour duquel divers éléments de la société se sont rassemblés avec empressement – et il n’y a là rien d’étonnant car, comme l’a expliqué ‘Abdu’l-Bahá, « dans ces enseignements divins, toutes les communautés du monde trouvent l’accomplissement de leurs plus hautes aspirations ».Certains de ceux qui souhaitent le bien de l’humanité pourraient d’abord être attirés par la communauté bahá’íe en tant que lieu de refuge, qu’abri face à un monde polarisé et paralysé. Toutefois, au-delà d’un refuge, ce qu’ils trouvent, ce sont des âmes apparentées qui travaillent ensemble à bâtir un monde nouveau.

Il y aurait beaucoup à écrire sur la répartition géographique des conférences, sur l’élan extraordinaire qu’elles ont donné au nouveau Plan, ou sur les manifestations sincères de joie et d’enthousiasme qu’elles ont suscitées de la part de ceux qui y ont participé. Mais dans ces quelques lignes, nous souhaitons attirer l’attention sur ce qu’elles ont représenté pour le développement de la Cause. Elles ont été le reflet d’une communauté bahá’íe qui voit les parentés et non les différences. Cette perspective a rendu naturel le fait d’explorer le Plan de neuf ans lors de rassemblements où tous étaient les bienvenus. Les amis ont examiné les implications du Plan pour leur société en compagnie non seulement d’individus et de familles, mais aussi de dirigeants locaux et de figures d’autorité. Le fait de réunir autant de personnes en un même lieu a créé les conditions favorables à une conversation transformatrice sur le progrès spirituel et social, une conversation qui se déroule dans le monde entier. La contribution spéciale que ces rassemblements – à la fois ouverts, inspirants et constructifs – peuvent apporter à un modèle de développement communautaire en expansion dans un groupement constitue une précieuse leçon que les institutions bahá’íes doivent retenir pour l’avenir.

C’est ainsi que la compagnie des fidèles entame la deuxième année du Plan dotée d’une perspective nouvelle et d’une compréhension profonde de l’importance de ce qu’elle cherche à réaliser. Comme les actions paraissent différentes lorsqu’elles sont envisagées à la lumière du pouvoir de reconstruction de la société qu’elles libèrent ! Cette perspective élargie permet de considérer une activité soutenue comme étant bien plus qu’un acte de service isolé ou qu’un simple point de données. Endroit après endroit, les initiatives poursuivies révèlent une population qui apprend à assumer de plus en plus de responsabilités afin de naviguer sur la voie de son propre développement. La transformation spirituelle et sociale qui en résulte se manifeste de diverses manières dans la vie d’une population. Dans la précédente série de plans, elle pouvait apparaître plus clairement dans la promotion de l’éducation spirituelle et de l’adoration collective. Dans cette nouvelle série de plans, une attention accrue doit être accordée à d’autres processus qui visent à enrichir la vie d’une communauté – par exemple, en améliorant la santé publique, en protégeant l’environnement ou en tirant plus efficacement parti du pouvoir des arts. Ce qui est requis pour que tous ces aspects complémentaires du bien-être d’une communauté progressent, est la capacité à s’engager dans un apprentissage systématique dans tous ces domaines – une capacité qui s’appuie sur les perspectives issues des enseignements et sur l’ensemble des connaissances humaines accumulées grâce à la recherche scientifique. À mesure que cette capacité s’accroîtra, beaucoup de choses seront accomplies dans les décennies à venir.

Cette vision élargie porteuse de la reconstruction de la société a des implications considérables. Chaque communauté est sur son propre chemin pour la réaliser. Mais les progrès accomplis dans un endroit présentent souvent des caractéristiques communes avec les progrès réalisés ailleurs. L’une de ces caractéristiques est qu’à mesure que les capacités augmentent et que les pouvoirs d’une communauté locale ou nationale se multiplient, avec le temps, les conditions requises pour l’avènement d’un Mashriqu’l-Adhkár, énoncées dans notre message du Riḍván 2012, finissent par être remplies. Comme nous l’avons indiqué dans notre message du dernier Riḍván, nous désignerons périodiquement des lieux où un temple bahá’í sera érigé. Nous sommes ravis de demander, pour le moment, que soient édifiées des maisons d’adoration locales à Kanchanpur, au Népal, et à Mwinilunga, en Zambie. En outre, nous demandons qu’une maison d’adoration nationale soit construite au Canada, à proximité du ḤaKíratu’l-Quds national établi de longue date à Toronto. Ces projets, et d’autres qui seront lancés à l’avenir, bénéficieront du soutien que les amis de tous les pays apportent au Fonds pour les temples.

Nombreuses sont les bénédictions qu’un Seigneur bienveillant a choisi d’accorder à ses bien-aimés. La mission est noble, la perspective est magnifique. L’époque dans laquelle nous sommes tous appelés à servir est critique. C’est donc avec ferveur qu’au Seuil de Bahá’u’lláh, nous prions en votre nom et pour vos efforts inlassables.

Deux années d’une formidable entreprise de neuf ans se sont rapidement écoulées. Les amis de Dieu ont pris ses objectifs à cœur. Dans l’ensemble du monde bahá’í, ce qui est nécessaire pour étendre davantage le processus de construction communautaire et opérer une transformation sociale profonde est mieux compris. Mais chaque jour qui passe, nous voyons aussi l’état du monde devenir plus désespéré, ses divisions, plus sévères. L’escalade des tensions au sein des sociétés et entre les nations se répercute sur les peuples et les régions de multiples façons.

Cela exige une réponse de la part de chaque âme consciencieuse. Nous savons bien que la communauté du plus grand Nom ne peut s’attendre à ne pas être touchée par les épreuves de la société. Pourtant, bien que ces épreuves l’affectent, elles ne la troublent pas ; les souffrances de l’humanité l’attristent, mais elles ne la paralysent pas. Une préoccupation sincère doit inciter à déployer des efforts soutenus pour bâtir des communautés qui offrent espoir plutôt que désespoir, unité plutôt que conflit.

Shoghi Effendi a clairement décrit comment un processus de « détérioration progressive des affaires humaines » se produit parallèlement à un autre, soit un processus d’intégration grâce auquel se construit « l’Arche de salut humain », l’« ultime refuge » de la société. Nous nous réjouissons de voir, dans chaque pays et chaque région, de véritables artisans de paix occupés à bâtir ce refuge. Nous le constatons dans chaque récit qui parle d’un cœur qui s’enflamme de l’amour de Dieu, d’une famille qui ouvre son foyer à de nouveaux amis, de collaborateurs qui s’inspirent des enseignements de Bahá’u’lláh pour répondre à un problème social, d’une communauté qui renforce une culture de soutien mutuel, d’un quartier ou d’un village qui apprend à mettre en place et à poursuivre les actions nécessaires à son propre progrès spirituel et matériel, d’une localité qui connaît le bonheur de voir naître une nouvelle assemblée spirituelle.

Les méthodes et les instruments du Plan permettent à chaque âme d’apporter une contribution à ce dont l’humanité a besoin en ce jour. Loin d’offrir un soulagement passager aux maux du moment, l’exécution du Plan est le moyen par lequel des processus constructifs à long terme, se déroulant sur plusieurs générations, sont mis en œuvre dans chaque société. Tout cela conduit à une conclusion urgente et inéluctable : le nombre de ceux qui consacrent leur temps, leur énergie, leur attention à la réussite de ce travail doit augmenter rapidement et durablement.

Où, sinon dans le principe de l’unicité de l’humanité énoncé par Bahá’u’lláh, le monde peut-il trouver une vision assez large pour unir tous ses éléments divers ? Comment le monde peut-il guérir les fractures sociales qui le divisent, si ce n’est en traduisant cette vision dans un ordre fondé sur l’unité dans la diversité ? Qui d’autre peut être le levain qui permettra aux peuples du monde de découvrir un nouveau mode de vie, un chemin vers une paix durable ? Tendez donc à tous la main de l’amitié, de l’effort et du service communs, de l’apprentissage collectif, et avancez de concert.

Nous sommes conscients de la vitalité et de la force générées, dans toute société, par les jeunes qui s’éveillent à la vision de Bahá’u’lláh et deviennent des protagonistes du Plan. Et ainsi, avec quelle immense bienveillance, quel courage et quelle confiance absolue en Dieu les jeunes bahá’ís doivent-ils décider de tendre la main à leurs pairs et de les intégrer dans ce travail ! Tous doivent s’élancer, mais la jeunesse doit s’envoler.

L’urgence du moment ne doit pas occulter la joie particulière qui découle du service. L’appel à servir est un appel exaltant et universel. Il attire chaque âme fidèle, même celles qui sont accablées de soucis et d’obligations. Car dans toutes les façons dont cette âme fidèle s’occupe, on découvre une dévotion profondément enracinée et une préoccupation constante pour le bien-être d’autrui. Ces qualités apportent cohérence à une vie aux exigences multiples. Et, pour tout cœur enflammé, les moments les plus doux sont ceux passés auprès de sœurs et de frères spirituels, à prendre soin d’une société qui a besoin de nourriture spirituelle.

Dans les mausolées sacrés, le cœur débordant, nous remercions Bahá’u’lláh de vous avoir fait vous lever et de vous avoir formés dans ses voies, et nous le supplions de vous envoyer sa bénédiction.

Alors qu’il ne reste plus qu’un an avant la fin de la première phase du Plan de neuf ans, nous avons hâte de faire part des progrès réalisés, de relater comment, grâce à de brillants exemples d’efforts nobles, la vision offerte par la Foi remplit d’espoir de plus en plus de cœurs.

Le processus de croissance continue de progresser. Des avancées spectaculaires ont eu lieu dans diverses régions, là où des progrès significatifs n’avaient pas été observés auparavant, la graine de la Foi ayant donné de nouvelles jeunes pousses et la capacité de travailler avec de nombreuses âmes en même temps ayant commencé à se manifester. Ces progrès ont souvent été rendus possibles par des pionniers dévoués qui, le cœur rayonnant de l’amour de leur Seigneur, se sont hâtés vers des postes sur le front intérieur et à l’étranger en nombres impressionnants. Dans les groupements où un programme de croissance avait déjà débuté, une attention renouvelée a été accordée à la mise en œuvre, avec créativité et ingéniosité, des stratégies et des lignes d’action reconnues qui permettront aux amis de franchir les deuxième et troisième jalons. Et dans les groupements dont la force est avérée, les lueurs du pouvoir de reconstruction de la société que possède la Foi deviennent plus visibles à mesure qu’un modèle de vie bahá’íe vibrant et transformateur est adopté par un nombre croissant d’âmes galvanisées.

Entre-temps, l’engagement à la base dans la société a fait de remarquables progrès. Ce sont les initiatives d’action sociale axées sur l’éducation qui émanent de la communauté qui se sont multipliées le plus rapidement, mais d’autres initiatives ont également progressé dans des domaines tels que l’agriculture, la santé, l’environnement, l’habilitation des femmes et les arts. Les avancées de ce type sont particulièrement évidentes dans les groupements les plus forts, où de nombreux villages ou quartiers – même une seule rue ou un immeuble à forte densité – abritent une population qui fait l’expérience de l’essor que génère la traduction des principes de la Foi en une réalité tangible. Par endroits, les autorités civiles et les personnes responsables de l’éducation des enfants ou du développement social au niveau local ne se tournent pas seulement vers les bahá’ís pour avoir leurs points de vue, mais cherchent à collaborer dans la recherche de solutions pratiques. De plus, nous sommes heureux de constater qu’aux niveaux national et international, l’approche bahá’íe de certains discours importants suscite de plus en plus d’intérêt et d’admiration.

Le Plan de neuf ans repose sur un processus d’apprentissage vaste et mondial qui est aussi efficace dans les montagnes de Bolivie que dans les banlieues de Sydney. Ce processus d’apprentissage a donné naissance à des stratégies et à des actions adaptables à tous les contextes. Il est systématique, il est organique, il englobe tout. Il crée des liens qui fleurissent en des relations dynamiques entre les familles, entre les voisins, entre les jeunes et entre tous ceux qui sont prêts à être les protagonistes de cette glorieuse entreprise. Il fait émerger des communautés qui débordent de potentiel. Il permet la réalisation d’aspirations élevées partagées par des peuples qui avaient été séparés par la géographie, la langue, la culture ou le conditionnement, mais qui ont maintenant entendu et répondu à l’appel universel de Bahá’u’lláh à « s’évertuer sans relâche à améliorer la vie de leur prochain ». Et il repose entièrement sur le pouvoir vivifiant de la parole de Dieu, cette « force unifiante », « l’élément moteur des âmes, le liant et le régulateur du monde de l’humanité », et sur l’action soutenue qu’elle inspire.

Dans la pénombre d’un ciel d’orage, combien éclatante est la lumière qui émane de vos efforts dévoués ! Alors même que la tempête fait rage dans le monde, les havres qui abriteront l’humanité sont en train d’être construits dans les pays, les régions et les groupements. Mais il y a beaucoup à faire. Chaque communauté nationale a ses propres attentes quant aux progrès à réaliser au cours de cette phase, celle d’ouverture du Plan. Le temps passe. Amis bien-aimés, promoteurs des enseignements divins, champions de la Beauté bénie, vos efforts sont requis maintenant. Chaque progrès réalisé au cours des mois fugaces qui nous séparent du prochain Riḍván permettra à la communauté du Plus-Grand-Nom d’être mieux équipée pour ce qu’elle doit accomplir au cours de la seconde phase du Plan. Puisse le succès vous être accordé. C’est ce pour quoi nous supplions le Seigneur souverain ; c’est ce pour quoi nous implorons son aide indéfectible ; c’est ce pour quoi nous l’adjurons d’envoyer ses anges favoris pour assister chacun d’entre vous.